mercredi 17 octobre 2018

Alfred de Musset. Paul Avril. Gamiani ou Deux nuits d'excès. 1907 (i.e. 1930). Bon exemplaire de ce joli classique illustré érotique.


[Alfred de Musset]. Paul Avril, illustrateur.

Gamiani ou Deux nuits d'excès par Alcide, Baron de M***.

Réimpression conforme à l'édition autographiée originale (Bruxelles, 1833). Paris, 1907 [i.e. Charles Hirsch, v. 1930]

1 volume in-8 (19,5 x 13,5 cm), broché de 112 pages, 9 héliogravures dont un frontispice, couverture rempliée de papier rose pâle imprimée en noir et rouge. Couverture défraîchie (le premier plat reste en bon état, dos craquelé et fragile, quatrième de couverture salie et frottée par endroit). Intérieur frais.

Tirage à 320 exemplaires.

Celui-ci 1 des 300 ex. sur vélin d'Annam (avec 20 ex. sur Japon).


D'après Dutel cette édition aurait été imprimée par Charles Hirsch vers 1930. Le texte est encadré d'un triple-filet fin rouge avec fleuron dans les angles. Elle aurait été composée d'après des plaques photographiques tirées d'après une édition antérieure, et non pas en typographie. Nous sommes cependant étonné de constater un léger foulage du papier par les caractères d'imprimerie (??), peut-être est-ce aussi le cas avec les plaques photographiques mais nous émettons un doute. Les héliogravures d'après les dessins érotiques de Paul Avril sont d'un très beau tirage.


Provenance : Cachet disgracieux d'un bibliophile peu stylé à l'angle supérieur de la page de titre : "collection Robert Marchand" (et aussi sur les deux premières gardes blanches).


Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en française de 1920 à 1970, n°1645.


Bon exemplaire de ce tirage peu commun qui mérite une belle reliure.

Prix : 490 euros


mardi 16 octobre 2018

Chansons de salle de garde aux dépens d'un amateur (1948). Jolie illustration libre et humoristique. Tirage numéroté. Bel exemplaire.



COLLECTIF

CHANSONS DE SALLE DE GARDE.

Aux dépens d'un amateur, 1948

1 volume in-4 (27,5 x 22 cm), en feuilles sous couverture imprimée en couleurs. 1 illustration de couverture reprise sur la page de titre, 38 figures en couleurs servant le plus souvent de support-lettrine pour chacune des chansons, 14 illustrations en couleurs hors-texte. Chaque chanson est accompagnée de la partition correspondante avec les paroles. Très bon état. Emboîtage de l'éditeur (très bon état malgré petit manque de papier sur un côté).



Tirage unique à 950 exemplaires, tous sur pur fil Johannot.

Personne ne s'est avancé sur l'identité de l'artiste-illustrateur de ce joli livre. L'ensemble nous montre un artiste confirmé, au trait assuré, dans un style très humoristique tout à la fois résolument très libre, aux allures presque enfantines.



Plusieurs artistes connus pourraient satisfaire à ce style marqué et être un candidat sérieux. Nous retiendrons, pour notre part, la candidature de Marcel Jeanjean (1893-1973). Si il ne semble pas que Marcel Jeanjean ait commis d'illustration érotique dans sa longue carrière d'illustrateur, ce volume pourrait être la seule production de ce style pour l'auteur des Aventures de Fricasson.



On retrouve dans ce savoureux volume une belle sélection des plus belles et plus connues Chansons de salle de garde, les meilleures selon les éditeurs : Les Filles de La Rochelle, La Vérole, La Patrouille, Le Con et la Bouteille, O mon Berger Fidèle, Le Grenadier de Flandre, Le Gendarme de Redon, Stances à Sophie, Allons à Lorient, Les Trois Orfèvres, La Digue de Cul, Le Père Dupanloup, Margot, Le Cocu de Paramé, Les Filles de Camaret, La Chanson de Bicêtre, etc.

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1191.


Savoureuse illustration restée anonyme.

Bel exemplaire.

Prix : 295 euros

lundi 15 octobre 2018

Les amours d'Eléonore illustrés par Alain Dumond (1963). Un des 181 exemplaires sur vélin de Renage avec suites et planches refusées. Bel exemplaire.


ANONYME

Les Amours d’Éléonore. Illustrations de Alain DUMOND.

Publié par les Editions de l'Ibis, pour un groupe de souscripteurs. [1963]

1 volume in-4 (25,5 x 19 cm), en feuilles, sous couverture crème imprimée en rouge sur le premier plat. Emboîtage de tissu rouge de l'éditeur. Excellent état de l'ensemble malgré un emboîtage légèrement passé par endroit (légère tache au verso de l'emboîtage). Intérieur immaculé.

Tirage à 700 exemplaires.

Celui-ci, 1 des 181 exemplaires sur vélin de Renage accompagnés d'une suite en noir des 15 illustrations pleine page (dont 1 double-page) et de 4 planches refusées.


Le nom de l'auteur de cet ouvrage libertin achevé d'imprimer le 8 mai 1963 n'est pas connu, et personne ne semble s'être penché sur la question.


L'avant propos commence ainsi : "Madame de L... était depuis trois mois dans son vieux château ; sa seule compagnie était un renfrogné parent, antiquaire infatigable, ne s'occupant que de médailles et de vieux livres ; épiant les secrets de la nature ; physicien, botaniste, naturaliste, chimiste, passant pour sorcier dans le pays, mais amusant fort peu sa cousine, qui, jeune et jolie, en voulait beaucoup à son mari de l'avoir reléguée en si maussade lieu, en si triste compagnie. (...)"


Ce texte écrit dans un langage châtié et sobre n'évoque pas moins les tensions du désir entre diverses débauchées dont Éléonore est le maître d'oeuvre. De nombreuses scènes sont anticlérico-lubriques à souhait. Bien que l'histoire se passe dans les siècles passés, sans doute au XVIIIe siècle, au milieu des turpitudes du couvent notamment ... les illustrations de Alain Dumond ne laissent pas de faire planer un doute sur le dénudé très "sixties" de l'héroïne de ce roman libertin d'une lecture très agréable.


"Non, tu n'est point un homme, disait le prieur ; tu n'est point une femme : tu es un ange, sans doute un de ceux qui vinrent sauver Loth. Les habitants de Sodome les préféraient aux pucelles du bonhomme ; ils avaient bien raison : jamais ni femme ni pucelle ne te valut ; aucune ne me fit pousser aussi loin ma carrière amoureuse ; aucune ne me fit éprouver tant et de si vifs plaisirs ; et toi, mon ange, si tu prenais très-bien la chose, dans les derniers moments surtout, j'enviais ta place ; j'aurais voulu tout à la fois recevoir, prendre et donner du plaisir ; j'étais pourtant bien, parfaitement bien, mieux que je ne fus jamais en aucune autre place. Que tu es joli, comme ta bouche est fraîche ! Quelles belles formes ! que tu es blanc ! comme j'aime à voir tes muscles prononcés, mais gracieux ! Tu es ma maîtresse, mon maître, mon idole ; tu m'aimeras, je partagerai ton lit, je mourrai encore sur toi, je te sentirai pâmer dans mes bras ; cette nuit n'est pas finie, nous recommencerons encore ; en attendant, viens dans mes bras, dors sur mon sein ; nous ne nous réveillerons que pour nous livrer à de nouveaux plaisirs !" (extrait)




Références : Pia, Les Livres de l'Enfer, col. 45-46, B.N. Enfer, 1669, Monod, 233.

Bel exemplaire du tirage avec suite et planches refusées.

Prix : 215 euros


samedi 13 octobre 2018

Grodard (1960). Album de 6 dessins originaux érotiques humoristiques. Proverbes. Honni soit qui mal y pense. Superbe et unique.


GRODARD (pseudonyme)

Proverbes. Honni soit qui mal y pense.

S.l.s.n, 1960

Album de 6 dessins originaux 10 x 15 cm sur feuilles 24 x 15 cm. Sous couverture de papier jaune titrée à la peinture bleue "Proverbes". Un feuille de titre suit titrée à la peinture bleue également "Honni soit qui mal y pense". Chaque dessin est séparé du précédent par un calque. Les 6 dessins originaux ont été réalisés à l'encre noire et finement aquarellés par l'artiste. Seul le dernier dessin est signé dans le dessin, en bas à gauche : GRODARD 60 (pour 1960). Ensemble complet.


Les 6 proverbes délicieusement illustré sont :

- Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud
- La langue est la meilleure et la pire des choses
- Chacun prend son plaisir où il le trouve
- L'envers vaut l'endroit
- Chaque chose à son temps !..
- On est jamais mieux servi que par soi-même







Le talent du dessinateur est indéniable. Il mêle humour et finesse d'esprit dans des scènes lestement interprétées. Nous n'avons trouvé aucune trace de Grodard comme pseudonyme dans le domaine de l'illustration érotique au cours des années 60. Nous pensons néanmoins qu'il pourrait s'agir d'un dessinateur de presse très à son aise avec la caricature et l'humour populaire.

Bel ensemble unique et parfaitement conservé, tel qu'il a été conçu par le dessinateur lui-même.

Nota : Les photographies données dans cette annonce sont des numérisations qui ne donnent pas une bonne idée de la qualité des couleurs et du dessin. Plus de renseignements et photos sur demande.

Prix : 950 euros

vendredi 12 octobre 2018

Comte de Caylus. La Fée Paillardine ou la Princesse ratée (1933) avec des illustrations libres d'André Collot. Rare tirage à 175 exemplaires seulement. Bel exemplaire tel que paru.


Comte de Caylus (Anne-Claude-Philippe de Tubières de Grimoard de Pestels de Lévis de Caylus, dit Le)

La Fée Paillardine ou la Princesse ratée. Conte inédit.

Londres, 1933 [Marcel Seheur]

1 volume in-4 (24,5 x 19,5 cm), en feuilles, 96 pages, sous couverture de papier rose marbré, titre imprimé en rose sur le premier plat. 11 illustrations hors-texte imprimées en couleurs dont 1 frontispice, avec 4 vignettes tirées en brun-rouge pour chaque chapitre. Texte encadré d'un filet gras de même couleur. Beau papier vélin.

Nouvelle édition. Contrefaçon de la première édition clandestine parue en 1931.

Tirage unique à 175 exemplaires sur vélin teinté.


Notre exemplaire n'a pas été numéroté. Les hors-texte sont tirés sur papier blanc. Il s'agit des reproductions en photogravure des pointes sèches attribuées à André Collot pour l'édition de 1931.

La notice bibliographique qui se trouvait à la fin du volume dans l'édition de 1931 n'a pas été reproduite ici (ceci expliquant la différence de pagination pour une mise en page princpale identique).


Les deux éditions (1931 et 1933) on un tirage annoncé quasi identique (160 ex. pour l'édition de 1931 et 175 ex. pour celle-ci de 1933). Les deux éditions semblent aussi rares sur le marché l'une que l'autre.

Comme l'indique Dutel il s'agit d'un texte inédit provenant d'un manuscrit du XVIIIe siècle ayant appartenu à Pierre Louÿs.


"Il était une fois une fée qui se nommait Paillardine. Elle était bien faite, grande et ferme ; ses cheveux étaient bruns et son teint était un peu bis ; en un mot, c'était une foutée délicieuse, puisqu'elle tenait plus qu'elle ne promettait encore pour la jouissance. Elle joignait un tempérament aussi prodigieux qu'immanquable aux yeux les plus paillards et par conséquent les plus beaux. Sa peau était aussi douce qu'elle était unie. Le mouvement de son cul était si recommandable et si parfait qu'il paraissait nouveau à chaque coup qu'on lui mettait. La nature départ rarement en nos pays ces heureux talents et ces véritables dons du Ciel, car enfin (l'on n'y peut penser sans gémir) combien peu nos femmes déchargent-elles en France ! Paillardine ajoutait à tant de perfections celle d'être au moins au coup pour le coup. Quelle foutée ! L'idée seule non seulement me fait bander, mais encore elle est riante du côté de l'esprit, puisque les brouilleries sont courtes avec une semblable femme, qu'une arcée produit seule le raccommodement et que seule elle épargne cent protestations plus gentilles les unes que les autres. Quoi qu'il en soit, Paillardine, qui joignait le pouvoir au désir, foutait, comme l'on peut croire, avec un succès et une abondance merveilleuse. Quand elle n'eût été que femme du monde, étant telle que je l'ai décrite avec vérité, eût-elle jamais manqué de fouteurs ? Non, sans doute. Aussi n'en manquait-elle jamais. Indépendamment des fouteurs réglés dont elle avait toujours une douzaine de garde auprès d'elle, du plus petit coup de sa baguette il eût paru cinquante vits en état de satisfaire la paillardise qu'elle ressentait et qu'elle inspirait. Mais elle ne voulait point faire d'éclat ; elle aimait mieux envoyer par le monde trois ou quatre femmes dont elle était sûre et qui lui rendaient un compte fidèle des grands vits qui paraissaient et de leur bonne ou mauvaise qualité. Ces émissaires avaient chacune une mesure très exacte aux armes de la fée. Elle voulait que la taille des vits que l'on choisissait pour elle fût au moins dix pouces de roi. Au-dessous de cette taille un vit n'était seulement pas regardé ; c'était même la plus petite mesure à laquelle Paillardine n'aimait pas trop se réduire." (extrait des premières lignes du conte ...).


Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1555 ; Pia, Les Livres de l'Enfer, 485 (pour l'EO de 1931).


Bel exemplaire de cette édition de qualité et peu commune pour cet amusant conte érotique brillamment illustré par Collot.

Prix : 590 euros


Mirabeau. Le Libertin de qualité ou Ma conversion. 10 gravures originales de G. de Sainte-Croix. (1955). 1 des 324 ex. sur Lana à la forme. Superbe.


MIRABEAU (Honoré Gabriel Riqueti, marquis de)

Le Libertin de qualité ou Ma conversion. Gravures originales de G. de Sainte-Croix.

Le Panorama des Mœurs, Editions Vialetay, 1955

1 volume in-8 (22,5 x 14,5 cm), en feuilles, sous étui et emboîtage décoré de l'éditeur. 172 pages. 10 eaux-fortes hors-texte en couleurs. Excellent état de l'ensemble. Rares rousseurs.

Tirage limité à 451 exemplaires.

Celui-ci, 1 des 324 exemplaires sur Lana à la forme.


Le Libertin de qualité a été publié pour la première fois en 1783 (sous le titre de Ma conversion). L'attribution à Mirabeau est restée incertaine. Louis Perceau penche positivement pour une oeuvre du grand Mirabeau. Perceay ne décrit pas moins de 17 éditions de ce texte libertin jusqu'en 1912.


"Ma déesse était en cornette... Sacredieu, qu'elle avait d'appas ! Son lit à la turque, de damas jonquille, semblait assorti à son teint (car celui du jour était répandu sur dix mouchoirs qui invoquaient la blanchisseuse) ; un sourire qu'elle grimace me fait apercevoir qu'elle ne dort point. Enfin je grimpe sur l'autel. - Bandais-tu ? Hélas ! il fallait bien bander de misère, ou renoncer à Julie, et à cette bourse devenue nécessaire ; car le maudit brelan m'avait arraché les derniers louis qui fussent en ma possession. Que parlais-je de possession ? - J'en ai sacredieu bien une autre. Regarde, mon cher ami, c'est pour toi que je n'abaisse pas la toile. Je parcours des mains et des pieds les vieux charmes de ma dulcinée. De la gorge, je lui en prêterais au besoin. Des bras longs et décharnés ; des cuisses grêles et desséchées ; une motte abattue ; un con flétri et dont l'ambre qui le parfume affaiblit à peine l'odeur naturelle ... Enfin, n'importe : je bande ; je ferme les yeux ; j'arpente ma haridelle et j'enfourne. [...] le diable m'emporte !" (extrait)


L'illustration donnée ici par Gaston de Sainte-Croix est libertine tout en restant dans les bornes de la décence. Les cuivres ont été tirés par Georges Leblanc sur presse à bras. La mise en couleurs a été réalisée dans l'atelier de François Wills. La maquette de l'ouvrage a été réalisée par Henri Jonquières.


Bel exemplaire de cette charmante édition "officielle" (non clandestine) proposée par Vialetay.

Prix : 220 euros


mercredi 10 octobre 2018

Johannes Gros. Cydalise ou le péché dans le miroir (vers 1930). Beau curiosa illustré de 8 eaux-fortes libres par T. Mertens. Rare.


[Johannes GROS]

CYDALISE OU LE PÉCHÉ DANS LE MIROIR. Illustré de huit eaux-fortes de T. Mertens.

Sans lieu ni date [Dijon, imprimerie Darantière, vers 1930]

1 volume in-8 (19 x 13,5 cm), broché, 229-(1) pp., couverture rempliée avec titre imprimé en capitales bleues sur le premier plat et au dos. Exemplaire extérieurement défraîchi (couverture salie et légèrement tachée, dos partiellement fendu). Intérieur frais. Les gravures sont tirées sur un papier teinté. Bien complet de 7 eaux-fortes hors-texte en noir et blanc et un frontispice. Cachet disgracieux d'un bibliophile peu stylé à l'angle supérieur de la page de titre : "collection Robert Marchand" (et aussi sur le faux-titre et la première garde blanche). Exemplaire méritant une reliure.


Édition originale.

Tirage à 700 exemplaires.

Celui-ci, 1 des 600 sur vélin (celui-ci ne porte pas de numéro).


Ouvrage condamné pour la première fois le 29 mai 1954.

"L'auteur de ce texte de qualité est Johannes Gros" (Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1331)


"Pendant que, de mes baisers, je chavirais son âme, ma main droite descendue à sa braguette, s'y insinuait félinement et étreignait la volumineuse carrure de son vit. [...] D'une reptation habile de sa main, il avait forcé l'étau de mes cuisses jusqu'à l'ogive, et dans la fente de ma gaine de satin il pointa son médius sur le lieu sensible de ma vertu. [...] Mes doigts s'instruisant du dessin conique de la quille faisaient la navette de sa base massive à sa tête renflée qui hochait à mon passage, et je percevais sa nervure tendue et le gonflement des veines qui bosselaient sa surface. [...]" (extrait)


Bon exemplaire de cet ouvrage qu'on rencontre rarement malgré le tirage annoncé.

Prix : 490 euros

mercredi 3 octobre 2018

Mirabeau. Le libertin de qualité. Superbe édition clandestine (1929) illustrée de 19 eaux-fortes dont 10 mises en couleurs à l'aquarelle au pinceau. Notice bibliographique par Louis Perceau. Curiosa clandestin de qualité et rare.


MIRABEAU [attribué à] / Louis PERCEAU / Gaston TRILLEAU (illustrateur, attribué à) ou ZYG BRUNNER ?

Le Libertin de qualité par Mirabeau. Nouvelle édition accompagnée d'une notice bibliographique par Helpey, bibliographe poitevin. Ouvrage orné de 19 eaux-fortes.

Alençon, chez Jean-Zacharie Malassis, 1929

1 volume in-4 (23 x 16,5 cm), broché, 245 pages. 10 eaux-fortes hors-texte aquarellées à la main et 9 eaux-fortes à mi-page en noir. Couverture muette à rabats en papier argenté. Excellent état. Très beau papier et mise en page très esthétique. Brochage faible (volume épais disloqué).

Tirage à 320 exemplaires seulement.

Celui-ci, 1 des 200 sur vélin d'Arches (non numéroté).


Détail du tirage : 10 ex. sur Japon Impérial avec une suite des eaux-fortes avec remarques, un cuivre (hors-texte) et un dessin original, 10 ex. sur Japon Impérial avec une suite des eaux-fortes avec remarques, un cuivre et un dessin original, 100 ex. sur vélin d'Arches, 200 ex. sur vergé d'Arches.

La notice bibliographique qui se trouve à la fin (pp. 227 à 245) est de Louis Perceau signée de son pseudonyne Helpey bibliographe poitevin.


Pas plus Pascal Pia que Jean-Pierre Dutel ne se sont risqués à essayer d'identifier l'artiste qui a illustré cette très belle édition clandestine. Néanmoins cet ouvrage est à rapprocher de La matinée libertine d'Andréa de Nerciat publiée en 1928 et illustrée par des pointes sèches de Gaston Trilleau (sous le pseudonyme de Jean-Gilles Legendre). Toutefois, certains détails nous font penser au travail de Zyg Brunner qui à la même époque illustre d'autres ouvrages érotiques, selon différentes techniques de gravures.


Le Libertin de qualité a été publié pour la première fois en 1783 (sous le titre de Ma conversion). L'attribution à Mirabeau est restée incertaine. Louis Perceau penche positivement pour une oeuvre du grand Mirabeau. Il détaille, avec son professionnalisme habituel, 17 éditions de ce texte libertin jusqu'en 1912.


La mise en couleurs à l'aquarelle au pinceau à la main des 10 hors-texte sur un trait d'eau-forte très fin et à peine visible confère à cet ouvrage un charme évident (on croirait qu'il s'agit d'aquarelles originales).


"Ma déesse était en cornette... Sacredieu, qu'elle avait d'appas ! Son lit à la turque, de damas jonquille, semblait assorti à son teint (car celui du jour était répandu sur dix mouchoirs qui invoquaient la blanchisseuse) ; un sourire qu'elle grimace me fait apercevoir qu'elle ne dort point. Enfin je grimpe sur l'autel. - Bandais-tu ? Hélas ! il fallait bien bander de misère, ou renoncer à Julie, et à cette bourse devenue nécessaire ; car le maudit brelan m'avait arraché les derniers louis qui fussent en ma possession. Que parlais-je de possession ? - J'en ai sacredieu bien une autre. Regarde, mon cher ami, c'est pour toi que je n'abaisse pas la toile. Je parcours des mains et des pieds les vieux charmes de ma dulcinée. De la gorge, je lui en prêterais au besoin. Des bras longs et décharnés ; des cuisses grêles et desséchées ; une motte abattue ; un con flétri et dont l'ambre qui le parfume affaiblit à peine l'odeur naturelle ... Enfin, n'importe : je bande ; je ferme les yeux ; j'arpente ma haridelle et j'enfourne. [...] le diable m'emporte !" (extrait)

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1853 ; Pia, Les livres de l'Enfer, 806 ; Bnf, Enfer, 1094 (exemplaire non numéroté sur vergé comme le nôtre).


Très bon exemplaire de ce rare clandestin illustré avec talent.

Prix : 950 euros



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