mardi 7 avril 2026

1930 | Pierre Louÿs | Marcel Stobbaerts | PIBRAC | Poésies érotiques avec 20 aquarelles au pochoir et au pinceau pour la première édition dite de "Paris" (vers 1930). Très rare. Tirage à 250 exemplaires seulement. Très bon exemplaire broché.


P. L. [Pierre Louÿs]. Marcel Stobbaerts.

PIBRAC [avec 20 aquarelles au pochoir par Marcel Stobbaerts].

Paris, s.d. (vers 1930)

1 volume in-8 (20,2 x 15,3 cm) broché de 127 pages y compris 20 pochoirs hors-texte compris dans la pagination. Couverture rempliée imprimée en bleu sur le premier plat. Petite fente et décollement du papier en tête du dos, sans gravité. Exemplaire frais. Superbe coloris au pochoir et au pinceau à la main.

Premier tirage de cette suite rare tirée à 250 exemplaires seulement pour l'édition dite de "Paris" (vers 1930). Notre exemplaire porte au composteur le numéro 117. Tous les exemplaire sur tirés sur papier vélin de cuve Lafuma Voiron.

Le coloris et la précision de la mise en couleurs sont superbes.










Deux autres éditions de ce même texte de Pierre Louÿs verront le jour avec seulement 12 de ces illustrations (remaniés) et dans un coloris simplifié (Dutel n°2196 et 2197). On trouve ordinairement la suite de 12 pochoirs de l'édition de 1939.

Celle-ci, parue vers 1930, est sans conteste la plus belle, la plus rare, et la plus digne d'être recherchée.

Qui était Marcel Stobbaerts ? Comme son patronyme l'indique Marcel Stobbaerts était belge. Il est né en 1899 et mort en 1979. Il était originaire de Forest, commune au sud ouest non loin de Bruxelles, au sud d'Anderlecht. A vrai dire on ne sait pas grand chose de lui. On sait qu'il remporte le prix de la jeune peinture belge en 1924. Il sera tour à tour illustrateur, aquarelliste et graveur, ami proche d’Hergé, le père de Tintin. Certaines de ses huiles sur toile atteignent des prix non négligeables dans le parnasse commercial de l'art aux enchères (11.000 euros pour une toile "Scène de cabaret à Anvers" datant de 1925 et mesurant 82 x 62 cm). Néanmoins il obtient beaucoup moins (prix galerie) pour un bouquet de fleurs mortes (ou presque), 1.300 euros seulement. Il a donné aussi de nombreuses eaux-fortes. Dans le domaine érotique, nous avons trouvé de lui, dans la période Art Déco, 1925-1930, des scènes d'intérieur de cabaret ou plutôt de tripots à filles d'Anvers et autres endroits louches de la Belgique. Les scènes où sont présentes les filles de joie ne sont pas rares dans son oeuvre dessinée. Dans le domaine du livre on lui doit quelques frontispices, notamment un superbe d'inspiration cubiste pour Les enfants du malheur de Francis Carco (Maastricht, chez Stols, 1930) dans lequel on pourrait retrouver le travail des lignes abruptes de Jean-Emile Laboureur. Il donne un frontispice gravé sur bois pour Les notes d'un exilé de Léon Daudet (1929). A notre connaissance cependant, ce Pibrac de Louÿs semble être la seule incursion de Marcel Stobbaerts dans le domaine du livre illustré érotique clandestin. Les lignes encore cubistes de cette suite de 20 très jolies aquarelles sont typiques d'une époque (1930) qui sera vite révolue. D'ailleurs il est intéressant de noter que les curiosa clandestins illustrés typiquement Art Déco sont assez rares. On aurait certainement du mal à en trouver plus d'une dizaine. A propos de cette suite lire notre article : De l'art ou du cochon ? non ! de l'Art Déco ! suite de 20 aquarelles érotiques par Marcel Stobbaerts (peintre et artiste belge) pour le Pibrac de Pierre Louÿs (vers 1930).













Les quatrains érotiques de Pierre Louÿs furent publiés pour la première fois en 1927, après la mort de l'auteur. Le nom énigmatique renvoie au magistrat et poète toulousain Guy du Faur de Pibrac (1529-1584), auteur d'un recueil de quatrains moralisateurs. Comme avec le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, Louÿs détourne un genre ennuyeux et moralisateur en une fantaisie érotique, tout en gardant la stricte organisation formelle de son modèle. Tous les quatrains commencent par le même début "Je n'aime pas à voir..." Ils sont tous hilarants mais "le rythme des quatrains provoquent au bout du compte un effet quasi hypnotique, à la façon de véritables mantras pornographiques". Il nous suffira d'en prendre un pour exemple et donner ainsi une idée de l'ensemble : Je n’aime pas à voir l’Andalouse en levrette Ouvrir les bords poilus de son cul moricaud Qui porte à chaque fesse une sorte d’aigrette Sur l’anus élargi comme un coquelicot.

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2195.

Très bon exemplaire de ce superbe illustré érotique Art Déco.

Prix : 1.250 euros

jeudi 2 avril 2026

1926 | [Paul VERLAINE] [Frans DE GEETERE, illustrateur] | LES AMIES. Scène d'amour sapphique. Sonnets par le licencié Pablo de Herlangnèz [Paul Verlaine], illustré de sept eaux fortes originales. Un des 129 ex. sur Japon.



[Paul VERLAINE] [Frans DE GEETERE, illustrateur]

LES AMIES. Scène d'amour sapphique. Sonnets par le licencié Pablo de Herlangnèz [Paul Verlaine], illustré de sept eaux fortes originales.

Ségovie, MDCCCLXX-MXMXXI [1926]

1 volume petit in-4 (23,5 x 19,5 cm) broché de  23 feuillets non chiffrés y compris les 7 eaux fortes et le dernier feuillet blanc. Couverture rempliée imprimée en noir et rouge sur le premier plat uniquement. Excellent état de conservation. Couverture avec quelques ombres sur le pourtour, sans gravité. Intérieur parfait (papier japon).



Tirage unique des puissantes eaux fortes torturées de Frans de Geetere.

Tirage à 150 exemplaires seulement.

Celui-ci, un des 129 exemplaires sur japon impérial (n°54 numéroté au composteur).

Il a été tiré 1 exemplaire sur japon ancien à la forme contenant les dessins originaux et des suites, et 20 exemplaires sur japon ancien à la forme avec une suite des gravures sur chine.

On trouve dans ce volumes les poèmes suivants : Sur le balcon - Pensionnaires - Per amica silentia - Printemps - Été - Sappho. Ses poésies saphiques de Verlaine ont été publiées pour la première fois sous le manteau en 1868, à Bruxelles, par Poulet-Malassis et reprises ultérieurement dans Parallèlement en 1889.









"The artist Frans de Geetere was born François Joseph Jean de Geetere in Oudergem, a suburb of Brussels. Frans de Geetere studied at the Beaux-Arts in Brussels, but rebelled against the academic teaching there. With his partner, the painter May den Engelsen, Frans de Geetere sailed a barge from Brussels to Paris, where they moored by the Quai de Conti by the Pont Neuf and lived a Bohemian lifestyle. De Geetere and den Engelsen were intimate with Harry and Caresse Crosby in the late 1920s; Harry wrote to his mother, "If it is possible for two people to be in love with two people then we are in love with them." Harry Crosby shot himself after the Wall Street Crash in 1929. Frans de Geetere had an exhibition the following year at the Galerie de la Plume d'Or, introduced by the art critic André Warnod. But that was, essentially the end of his career. The chief influence on Frans de Geetere's work was the Belgian Symbolists, particularly Fernand Khnopff. The etchings of Frans de Geetere are sombre and disquieting, infused with a miasma of conflicted sexuality and existential dread. His art now feels very modern, resonating, for instance, with both that of Paula Rego and that of Jake and Dinos Chapman. In his own lifetime Frans de Geetere fell so far out of favour that he titled a volume of lightly-fictionalised memoirs, self-published from his barge the Marie-Jeanne, L'homme qui oublia de mourir - The man who forgot to die. There was an exhibition of Frans de Geetere's art at the Centraal Museum, Utrecht in 2007, and a new book on the artist by Jan Juffermans. We also have etchings by Frans de Geetere's companion May den Engelsen, which some attribute to de Geetere; in our view they were most likely created by den Engelsen in collaboration with de Geetere. See: Jan Juffermans, Frans de Geetere, 2006." (source : Idbury Prints).

Frans de Geetere (1895-1968), né François Joseph Jean de Geetere à Auderghem, dans la périphérie de Bruxelles, se forme à l’Académie des Beaux-Arts de la capitale belge avant de se détourner rapidement de l’enseignement académique qui y prévaut. Aux côtés de sa compagne, la peintre May den Engelsen, il gagne Paris à bord d’une péniche, qu’ils amarrent quai de Conti, à proximité du Pont Neuf, adoptant un mode de vie résolument bohème. À la fin des années 1920, le couple fréquente Harry et Caresse Crosby, figures emblématiques de l’avant-garde parisienne. Dans une lettre adressée à sa mère, Harry Crosby écrit : « S’il est possible que deux personnes soient amoureuses de deux autres, alors nous sommes amoureux d’eux. » Sa disparition tragique, survenue à la suite du krach de Wall Street en 1929, marque profondément ce cercle. En 1930, Frans de Geetere présente une exposition à la Galerie de la Plume d’Or, introduite par le critique André Warnod. Cet événement constitue cependant l’un des derniers jalons significatifs de sa carrière. Son œuvre s’inscrit dans la filiation du symbolisme belge, et plus particulièrement dans l’orbite de Fernand Khnopff. Les eaux-fortes de De Geetere se distinguent par une tonalité sombre et inquiétante, traversée par une tension constante entre sexualité troublée et angoisse existentielle. Cette imagerie, dense et ambiguë, confère aujourd’hui à son travail une modernité saisissante, que l’on peut rapprocher, par affinité, des univers de Paula Rego ou encore de Jake et Dinos Chapman. Tombé dans un relatif oubli de son vivant, l’artiste intitule un recueil de mémoires partiellement fictionnalisées, autoédité depuis sa péniche Marie-Jeanne, L’homme qui oublia de mourir, titre à la résonance programmatique. Une redécouverte critique s’opère au début du XXIe siècle, notamment à travers l’exposition qui lui est consacrée au Centraal Museum d’Utrecht en 2007, accompagnée de la publication d’un ouvrage de référence signé Jan Juffermans. Par ailleurs, certaines eaux-fortes attribuées à Frans de Geetere doivent être rapprochées du travail de May den Engelsen ; il est vraisemblable qu’elles résultent d’une collaboration étroite entre les deux artistes. Voir : Jan Juffermans, Frans de Geetere, 2006.

Références : Dutel, Bibliographies des ouvrages érotiques publiés clandestinement en française entre 1880 et 1920, n°973.







Très bon exemplaire de ce joli livre illustré érotique.

Prix : 850 euros

mercredi 25 mars 2026

1933 | Pibrac, Quatrains érotiques de Pierre Louÿs. Avec 20 eaux-fortes libres en couleurs. Rare curiosa recherché. Un des plus beaux de cette période.


Pierre LOUYS [Berthommé de Saint-André, illustrateur]


PIBRAC, QUATRAINS ÉROTIQUES DE PIERRE LOUYS.

Aux dépens d'un amateur, pour le profit de quelques autres. M. IM. XXXIII. [Paris, Robert Télin, 1933].

1 volume in-4 (24 x 19 cm), broché, sous couverture de papier-velours vert frappé au centre du premier plat d'un fer argenté érotique. Avec 20 eaux-fortes en couleurs. Avec son étui, sans l'emboîtage. Quelques légères décharges des gravures sur les feuillets en regard.






Premier tirage des 20 illustrations libres attribuées à Berthommé de Saint-André, imprimées en couleurs.

Tirage unique à 308 exemplaires.

Celui-ci, un des 280 exemplaires sur grand vélin d'Arches à la forme.

Dutel indique que cette édition a paru en janvier 1934, probablement par les soins du libraire Robert Télin. Il y a outre les 20 cuivres attribués à Berthommé de Saint-André, 8 bandeaux au trait imprimés en noir, par le même artiste. Le texte est imprimé en vert et noir.

Les quatrains érotiques de Pierre Louÿs furent publiés pour la première fois en 1927, après la mort de l'auteur. Le nom énigmatique renvoie au magistrat et poète toulousain Guy du Faur de Pibrac (1529-1584), auteur d'un recueil de quatrains moralisateurs. Comme avec le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, Louÿs détourne un genre ennuyeux et moralisateur en une fantaisie érotique, tout en gardant la stricte organisation formelle de son modèle. Tous les quatrains commencent par le même début "Je n'aime pas à voir..." Ils sont tous hilarants mais "le rythme des quatrains provoquent au bout du compte un effet quasi hypnotique, à la façon de véritables mantras pornographiques".

Il nous suffira d'en prendre un pour exemple et donner ainsi une idée de l'ensemble :

Je n’aime pas à voir l’Andalouse en levrette
Ouvrir les bords poilus de son cul moricaud
Qui porte à chaque fesse une sorte d’aigrette
Sur l’anus élargi comme un coquelicot.

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2198* ; Pia, 1209.

















Très bon exemplaire de ce très joli livre illustré érotique clandestin.

Prix : 1.250 euros

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