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jeudi 19 mars 2026
Frans de Geetere illustre Un été à la campagne (Gustave Droz) en 1928 | Un des 100 exemplaires sur Arches avec 10 eaux-fortes en noir et un frontispice aquarellé à la main par l'artiste. Rare livre d'artiste clandestin érotique.
Un été à la campagne, correspondance de deux jeunes parisiennes recueillie par un auteur à la mode. Illustrée de dix eaux-fortes et d'une aquarelle originale.
Imprimé sous le manteau et ne se vend nulle part, MCMXVIII [1918 i.e. 1928]
1 volume in-4 (25,1 x 17,3 cm) de (4)-152-(1) pages. Avec 1 frontispice en 2 états dont l'état mis en couleurs au pinceau par l'artiste, tiré sur papier du Japon (dénommé aquarelle originale sur la page de titre) et 9 eaux-fortes en noir, le tout par Frans de Geetere.
Cartonnage bradel plein papier marbré strictement de l'époque (dos muet pour la discrétion). La couverture imprimée n'a pas été conservée. Relié sur brochure, non rogné, seule la tête a été poncée et teintée en jaune-orange. Belle impression du texte et des estampes sur papier vergé d'Arches fort. Très frais.
Tirage unique à 165 exemplaires seulement.
Celui-ci, un des 100 exemplaires sur papier d'Arches à la forme (numéroté 124 au composteur).
Il a été tiré 9 exemplaires sur Japon impérial, 29 exemplaires sur simili-Japon rose et 36 exemplaires sur papier de Montval à la main.
"Edition publiée en 1928. Elle est ornée de 10 belles eaux-fortes originales de Frans de Geetere qui fut aussi l'éditeur de cet ouvrage. L'aquarelle originale est une eau-forte aquarellée." (Dutel).
L'édition originale a paru pour la première fois à Bruxelles en la fin de l'année 1867 et porte la date de 1868. Poulet-Malassis en a été l'éditeur.
Cet ouvrage fut condamné par le tribunal correctionnel de Lille le 6 mai 1868. "Cette débauche d'esprit est d'autant plus dangereuse qu'elle n'effarouche pas le lecteur et corrompt les imaginations en rendant presque le vice aimable" (Fernand Drujon, Catalogue des ouvrages poursuivis, supprimés ou condamnés".
Il fut néanmoins plusieurs fois réimprimé en peu de temps et ensuite devint un texte classique de la littérature clandestine qui donna lieu à plusieurs très belles éditions illustrées telle que celle-ci.
"Un été à la campagne n'est pas seulement un petit roman plein d'esprit, et du plus gaulois, c'est encore une des productions les plus singulières de la fin du second Empire, dont il évoque le dévergondage plein de bonhomie et de simplicité. Cette époque sut allier les raffinements et l'élégance avec beaucoup de bon sens. L'apparence pleine de chic, de gaieté et en même temps d'une louable pondération qu'avait la société sous Napoléon III fait tout le charme de cette amusante production mi-innocente, mi-licencieuse, mais dans laquelle aucune expression grossière ne vient blesser le lecteur." (Guillaume Apollinaire, introduction à l'édition de 1900).
Ce livre fut immédiatement condamné à la destruction pour outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs. Il se plaît à dépeindre la découverte des plaisirs charnels de deux adolescentes. ''Comme nous ne voulons pas prendre notre monde en traître, noue engageons fort les gens à principes sévères, à mœurs aussi austères que leurs principes, nous engageons fort les chastes, les dévots, les prudes et tous ceux, en un mot, qui ont la prétention de faire leur salut à grand renfort de macérations et de continence, à se bien garder d'ouvrir ce livre, dont la lecture compromettrait gravement, nous les en prévenons, les chances qu'ils peuvent avoir à une stalle numérotée dans le paradis.'' (Avant-propos des éditions anciennes).
''Ce roman érotique moderne attribué à la plume élégante de Droz peut soutenir la comparaison avec d'autres productions de XVIIIème siècle en ce genre. Il offre cette particularité, comme Gamiani, que, bien qu'on y trouve des scènes d'une extrême licence, on n'y rencontre pas une seule expression libre. Cette débauche d'esprit est d'autant plus dangereuse qu'elle n'effarouche pas le lecteur et corrompt les imaginations en rendant presque le vice aimable.'' (Perceau).
"The artist Frans de Geetere was born François Joseph Jean de Geetere in Oudergem, a suburb of Brussels. Frans de Geetere studied at the Beaux-Arts in Brussels, but rebelled against the academic teaching there. With his partner, the painter May den Engelsen, Frans de Geetere sailed a barge from Brussels to Paris, where they moored by the Quai de Conti by the Pont Neuf and lived a Bohemian lifestyle. De Geetere and den Engelsen were intimate with Harry and Caresse Crosby in the late 1920s; Harry wrote to his mother, "If it is possible for two people to be in love with two people then we are in love with them." Harry Crosby shot himself after the Wall Street Crash in 1929. Frans de Geetere had an exhibition the following year at the Galerie de la Plume d'Or, introduced by the art critic André Warnod. But that was, essentially the end of his career. The chief influence on Frans de Geetere's work was the Belgian Symbolists, particularly Fernand Khnopff. The etchings of Frans de Geetere are sombre and disquieting, infused with a miasma of conflicted sexuality and existential dread. His art now feels very modern, resonating, for instance, with both that of Paula Rego and that of Jake and Dinos Chapman. In his own lifetime Frans de Geetere fell so far out of favour that he titled a volume of lightly-fictionalised memoirs, self-published from his barge the Marie-Jeanne, L'homme qui oublia de mourir - The man who forgot to die. There was an exhibition of Frans de Geetere's art at the Centraal Museum, Utrecht in 2007, and a new book on the artist by Jan Juffermans. We also have etchings by Frans de Geetere's companion May den Engelsen, which some attribute to de Geetere; in our view they were most likely created by den Engelsen in collaboration with de Geetere. See: Jan Juffermans, Frans de Geetere, 2006." (source : Idbury Prints).
Frans de Geetere (1895-1968), né François Joseph Jean de Geetere à Auderghem, dans la périphérie de Bruxelles, se forme à l’Académie des Beaux-Arts de la capitale belge avant de se détourner rapidement de l’enseignement académique qui y prévaut. Aux côtés de sa compagne, la peintre May den Engelsen, il gagne Paris à bord d’une péniche, qu’ils amarrent quai de Conti, à proximité du Pont Neuf, adoptant un mode de vie résolument bohème.
À la fin des années 1920, le couple fréquente Harry et Caresse Crosby, figures emblématiques de l’avant-garde parisienne. Dans une lettre adressée à sa mère, Harry Crosby écrit : « S’il est possible que deux personnes soient amoureuses de deux autres, alors nous sommes amoureux d’eux. » Sa disparition tragique, survenue à la suite du krach de Wall Street en 1929, marque profondément ce cercle.
En 1930, Frans de Geetere présente une exposition à la Galerie de la Plume d’Or, introduite par le critique André Warnod. Cet événement constitue cependant l’un des derniers jalons significatifs de sa carrière. Son œuvre s’inscrit dans la filiation du symbolisme belge, et plus particulièrement dans l’orbite de Fernand Khnopff.
Les eaux-fortes de De Geetere se distinguent par une tonalité sombre et inquiétante, traversée par une tension constante entre sexualité troublée et angoisse existentielle. Cette imagerie, dense et ambiguë, confère aujourd’hui à son travail une modernité saisissante, que l’on peut rapprocher, par affinité, des univers de Paula Rego ou encore de Jake et Dinos Chapman.
Tombé dans un relatif oubli de son vivant, l’artiste intitule un recueil de mémoires partiellement fictionnalisées, autoédité depuis sa péniche Marie-Jeanne, L’homme qui oublia de mourir, titre à la résonance programmatique.
Une redécouverte critique s’opère au début du XXIe siècle, notamment à travers l’exposition qui lui est consacrée au Centraal Museum d’Utrecht en 2007, accompagnée de la publication d’un ouvrage de référence signé Jan Juffermans.
Par ailleurs, certaines eaux-fortes attribuées à Frans de Geetere doivent être rapprochées du travail de May den Engelsen ; il est vraisemblable qu’elles résultent d’une collaboration étroite entre les deux artistes.
Voir : Jan Juffermans, Frans de Geetere, 2006.
La puissance des compositions érotiques de Frans de Geetere doit, sans conteste possible, le placer au rang des meilleurs artistes de son temps.
Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2545 ; Pia, Les Livres de l'Enfer, n°1465
Bel exemplaire de ce superbe livre érotique illustré rare et recherché.
Prix : 1 450 euros
lundi 16 mars 2026
1935-1940 | Roman pornographique clandestin | Ingénues sensuelles | Texte ronéotypé avec 7 illustrations libres attribuées à Chéri Hérouard | Rare
Ingénues sensuelles.
Sans lieu ni date [vers 1935-1940, Paris ? Maurice Duflou ?]
1 volume petit in-8 (18,4 x 12,8 cm) broché de 104 pages. Couverture en papier texturé bleu et imprimée en argenté. Page de faux-titre imprimée en rouge. Texte ronéotypé sur papier vergé ivoire, avec 7 illustrations hors-texte tirées sur papier photographique. Très bon état de conservation, papier et illustrations très fraîches.
Edition originale.
Le détail du tirage n'est pas précisé mais probablement autour de 250 à 350 exemplaires comme d'autres ouvrages de la même époque et similaires quant à la façon.
Par ailleurs un ouvrage est tout à fait semblable quant à la manière et à la présentation, il s'agit de Aventures lubriques, avec 8 photogravures tirées sur papier photographique (même format, même ronéotypage et même illustrateur (même style) qui signe alors Erès et qui n'est autre que Chéri Hérouard. Les illustrations ici ne sont pas signées mais nous pensons qu'elles sont du même artiste, à savoir Chéri Hérouard. Le papier utilisé pour la couverture ainsi que la présentation générales pourraient laisser entendre que ce livre a été publié plutôt vers la fin des années 1930. Un autre ouvrage intitulé Confessions perverses et illustré de 12 photogravures de dessins tirés sur papier photographique est de la même veine.
Le papier texturé utilisé pour la couverture n'est pas sans rappeler un papier similaire utilisé à la même époque pour des productions clandestines données par Maurice Duflou. Dutel n'évoque pas Maurice Duflou pour cette édition mais nous croyons qu'il ne doit pas en être totalement étranger pour ne pas dire que nous pensons que cette production doit lui être attribuée.
D'après Dutel ce texte serait la traduction en français d'une roman anglais intitulé Sub Umbra (A l'Ombre) publié pour la première fois vers 1879.
Le titre est explicite. Il s'agit ici d'initiations à l'amour charnel de novices très consentantes.
"Il faut que je goûte le nectar de l'amour, m'écriai-je, en arrachant mes lèvres des siennes ; et, prenant une position inverse, je portai ma figure contre ses cuisses dociles.
Je léchai avec une ivresse profonde l'abondante décharge sur les lèvres de son petit conin ; puis, ma langue chercha son chemin plus loin et vint chatouiller son clitoris surexcité, la transportant de frénésie et d'un désir fou de jouir plus ardemment encore ; toute délirante d'extase, elle jeta ses jambes autour de mon cou et frotta ma tête entre ses deux cuisses fermes et charnues. Mouillant mon doigt dans sa fente lubrifiée, je l'introduisis facilement dans le trou de son derrière qu'entourait une jolie toison noire, pendant que, de ma langue, je continuais à lui chatouiller son petit clitoris en érection. Je l'amenai peu à peu à une telle intensité de désirs, qu'elle empoigna mon membre et l'amena à sa bouche, tandis que je me plaçais au-dessus d'elle pour lui faciliter cette opération ; elle roula sa langue tout autour de la tête pourpre et je sentis également de légères et amoureuses morsures. Ce fut le paroxysme de la jouissance érotique. Elle s'inonda de nouveau dans une abondante décharge, tandis qu'elle suçait avec avidité chaque goutte de sperme qui jaillissait de mon membre excité.
Tous deux, nous nous évanouîmes presque sous l'excès de nos émotions et restâmes pendant quelques instants entièrement épuisés, jusqu'à ce que je sentisse mon engin d'amour pressé et sucé de nouveau par ses ravissantes lèvres. L'effet fut électrique. Je me remis à bander comme auparavant.
— Maintenant, mon adorée, jouons le vrai jeu d'amour, m'écriai-je, changeant de position et écartant ses cuisses frémissantes, afin de pouvoir m'agenouiller entre les deux ; mes genoux étaient placés sur son jupon, de façon à n'être pas tachés par l'herbe. Elle était étendue devant moi, dans un délicieux état de jouissance anticipée, sa jolie figure était rouge de honte, ses paupières, bordées de longs cils noirs, étaient closes, ses lèvres légèrement entr'ouvertes et les globes ferme, arrondis et admirablement développés de sa poitrine se soulevaient en proie à une excitation tumultueuse ; c'était exquis. Fou de désirs, je ne pus différer plus longtemps le sacrifice, et il me fut impossible de me contenir. Hélas ! mignonne pucelle, dites adieu à votre virginité ! J'apportai mon engin sur la cible, en frottant légèrement la tête entre les lèvres de son vagin. [...]" (extrait pp. 14-15).
Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1747.
Très rare ouvrage pornographique clandestin ronéotypé et illustré par des clichés photographiques de dessins.
Prix : 850 euros
mardi 3 mars 2026
Odor di Femina, Amours Naturalistes, par E. D., auteur de "Jupes troussées". 1919 | Edition ancienne rare | Roman pornographique clandestin par Edmond Dumoulin ? Edouard Desjardins ? Demarchin ?
Odor di Femina, Amours Naturalistes, par E. D., auteur de "Jupes troussées".
G. Lebaucher, Libraire-Editeur, Montréal (Canada) [Paris, ca 1919]
1 volume in-12 (19 x 12,3 cm) broché de 171-(1) pages. Couverture imprimée en rouge et noir. Papier ordinaire jauni. Brochage faible.
Edition publiée à Paris vers 1919 d'après Dutel. Elle est imprimée sur papier vélin.
Bien que cette édition clandestine soit d'apparence modeste, elle n'en n'est pas moins rare. C'est l'une des dernières éditions clandestines anciennes de ce texte.
"Les ouvrages signés E.D sont devenus très rares" (Jean-Jacques Pauvert)
« Le narrateur, las des femmes à la mode de Paris, s'en va à la campagne goûter à des amours plus nature, retrouver chez les fermières, fâneuses, moissonneuses, vendangeuses, toutes les odeurs inhérentes à leur sexe, la véritable odor di femina. Colette, Madelon, Janine la Roussote, Suzanne, Rose se succèdent dans ces élans campagnards » (préface de la réédition par La Musardine, 2001).
« Je l’installai ensuite sur le bord du lit et je vins sous ses jupes troussées attaquer la place forte, après avoir contemplé et caressé le beau derrière bien propre et bien blanc. Elle fut encore surprise des caresses inédites que prodiguaient à ce coin délaissé du mari, mes lèvres et ma langue la préparant à me recevoir. Elle m’aida sur mon conseil, à percer l’étui, malgré la souffrance inséparable d’un premier début, que lui causait l’élargissement de l’entrée plissée, par la grosse machine, s’enfourrant péniblement dans les parois dilatées, jusqu’aux profondeurs de l’abîme. Je dus la secourir de mes doigts glissés sous sa toison noire, et bien qu’elle vint de payer plusieurs fois sa rançon, elle éclata en pleurs avant moi, elle jouissait encore, soufflant comme un blaireau, quand elle se sentit pénétrée jusqu’aux entrailles. » (extrait)
« Elle était déjà sur le foin, troussée jusqu’au nombril, s’offrant dans un rut de bête en chaleur, les poils de son épaisse toison noire mouillés, les cuisses bondissantes, humides, le gros bouton rutilant à l’entrée de la chair ouverte, béante, assoiffée d’amour dans un fouillis de poils noirs.
Elle se planta elle-même le gros outil à faire la joie, qui battait entre ses cuisses, s’enferrant toute seule d’un vigoureux coup de rein, jusqu’aux poils, et je m’étendis sur la gorge nue, qu’elle avait mise à ma disposition, écartant tous les voiles. Je patinais ces beaux seins palpitants, couverts de sueur, je les mordillais, grimpant par un baiser ascendant jusqu’aux aisselles, fourrant mon nez dessous, sous les poils mouillés qui sentaient le faune. Je me grisais de cette odeur, lui laissant faire toute la besogne, car elle se démenait comme un démon sous mon corps.
Elle chercha mes lèvres, les prit dans les siennes, me mordant jusqu’au sang, tandis que sa croupe bondissait, que son con se tordait sur le prisonnier, mais soudain devinant que l’orage va crever, elle se dégage d’un brusque coup de cul, et reçoit ma décharge entre ses cuisses serrées sur ma colonne, qu’elles frottent vigoureusement. » (extrait)
Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1880 et 1920, n°620 ; Perceau 106-4 ; Pia, Les Livres de l'Enfer, 930.
Edition rare de ce texte pornographique fin de siècle.
Prix : 250 euros
jeudi 26 février 2026
1891 | La Maison de Verre, défilé de Tableaux vivants, par E. D., Auteur de "Mes étapes amoureuses". Bon exemplaire broché non rogné de ce livre pornographique clandestin devenu rare.
E. D. [Edmond DUMOULIN ?]
La Maison de Verre, défilé de Tableaux vivants, par E. D., Auteur de "Mes étapes amoureuses".
Paris, aux dépens de la compagnie, 1891 [i.e. 1892, Amsterdam, par A. Brancart]
1 volume in-12 (17,7 x 11,5 cm) broché de 132-(1) pages. Page de titre imprimée en rouge et noir avec vignette gravée (faune en train de traire un bouc). Ornements. Belle impression sur papier vergé de Hollande à pontuseaux horizontaux. Couverture muette refaite en papier ancien décoré. Papier de qualité resté bien blanc (ne pas se fier aux photographies de l'annonce qui montrent un papier jauni).
Edition originale rare.
Tirage à petit nombre (sans doute entre 250 et 350 exemplaires).
Dutel indique que cette première édition (dont il ne reproduit pas le titre) a été probablement faite à Amsterdam par A. Brancart vers 1892. Il a été fait une suite de 6 gravures pour cette édition (qui étaient vendues séparément et qui ne se trouvent pas ici).
E. D. sont les initiales d'Edmond Dumoulin (Dutel).
« Quelques visions de scènes qui se passaient dans une célèbre maison de joie de la fin du second Empire. Le narrateur a vu, par des judas habilement pratiqués, la plupart de ces scènes ; il a été le héros de l’une d’elles. Les épisodes sont des mieux choisis pour varier le plaisir. Un colosse et une délicieuse pygmée, aussi vicieuse qu’elle est mignonne, laquelle, de con corps menu et de sa bouche goulue, épuise le colosse bien membré. Des amours lesbiens, lècheries, gougnottage en règle, entre une duchesse et une ballerine luttant de libertinage. Une grande dame masquée qui vide avec un appétit glouton les réservoirs d élixir humain, et se le fait mettre entre ses belles fesses, recherchant de parti-pris les voluptés qui n’ont pas de conséquences repopulatrices. Enfin, l’histoire d’une jeune vicomtesse qui va chez Mme Lempereur pour se faire faire un enfant ; son mari est général, il est vieux, elle doit s’assurer un héritier. Un inconnu s y applique devant nous avec une ardeur qui sera récompensée. » (Perceau, 143-4). C’est en 1913 dans « L’Enfer de la Bibliothèque Nationale », coécrit par Apollinaire, Perceau et Fleuret, qu’une note révèle que « E.D. serait, d’après les uns, un courtier en vins de Bordeaux, selon les autres un fonctionnaire de la Gironde. Son nom serait Dumoulin. Quoi qu’il en soit, il a publié des écrits libres, jusque vers 1900, chez Hirsch, chez Duringe, chez Mme Robert, et chez d’autres. C’est un des plus voluptueux et le plus sensuel des auteurs sous le manteau de la fin du XIXe siècle et parfois il a de l’esprit. » En 1930, dans sa colossale « Bibliographie du roman érotique au XIXe siècle », Perceau évoque « un nommé Desjardins, qui aurait été professeur à la faculté de Montpellier ». Peter Mendes avance aussi l’hypothèse de deux auteurs avec les mêmes initiales Edmond Dumoulin et Emile Desjardins.
L'auteur présente ainsi son texte au lecteur : « Au Lecteur. La maison de verre a existé dans les dernières années de l’empire. Les scènes qui se déroulent dans ce panorama sont toutes exactes, à quelques détails et aux noms près. J’ai choisi dans mes cartons les anecdotes qui m’ont paru le plus divertissantes parmi celles dont j’ai été le témoin, ou dans lesquelles j’ai tenu un rôle. J’aurais pu prendre dans le tas des scènes piquantes, que madame X., la maîtresse de la maison de verre, a consignées dans ses mémoires, qui sont en ma possession, mais j’aurais dû les habiller, car elles sont nues, comme les héros de ces aventures, et par conséquent inventer les détails. J’ai préféré faire voir le jour à des scènes, que j’ai consignées, quand elles étaient récentes, et toutes fraîches dans ma mémoire, d’où elles ne sont jamais sorties, surtout celles, dans lesquelles je fus acteur. Ainsi donc les lecteurs, qui voudront bien m’honorer de leur bienveillante attention, verront défiler devant leurs yeux de véritables tableaux vivants. E. D. »
« Nous voyons le beau fessier assis, se tortiller en roulements lascifs sur la colonne de chair qui l’enclave, tandis que des soupirs enchantés s’exhalent par en haut, aussitôt étouffés par les grosses lèvres du jouteur, qui a pris celles de la marquise sous les siennes. Faustine et moi, nous avions retenu notre souffle, en pratiquant un doux jeu, pendant la piquante scène, qui se déroulait sous nos yeux. Les deux athlètes disparaissent, l’un portant l’autre, pour aller faire un bout de toilette. J’en profitai pour lui demander qui était cette jolie petite marquise, pas plus haute que ça, qui avait non seulement des goûts virils très accentués, mais encore une capacité surprenante, chez cette petite femme, si mal pourvue en mari, approprié à ses goûts. Madame Lempereur me la nomma à l’oreille. — Comment ne l’ai-je pas reconnue? Mais je ne connais qu’elle; et son père, le chambellan, est un fort bel homme, et la mère une superbe femme, qui a encore de fort beaux restes, et qui ne fait pas trop mauvaise figure à la cour. Mais comment se sont-ils arrangés pour faire une mignonne petite fée comme celle-là? Le moule duquel elle est sortie, quelque soit le fabricant qui l’y enfourna, est d’une autre envergure. — Eh! parbleu, mon cher, répondit madame Lempereur à mes questions que je faisais à voix basse, pour ne pas trahir notre présence, sa mère la fit toute petite, exprès pour la mieux faire. Nos deux jouteurs revenaient dans une posture bizarre. Le galant portait dans ses bras la mignonne poupée, renversée la tête en bas. Il avait la figure plongée entre les cuisses de son fardeau, et il semblait boire à la coupe des plaisirs. Le buste de la petite fée était trop court, pour atteindre avec ses lèvres le bijou correspondant de son porteur, qui se balançait entre les cuisses. Elle lui donnait de petites tapes, qui le faisaient se cabrer, venant lui frapper les lèvres. Elle s’avisa d’ouvrir la bouche quand il se quillait, et la tête resta prisonnière. Porthos faisait le tour de l’appartement emportant son léger fardeau, dont il jouait, comme d’un instrument, en continuant sa promenade circulaire. Les jambes nues gigottaient dans les airs, elle avait perdu ses mules, et ses petits pieds nus, aux ongles roses, se crispaient dans l’espace. La promenade ne fut pas longue. La petite marquise, à qui le jeu qu’elle pratiquait paraissait familier, suçait avec amour le bout qu’elle avait pris dans sa bouche, pompant avec une telle ardeur, que le colosse fléchit sur ses jambes, achevant la fête à genoux. La petite bouche ne lâchait pas prise, les lèvres aspiraient avidement le goulot, et on devinait aux mouvements des joues, que la gourmande avalait la liqueur gorgée par gorgée, et au temps qu’elle y mit, on devinait que la dose devait être copieuse. Quand la charmante goule fut sur ses pieds, elle reprit ses mules, perdues dans la promenade, et sans la moindre confusion, sans le moindre embarras, comme elle ne voulait pas sans doute perdre son temps, elle vient essayer de remettre en état le dispensateur des plaisirs, le caressant de ses fines mains blanches. On voyait qu’elle prenait un grand plaisir à tripoter le superbe boute-joie, qui même au repos, était d’une taille respectable. — Jamais, il ne rentrera là, dit-elle, tout à coup, en portant sa main à l’occident ; et pourtant, je voudrais bien l’y loger. Mais si vous alliez m’estropier. — On l’y mettra, belle dame, dit le colosse, un peu surpris d’une fantaisie pareille, de la part de ce petit bout de femme, on l’y mettra, et sans vous écorcher. Je l’ai mis ailleurs, dans des compartiments aussi étroits, et qui n’avaient jamais pris de locataire. — Oh ! comme il est gros, comme il est long, et comme il est dur ! Le gland me remplit toute la bouche, et l’autre embouchure est bien plus petite. Jamais il n’y rentrera. J’aurais cependant voulu en tâter, sentir ce gros boudin, avoir enfin cette grosse affaire dans le cul. — Mais on en peut y mettre un tout petit bout, la tête seulement, que nous laisserons à l’entrée, tenez là, si ça vous fait trop de mal. Voyez, ce petit trou, pas plus grand qu’une tête d’épingle, mon gros doigt y rentre tout entier. Il tenait la marquise sous son bras, penchée en avant, et il poussait son médius dans les chairs. Elle se retourne, considère un moment le gros priape, qui se balance superbement bandé; elle le palpe, l’embrasse, prend le gland dans ses lèvres, ouvrant la bouche toute grande pour l’y recevoir. — Oh! la belle queue! Mets-le moi là, ce gros vit. Je le veux dans le cul. Tant pis, si tu me le fends. Je l’y veux, je veux l’y sentir; mets-le moi. Le colosse agenouille la petite dame devant un fauteuil, et s’agenouille lui-même entre les jambes, brandissant son formidable outil, qu’il essaie de planter dans le petit étui. Je redoute pour la patiente la torture inséparable de la pénétration de ce gros objet. Je vois bien qu’il embrasse, qu’il lèche la petite ouverture destinée au percement, mais cette préparation rudimentaire suffira-t-elle ? La petite marquise, décidée à tout souffrir pour tout connaître, tient courageusement les globes écartés, pour permettre à l’ouvrier de travailler librement à l’élargissement de ces bords serrés. La pointe de la terrible allumette est sur la rosette, la main gauche de l’ouvrier écarte les bords, la main droite dirige l’arme. Nous ne voyons pas bien ce qui se passe, mais après quelques efforts persévérants, l’assaillant nous paraît avoir emporté la redoute, nous apercevons en profil l’engin planté dans les fesses, et l’empalée, qui n’a pas poussé un gémissement, voyant que le visiteur reste sur les bords lui crie : — Enfonce donc, enfonce jusqu’au bout. Le plongeur, obéissant à l’ordre qu’on lui donne, s’enfonce peu à peu dans l’abîme, où nous le voyons disparaître lentement. Mais ici, comme dans le voisin, il doit toucher le fond, car il en reste un morceau dehors, et les témoins de sa victoire, se balancent dans le vide, à trois doigts de la porte. Il avait porté sa main droite sur le devant, sans doute pour secourir le voisin inoccupé. Il se promena dans cette voie étroite, allant et venant lentement, sans que la perforée se plaignit tout le temps que dura la fouille; mais à la fin, elle poussa des cris, arrachés sans doute, par l’infernale jouissance, qui la tordait, sous le déluge brûlant que lui lançait dans les entrailles, le plongeur enfoncé maintenant jusqu’aux poils, et secouée lui-même par des spasmes voluptueux. Malgré l’offrande déposée dans le fond du sanctuaire, le visiteur y gardait toute son amplitude, car l’empalée ayant crié: «Encore,» le pourfendeur, reprit vigoureusement la fouille du sentier occupé, la main droite, toujours aux avant-postes. Cette fois l’empalée se tordit sur le membre en sifflant de plaisir. La marquise, qui n’avait qu’une heure à dépenser voulait la bien employer, car sans perdre de temps à la toilette du bijou de l’athlète, elle le prend dans sa bouche travaillant à le mettre en colère. Il se rebiffe bien vite dans cette chaude prison, et quand il est en tenue de service, le galant s’étend sur le tapis, sur l’ordre de la marquise; celle-ci l’enjambe, met la tête dans les bords entr’ouverts par ses doigts, et descend sur la colonne verticale, que nous voyons s’engloutir dans l’abîme, car elle nous tourne le dos. Elle chevauche sur sa monture, voyageant sur la quille qu’on voit entrer et ressortir. Entre les fesses élargies, mises en mouvement par la chevauchée, on voit sortir du petit orifice relâché par l’écartement qu’il vient de subir, des filets de sperme, coulant sur les cuisses, et tombant sur le ventre du porteur, tandis que la belle croupe blanche se dandine en roulements voluptueux sur la colonne disparue, et que les soupirs enchantés recommencent. » (extrait)
Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1880 et 1920, n°499 : "L'auteur nous fait pénétrer dans les mystérieux boudoirs d'une maison aux murailles transparentes où se passent les scènes les plus voluptueuses qu'on puisse rêver" ; Kearney, Notes towards a bibliography of ‘E. D’, scissors & paste bibliographies, Santa Rosa, California, 2019, indique 4 éditions différentes entre la fin du XIXe et les années 1920.
Bon exemplaire broché non rogné de ce livre pornographique clandestin devenu rare.
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