lundi 13 juillet 2026

Shunga | Japon | Ensemble de 12 très jolies estampes japonaises anciennes (vers 1860-1875) probablement de l'entourage de Kunisada (école Utagawa) | Bon état | Rare



SHUNGA [12 planches] - De l'entourage de Kunisada | école Utagawa

Ensemble de 12 Estampes japonaises anciennes en couleurs (18 x 11,8 cm pour les feuillets - 15,4 x 10,5 cm pour les bois gravés)

Epoque d'impression : fin de l'époque d'Edo ou tout début de Meiji vers 1860–1875

Les cartouches rouges renvoient à différents quartiers d'Edo (Tokyo). Chaque scène est située dans un quartier célèbre de la ville. L'arrière plan prend alors toute son importance. Au premier plan la scène montre un homme et une femme pendant l'acte sexuel. Les scènes érotiques sont intégrées dans un véritable itinéraire à travers Edo. 

Ces gravures pourraient être l'œuvre de l'entourage de Kunisada. 

Feuillets déreliés d'un album (complet des 12 bois gravés imprimés en couleurs à la matrice de bois).

Ensemble de douze shunga de l'école Utagawa ou de l'entourage de Kunisada, vers 1860-1875.

Quelques légères salissures et marques de piqures dans la marge. Papier fin, non doublé (l'encrage est bien visible par transparence).













Cette série « Shunga » signifie littéralement « image de printemps ». Shunga est un euphémisme pour faire référence à l'acte sexuel. Le mot shunga serait dérivé de l'expression chinoise chungonghua, en japonais shungūga (春宮画?), signifiant « image du palais du printemps », en évocation de la vie joyeuse menée au palais du prince héritier (Kōtaishi). L'âge d'or des shunga se situe pendant l'époque d'Edo (1600 à 1868) mais les impressions se sont poursuivies jusqu'à l'époque Meiji (1868-1912).


Ensemble rare. Les marges sont conservées (les photos de l'annonce montrent les estampes sans l'intégralité des marges). La dernière photo de cette annonce montre le verso d'une estampe.

VENDU

samedi 23 mai 2026

1948 | Dévergondages par Spaddy (Johannès Gros) | Un des 234 exemplaires sur vélin de Rives | Bien complet de la suite libre de 16 lithographies originales d'après les aquarelles de Rojan.



SPADDY (Johannès Gros) | ROJAN (Fiodor Stepanovitch Rojankovski​)

Dévergondages.

Bruxelles, aux dépens d'un amateur, 1948

1 volume in-8 (25 x 18 cm) en feuilles (non rogné, à grandes marges), couverture muette de papier ancien décoré rouge et beige (motif de cernes de vagues dans le style cernes du bois). La couverture d'origine (papier blanc avec titre sur le premier plat) n'a pas été conservée. Intérieur très frais. 151 pages.



Bien complet des 16 lithographies en couleurs sur feuilles volantes.

Edition entièrement souscrite non mise dans le commerce tirée à 250 exemplaires.

Celui-ci, un des 234 exemplaires sur Vélin de Rives (il n'a pas été numéroté).

Il a été tiré en outre 16 exemplaires sur Japon avec suite en noir et aquarelle originale formant le tirage de tête.

La première édition de cet ouvrage a été imprimée et publiée vers 1937 par Maurice Duflou. Elle était ornée de 12 illustrations monogrammées D.D. et de nombreux bandeaux et culs-de-lampe érotiques, par Berthommé Saint-André, imprimés en rouge. Cet ouvrage fut encore reproduit en 1940 avec les mêmes illustrations en reproduction photographique. Cette édition de 1948 est illustrée par Rojan, alias Fiodor Stepanovitch Rojankovski​. D'après Dutel elle a été  publiée à Nice en 1948. Elle est ornée de 16 reproductions lithographiques en couleurs d'après les aquarelles de Rojan. Ces compositions libres ne se rapportent pas au récit.

Ouvrage condamné pour la première fois le 10 octobre 1950. Il existe encore un autre tirage vers 1940 tirée sur papier photographique.
















Féodor Rojankovski, de son vrai nom, est né en Russie en 1891 ; c'est un artiste russe blanc qui émigre à Paris à la suite de la révolution d'octobre. Son premier livre illustré Daniel Boone, consacré au célèbre trappeur, fut publié simultanément à Paris, New York et Londres en 1931. Par la suite, il illustra beaucoup de livres érotiques le plus souvent non signés, à quelques exceptions près, comme la charmante édition de 1937 Chansons galantes de Béranger, La Belle Etoile. Les 16 aquarelles enlevées mais non "libres" sont signées Rojan. La plupart du temps, en effet, ses oeuvres sont anonymes. Elles peuvent pourtant lui être assez facilement attribuées tant sa patte est caractéristique. Pascal Pia, à propos de la très belle réédition des Vers libres de Raymond Radiguet, Au Panier fleuri, tirée probablement en 1935 à 250 exemplaires, signale au sujet des dessins : "Nous pouvons indiquer que leur illustrateur, désigné, par l'initiale R... dans l'introduction signée H., était un habile russe, nommé Rojankovski, connu sous le pseudonyme de Rojan." Et si le même Pascal Pia lui attribue les 16 lithographies en couleurs de Dévergondages de Spaddy, nous pouvons également citer parmi ses grandes réussites l'édition des Trois filles de leur mère de P.L. [Pierre Louÿs], tirée à 200 exemplaires et illustrée d'aquarelles au pochoir, dans les années 30. Ces mêmes années, cela n'empêchera pas Rojan de connaître la célébrité dans un autre domaine de son art : c'est lui qui, séduisant des milliers d'enfants d'entre deux-guerres, dessina des albums du Père Castor. En effet, il illustra une collection sur les animaux sauvages, dans laquelle nous trouvons Scaf (un phoque) 1934, Panache (un écureuil) 1934 et Plouf (un canard sauvage) 1935. Malheureusement pour nous, s'il put mener de front ses divers talents durant les années 30, Rojan dut s'exiler en 1939 aux Etats-Unis, avant de s'établir en Amérique latine. Il continua pendant plusieurs décennies son travail d'illustrateur animalier essentiellement pour la prude Amérique. Pour nous, amateurs de "Curiosa", il nous reste le bonheur, au hasard des ventes, de retrouver et d'admirer les dizaines de dessins originaux de ce créateur méconnu." Préface par Richard Bocci, Idylle printanière, Bibliothèque de l'Image, Paris, 2000.

"Et sa main, à présent soulevée, enconnant de toutes la longueur du doigt, épanouit les suprêmes transports de l'extase. Ah ! quelle sensation que le savoureux désordre où elle s'offrait à moi, là, dans les torsions de son spasme mourant à moitié glissée du divan, les cuisses mues par delà la jarretière de velours noir, la culotte ramassée tout en haut. - Chéri ! tu m'en paieras un, dis ? ... pour m'amuser et le branler !... - Demain, petite garce ... et tu pourras même te le faire mettre !... - Oui, hein ! ne serai-ce qu'une fois ! ... pour savoir !. ... Oh ! tu es bien mignon ! ... Ta queue, chéri ! ... donne-moi ta queue ! ..." (extrait)

"— On dirait que tu recommences, Mathou… — Seulement d’y penser !… Ah ! veux-tu que je te dise ?… J’aurais voulu le branler !… Si tu avais entendu gueuler la chienne quand il a déconné !… — Alors ?… — Eh bien ! tu vois !… je suis remontée !… Je ne pouvais tout de même pas me le faire dans le couloir !… Je me suis jetée là… chapeautée et tout, et en quatre ou cinq coups de doigt… Sa main frémissait dans le nid de mousseline et de linon où plongeait l’angle de ses cuisses. Je m’avançai pour n’en rien perdre. La main à plat, le médius fiché dans la cosse, elle le manœuvrait comme une charnière coudée. — Ah ! c’est bon avec le gant… Je n’ai même pas pris le temps de le retirer… Si tu savais, cette sensation !… Ça fait rêche… Ah ! Ah !… C’est peut-être comme ça avec la pine d’un chien… Oh ! oh !… va… bien sûr que je vais jouir… encore un coup… Ses jolies jambes gainées de soie azur se couchèrent brusquement de côté dans un tortillement de sa croupe, ses petits souliers labourèrent le tapis, et elle cria, en une convulsion de tout son corps : — Ah !… ça y est !… ah !… ah !… ça monte !… ah !… ah !… j’y suis !… je jouis !… tiens !… vois si je jouis !…" (extrait)

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1389 ; Pia, Les livres de l'Enfer, 329.

Très bon exemplaire de ce joli curiosa illustré par Rojan.

Prix : 550 euros

samedi 16 mai 2026

1933 | Pibrac ou Quatrains érotiques de Pierre Louÿs | Avec 20 eaux-fortes libres en couleurs | Tirage à 308 exemplaires numérotés | Rare curiosa recherché, l'un des plus beaux de cette période.

Pierre LOUYS [Berthommé de Saint-André, illustrateur]

PIBRAC, QUATRAINS ÉROTIQUES DE PIERRE LOUYS.

Aux dépens d'un amateur, pour le profit de quelques autres. M. IM. XXXIII. [Paris, Robert Télin, 1933].

1 volume in-4 (24 x 19 cm), broché, sous couverture de papier-velours vert frappé au centre du premier plat d'un fer argenté érotique. Avec 20 eaux-fortes en couleurs. Avec son étui, sans l'emboîtage. Quelques légères décharges bien légitimes des gravures sur les feuillets en regard. Rousseurs sur la couverture verte en papier-velours. Intérieur et extérieur du volume très frais.

Premier tirage des 20 illustrations libres attribuées à Berthommé de Saint-André, imprimées en couleurs.

Tirage unique à 308 exemplaires.

Celui-ci, un des 280 exemplaires sur grand vélin d'Arches à la forme. (il porte le numéro 100 au composteur).









Dutel indique que cette édition a paru en janvier 1934, probablement par les soins du libraire Robert Télin. Il y a outre les 20 cuivres attribués à Berthommé de Saint-André, 8 bandeaux au trait imprimés en noir, par le même artiste. Le texte est imprimé en vert et noir.

Les quatrains érotiques de Pierre Louÿs furent publiés pour la première fois en 1927, après la mort de l'auteur. Le nom énigmatique renvoie au magistrat et poète toulousain Guy du Faur de Pibrac (1529-1584), auteur d'un recueil de quatrains moralisateurs. Comme avec le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, Louÿs détourne un genre ennuyeux et moralisateur en une fantaisie érotique, tout en gardant la stricte organisation formelle de son modèle. Tous les quatrains commencent par le même début "Je n'aime pas à voir..." Ils sont tous hilarants mais "le rythme des quatrains provoquent au bout du compte un effet quasi hypnotique, à la façon de véritables mantras pornographiques".

Il nous suffira d'en prendre un pour exemple et donner ainsi une idée de l'ensemble :

Je n’aime pas à voir l’Andalouse en levrette
Ouvrir les bords poilus de son cul moricaud
Qui porte à chaque fesse une sorte d’aigrette
Sur l’anus élargi comme un coquelicot.

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2198* ; Pia, 1209.












Très bon exemplaire de ce très joli livre illustré érotique clandestin.

Prix : 1.150 euros

Liens vers d'autres livres

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