mardi 24 mars 2026

1938 | Le Théâtre de la Nature par Georges Hoffmann alias Santippa | Un des 200 exemplaires du premier tirage selon Dutel avec 16 planches coloriées au crayon par l'artiste et 4 planches restées en noir | Très rare suite complète érotique et burlesque.


Anonyme [Georges HOFFMANN ou pseudonyme SANTIPPA]

LE THÉÂTRE DE LA NATURE.

Bruxelles, sans date (vers 1938)

1 volume in-4 oblong (30 x 25 cm) de 22 feuillets, 1 feuillet de titre, 20 lithographies coloriées, 1 feuillet de justification de tirage, portefolio à rabats en papier gris façon crocodile (éditeur). Chemise fatiguée mais solide (lacet noir présent mais rompu d'un côté, cartonnage frotté avec petits manques au dos, rabats partiellement déchirés sans manque, intérieur complet avec quelques légères marques de plis ou minimes déchirures dans les marges, sans gravité.










Suite complète de 20 lithographies originales érotiques dont 16 ont été coloriées à l'époque par l'artiste et 4 sont restées en noir (conforme à la description de Dutel).

Tirage limité à 200 exemplaires pour les seuls souscripteurs. Notre exemplaire n'a pas été numéroté (déjà constaté pour un autre exemplaire que nous avions eu en 2013).

Dutel dans sa Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970 indique 2 tirages sous les n°2496 et 2497. Notre exemplaire correspond au n°2496 avec 16 planches en couleurs sur 20 partiellement coloriées au crayon de couleurs. Un second tirage à 125 exemplaires aurait été également donné par l'artiste à la même époque. Les lithographies de notre exemplaire sont imprimées sur papier vélin du Marais (filigrane). A noter que dans notre exemplaire chaque lithographie possède au bas une petite remarque supplémentaire (petit dessin - libre - lithographié resté en noir)














Cette suite truculente montre le Théâtre de la nature sous les formes les plus diverses et les plus burlesques. L'accouchement dans le plaisir, le titi voyeur, le bonheur est dans le pré, l'attelage sexuel, les jeux sexuels du cirque, le pendu, le banc public, l'éléphant trompe, le gorille, les petits cochons, la peine capitale, la baignoire, le vers de terre, le monsieur au cigare de ces dames, le petit chien, la chandelle, les infirmières, le porc, le photographe, scène de rue ; Autant de titres qu'on pourrait s'amuser à donner à ces scènes libertines et sauvages, caricaturées avec soin par Georges Hoffman.

Cette suite est très rare.

Prix : 1.800 euros

jeudi 19 mars 2026

Frans de Geetere illustre Un été à la campagne (Gustave Droz) en 1928 | Un des 100 exemplaires sur Arches avec 10 eaux-fortes en noir et un frontispice aquarellé à la main par l'artiste. Rare livre d'artiste clandestin érotique.



Gustave DROZ ? [Frans de Geetere, illustrateur et éditeur]

Un été à la campagne, correspondance de deux jeunes parisiennes recueillie par un auteur à la mode. Illustrée de dix eaux-fortes et d'une aquarelle originale.

Imprimé sous le manteau et ne se vend nulle part, MCMXVIII [1918 i.e. 1928]

1 volume in-4 (25,1 x 17,3 cm) de (4)-152-(1) pages. Avec 1 frontispice en 2 états dont l'état mis en couleurs au pinceau par l'artiste, tiré sur papier du Japon (dénommé aquarelle originale sur la page de titre) et 9 eaux-fortes en noir, le tout par Frans de Geetere.

Cartonnage bradel plein papier marbré strictement de l'époque (dos muet pour la discrétion). La couverture imprimée n'a pas été conservée. Relié sur brochure, non rogné, seule la tête a été poncée et teintée en jaune-orange. Belle impression du texte et des estampes sur papier vergé d'Arches fort. Très frais.



Tirage unique à 165 exemplaires seulement.

Celui-ci, un des 100 exemplaires sur papier d'Arches à la forme (numéroté 124 au composteur).

Il a été tiré 9 exemplaires sur Japon impérial, 29 exemplaires sur simili-Japon rose et 36 exemplaires sur papier de Montval à la main.

"Edition publiée en 1928. Elle est ornée de 10 belles eaux-fortes originales de Frans de Geetere qui fut aussi l'éditeur de cet ouvrage. L'aquarelle originale est une eau-forte aquarellée." (Dutel).

L'édition originale a paru pour la première fois à Bruxelles en la fin de l'année 1867 et porte la date de 1868. Poulet-Malassis en a été l'éditeur. Cet ouvrage fut condamné par le tribunal correctionnel de Lille le 6 mai 1868. "Cette débauche d'esprit est d'autant plus dangereuse qu'elle n'effarouche pas le lecteur et corrompt les imaginations en rendant presque le vice aimable" (Fernand Drujon, Catalogue des ouvrages poursuivis, supprimés ou condamnés". Il fut néanmoins plusieurs fois réimprimé en peu de temps et ensuite devint un texte classique de la littérature clandestine qui donna lieu à plusieurs très belles éditions illustrées telle que celle-ci.








"Un été à la campagne n'est pas seulement un petit roman plein d'esprit, et du plus gaulois, c'est encore une des productions les plus singulières de la fin du second Empire, dont il évoque le dévergondage plein de bonhomie et de simplicité. Cette époque sut allier les raffinements et l'élégance avec beaucoup de bon sens. L'apparence pleine de chic, de gaieté et en même temps d'une louable pondération qu'avait la société sous Napoléon III fait tout le charme de cette amusante production mi-innocente, mi-licencieuse, mais dans laquelle aucune expression grossière ne vient blesser le lecteur." (Guillaume Apollinaire, introduction à l'édition de 1900).

Ce livre fut immédiatement condamné à la destruction pour outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs. Il se plaît à dépeindre la découverte des plaisirs charnels de deux adolescentes. ''Comme nous ne voulons pas prendre notre monde en traître, noue engageons fort les gens à principes sévères, à mœurs aussi austères que leurs principes, nous engageons fort les chastes, les dévots, les prudes et tous ceux, en un mot, qui ont la prétention de faire leur salut à grand renfort de macérations et de continence, à se bien garder d'ouvrir ce livre, dont la lecture compromettrait gravement, nous les en prévenons, les chances qu'ils peuvent avoir à une stalle numérotée dans le paradis.'' (Avant-propos des éditions anciennes).








''Ce roman érotique moderne attribué à la plume élégante de Droz peut soutenir la comparaison avec d'autres productions de XVIIIème siècle en ce genre. Il offre cette particularité, comme Gamiani, que, bien qu'on y trouve des scènes d'une extrême licence, on n'y rencontre pas une seule expression libre. Cette débauche d'esprit est d'autant plus dangereuse qu'elle n'effarouche pas le lecteur et corrompt les imaginations en rendant presque le vice aimable.'' (Perceau).

"The artist Frans de Geetere was born François Joseph Jean de Geetere in Oudergem, a suburb of Brussels. Frans de Geetere studied at the Beaux-Arts in Brussels, but rebelled against the academic teaching there. With his partner, the painter May den Engelsen, Frans de Geetere sailed a barge from Brussels to Paris, where they moored by the Quai de Conti by the Pont Neuf and lived a Bohemian lifestyle. De Geetere and den Engelsen were intimate with Harry and Caresse Crosby in the late 1920s; Harry wrote to his mother, "If it is possible for two people to be in love with two people then we are in love with them." Harry Crosby shot himself after the Wall Street Crash in 1929. Frans de Geetere had an exhibition the following year at the Galerie de la Plume d'Or, introduced by the art critic André Warnod. But that was, essentially the end of his career. The chief influence on Frans de Geetere's work was the Belgian Symbolists, particularly Fernand Khnopff. The etchings of Frans de Geetere are sombre and disquieting, infused with a miasma of conflicted sexuality and existential dread. His art now feels very modern, resonating, for instance, with both that of Paula Rego and that of Jake and Dinos Chapman. In his own lifetime Frans de Geetere fell so far out of favour that he titled a volume of lightly-fictionalised memoirs, self-published from his barge the Marie-Jeanne, L'homme qui oublia de mourir - The man who forgot to die. There was an exhibition of Frans de Geetere's art at the Centraal Museum, Utrecht in 2007, and a new book on the artist by Jan Juffermans. We also have etchings by Frans de Geetere's companion May den Engelsen, which some attribute to de Geetere; in our view they were most likely created by den Engelsen in collaboration with de Geetere. See: Jan Juffermans, Frans de Geetere, 2006." (source : Idbury Prints).

Frans de Geetere (1895-1968), né François Joseph Jean de Geetere à Auderghem, dans la périphérie de Bruxelles, se forme à l’Académie des Beaux-Arts de la capitale belge avant de se détourner rapidement de l’enseignement académique qui y prévaut. Aux côtés de sa compagne, la peintre May den Engelsen, il gagne Paris à bord d’une péniche, qu’ils amarrent quai de Conti, à proximité du Pont Neuf, adoptant un mode de vie résolument bohème. À la fin des années 1920, le couple fréquente Harry et Caresse Crosby, figures emblématiques de l’avant-garde parisienne. Dans une lettre adressée à sa mère, Harry Crosby écrit : « S’il est possible que deux personnes soient amoureuses de deux autres, alors nous sommes amoureux d’eux. » Sa disparition tragique, survenue à la suite du krach de Wall Street en 1929, marque profondément ce cercle. En 1930, Frans de Geetere présente une exposition à la Galerie de la Plume d’Or, introduite par le critique André Warnod. Cet événement constitue cependant l’un des derniers jalons significatifs de sa carrière. Son œuvre s’inscrit dans la filiation du symbolisme belge, et plus particulièrement dans l’orbite de Fernand Khnopff. Les eaux-fortes de De Geetere se distinguent par une tonalité sombre et inquiétante, traversée par une tension constante entre sexualité troublée et angoisse existentielle. Cette imagerie, dense et ambiguë, confère aujourd’hui à son travail une modernité saisissante, que l’on peut rapprocher, par affinité, des univers de Paula Rego ou encore de Jake et Dinos Chapman. Tombé dans un relatif oubli de son vivant, l’artiste intitule un recueil de mémoires partiellement fictionnalisées, autoédité depuis sa péniche Marie-Jeanne, L’homme qui oublia de mourir, titre à la résonance programmatique. Une redécouverte critique s’opère au début du XXIe siècle, notamment à travers l’exposition qui lui est consacrée au Centraal Museum d’Utrecht en 2007, accompagnée de la publication d’un ouvrage de référence signé Jan Juffermans. Par ailleurs, certaines eaux-fortes attribuées à Frans de Geetere doivent être rapprochées du travail de May den Engelsen ; il est vraisemblable qu’elles résultent d’une collaboration étroite entre les deux artistes. Voir : Jan Juffermans, Frans de Geetere, 2006.

La puissance des compositions érotiques de Frans de Geetere doit, sans conteste possible, le placer au rang des meilleurs artistes de son temps.

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2545 ; Pia, Les Livres de l'Enfer, n°1465

Bel exemplaire de ce superbe livre érotique illustré rare et recherché.

Prix : 1 450 euros

lundi 16 mars 2026

1935-1940 | Roman pornographique clandestin | Ingénues sensuelles | Texte ronéotypé avec 7 illustrations libres attribuées à Chéri Hérouard | Rare



Anonyme. [Chéri Hérouard ?, illustrateur]

Ingénues sensuelles.

Sans lieu ni date [vers 1935-1940, Paris ? Maurice Duflou ?]

1 volume petit in-8 (18,4 x 12,8 cm) broché de 104 pages. Couverture en papier texturé bleu et imprimée en argenté. Page de faux-titre imprimée en rouge. Texte ronéotypé sur papier vergé ivoire, avec 7 illustrations hors-texte tirées sur papier photographique. Très bon état de conservation, papier et illustrations très fraîches.

Edition originale.





Le détail du tirage n'est pas précisé mais probablement autour de 250 à 350 exemplaires comme d'autres ouvrages de la même époque et similaires quant à la façon.

Par ailleurs un ouvrage est tout à fait semblable quant à la manière et à la présentation, il s'agit de Aventures lubriques, avec 8 photogravures tirées sur papier photographique (même format, même ronéotypage et même illustrateur (même style) qui signe alors Erès et qui n'est autre que Chéri Hérouard. Les illustrations ici ne sont pas signées mais nous pensons qu'elles sont du même artiste, à savoir Chéri Hérouard. Le papier utilisé pour la couverture ainsi que la présentation générales pourraient laisser entendre que ce livre a été publié plutôt vers la fin des années 1930. Un autre ouvrage intitulé Confessions perverses et illustré de 12 photogravures de dessins tirés sur papier photographique est de la même veine.

Le papier texturé utilisé pour la couverture n'est pas sans rappeler un papier similaire utilisé à la même époque pour des productions clandestines données par Maurice Duflou. Dutel n'évoque pas Maurice Duflou pour cette édition mais nous croyons qu'il ne doit pas en être totalement étranger pour ne pas dire que nous pensons que cette production doit lui être attribuée.

D'après Dutel ce texte serait la traduction en français d'une roman anglais intitulé Sub Umbra (A l'Ombre) publié pour la première fois vers 1879.













Le titre est explicite. Il s'agit ici d'initiations à l'amour charnel de novices très consentantes.

"Il faut que je goûte le nectar de l'amour, m'écriai-je, en arrachant mes lèvres des siennes ; et, prenant une position inverse, je portai ma figure contre ses cuisses dociles. Je léchai avec une ivresse profonde l'abondante décharge sur les lèvres de son petit conin ; puis, ma langue chercha son chemin plus loin et vint chatouiller son clitoris surexcité, la transportant de frénésie et d'un désir fou de jouir plus ardemment encore ; toute délirante d'extase, elle jeta ses jambes autour de mon cou et frotta ma tête entre ses deux cuisses fermes et charnues. Mouillant mon doigt dans sa fente lubrifiée, je l'introduisis facilement dans le trou de son derrière qu'entourait une jolie toison noire, pendant que, de ma langue, je continuais à lui chatouiller son petit clitoris en érection. Je l'amenai peu à peu à une telle intensité de désirs, qu'elle empoigna mon membre et l'amena à sa bouche, tandis que je me plaçais au-dessus d'elle pour lui faciliter cette opération ; elle roula sa langue tout autour de la tête pourpre et je sentis également de légères et amoureuses morsures. Ce fut le paroxysme de la jouissance érotique. Elle s'inonda de nouveau dans une abondante décharge, tandis qu'elle suçait avec avidité chaque goutte de sperme qui jaillissait de mon membre excité. Tous deux, nous nous évanouîmes presque sous l'excès de nos émotions et restâmes pendant quelques instants entièrement épuisés, jusqu'à ce que je sentisse mon engin d'amour pressé et sucé de nouveau par ses ravissantes lèvres. L'effet fut électrique. Je me remis à bander comme auparavant. — Maintenant, mon adorée, jouons le vrai jeu d'amour, m'écriai-je, changeant de position et écartant ses cuisses frémissantes, afin de pouvoir m'agenouiller entre les deux ; mes genoux étaient placés sur son jupon, de façon à n'être pas tachés par l'herbe. Elle était étendue devant moi, dans un délicieux état de jouissance anticipée, sa jolie figure était rouge de honte, ses paupières, bordées de longs cils noirs, étaient closes, ses lèvres légèrement entr'ouvertes et les globes ferme, arrondis et admirablement développés de sa poitrine se soulevaient en proie à une excitation tumultueuse ; c'était exquis. Fou de désirs, je ne pus différer plus longtemps le sacrifice, et il me fut impossible de me contenir. Hélas ! mignonne pucelle, dites adieu à votre virginité ! J'apportai mon engin sur la cible, en frottant légèrement la tête entre les lèvres de son vagin. [...]" (extrait pp. 14-15).

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1747.

Très rare ouvrage pornographique clandestin ronéotypé et illustré par des clichés photographiques de dessins.

Prix : 850 euros

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