dimanche 15 février 2009

Un chansonnier royal en 1815 dans sa très belle reliure de maroquin rouge parfaitement conservée.




JACQUELIN (J. A.) et B. de ROUGEMONT - ROSA (libraire)

LE CHANSONNIER ROYAL dédié à S.A.S. Madame la duchesse douairière d’Orléans. Orné de 4 jolies gravures.

A Paris, chez Rosa, libraire, 1815. (imprimerie de Chanson)

1 volume in-18 (13 x 9 cm) de vj-210-(16) pages.

Reliure plein maroquin cerise à long grain, dos lisse orné, filets dorés, fers spéciaux (couronnes, heaumes), roulette dorée et double-filet doré en encadrement des plats, tranches dorées, roulette intérieure, gardes et doublure et soie bleue ciel (reliure de l’époque). Parfait état. Imprimé sur papier vélin. On trouve à la fin le calendrier pour 1815.

UNIQUE ÉDITION.

Bien qu’il soit indiqué « Première année » sur le titre, cet almanach n’eut pas de suite. C’est une compilation de pièces en vers rédigées essentiellement par les membres du caveau moderne. On y trouve des vers de Desaugiers, Jacquelin, de Rougemont, de Piis, Deslys, Armand-Gouffé, etc.

On note un poème donné par P.-J. Béranger, le bon français (avril 1814).
Cet ouvrage est un mélange de chants patriotiques et bachiques, l’expression d’une ferveur éphémère exprimée pour le retour de Louis XVIII sur le trône.

Cet almanach ne résista visiblement pas au retour de l’aigle. On peut par ailleurs s’étonner de la participation de certains auteurs, ici compromis avec la royauté, et qui, peu de temps après, en seront les plus vibrants détracteurs (NDLR : finalement les choses ne changent guère avec le temps...). D’ailleurs des divergences d’opinions politiques firent rapidement éclater la société du Caveau moderne (1817).

SUPERBE EXEMPLAIRE EN MAROQUIN DE L’ÉPOQUE.

VENDU

samedi 14 février 2009

Maître Martin Morin, imprimeur à Rouen en 1508 et 1509. Très rare réunion de deux ouvrages du prédicateur rouennais, Nicolas Denisse.




PRÉCIEUSE RÉUNION DE DEUX TRÈS RARES IMPRESSIONS ROUENNAISES DU MAITRE IMPRIMEUR MARTIN MORIN.


(DENYSE. SERMONES :) Sincerrissimi affects||tam litterarum, q. morù || ad modum preclari viri magi||stri Nicholai Denijse humilis || beati patri francisci religio||nis fratum minorum vulgari||ter nominate professoris, vene||randi cõuentus Rothomagen. || eiusdem religionis gardiani be||ne meriti Sermones de aduen||tu duplices t de quadragesima || nec nõ de dominicis itermedijs || de passione et resurrectione dni||usq. Ad secundà dominicà post pacha, ad modù fructuosi nu||perrime per honestù virum ma||gistrù Martinum Morin, ciué || rothomagen. Artis impressorie || opificé prouidù : iuxta divi Lau||di limina residenté Incipiunt || (A la fin :) • Finiunt sermones… ac nuperrime rothomagi iuxta divi laudi fabricam ab honesto vi||ro magistro martino morin impressi Anno domini millesimo || cccccviij. die vero, xxvij. mensis januarij. || (1508), in-8, gothique à 2 colonnes, figure gravée sur bois, à pleine page, coloriée à l’époque.



Edition que Frère n’a connue que pour l’avoir trouvée indiquée dans les Annales de Panzer. – 8 feuillets non chiffrés pour le titre, l’Epigramma ad impressorem (ff.1, v° et 2, r°), la table et une figure sur bois représentant l’Annonciation à la Vierge occupant le v° du folio 8 ; cccxi (311) feuillets chiffrés et 1 feuillet non chiffré contenant au r° la fin du texte et la souscription et au v° la marque de l’imprimeur avec son nom (Magister Martinus Morin) imprimé en grosses lettres gothiques au dessous.



(DENYSE. SERMONES :) Illuminate mentis || ac animi prope purgati||nõ min’ moy q. lray admodù || pclari viri magri nicolai denijse || seraphice stigmatigeri pris frà||cisci religionis fratù mino. de ||observàtia iuxta …|| Sermones residuia secùda do||minica post pascha usq. ad ad||uentum valde fructuosi nuper || per honestù virum magistrum || Martinum Morin civem Ro||thomagèsem impressorie artis || opificem sagacissimum, iuxta || divi Laudi limina assidentem || q. pulchre feliciter Inciniunt. || (A la fin :) • Superna contemplation refer||tissimi et ad modù utiles sermons reverend patris fratris Ni||colai denijse fratrum mino. de obseruantia vulgariter nùcu||pal y. in cõuentu Rothomagésis ciuitatis gardiani meritissi||mi expliciunt per honestum virum eiusdem ciuitatis ciuem || ac impressorie artis, magistrum martinù morin, ante diui lau||di ecclesie valuas commorandem, hac maij iij. Inuentionis sà||cte crucis scilicet festo, fine fellici perfecti anno incarnationis || dnice millesimo quingentesimo nono || (1509), in-8, gothique à 2 colonnes.



4 feuillets préliminaires non chiffrés pour le titre et la table, ccxxii (222) feuillets chiffrés, 1 feuillet non chiffré, blanc au verso et contenant la fin du texte et la souscription. Le dernier feuillet est blanc au recto et contient au verso la marque de l’imprimeur.

Ces deux ouvrages sont réunis sous une même reliure, basane racinée (reliure postérieure, réalisée vers 1800). Usures d’usage à la reliure, malgré tout solide. Exemplaire court de marges. Petit défaut de reliure aux feuillets v à viii du premier ouvrage (déchirure en marge intérieure, sans perte de texte – défaut lors de la couture des cahiers). Les deux ouvrages sont entièrement rubriqués en rouge et jaune. La gravure sur bois du premier ouvrage a été coloriée à l’époque. Souscription manuscrite de l’époque sur la tablette. Collationné complet. Notes anciennes à la plume. Hauteur : 155 mm. Cachet d’une ancienne congrégation religieuse (XIXe s. ?) au bas du premier titre. Nous n’avons pas trouvé trace du premier ouvrage dans les dépôts publics français ; le second ouvrage se trouve à Rennes et à la BNF. Les deux ouvrages semblent manquer à la bibliothèque de la ville de Rouen.

Ces deux rarissimes ouvrages sortent des presses de Martin Morin, éminent imprimeur de la ville de Rouen qui exerça son talent entre 1484 (?) et 1518 (?). Voir à ce sujet l’étude de M. Ed. Frère, De l’imprimerie et de la librairie à Rouen, dans les XVe et XVIe siècles, et de Martin Morin, célèbre imprimeur rouennais. Les deux ouvrages que nous avons ici sont référencés et cités par Frère pour les années 1508 et 1509, et il semble que ce soit les seuls ouvrages publiés par Martin Morin pour ces deux années. On ne sait presque rien de la vie de Martin Morin mais ses impressions sont estimées pour leur netteté et leur correction. On a ici deux exemples de livre imprimés dans un très petit gothique qui reste parfaitement lisible.

Concernant l’auteur de ces deux ouvrages, Nicolas Denyse ou Denisse, était prédicateur de l’ordre des cordeliers au couvent de Valognes, puis à celui de Rouen, où il mourut le 18 mai 1509. Il était né à Beuzeville, dans le diocèse de Coutances, vers le milieu du XVe siècle. Ce religieux a composé plusieurs ouvrages de théologie, dont les éditions, imprimées à Rouen pour la plupart, sont aujourd’hui très-rares. (Ed. Frère, Manuel du bibliographe normand, I, 338). Ce sont ici deux imposants recueils de sermons.

Références : Ed. Frère, De l’imprimerie et de la librairie à Rouen, dans les XVe et XVIe siècles, et de Martin Morin, célèbre imprimeur rouennais, 1843. Panzer, VIII, p. 283.

TRÈS JOLIES IMPRESSIONS DE ROUEN D’UN PRÉDICATEUR ROUENNAIS DE L’ÉPOQUE 1508-1509.

PRÉCIEUSE RÉUNION DE DEUX TRÈS RARES IMPRESSIONS DU MAÎTRE IMPRIMEUR MARTIN MORIN, DE ROUEN.


VENDU

vendredi 13 février 2009

Heures sur vélin à l'usage de Rouen, imprimées à Paris par Gillet Hardouyn, vers 1510.



(HEURES A l’USAGE DE ROUEN.) (A la fin :) … Ces présentes heures à lusaige de Rouen… ont esté nouvellement imprimées à Paris, par Gillet Hardouyn… pour Philippot Coste, Pierre Lignàs, Raoulin Gaultier et Louys Bouvet, libraires demourans à Rouen.

S.d. (vers 1510) - (almanach de 1510 à 1530), in-8, gothique de 126 feuillets non chiffrés (sur 128), figures sur bois, reliure veau brun du XVIIe s.


Édition rare ornée de 15 grandes figures (non compris l’Homme anatomique), de petites vignettes dans le texte et de bordures variées renfermant des scènes de chasse, des épisodes de la vie de Jésus, les figures de l’Apocalypse, des arabesques, etc.

Exemplaire entièrement réglé et imprimé sur peau de vélin, avec les figures non coloriées et les initiales et bouts de ligne peints en or sur fond rouge et bleu, les lettrines des légendes des grandes figures enluminées.


Le premier feuillet (A1) (marque de Gillet Hardouyn au recto et l’Homme anatomique au verso) et le deuxième feuillet (A2) (Almanach et mois de janvier du calendrier) manquent. Petite déchirure et défaut de vélin en marge de 3 feuillets. Hauteur : 167 mm.


Exemplaire de la bibliothèque Charles Lormier (n°56, première partie, 1901). Les 2 premiers feuillets faisaient déjà défaut en 1901 lors de la vente Lormier. Ex libris gravé.
Exemplaire de la bibliothèque de La Germonière (Vente du 2 juin 1966). Ex libris gravé.


Références : Lacombe, Livres d'Heures imprimés au XVe et XVIe siècle conservés dans les bibliothèques publiques de Paris. Catalogue. 1907. Ce livre d'heure est référencé sous le numéro 209. Décrit sur l'exemplaire de la ville de Paris, Palais des Beaux-Arts, Collection Dutuit. Edition avec bordures ; 24 lignes. Repère Rou aux cahiers A-L et N. Voir également, Collection Dutuit, Livres et manuscrits, Edouard Rahir, n°33. Van Praet, Catalogue, g, p. 122, n°352. E. Frère, Manuel..., II, p. 80. Sur Philippot Coste, voir E. Frère, De l'imprimerie et de la librairie à Rouen (1843), p. 30.

VENDU


jeudi 12 février 2009

Le théâtre de Pierre Corneille dans une somptueuse reliure de maroquin doublée de maroquin dans le style de Boyet (1689-1692).




CORNEILLE (Pierre)

LE THÉÂTRE DE P. CORNEILLE, revu & corrigé, & augmenté de diverses pièces nouvelles. IIIe et IVe parties seulement sur quatre.

Suivant la copie imprimée, A Paris, 1689-1692.

2 volumes in-12 (137 x 78 mm) de (2)-69, 70, 72, 72, 68, 68 et 70 pages pour le premier volume ; (2)-69, 68, 67, 68, 69 et (8)-85 pages pour le deuxième volume. Voir plus bas le détail du contenu des volumes.

Reliure plein maroquin rouge doublée de maroquin rouge, dos fileté à froid, filet à froid en encadrement des plats, roulette dorée sur les coupes, doublure de maroquin rouge, fine dentelle dorée en encadrement intérieur des plats, gardes blanches, tranches dorées sur marbrure (reliure janséniste de l'époque attribuée à Luc-Antoine Boyet). Exceptionnelle reliure de Boyet dans son plus pur style raffiné, et par la qualité du maroquin utilisé, d'une exécution parfaite. On distingue dans les tranchefiles le fil d'argent que certains attribuent exclusivement à ce fin relieur de la fin du siècle de Louis XIV. Reliures très bien conservée malgré quelques ombres et sombres sur les plats, infimes griffures/frottements. Intérieur très frais, premiers et derniers feuillets légèrement jaunis. Etat de conservation exceptionnel.


ÉDITION COLLECTIVE PUBLIÉE EN HOLLANDE.

Chaque pièce avec une pagination séparée et un titre à la sphère ou avec un grand fleuron, à diverses dates allant de 1688 à 1692. Nous donnons le détail de ce que contient chaque volume ci-dessous :


Tome III :

- Discours des trois unités, d'action, de jour et de lieu. - Examen des pèmes contenus en ce volume. - Théodore vierge et martyre, tragédie chrétienne, par P. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1691. - Le menteur, comédie , par P. Corneille, Suivant la copie imprimée, à Paris, 1691. - La suite du menteur, comédie, par P. Corneille, Suivant la copie imprimée, à Paris, 1691. - Rodogune, princesse des Parthes, tragédie, par P. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1690. - Heraclius empereur d'orient, tragédie, par P. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1689. - Andromède, tragédie, P. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1692.

Tome IV :

- D. Sanche d'Arragon, comédie héroïque. Par P. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1690. - Nicomède, tragédie, par P. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1689. - Pertharite, roi des lombards, tragédie, par P. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1690. - Oedipe, tragédie, par P. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1688. - Sertorius, tragédie, par M. Corneille. Suivant la copie imprimée, à Paris, 1690. - La toison d'or, tragédie, par le Sr Corneille. Suivant la copie imprimée à Paris, 1692.

Les titres généraux annoncent des pièces qui ne se trouvent pas toutes dans les volumes.

La génèse de cette édition collective hollandaise est assez difficile à établir avec certitude. Il s'agit en fait d'une édition sous le titre de "Théâtre de Corneille" faite de la réunion de pièces parues séparément en Hollande et réunies ici pour former des volumes. Ainsi selon les exemplaires que nous avons trouvé répertoriés chez les libraires des siècles passés et présents, nous n'avons trouvés que des exemplaires dissemblables entre eux par les pièces qu'ils contiennent. Les éditeurs devaient certainement se servir des éditions qui leur restaient en stock, toutes n'étaient pas disponibles, certaines manques donc parfois. L'ensemble des deux volumes présentés ici est bien complet de tout ce qui devait composer chaque volume initialement. Il manque cependant à cet exemplaire les deux volumes des parties I et II qui contenaient les pièces manquantes du grand tragédien (Mélite, Le Cid, Médée, Cinna, etc.)

Nous avons répertoriés quelques rares exemplaires, dont le n°56 du catalogue 58 de la librairie Lardanchet (1965). Exemplaire relié au XIXe siècle par Thibaron et dont l'ensemble, bien complet des quatre volumes, est disposé tout différemment selon les volumes. Cette édition y est désignée d'elzévirienne et remarquablement imprimée et très complète.

MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE REGROUPANT DIX TRAGÉDIES ET DEUX COMÉDIES DU GRAND CORNEILLE, DANS SA PREMIÈRE RELIURE DOUBLÉE DE MAROQUIN DE BOYET. CONDITION RARISSIME.

VENDU

Un panégyrique outré du roi soleil par un avocat au Parlement de Toulouse (1682).




DE CAISSEL (Jacques).

LE TRIOMPHE DE LA GLOIRE, ou les dernières conquestes de Louis Le Grand. Par le Sieur de Caissel, advocat au Parlement de Toloze.

Paris, Pierre Variquet, 1682.

1 volume in-12 (15 x 8,5 cm) de (14)-156 pages. Frontispice gravé.

Reliure plein veau brun granité, dos à nerfs orné, tranches mouchetées de rouge (reliure de l’époque). Petit accroc le long d’un mors (peu visible) et une tâche sombre sur le premier plat, coins légèrement frottés. Exemplaire très frais.

OUVRAGE « RARE ET CURIEUX » (Biblio. Manzoni).

Il est indiqué au titre que cet ouvrage est imprimé avec permission mais il n’y en a pas d’imprimée dans le volume. Il existe des exemplaires à la date de 1685. L’auteur a échappé aux investigations des biographes.

Cet ouvrage est une revue des guerres menées par Louis XIV « le plus grand conquérant du monde » en Europe présentée sous forme d’un panégyrique complaisant.

Références : Catalogue de la bibliothèque de M. le comte Manzoni, seconde partie, 1893, n° 4476.

Localisation : Toulouse – Paris (Sainte-Geneviève) – Aix – Strasbourg – Paris (BNF) – Versailles.

BEL EXEMPLAIRE. TRÈS JOLI FRONTISPICE.

VENDU

L'Histoire secrète de la cour de Berlin par Mirabeau, 1789.




MIRABEAU (Attribué à Gabriel-Honoré RIQUETTI, comte de) publié sous l' ANONYME.

HISTOIRE SECRÈTE DE LA COUR DE BERLIN, ou correspondance d'un voyageur français, depuis le 5 juillet 1786 jusqu'au 19 janvier 1787. Ouvrage posthume. Tome premier (et deuxième).

S.l.n.n.(Alençon, Malassis), 1789.

2 tomes reliés en 1 fort vol. in-8 (20,5 x 13,5 cm) de (4)-XVII-318 et (4)-376 pages.


Reliure plein maroquin vert foncé, dos à cinq nerfs, doublure de maroquin rouge, tranches dorées, dos muet, gardes de papier peigne, chemise-étui avec dos de maroquin, bordée, emboîtage bordé de maroquin (fine reliure de la première partie du XXè siècle non terminée, le dos est resté muet et les gardes volantes prévues sans doute en tabis de soie rouge sont absentes, reliure attribuable à l'un des plus grand relieur du XXè siècle, peut-être HUSER ? P.-L. MARTIN ?, la reliure est d'une exécution parfaite, d'une élégance et d'une finesse évidente). Exemplaire très certainement lavé et réencollé dans la tradition du XIXème siècle.


Références : Barbier II-831 a, Quérard, Supercheries II-1158 f. : Ce livre fut condamné, par arrêt du 10 Février 1789, à être lacéré et brulé auprès du Grand Escalier par la main du bourreau. Caillet 7588 : Contient des révélations fort curieuses sur la Franc-Maçonnerie au XVIIIe siècle et particulièrement en Prusse. Mirabeau fut initié de bonne heure à la Maçonnerie. Cet ouvrage par ses révélations indiscrètes fut condamné à être brulé de la main du bourreau. Peignot, Dictionnaires des livres condamnés au feu, I, 322 : Ce libelle a été brûlé par la main du bourreau : il provoqua des plaintes très-vives contre l'auteur qui en fit une espèce de désaveu, au moins quant à la publicité et à la forme.

ÉDITION ORIGINALE RARE PARFAITEMENT RELIÉE EN MAROQUIN DOUBLÉ.

VENDU

La philosophie du bon sens du marquis d'Argens, 1768.




BOYER D’ARGENS (Jean-Baptiste)

LA PHILOSOPHIE DU BON SENS, OU RÉFLEXIONS PHILOSOPHIQUES SUR L’INCERTITUDE DES CONNAISSANCES HUMAINES.

Nouvelle édition corrigée et augmentée considérablement par l’auteur. Avec un examen critique des remarques de M. l’Abbé d’Olivet, de l’Académie française. Tome premier, deuxième et troisième (complet).

A La Haye, chez Pierre Paupie, 1768.

3 volumes in-12 (16 x 9,5 cm) de (4)-viij-351 ; (4)-360 et (4)-324 pages.

Cartonnage d’attente de l’époque, non rogné, titre à la plume au dos des volumes. Chaque volume est signé sur le titre des initiales J.F.G. et porte l’ex libris d’Ernest Naville sur le contre plat.


BONNE ÉDITION DE CET OUVRAGE IMPORTANT POUR L’HISTOIRE DES IDÉES AU XVIIIe SIÈCLE.

Jean-Baptiste de Boyer, Marquis d’Argens (1704-1771) était fils d'un procureur général, il suivit la carrière des armes et eut une jeunesse fort licencieuse, ce qui le fit déshériter par son père. Blessé devant Philipsbourg en 1734, il quitta le service et se retira en Hollande, afin de pouvoir y écrire librement ses pamphlets. Il attira l'attention du roi de Prusse par ses attaques contre le christianisme : ce prince l'appela à sa cour, en fit son chambellan avec 6.000 francs de traitement, et le nomma directeur général de son Académie. Après avoir vécu 25 ans dans l'intimité de Frédéric II, le marquis d'Argens vint passer ses dernières années dans sa famille, à Aix. Il avait une instruction vaste et variée, et ses écrits sont inspirés par la philosophie sceptique de l'époque (source Wikipedia). La philosophie du Bon sens est sans aucun doute son ouvrage le plus populaire, salué dès sa parution par Voltaire, Kant y verra, quant à lui, au contraire une œuvre dangereuse, une grave atteinte d’un libre penseur aux droits de la raison pure. (...)

"L’auteur de La Philosophie du bon sens prête sa voix au beau sexe, cette éternelle figure de la minorité philosophique. Boyer d’Argens contraint la philosophie à accueillir en son sein ce dehors qu’elle avait voulu réduire au silence. La géographie se met à raconter des histoires de peuplades éloignées qui laissent la raison sans voix. L’histoire se met à parler égyptien et chinois, la religion en perd son latin. La philosophie se libère de son rêve majoritaire d’autonomie et de puissance et découvre son propre impouvoir. Si la philosophie des Lumières signifie l’entrée dans la majorité, alors ce qui fait la splendeur de La Philosophie du bon sens, son originalité et son importance, c’est justement le devenir minoritaire qui l’emporte et signe, dès 1737, le désaveu inouï des Lumières par elles-mêmes. La Philosophie du bon sens, terre d’exil des minorités." (Extrait de la Présentation de Guillaume Pigeard de Gurbert, pp. 42-43).

Ouvrage condamné le 6 février 1759 par arrêt du parlement de Paris, en même temps que De l’Esprit d’Helvetius, la Religion naturelle de Voltaire, l’Encyclopédie et quelques autres. L'édition la plus complète est celle de Dresde, 1769 (cf. préface éd. Champion, 2002).

EXEMPLAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE D’ERNEST NAVILLE (1816-1909), professeur d'histoire de la philosophie, puis de théologie à la Faculté des Lettres de Genève (Suisse), qui publia notamment les Œuvres inédites de Maine de Biran. Cet ouvrage de Boyer d’Argens avait une place toute naturelle dans sa bibliothèque.

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS PUR, DANS SON FRAGILE CARTONNAGE DE L’ÉPOQUE PARFAITEMENT CONSERVE. CONDITION DES PLUS RARES ET DES PLUS DÉSIRABLES.

VENDU

Un rare curiosa du XVIIIe siècle, Les amours de Sainfroid jésuite, et d'Eulalie fille dévoté, histoire véritable (1729).




ANONYME

LES AMOURS DE SAINFROID JÉSUITE ET D’EULALIE FILLE DÉVOTE. Histoire véritable. Suivie de quelques Nouvelles Nouvelles.

A La Haye, chez Isaac vander Kloot, 1729.

1 volume petit in-12 (13,5 x 8 cm) de XX-459-(1) pages. Joli frontispice gravé assez coquin.

Reliure plein veau havane moucheté, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l’époque). Mors partiellement fendillés mais solides, petit accroc à la coiffe inférieure. Intérieur frais. Exemplaire frais.

PREMIÈRE ÉDITION.

« On a dit que ce volume racontait les amours du père Girard et de la Cadière, mais, à moins d'une erreur dans la date de la première édition, cela ne serait pas exact, car l'histoire du père Girard n'est arrivée qu'en 1731. Il existe de ce petit ouvrage une traduction anglaise, intitulée : Venus in the Cloister, or Sainfroid and Eulalie. » (Gay).

Ce qui est certain c’est que ce texte est similaire au Thérèse philosophe qui a su passer à la postérité. C’est à peu près la même histoire qui y est racontée. On trouve à la suite quelques courtes nouvelles : Le mariage de Phebon – Le coupable innocent – Vers par la lecture desquels on peut connaître si l’on aime – Le jaloux de son ombre.

Références : Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l’amour, aux femmes, etc., I, pp. 191.

BEL EXEMPLAIRE DE CE TEXTE RARE, ICI EN PREMIÈRE ÉDITION.

VENDU

mercredi 11 février 2009

Le livre des dépenses de la soeur de François Ier, Marguerite d'Angoulême, 1862. Maroquin bleu nuit du XIXe siècle signé Masson-Debonnelle.




M. le Comte H. de LA FERRIERE-PERCY.

MARGUERITE D'ANGOULÊME (sœur de François Ier), son livre de dépenses (1540-1549), étude sur ses dernières années, par le Comte H. de La Ferrière-Percy.
A Paris, chez Auguste Aubry, 1862.

1 volume in-8 (18 x 12 cm) de VIII-236 pages.

Reliure plein maroquin bleu nuit, dos à nerfs orné de fleurettes dorées, titre et millésime dorés, chiffre M couronné (en hommage à Marguerite d'Angoulême) dans les angles sur les plats, double-filet doré sur les coupes, large dentelle dorée aux petits fers en encadrement intérieur des plats, doublure et gardes de papier peigne, tranches dorées sur marbrure (reliure de l'époque signée MASSON-DEBONNELLE).

PREMIÈRE ÉDITION.

Très jolie édition imprimée sur beau papier vergé (tirage à petit nombre comme toutes les publications de ce type données par le libraire-éditeur Auguste Aubry), portraits et ornements dans le texte et hors-texte.

SUPERBE EXEMPLAIRE A L'ÉTAT DE NEUF. SPLENDIDE RELIURE DE MASSON-DEBONNELLE.

VENDU

Les vies des Saints Pères des déserts par Robert Arnauld d'Andilly (1668), en très joli maroquin rouge du début du XVIIIe siècle.




ARNAULD D'ANDILLY (Robert)

LES VIES DES SAINTS PERES DES DESERTS, ET DE QUELQUES SAINTES, écrites par des pères de l'église, & autres anciens auteurs ecclesiastiques grecs & latins. Traduites en français par M. Arnauld d'Andilly. Tome I, II et III (complet).

A Paris, chez Pierre Le Petit, 1668. [le titre du premier tome est changé et est à l'adresse de Louis Josse à Paris à la date de 1701 - Le titre du troisième volume est changé et est à l'adresse de George et Louis Josse à la date de 1688 - Le titre du deuxième volume est à la bonne adresse et à la bonne date de 1668 chez Pierre Le Petit - Tous les volumes sont de l'édition de 1668 chez Pierre Le Petit à Paris à l'exception de deux titre et des extraits du privilège à la fin du troisième tome qui date de la remise en vente de 1688]. George et Pierre Josse se sont portés acquéreur du fonds de livres de Pierre Le Petit (voir l'extrait du privilège à la fin du troisième tome).

3 forts volumes in-8 (18,5 x 12,5 cm) de 64-682-(22), 745-(22) et (16)-875-(19) pages.

Reliure plein maroquin vieux rouge, dos à nerfs richement orné aux petits fers pointillés dorés, filet à froid en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, doublures et gardes de papier peigne, tranches bleues (reliure du tout début du XVIIIe siècle). Infimes frottements au tome III (discret), sinon exemplaire à la reliure pratiquement neuve, comme directement sortie de chez le le relieur de l'époque. Un relieur de très grand renom sans aucun doute vue la qualité des reliures. On pourrait évoquer les noms de Boyet ? Padeloup ? sans preuves positives. L'intérieur est également comme neuf, pratiquement sans rousseurs et sur beau papier. L'impression des volumes date de 1668 (Cf. pagination de l'exemplaire de Versailles, fonds Port Royal, cote 659-661). Etant donné qu'un titre de relais pour le tome I est à la date de 1701, on date les reliures des toutes premières années du XVIIIe siècle (avant 1710 d'après le décor). Magnifique ensemble. A noter : le feuillet paginé 15/16 qui faisait défaut au moment de la reliure, a été reproduit à l'identique d'une main très-habile.

NOUVELLE ÉDITION AU FORMAT IN-8.

Robert Arnauld d'Andilly (1588-1674) publia cette traduction pour la première fois en 1647 alors qu'il venait de rentrer à Port-Royal-des-Champs. La modestie et la droiture de son caractère le firent estimer dans la première partie de sa vie des plus élevées et des plus illustres personnalités de son temps. Entré dès l'âge de 16 ans dans l'administration des finances, "il avait la permission d'assister au Conseil, derrière les fauteuils du roi et de la reine". A l'âge de 24 ans il épousa Catherine Lefèvre de la Boderie. Après voir occupé diverses fonctions à la cour, il fut nommé intendant des armées du roi. Il devint l'ami intime de l'abbé de Cyran, qui, en mourant lui laissa le dépôt de son coeur à la condition qu'il quitterait le monde et irait se retirer à Port-Royal-des-Champs pour y vivre dans la retraite et dans la prière. D'Andilly s'étant retiré à Port-Royal en 1646, il y passa près de 30 ans et y mourut en 1674 âgé de plus de 85 ans. Il avait eu 15 enfants.

Les Vies des Saints-Pères des déserts ont été d'abord reprises au XIIe et au XIIIe siècle, par les hagiographes dominicains, parmi lesquels Jacques de Voragine, l'auteur de la Légende dorée, pour construire de leur ordre récent une image qui l'identifiât aux communautés chrétiennes des premiers temps. A l'époque moderne, une même volonté d'identification des Solitaires de Port-Royal (en tant que vrais philosophes chrétiens) aux moines de la Thébaïde explique sans doute la publication, en 1647, de ces Vies traduites par Robert Arnauld d'Andilly. Ces Vies transportent avec elles, une idée de ce qu'est la philosophie : une sagesse, une vertu et des pouvoirs sur les autres hommes que les moines du désert sont censés posséder bien plus authentiquement que les philosophes païens. Le "Discours sur ces Vies" dont Arnauld d'Andilly fait précéder sa traduction, compare par exemple de manière classique les Solitaires du désert aux martyrs, en les présentant comme les deux catégories de Saints qui ont permis la victoire sur le paganisme, les derniers par leur courage et les premiers par leur sagesse. Or si les martyrs ont triomphé de l'idolâtrie, écrit encore d'Andilly, les solitaires étaient explicitement destinés par Dieu à concurrencer et à vaincre les philosophes sur le terrain de la vertu et de la sagesse. Le fait qu'il s'agisse d'un texte en français est le signe d'une nouvelle modification des conditions de la polémique ; Arnauld d'Andilly explique d'ailleurs qu'il a traduit ces Vies pour des gens qui seraient tentés de lire des romans, et qu'il veut leur inspirer un esprit de retraite.

Provenance : Exemplaire de la bibliothèque Aug. Le Roy de La Potherie de Neuville (1831, ex libris manuscrit sur chaque volume ; de la bibliothèque O. de Genouillac avec ex libris gravé (XIXe siècle).

Références : Encyclopédie des sciences religieuses par Frédéric Lichtenberger, 1882, tome XII, p. 565 ; La question historique et philosophique des genres de vie, Rihah, p. 51 ; R. Yves-Plessis, Essai d'une bibliographie française méthodique et raisonnée de la Sorcellerie, 1900, n° 395. "Quantité de "tentations" et de méchants tours des démons y sont rapportés."

TEXTE TRÈS RARE COMPLET DES TROIS VOLUMES.

MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE EN MAROQUIN DU TOUT DÉBUT DU XVIIIe SIÈCLE, PROBABLEMENT DÛ AUX MAINS HABILES D'UN GRAND MAÎTRE RELIEUR.

VENDU

lundi 9 février 2009

La guerre des juifs de Flavius Josephe de la version d'Hegesippe imprimée pour la première fois à Paris par Badius Ascensius (1510).



HEGESIPPUS [Flavius JOSEPHE]

[DE BELLO JUDAICO] AEGESIPPI HISTORIAGRAPHI FIDELIS SIMI AC DISSERTISSIMI ET INTER CHRISTIANOS ANTIQUIS SIMI HISTORIA DE BELLO JUDAICO. SCEPTRI SUBLATIONE. JUDAEORUM DISPERSIONE. ET HIEROSOLIMITANO EXCIDIO. ADIVO AMBROSIO MEDIOLANEN. ANTISTITE E GRAECA LATINA FACTA CUM EJUSDEM ANACEPHALEOSI ET TABELLIS CONGRE. VENTIARUM CUM JOSEPHI LIBRIS ETIAM DE GESTIS MACHABEORUM.


Souscription au f. LXXVII r° : Finis inedibus Ascensianis ad calendas Junias. M.D.X. (Paris, Josse Bade, 5 juin 1510). Marque de Josse Bade sur le titre.

1 volume petit in-folio (26 x 20 cm) de 1 feuillet (titre et épître de Josse Bade, éditeur, au verso), LXXVII feuillets chiffrés, 5 feuillets non chiffrés, le dernier feuillet blanc manque. Caractères romains, manchettes.

Reliure plein parchemin du XVIIe siècle. Exemplaire frais mais court de marge du fait de la reliure exécutée à nouveau un siècle plus tard. Quelques manques de peau à la reliure sur le bord du plat verso (sans gravité).


PREMIÈRE ÉDITION TRÈS RARE.

Selon Renouard, « cette adaptation latine du « De Bello Judaico » de Flavius Josephe (c.37-c.100) fut faite vers 367-374 par un auteur anonyme. Une erreur du copiste qui a sans doute confondu Josippus et Hegesippus est à l’origine du nom. »

Cette version fut très peu diffusée car elle donne le peuple juif responsable de la mort du Christ, mort qu’il paiera par la destruction de Jérusalem. Badius donnera une nouvelle édition 2 ans plus tard (30 décembre 1511 – Renouard, Badius, II, 488) et une autre en 1524.

Cette première édition de 1510 se trouve, en France, à la Mazarine et à la bibliothèque de Chartres, d’après Renouard, et aussi Deventer, Gand, Genève. (décompte 1908) – Autres exemplaires localisés à ce jour (2009) : BM Toulouse – Poitiers – Besançon. Friedlaender library, part II, 2001, n°343. Adams H-144. Moreau, Inventaire chronologique des éditions parisiennes du XVIe siècle, I, 1510, 97. Marque n°1 de Badius au titre et titre sans encadrement (Renouard).


Josse Bade, Jodocus Badius Ascensius (1461-1535)

D’abord élevé chez les frères de la vie commune à Gand, Josse Bade poursuivit ses études à Louvain puis en Italie, où il fut l’élève de Battista Guarino et brièvement de Philippe Béroalde l’ancien.

Il enseigna à Valence et à Lyon et commença à publier (notamment ses Sylvae morales) chez le libraire Jean Treschel, dont il devint le correcteur puis l’associé.

En 1499, il s’installa à Paris et à partir de 1503 à son propre compte sans doute avec l’aide du libraire Jean Petit. Il poursuivit ses activités d’éditeur scientifique tout en imprimant. Son atelier était le rendez-vous des humanistes. Gravitait autour de son atelier tout un cercle de collaborateurs (Bérauld, Dubois), les Ascensiani.

Il entretenait par ailleurs des relations avec la plupart des grands humanistes européens. Josse Bade édita durant toute sa vie les classiques latins, en fournissant des commentaires.

Dès 1500, parurent ses commentaires familiers sur les épîtres, les satires et l’art poétique d’Horace dont des fragments avaient déjà paru dans les Sylvae morales, la première édition des épîtres date d’octobre, celle des satires a dû la précéder. L’ensemble de ces commentaires d’Horace est réuni en 1503 (avec ceux d’Antonio Mancinelli).

On trouve déjà dans les éditions de Josse Bade, outre les gloses d’Acron, Porphyrion et Mancinelli, des annotations d’Alde Manuce, et de M. Bonfini (dans l’édition de1519). En 1543, sont ajoutées les annotations d’Henri Glarean, en 1546, celles de Parrhasius, d’Erasme, Politien, Sabellicus, de Cælius Rhodiginus, de Pio, de Crinitus, de Robortello, etc., dans une sorte de processus additionnel qui réunit l’aréopage humaniste le plus large et le plus européen.

Voir Ph. Renouard, Bibliographie de Josse Bade Ascensius, Paris, 1908, sur Horace, II, p. 496 et s. Ph. Renouard, Imprimeurs et libraires parisiens du XVI siècle, Paris, 1969, II, 6-297. Contemporaries of Erasmus,I, 79-81. Josse Bade, dit Badius (1462-1535), préfaces de Josse Bade, (1462-1535), trad., intr. et notes par M. Lebel, Louvain, Peeters, 1988.

Très belle édition ornée de 5 grandes lettres ornées à fond criblé (60 x 60 mm) et de très nombreuses lettres ornées gravées sur bois de plus petite taille (33 x 33mm, 27 x 27 mm et 13 x 13 mm). Les titres courants sont en grandes lettres gothiques, le texte est imprimé en caractère romain.

Le verso du dernier feuillet est couvert de notes en grec et en latin (extrait des « Histoires » de Zosine, livre 4, p. 74 (édition non mentionnée). Quelques notes manuscrites. Une note manuscrite en latin sur la page de titre indique « qu’il existerait un original « exemplar » grec ? Il semble avoir été perdu, si tant est que cette version ne nous soit jamais parvenue. »

Références : Renouard, Bibliographie des impressions et des œuvres de Badius Ascensius, 1908, II, 486 : « Édition soignée par Jacques Lefèvre d’Etaples. »

BEL EXEMPLAIRE DE CETTE RARE IMPRESSION PARISIENNE DE BADIUS ASCENSIUS.

VENDU

dimanche 8 février 2009

Rarissime édition de 1667 des premiers contes de La Fontaine.



LA FONTAINE (Jean)

CONTES ET NOUVELLES EN VERS. De Mr. de La Fontaine.

A Paris, chez Claude Barbin, 1667.

1 volume in-12 (Hauteur : 139 mm) de 1 feuillet de titre, la préface paginée de 3 à 11 (5 feuillets), 92 pages chiffrées, 1 feuillet blanc.

Reliure demi-toile mouchetée, dos lisse, pièce de titre de maroquin vert sombre (reliure de la deuxième moitié du XIXe siècle). Exemplaire relié sur brochure, non rogné (extrêmement rare pour cet ouvrage – voir ci-dessous). Papier uniformément teinté mais solide et en bon état sans rousseurs.

RARISSIME RÉIMPRESSION DE 1667 DE LA RARISSIME PREMIÈRE ÉDITION DES PREMIERS CONTES PUBLIÉS PAR LA FONTAINE.

L’exemplaire présenté mérite un descriptif précis, et ce, par la faute du relieur du XIXe siècle qui a mélangé des feuillets. En effet, comme l’indique de nombreuses notes au crayon sur les gardes blanches, ce volume contient la réimpression de la première partie des contes de 1665. La première étant de 1665 et ne comprenant que 60 pages. Le titre de notre exemplaire est celui de la deuxième partie, sa préface également en partie. On a donc la première partie des contes avec le titre de la deuxième et deux feuillets de la préface e la première partie (feuillet aiij et aiiij), les autres feuillets de la préface appartenant à la préface de la deuxième partie des contes, qui a le même nombre de feuillets (d’où sans doute l’erreur du relieur). Il manque à notre exemplaire les deux feuillets de privilège qui devraient s’y trouver si l’on en croit Rochambeau. Le dernier feuillet se détache.

On a donc les contes suivants : Joconde, nouvelle tirée de l’Arioste ; Richard Minutolo, nouvelle tirée de Boccace ; le cocu, battu et content, nouvelle tirée de Boccace ; le mari confesseur ; conte d’une chose arrivée à C. ; conte tiré d’Athénée ; autre contre tiré d’Athénée ; conte de * * * ; conte du juge de Mesle ; conte d’un paysan qui avait offensé son seigneur ; imitation d’un livre intitulé les arrêts d’amour ; les amours de mars et de vénus, fragment ; une Ballade et pour finir un Envoi. Soit treize pièces. La note au crayon qui mentionne que la première de 1665 est en 60 pages fait référence à la toute première et rarissime édition portant le titre différent de « Nouvelles en vers » tirées de Boccace et de l’Arioste. Cette édition princeps comme le précise Rochambeau est extrêmement rare et précieuse (on n'en connait que quelques exemplaires). Notre exemplaire a la même pagination que les exemplaires qui portent le titre de « Contes et Nouvelles en vers. » à la date de 1665. Seul le titre a été changé. La deuxième partie ne paraîtra qu’en 1666.

Références : Rochambeau, pp. 1667, n°8 ; Voir également les Nouvelles recherches bibliographiques par Jacques-Charles Brunet, 1834, II, pp. 37.

MALGRÉ L’ERREUR DU RELIEUR QUI NOUS PRIVE DU TITRE ET DES FEUILLETS DE PRÉFACE DE LA PREMIÈRE PARTIE DES CONTES, CETTE SECONDE ÉDITION DE 1667 DE LA PREMIÈRE PARTIE DES CONTES DE LA FONTAINE EST COMME UNE RELIQUE. DE LA PLUS GRANDE RARETÉ. BEL EXEMPLAIRE DANS UNE SIMPLE RELIURE DU XIXe SIÈCLE.

VENDU

samedi 7 février 2009

Une très belle édition du XVIIe siècle des Oeuvres de Rabelais (1676).



RABELAIS (François)

LES ŒUVRES DE M. FRANCOIS RABELAIS, docteur en médecine. Dont le contenu se voit à la page suivante. Augmentées de la vie de l’auteur et de quelques remarques sur sa vie et sur l’histoire. Avec la clef et l’explication de tous les mots difficiles. Tome I et II (complet).

S.l.n.n., 1659-1669 (i.e. vers 1675-1676)

2 volumes grands in-12 (17 x 9 cm – Hauteur des marges : 160 mm) de (24)-488-(10) et 459-(9) pages. Le titre du premier volume est imprimé en rouge et noir. Le titre du deuxième volume est imprimé en noir. Voir ci-dessous pour l’explication des dates d’édition.

Reliure plein veau brun granité, dos à nerfs ornés, tranches mouchetées rouge (reliure de l’époque). Exemplaire dont le brochage est très faible sans doute dû à une couture défaillante dès la reliure (malfaçon du relieur), les cahiers sont déboités et décalés, mais restent solidaires. Quelques mouillures claires, sinon exemplaire frais. Reliures néanmoins décoratives et strictement de l’époque.


NOUVELLE ÉDITION.

Cette édition très bien imprimée est postérieure à l’édition elzévirienne de 1675 dont elle est la contrefaçon. Plan la donne à Rouen. Elle est « fort élégante autant du point de vue de la typographie qu'à celui de la qualité du papier ». Elle a été ensuite contrefaite à son tour plusieurs fois. On trouve une clef à la fin sur un feuillet recto verso.

Références : Tchemerzine, Editions originales et rares XVe-XVIIIe siècles, V, 318 ; Plan, Bibliographie rabelaisienne, n° 130. Provenance : Signature ex libris « Suard » sur les titre.

Provenance : Signature Suard sur les titres (ancienne).

BON EXEMPLAIRE EN RELIURE DE L’ÉPOQUE. Pour information un exemplaire en reliure XIXe (maroquin) est catalogué par un confrère à 6.000 euros. La condition d'époque étant bien évidemment la plus recherchée des amateurs.

VENDU

Précieuse impression de Montauban relatant l'affaire des poisons et du procès de la marquise de Brinvilliers, 1676.




AFFAIRE DES POISONS SOUS LOUIS XIV

ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE ET DU PROCÈS DE MADAME LA MARQUISE DE BRINVILLIERS, exécutée à Paris en Grève le 18 juillet 1676 par arrêt du Parlement.

A Montauban, chez Samuel Dubois, imprimeur et libraire ordinaire du roi et de la ville. Jouxte la copie imprimée à Paris. 1676.

1 plaquette in-4 (25 x 19 cm) de 8 pages.

Cahier non relié, non cousu (feuillets pliés). Vignette gravée sur bois sur le titre.

ÉDITION PROVINCIALE RARISSIME DE L'HISTOIRE ABRÉGÉE DE CE FAMEUX PROCÈS.

Ce fragile document très bien conservé se divise comme suit : Page de titre avec verso blanc. Le texte de l'abrégé commence à la page 3 et se termine à la page 6 (soit 4 pages de texte), suit l'arrêt de la cour de 1 feuillet dont le verso est blanc (non paginé). Il a été écrit à l'époque à l'encre brune au verso du dernier feuillet : "Procès de la Brinvilliers".

Le marquis de Brinvilliers avait des habitudes de luxe et de dépenses ; il aimait le jeu, les plaisirs ; et son mariage fut loin de lui faire perdre ses habitudes joyeuses. En 1659, il se lia intimement avec un nommé Godin, dit Sainte-Croix, capitaine de cavalerie dans le régiment de Tracy, officier originaire de Montauban, qui se disait bâtard d'une bonne famille de Gascogne. Sainte-Croix était jeune et bien fait, « doué, dit un mémoire du temps, de tous les avantages de l'esprit et peut-être encore de ces qualités du cœur dont une femme manque rarement, à la longue, de subir l'empire ». extrait de La Revue hebdomadaire, 1897. Ce qui expliquerait cette impression de Montauban.

Localisation : Aucun exemplaire dans aucune des bibliothèques consultées.

Référence : Arlette Lebigre, 1679-1682, L'affaire des poisons. Frantz Funck-Brentano, Le drame des poisons études sur la société du XVII ̇siècle et plus particulièrement la cour de Louis XIV d'après les archives de la Bastille Marie-Madeleine de Brinvilliers Les sorcières La marquise de Montespan La chambre ardente La mort de "Madame" Racine et l'affaire des poisons La "devineresse, Hachette et cie, 1900. Edouard Forestié, Histoire de l'imprimerie et de la librairie à Montauban, 1898, p. 175 et suivantes (qui ne cite pas cette impression concernant le procès de la Brinvilliers).

BON EXEMPLAIRE DE CE PRÉCIEUX DOCUMENT HISTORIQUE, DONT IL NE DOIT SUBSISTER QUE QUELQUES RARES EXEMPLAIRES.

VENDU

vendredi 6 février 2009

L'écornifleur de Jules Renard sur papier Japon (1/15), demi-maroquin de l'époque.



JULES RENARD

L'ÉCORNIFLEUR. Roman. Nouvelle édition. Dessins de Ch. Huard - Gravure sur bois de G. Lemoine.

Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques, Librairie Paul Ollendorff, 1904.

1 volume in-8 carré (18,5 x 14,5 cm) de (6)-283-(13) pages. Les 13 dernières pages non chiffrées sont occupées par le catalogue des publications littéraires de la Maison Ollendorff (avec illustrations et également imprimé sur papier Japon).

Reliure demi-maroquin vert sombre, à larges coins, dos à nerfs janséniste, tête dorée, non rogné, couvertures et dos imprimés en rouge et noir conservés. Reliure non signée mais de très bonne facture. Étiquette de librairie collée au contreplat. Exemplaire très bien conservé, dos uniformément insolé et un léger frottement sur un nerf en haut du dos (voir photo - infime).


NOUVELLE ÉDITION. PREMIÈRE ÉDITION ILLUSTRÉE.

EXEMPLAIRE DU TIRAGE DE TÊTE SUR PAPIER JAPON. UN DES 15 EXEMPLAIRES SUR JAPON (N°5) AVEC 10 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE CHINE, SEULS GRANDS PAPIERS ANNONCES.

Très jolie édition publiée du vivant de l'auteur et illustrée de nombreux bois gravés par Lemoine d'après Charles Huard. Ouvrage publié pour la première fois en 1892 chez le même éditeur Ollendorff, l'écornifleur est ce modèle du genre humain "Henri", un parasite, un pique-assiette, sans talent, sans mérite, sans honneur, sans illusion et sans espoir, qui parvient à se rendre indispensable à une famille de bourgeois crédules (les Vernet) en vacances au bord de la Manche. C'est une perle d'humour vache. Ce roman, tout autant que son "Poil de carotte" méritait la popularité.

BEL EXEMPLAIRE FINEMENT RELIE A L'ÉPOQUE. TIRAGE RARE SUR PAPIER JAPON.

VENDU

La très rare première édition collective des Oeuvres du Chevalier de Méré (1692).



CHEVALIER DE MÉRÉ (Antoine Gombaud)

LES ŒUVRES DE MONSIEUR LE CHEVALIER DE MÉRÉ. Tome premier et deuxième (complet).

Tome I : Qui contient plusieurs DISCOURS sur diverses matières ; et ses CONVERSATIONS avec le Maréchal de Clerambaud. A Amsterdam, chez Pierre Brunel, 1712 (i.e. 1692).

Tome II : Qui contient les LETTRES. A Amsterdam, chez Pierre Mortier, 1692.

2 volumes in-12 (16 x 10 cm) de (6)-285 et (18)-383 pages. Avec un joli frontispice en tête de chaque volume.

Reliure plein veau havane moucheté, dos à nerfs richement ornés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge, gardes marbrées, tranches mouchetées de rouge (reliure de l'époque). Accrocs aux coiffes, un mors partiellement fendu (sans gravité pour la solidité du volume), coins émoussés, intérieur frais. Quelques notes au crayon.


PREMIÈRE ÉDITION COLLECTIVE TRÈS RARE.

Bien que le premier volume soit à la date de 1712 et à l'adresse de Brunel, le reste du volume est entièrement du tirage de 1692 chez Mortier, ainsi que le prouve un examen comparatif approfondi de la mise en page et des caractères dans leurs moindres détails. Il s'agit probablement d'exemplaires reliés vers 1712 avec un titre de l'édition à cette date qui existe bien. Le deuxième volume est à la bonne date de 1692 et est conforme en tous points à Tchémerzine.

À petites touches, usant des formes de la « conversation » et du « discours », Antoine Gombaud, chevalier de Méré (1607-1684), gentilhomme de petite noblesse qui n'a pratiqué la cour que de manière éphémère, dresse le portrait de l'honnête homme. Héritier avoué de Montaigne, ce maître en savoir-vivre apparaît comme le continuateur des législateurs italiens des belles mœurs – au premier rang desquels Baldassare Castiglione. À la différence de ses prédécesseurs qui avaient acclimaté en France - l'héritage italien en tournant en règles et en interdits les suggestions de leurs maîtres ultramontains, il procède avec justesse et grande souplesse. Sa conception de l'honnêteté, loin de l'élitisme du « grand monde », repose sur le bon ton joint au naturel, quintessence du bon sens entendu comme faculté de discernement et intuition de l'appropriation juste : le savoir-vivre y réintègre sa portée large de bel et bien vivre, autrement dit sa portée de sagesse pratique. (Source : Fabula.org).

Dans la deuxième partie, on trouve des lettres à Ninon de Lenclos, à Mademoiselle de Scudery, à la duchesse de Lesdiguières, etc, très intéressantes pour l'histoire des moeurs et le langage des ruelles.

Le chevalier de Méré (1607-1684) était homme de lettres, homme d’esprit, mais également homme de sciences, connu pour son « pari » avec Pascal. C’est son talent de joueur aux cartes qui l’amena à poser les probabilités de gains sous cette question : « Ai-je plus de chance d'obtenir au moins un six sur quatre lancers de un dé ou au moins un double six sur vingt quatre lancers d'une paire de dés ? »

Ses ouvrages montrent un penchant constant vers la maxime précieuse. Toutes ses expressions, très étudiées, très fabriquées, dénotent un esprit brillant mais néanmoins souvent prétentieux. Il y a dans ses productions comme une envie de régler le monde, le goût, la conversation, les moeurs de tout le monde.

Monsieur Ménage disait de lui : « M. de Méré est un des hommes de Paris le plus à la mode ; sa vertu, sa valeur, sa science, sa bonne mine, sa naissance, et encore plus que tout cela les qualités de son esprit et la douceur de sa conversation le font rechercher de tout le monde. » Sorbière en faisait grand cas. »

Quelques années après sa mort, Vigneul-Marville écrivait : « M. de Méré était un homme à réflexion ; il avait une grande abondance de pensées et pensait bien. Mais il faut avouer aussi qu’à force d’avoir voulu polir son style il l’a exténué ; qu’il est quelquesfois guindé et peu naturel. »

Mme de Sévigné, parait toutefois avoir échappé à l’engouement universel. « Corbinelli, dit-elle, abandonne le Chevalier de Méré et son chien de style , et la ridicule critique qu’il fait, en collet monté, d’un esprit libre, badin et charmant comme Voiture. (…) Ces productions sont loin d'être absolument sans mérite. A travers une recherche d'expressions un peu trop nrécienses, on distingue le souci du style, de l'élégance, de la pureté. Le chevalier de Mère est tout à fait un écrivain, dit M. Sainte-Beuve, son style a de la manière ; mais entre les styles maniérés d'abord, c'est un des plus distingués, des plus marqués au coin de la propriété et de la justesse des termes. » (P. Larousse, GDU, XI, 72, col. 2-3.)

Références : Tchémerzine, 226. b) "Ces deux petits volumes sont fort rares". Rochebilière, 1882, n° 736 (vendu 9 francs en 1882). Brunet 1648 : "Ces deux volumes sont assez recherchés mais ils ne se trouvent pas facilement".

Les quelques petits défauts de reliure de notre exemplaire sont vites oubliés face à la rareté avérée de ces deux volumes. L'exemplaire reste tout à fait solide et décoratif.

Provenance : M. le chevalier de Fleurieu avec son ex libris gravé au contre plat de chaque volume. Charles-Pierre Claret, chevalier de Fleurieu (1738-1810) était directeur des ports et arsenaux de France.

BEL EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE RARISSIME.

VENDU

Le manifeste de la tolérance universelle par Pierre Bayle (1713).



BAYLE (Pierre)

COMMENTAIRE PHILOSOPHIQUE SUR CES PAROLES DE JÉSUS-CHRIST, CONTRAIN-LES D’ENTRER ; ou TRAITÉ DE LA TOLÉRANCE UNIVERSELLE. Par M. Pierre Bayle. Nouvelle édition. Tome I et II (complet).

A Rotterdam, chez Fritsch et Böhm, 1713.

2 volumes in-12 (16,5 x 9,5 cm) de VIII-492-(24) et 456-(46) pages.

Reliure plein veau brun, dos à nerfs richement ornés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges mouchetées, gardes marbrées (reliure de l’époque). Quelques petits défauts d’usages aux reliures (coiffes et coins légèrement émoussés, début de fente à deux mors sans gravité), néanmoins reliures solides et décoratives, intérieur très frais.

NOUVELLE ÉDITION, POSTHUME.

Cet ouvrage polémique qui s’ouvre avec un pamphlet « La France toute catholique » (publié pour la première fois en 1686) et dont le commentaire qui suit a paru entre 1686 et 1688, est une réponse immédiate à la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685. « Il s'agit de l'une des rares tentatives historiques de fonder philosophiquement la tolérance. Il garde ainsi toute sa virulence face à la menace endémique du fanatisme religieux sous toutes ses formes. C'est un texte d'une audace exceptionnelle pour son époque. Bayle énonce et cherche à fonder moralement les "droits de la conscience errante", mais s'interroge aussi sur la délicate question de leurs limites. Ainsi ce plaidoyer pour une tolérance absolue s'avère être, en même temps, un des questionnements les plus radicaux sur la nature du fait religieux et de ses dérives quasi-inévitables. » (Résumé de l’édition « De la tolérance – Commentaire philosophique, par Pierre Bayle, éd. Honoré Champion, 2006). Cette nouvelle édition de 1713, donnée par Prosper Marchand, contient outre les trois premières parties, la quatrième partie ou supplément dans laquelle on achève de ruiner le dernier retranchement des persécuteurs en démontrant que le droit de persécuter n’appartient pas moins aux hérétiques qu’aux orthodoxes.

OUVRAGE RARE EN PREMIÈRES ÉDITIONS QUI L’EST TOUT AUTANT DANS CELLE-CI.

BEL EXEMPLAIRE DE CET IMPORTANT COMMENTAIRE SUR LA TOLÉRANCE UNIVERSELLE.

VENDU

Les coutumes générales du pays et duché de Bourgogne (1665).



BEGAT (Jean), DESPRINGLES (Jean) et DU MOULIN (Charles) – DE CHEVANES (éditeur)

COUSTUMES GENERALES DU PAYS ET DUCHE DE BOURGONGNE, avec les annotations de Monsieur Begat président au Parlement de Dijon, et du sieur Despringles, advocat audit Parlement. Revues, corrigées et augmentées de plusieurs arrests, ausquelles on a adjouté les notes de M. Charles du Moulin.

Imprimé à Lyon, et se vend à Châlon sur Saône, chez la veuve de P. Cusset, libraire, 1665.

1 volume in-4 (23 x 17,5 cm) de (46)-538-(6) pages.

Reliure plein veau brun, dos à nerfs orné (reliure de l’époque). Un mors fendillé sans gravité. Quelques rousseurs éparses.

NOUVELLE EDITION.

Barbier dans son dictionnaire des anonymes nous apprend que Despringles, indiqué au titre, n’a eu aucune part à cet ouvrage. (Barbier, 812).

Référence : Milsand, Bibliographie bourguignonne, 57.

Provenance : Menand (ex libris manuscrit ancien) – Jean-Baptiste de Bazin (ex libris manuscrit ancien).

BEL EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE PEU COMMUN.

VENDU

La scatologie bibliophilique ou l'Art de chier de Rémard bibliothécaire... (1806).



CH. R*** (Charles REMARD)

LE CHÉZONOMIE OU L’ART DE CH… [L’ART DE CHIER] Poème didactique, en quatre chants ; par Ch. R***.

A Scôropolis, et se trouve à Paris, chez Merlin, libraire, 1806.

1 volume in-12 (17,5 x 10,5 cm) de XI-191-(1) pages.

Reliure demi-maroquin lavallière à larges coins, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, tête dorée, double-filet doré sur les plats, tranches ébarbées (reliure de la deuxième moitié du XIXe siècle). Quelques légers frottements à la reliure.

ÉDITION ORIGINALE D’UN DES PLUS CÉLÈBRES POÈMES SCATOLOGIQUES. EXEMPLAIRE IMPRIMÉ SUR PAPIER VÉLIN.

D’après Barbier, l’auteur, M. Charles Rémard, était conservateur à la bibliothèque du château de Fontainebleau. L’ouvrage s’ouvre sur une dédicace aux bons chieurs de tout rang, de tout âge, et de tout sexe. La suite est à l’avenant : « sans être un grand docteur, je dirai dans mon livre, pour chier aisément, quel régime il faut suivre. D’abord j’expliquerai quelle innovation amena parmi nous la constipation : quel excès la font naître, et comment nos faiblesses nous empêchent souvent de desserrer les fesses. »

BEL EXEMPLAIRE.

VENDU

Le seul ouvrage de Condillac consacré à l'économie (1776)



CONDILLAC (Etienne Bonnot de)

LE COMMERCE ET LE GOUVERNEMENT, considérés relativement l’un à l’autre. Ouvrage élémentaire, par M. l’Abbé de Condillac, de l’Académie française, et membre de la Société Royale d’Agriculture d’Orléans.

A Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Jombert et Cellot, 1776.

1 volume in-12 (17 x 10 cm) de (2)-vj-ij-586 pages.

Cartonnage plein papier beige, dos lisse, filets dorés, pièce de titre orange (reliure postérieure du début du XIXe s.) Coiffes légèrement écrasées, coins légèrement émoussés, intérieur frais.

EDITION ORIGINALE.

Errata au feuillet vi et pagination continue. Véritable édition originale d’après les bibliographes. Ce « livre admirable qui contient en germe les théories les plus modernes » (Gide et Rist), développe notamment des idées sur la valeur basées davantage sur la rareté et l'utilité que sur la notion de « travail », ce qui fait de Condillac un précurseur (Lib. Comellas).

C’est le seul ouvrage de Condillac consacré à l’économie.

Références : Kress, 7200 ; Goldsmith, 11373 ; Einaudi, 1209. Blanqui, 300.

BEL EXEMPLAIRE EN CARTONNAGE ANCIEN.

VENDU

Gobert donne en 1703 un nouveau système sur la construction et les mouvements du monde.



GOBERT (Thomas)

NOUVEAU SYSTÈME SUR LA CONSTRUCTION ET LES MOUVEMENTS DU MONDE. Avec une dissertation sur la ligne de niveau. Par M. Gobert cy-devant intendant des bastiments de Sa Majesté.

Paris, Jean-Baptiste Delespine, 1703.

1 volume in-8 (19,5 x 12 cm) de (10)-44 (la puis 41-66), 1 page d’approbation.

Reliure plein veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l’époque). Reliure usée aux coins, coiffes et mors, solide. Ex libris J.C. Chaumont (XXè s.)

ÉDITION ORIGINALE.

Gobert est plus connu pour ses travaux à Versailles. Pour alimenter les fontaines royales, l’architecte, intendant des bâtiments du Roi, conçut dès 1680 un ingénieux réseau de récupération des eaux de ruissellement provenant de Rambouillet et de Saclay. M. Gobert est également l’auteur d’un Traité sur les forces mouvantes et l’inventeur d’un niveau à lunettes.

Dans cet ouvrage, l’auteur réfute le système de Copernic : « Copernic et ses sectateurs tombent dans l’autre extrême, ils rendent le soleil immobile au centre de l’univers, et font faire à la Terre les mouvements que Ptolémée fait faire au soleil : il m’a paru plus vraisemblable et plus naturel de croire, que le soleil fait simplement son tour en 24 heure, et que la Terre étant en équilibre au milieu de l’air, s’incline seulement de cinq lieues ou environ en 24 heures du côté du soleil, pour en tirer les secours dont elle a besoin ; sans la faire pirouetter de dix mille lieues par jour sur un axe imaginaire, inclinant de côté et d’autre : et il parait aussi impossible, que le soleil puisse tourner obliquement, et fasse les différents mouvements qui lui sont attribués par Ptolémée, que de comprendre ceux qui sont attribués à la Terre par Copernic. » (avertissement).

Ouvrage illustré de figures dans le texte et d’une planche mobile (p. 16). Les pages 41 à 44 sont sur un seul feuillet replié. Une figure hors texte du globe (planisphère). La dissertation sur la ligne de niveau commence à la page 41.

On trouve dans un exemplaire de la BNF, « Addition au nouveau sisteme de Monsieur Gobert, sur la construction & le mouvement du monde » (8 p.) inséré entre les pages 44 et 41 [i.e. 45]. Notre exemplaire en est dépourvu.

Localisation : Paris (Observatoire – Institut - BNF) - Aix.

BON EXEMPLAIRE D’UN OUVRAGE FORT RARE.

VENDU

jeudi 5 février 2009

Exemplaire offert à Lucien Guitry, acteur principal de la pièce, dans une somptueuse reliure de Gruel (1914)



HENRI LAVEDAN - EXEMPLAIRE DE L'ACTEUR LUCIEN GUITRY, PERE DE SACHA GUITRY

SERVIR, pièce en deux actes, représentée pour la première fois le 8 février 1913 au théâtre Sarah-Bernhardt. LA CHIENNE DU ROI, pièce en un acte, représentée le même jour.

Paris, Ernest Flammarion, s.d. (1914).

1 volume in-8 (19 x 13,5 cm) de 264 pages.

Reliure plein maroquin aubergine, dos à nerfs, caissons encadrés de filets dorés, doublure et gardes de soie moirée, large encadrement intérieur de maroquin, jeux de listels de maroquin concentriques bleu, blanc et rouge, double-série de double-filet doré en encadrement, double-filet doré sur les coupes, tranche supérieur dorée, tranches non rognées (reliure de l'époque signée GRUEL en lettres dorées au contreplat). Couvertures conservées.


EDITION ORIGINALE.

Il a été tiré de cet ouvrage dix exemplaires sur papier de Chine, numérotés de 1 à 10 et dix exemplaires sur papier du Japon, numérotés de 11 à 20, et parafés par l'éditeur. Notre exemplaire porte le numéro 8.

UN DES RARISSIMES EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE CHINE. Papier de tête. EXEMPLAIRE DE L'ACTEUR LUCIEN GUITRY.

Avec cet envoi de l'auteur écrit à l'encre violette au verso du premier plat de la couverture conservée : "à Lucien Guitry qui, avec une admirable et sombre discipline et la plus patriotique beauté, fut, en grand uniforme moral, le colonel Eulin. Son auteur reconnaissant et son ami. Henri Lavedan. 13 mai 1914."

ON JOINT une carte de visite de l'auteur avec ces mots "Bien affectueux merci. J'espère avoir le plaisir de vous recevoir, mon cher ami."

MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE A L'ÉTAT DE NEUF. UN DES LIVRES DE LA SOMPTUEUSE BIBLIOTHÈQUE LUCIEN GUITRY.

VENDU

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