samedi 16 mai 2026

1933 | Pibrac ou Quatrains érotiques de Pierre Louÿs | Avec 20 eaux-fortes libres en couleurs | Tirage à 308 exemplaires numérotés | Rare curiosa recherché, l'un des plus beaux de cette période.

Pierre LOUYS [Berthommé de Saint-André, illustrateur]

PIBRAC, QUATRAINS ÉROTIQUES DE PIERRE LOUYS.

Aux dépens d'un amateur, pour le profit de quelques autres. M. IM. XXXIII. [Paris, Robert Télin, 1933].

1 volume in-4 (24 x 19 cm), broché, sous couverture de papier-velours vert frappé au centre du premier plat d'un fer argenté érotique. Avec 20 eaux-fortes en couleurs. Avec son étui, sans l'emboîtage. Quelques légères décharges bien légitimes des gravures sur les feuillets en regard. Rousseurs sur la couverture verte en papier-velours. Intérieur et extérieur du volume très frais.

Premier tirage des 20 illustrations libres attribuées à Berthommé de Saint-André, imprimées en couleurs.

Tirage unique à 308 exemplaires.

Celui-ci, un des 280 exemplaires sur grand vélin d'Arches à la forme. (il porte le numéro 100 au composteur).









Dutel indique que cette édition a paru en janvier 1934, probablement par les soins du libraire Robert Télin. Il y a outre les 20 cuivres attribués à Berthommé de Saint-André, 8 bandeaux au trait imprimés en noir, par le même artiste. Le texte est imprimé en vert et noir.

Les quatrains érotiques de Pierre Louÿs furent publiés pour la première fois en 1927, après la mort de l'auteur. Le nom énigmatique renvoie au magistrat et poète toulousain Guy du Faur de Pibrac (1529-1584), auteur d'un recueil de quatrains moralisateurs. Comme avec le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, Louÿs détourne un genre ennuyeux et moralisateur en une fantaisie érotique, tout en gardant la stricte organisation formelle de son modèle. Tous les quatrains commencent par le même début "Je n'aime pas à voir..." Ils sont tous hilarants mais "le rythme des quatrains provoquent au bout du compte un effet quasi hypnotique, à la façon de véritables mantras pornographiques".

Il nous suffira d'en prendre un pour exemple et donner ainsi une idée de l'ensemble :

Je n’aime pas à voir l’Andalouse en levrette
Ouvrir les bords poilus de son cul moricaud
Qui porte à chaque fesse une sorte d’aigrette
Sur l’anus élargi comme un coquelicot.

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2198* ; Pia, 1209.












Très bon exemplaire de ce très joli livre illustré érotique clandestin.

Prix : 1.150 euros

lundi 4 mai 2026

Rémi Beaudar [pseudonyme, auteur inconnu à ce jour] | Le club des amis d'ONAN. Roman. 1ère partie. L'INITIATION. Editions du Boulevard, 1968 [Manuscrit original] | Avec 29 compositions libres hors texte à l'encre noire et aquarellées au pinceau par l'auteur artiste. Pièce unique pour ce curiosa rempli de mystères.


Rémi Beaudar [pseudonyme, auteur inconnu à ce jour]

Le club des amis d'ONAN. Roman. 1ère partie. L'INITIATION.

Editions du Boulevard, 1968 [Manuscrit original]

1 volume in-8 (18,5 x 12,1 cm), broché de 235 feuillets (chiffrés au crayon de bois en haut à droite) y compris la page de titre calligraphiée, dessinée et peinte à la main (sexe d'homme en érection en train d'éjaculer), avec 28 dessins originaux érotiques hors-texte (dessin à l'encre noire et colorié à l'aquarelle) tous signés de l'auteur-artiste Rémi Beaudar.



Exemplaire unique conçu et réalisé par l'auteur-artiste mystérieux Rémi Beaudar.

Texte manuscrit à l'encre noire ou bleue selon les pages avec quelques fautes et corrections.









Nous avons publié un article le 27 octobre 2025 sur un autre ouvrage et le mystère Rémi Beaudar qui l'entoure. Nous vous invitons à le lire dans les colonnes du Bibliomane moderne (en ligne).

Pour résumer disons que nous ne savons rien de Rémi Beaudar si ce n'est qu'il a commis au moins trois autres romans ou livres pornographiques dans les années 1970.

A la fin du texte "Les Disciples d'Onan, roman", tapuscrit unique également donné sous l'adresse des Editions du Boulevard mais à la date de 1961, on pouvait lire, également tapé à la machine : FIN DU Ier VOLUME. Ce qui indiquerait donc aussi qu'un deuxième volume (au moins) existerait ou pour le moins, était prévu pour cet autre ouvrage, tout comme pour celui-ci. Mais le plus intéressant sans aucun doute se trouve être le tout dernier feuillet dactylographié et qui a pour titre : DEJA PARUS DANS LA MEME COLLECTION. Avec à la suite la suite de 29 ouvrages dont voici le détail tel qu'il est dactylographié. 1. - Aline au pays des merveilles. 2. - Aline au pensionnat. 3. - Les plaisirs d'Aline. 4. - Le retour d'Hervé. 5. - Les turpitudes d'un notaire. 6. - Les filles de St. Eglantin. 7. - A couilles rabattues 8. - La famille Tuyau de poële. 9. - Histoire de Q. 10. - La confession d'un Amant. T. 1 11. - La confession d'un Amant. T. 2 12. - Olga la perverse. 13. - Train de plaisir. 14. - Jeux d'enfants. 15. - L'âge ingrat. 16. - Le fruit vert 17. - Nouvelles histoires de Q. 18. - Une affaire de moeurs. 19. - A Capri. 20. - Divertissement chez Borgia 21. - Le temps des Amours. T. 1. 22. - Le temps des Amours. T. 2. 23. - Le temps des Amours. T. 3. 24. - Les vicieux. T. 1. 25. - Les vicieux. T. 2. 26. - Les Jeux de Domino. 27. - L'aventure de Moune. 28. - A la Queue. 29. - Les routiers. Quelle liste ! Que reste-t-il de tout cela ? Pas grand-chose, il faut le craindre. Si plusieurs de ces titres semblent avoir existé dans le XIXe ou le XXe siècle, il n'apparaît aucune occurrence exacte avec ces titres faisant état de tapuscrits originaux illustrés (ou non) dans cette période du début des années 1960. Par ailleurs, si nous devons faire confiance à l'auteur qui indique la date de 1961 pour "Les Disciples d'Onan" cela signifierait que les 29 autres titres présentés sont antérieurs et doivent donc dater de la fin ou du milieu des années 1950. Mais faut-il croire tout cela ? Ces titres et a fortiori ces livres supposés déjà parus ont-ils seulement existé ? Saurons-nous jamais quelque chose de plus sur ce pornographe ? Rien n'est moins sûr. Qui se cachait derrière cette écriture totalement débridée ? Seul un heureux hasard nous permettra de découvrir un jour, nous ou l'un de nos heureux successeurs es érotico-bibliographie, quelques précieuses informations supplémentaires.






Voici un extrait suffisamment significatif de ce livre unique et copieusement illustré : 

"— Alors, qu’en penses-tu ?
— Ça m’excite de te voir ainsi… oh ! Comme c’est raide… comme ça doit aller profond quand tu le mets à une femme… Si Charles avait une…
— Pine !
— une pine pareille. Je le sentirais en moi… et si je le touche, si je te caresse, tu vas éjaculer… comme le type du film ?
— Bien sûr… et excitée comme je suis, il y aura la dose… crois-moi.

Suzy, bravant toute pudeur, s’empara du sceptre qu’elle saisit dans sa main droite tandis qu’elle empoignait les couilles dans sa main gauche. La pine se cabra aussitôt comme si elle voulait échapper à cette brusque étreinte. Se souvenant des images lubriques du film, Suzy se mit à frotter la tige de lent va-et-vient de ses doigts, en insistant sur la tête rouge et sensible de l’organe.

Georges, en onaniste fervent, avait assez de maîtrise sur lui pour savoir dominer ses sens, mais il était dans un état d’excitation tel qu’il dut intervenir rapidement pour faire cesser la caresse par trop active de sa sœur.
— Arrête… ne me fais pas finir tout de suite.

Suzy, obéissante comme le sont en général toutes les débutantes, lâcha la verge qui se trémoussa un moment devant sa figure.
— Lève-toi.

La jeune femme s’exécuta et Georges la prit dans ses bras, plaquant son membre contre le ventre lisse et nu de sa compagne.
— Tu vois, je bande comme ton capitaine.
— Oui, je sens ta bite… oh… comme il devait avoir envie de moi… et moi qui ne me rendais compte de rien.

Elle écrasait ses seins douloureux à force d’excitation contre le buste de son frère. Celui-ci avait amené ses deux mains sur les fesses de Suzy et il les pétrissait fiévreusement. Inconsciemment, sans même se rendre compte de ce qu’elle faisait, la jeune femme agissait de même sur la croupe de son compagnon.

— Couche-toi sur le divan… allonge-toi et écarte les cuisses… que je te voie, que je voie ton joli con si peu fêté.

Suzy maintenant agissait comme dans un rêve. Tous ses scrupules, toute sa pudeur s’en étaient allés. Le feu qui charriait son sang et qui lui lançait les seins et le sexe était plus fort que tout."

Très bon exemplaire de cet exemplaire unique, d'un texte inédit, par un spécialiste du genre resté mystérieux, et illustré de 29 compositions érotiques.

Rare n'est pas le terme adéquat pour définir ce genre de production puisqu'en réalité il s'agit ici d'une œuvre unique.

Prix : 2.200 euros

mardi 21 avril 2026

1904 | Paul Verlaine | Femmes | Contrefaçon par Gaucher de l'édition Hirsch de 1895 | Un des rarissimes 20 exemplaires sur Japon | Exemplaire broché qui mérite une belle reliure


Paul VERLAINE

FEMMES.

Imprimé sous le manteau et ne se vend nulle part. [Gaucher, vers 1904]

1 volume in-12 (18,7 x 12 cm), broché de 71 pages (y compris le feuillet de table qui est numéroté 71). Couverture en papier vert imprimée en or sur le premier plat (ors passés, griffure sur le premier plat de couverture). Fentes aux mors. Dédicace manuscrite à l'encre noire en anglais au verso du titre (datée de Paris, le 2 novembre 1917), à identifier. Petit grattage du papier à la justification du tirage (inexpliquée).

Contrefaçon publiée vers 1904 par Gaucher de l'édition Hirsch de Londres (vers 1895)

Tirage à 500 exemplaires (480 ex. sur Hollande Van Gelder et 20 ex. sur Japon).

Édition non mise dans le commerce.

Celui-ci, un des rarissimes 20 exemplaires sur Japon (numéroté au composteur, il porte le numéro 7).














Ce petit volume contient XVIII poèmes libres entièrement dédiés à la femme objet d'amour et de jouissances.

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1880 et 1920, n°294 ; Pia, Les livres de l'Enfer, 464

Pour le plaisir voici in extenso le poème Ouverture qui "ouvre" le volume de ces poèmes tirés de l'enfer Verlainien :

Ouverture

Je veux m’abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices et professes,
Ô ne vivre plus qu’en vos fentes et vos raies !

Vos pieds sont merveilleux, qui ne sont qu’à l’amant,
Ne reviennent qu’avec l’amant, n’ont de répit
Qu’au lit pendant l’amour, puis flattent gentiment
Ceux de l’amant qui las et soufflant se tapit.

Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu’aux orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu’aux chevilles, jusqu’aux lacs des veines lentes,
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d’apôtres !

J’aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant notre langue et parfois même mieux,
Truc presque aussi gentil que de mettre dedans ;

Et vos seins, double mont d’orgueil et de luxure
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour s’y gonfler à l’aise et s’y frotter la hure :
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.

Vos bras, j’adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds dans l’amour, après frais comme des tombeaux.

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
La caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies !

Mais quoi ? Tout ce n’est rien, Putains, aux pris de vos
Culs et cons dont la vue et le goût et l’odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l’impudeur.

C’est pourquoi, mes sœurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m’abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu’en vos fentes et vos raies.

P. Verlaine (1890)




Bon exemplaire du très rare tirage sur Japon (à relier).

Prix : 2 000 euros

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