mercredi 21 novembre 2018

Pierre Louÿs. Au temps des juges (1933). Edition clandestine tirée à petit nombre et superbement illustrée de 12 eaux-fortes érotiques en couleurs attribuées à André Collot.


Pierre LOUYS - André COLLOT, illustrateur

AU TEMPS DES JUGES. Chants bibliques de P. L.

Aux dépens d'un amateur, 1933

1 volume in-4 (24,5 x 20 cm), broché, 60-(1) pages. 12 eaux-fortes libres en couleurs hors-texte et 28 bandeaux (non libres) imprimés en bleu. Texte imprimé en noir en très gros caractères dans un encadrement de filet bleu. Couverture de papier bleu imprimé argent. Dos fissuré recollé en tête et en queue. Intérieur frais. Quelques fines rousseurs à l'achevé d'imprimer.



TIRAGE A PETIT NOMBRE SUR GRAND VÉLIN D'ARCHES A LA FORME.

EXEMPLAIRE ACCOMPAGNÉ D'UNE SUITE DE 5 (SUR 12) EAUX-FORTES AVEC REMARQUES IMPRIMÉES EN BLEU VERT.



Il a été fait en outre un tirage à 20 exemplaires avec aquarelle originale, croquis et cuivre encré ayant servi au tirage.

Les gravures sont attribuées à André Collot. Elles sont d'une extrême finesse et la mise en couleurs est très réussie. Superbe illustration quasi "biblique" pour ce texte hautement "biblique".

Ce texte, finalement très court, mérite d'être reproduit en intégralité ici :


"Au temps des Juges, il arriva qu'un jeune marchand nommé Joël, de la tribu de Nephtali, partit pour Jérusalem. Il n'emportait rien qu'un manteau, et un bâton à la main et une lourde bourse pendue à sa ceinture ; et à tous les carrefours il priait le Seigneur afin de suivre la bonne voie. Et comme il marchait, une nuit, le long du lac de Génésareth, il rencontra deux filles qui venaient au-devant de lui ; deux sœurs de même visage et de même vêtement. Lorsqu'elles furent en face de lui et sous la clarté de la lune, elles retroussèrent leurs robes ensemble depuis leurs chevilles, jusqu'à leurs nombrils et montrèrent leurs parties honteuses et murmurèrent : "Couche avec nous." Joël cracha par terre à gauche, et il leva son bâton et cria : "Allez-vous-en ! Allez-vous-en de ma route, putains !" Oui, nous sommes putains", dit Michol, la plus jeune des deux sœurs, en lissant les poils de son ventre. "Oui, nous sommes putains pour le plaisir des hommes. Voici nos vulves noires que nous te présentons. Choisis." Disant cela elle prenait le membre de Joël, et le sentant déjà dressé elle lui dit en élargissant les cuisses : "Viens ! mon ventre a soif de ta semence chaude. Donne-moi une pièce d'argent et couche avec moi." Et tandis que Michol, nue jusqu'à la taille tenait le membre par le bout, Salomith, l'aînée, le prit par la racine et dit : "Couche avec la petite. Elle est en chaleur." Et Joël se laissa conduire par le membre et donna une pièce d'argent. Entre les buissons et la rive du lac, Michol se mit à genoux dans l'herbe pour ne pas souiller sa robe, et des deux mains elle s'appuya sur la terre. Et Joël, semblablement, se mit à genoux derrière elle. Comme un taureau qui va monter sur une génisse. Et Salomith empoigna de la main droite le membre de Joël, comme la vachère empoigne le membre du taureau et elle le planta droit dans le trou, disant ... Béni soit de l'éternel, celui qui sème sa semence dans le ventre de ma sœur. Le membre pénétra jusqu'au fond et refoula du bout la petite matrice qui n'avait point encore conçu. Et Joël fit avec vigueur les mouvements de la copulation. Tant qu'enfin le plaisir de ses reins le fit trembler sur les genoux, et sept longs jets de sperme jaillirent de son membre dans la chair chaude de Michol qui remuait ses hanches fermes. Et souriait par-dessus l'épaule. Quand il eut fait, elle s'accroupit dans l'eau du lac, et des ses doigts, elle tira le sperme de son ventre. Puis, se tournant vers la lune, elle pissa sur les eaux pour conjurer la conception. Et Joël lui aussi s'ablua sur la rive : mais quand il revint, Salomith, la sœur, lui essuya le membre avec ses cheveux noirs, si délicatement que les testicules vides se regonflèrent. Alors Salomith plaça le membre entre ses deux mamelles qu'elle serra sur lui comme des cuisses amoureuses et elle dit : "Tu aimes mes seins ?" Il répondit : "J'aime tes seins. Ils sont plus beaux que ceux de ta sœur." Alors Salomith fit glisser le membre le long de son corps jusqu'aux poils de son ventre qui poussaient comme les herbes hautes sur le bord du lac de Génésareth, et de ses deux mains, elle ouvrit les lèvres rouges de sa vulve. Tu aimes ma vulve ?" lui dit-elle. Et comme il essayait d'y entrer d'un coup, tel qu'un cheval en rut qui couvre une femelle, Salomith lui dit : "Non, non, non. Ne sais-tu pas quelle fille je suis ? Je suis une putain : tu me l'as dit. Une putain fille de putain ; ma mère est putain. Si Dieu me donne des filles, j'en ferai des putains qui feront fouiller leur chair par la chair des passants. Ne me baise pas la bouche : c'est une bouche de putain." Mais il lui baisait la bouche et la heurtait entre les jambes. "Tu aimes ma vulve de putain ?" répéta-t-elle. Et il dit tout bas : "J'aime ta vulve." Alors, cessant de le railler, elle releva sa robe plus haut que ses épaules et Michol la prit pour la pendre à un arbre et Salomith complètement nue se jeta sur le corps de Joël. Et elle sera les flancs de l'homme entre ses genoux et en faisant remuer sa croupe jusqu'à terre comme une danseuse de Sido, elle s'assit doucement sur la pointe du membre qui entra jusqu'au fond et la fit frémir. Quand cela fut, elle frotta ses poils sur ceux de Joël, puis en soulevant les reins et en les abaissant, elle fit elle-même soixante fois, les mouvements de la copulation. Et Michol, accroupie derrière, caressait les testicules et quand elle sentit le sperme jaillir, elle murmura elle aussi : "Béni soit de l’Éternel celui qui sème sa semence dans la matrice de ma sœur." Bientôt Salomith se releva et le membre sortit de son ventre et retomba dans l'herbe fraîche, et elle recueillit sur ses doigts le sperme qui coulait de sa vulve et elle le mit dans son anus pour conjurer la conception. Puis elle se mit à genoux en frappant le sol du front et en tournant ses fesses vers la pleine lune et elle pissa par derrière de façon que le jet de son urine retomba dans les eaux du lac. Puis elle arracha une poignée d'herbe et s'en bourra la vulve, et elle entra dans le lac jusqu'à la ceinture et laissa tomber l'herbe avec le sperme. Et elle faisait des sortilèges parce qu'elle ne voulait point d'enfant. Et Joël lui aussi s'ablua sur la rive. Et Salomith lui dit alors : "Tu es las. Remettons nos vêtements et suis-nous. Notre maison est ta maison. Notre servante est ta servante. Tu dormiras entre ma sœur et moi." Mais Joël répondit : "Je ne suis pas si las. Je paillarderai jusqu'au jour sur toi, sur ta sœur et sur ta servante." Et Salomith dit : "Gloire à Dieu qui t'as mis sur notre route. Je te prostituerai ma servante comme ma soeur, sur mon propre lit." (texte intégral).



Un texte en tous point savoureux auquel il ne manque, en guise d'exclamation sainte finale, que le mot : Amen



Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1059 ; Pia, Les livres de l'Enfer, 100. Pierrat, Livre des livres, 100 : « les initiales P.L. désignent évidemment Pierre Louÿs, mais ce recueil de Chants bibliques ne s'accompagne d'aucun fac-similé de manuscrit renforçant leur attribution à l'auteur d'Aphrodite et des Chansons de Bilitis ».

BON EXEMPLAIRE DE CE SUPERBE CLANDESTIN ÉROTIQUE ILLUSTRÉ SUR UN MAGNIFIQUE TEXTE LIBRE DE PIERRE LOUYS.

Prix : 550 euros

jeudi 15 novembre 2018

Fessée entre filles. Spanking. Ensemble complet des 16 photographies originales argentiques d'époque pour Les Délicieux caprices d'une jolie dominatrice (1934). Dimensions 16,5 x 11 cm montées sur carton 18 x 13 cm. Fétichisme, dessous féminins, fouet. Superbe ensemble, des plus rares.


[F. Demarnes] - [Photos Studio Biederer]

[LES DÉLICIEUX CAPRICES D'UNE JOLIE DOMINATRICE]

[Paris. S.d. (vers 1934)]

Ensemble complet des 16 photographies en tirages argentiques pour illustrer Les Délicieux caprices d'une jolie dominatrice.

Dimensions : 16,5 x 11 cm. Montées sur carton d'époque avec encadrement de filets rouges (18 x 13 cm).

Rare ensemble en excellent état. Quelques petits éclats en bordure de quelques photographies. Voir photos.



16 PHOTOGRAPHIES ARGENTIQUES ORIGINALES (VERS 1934).

Comme l'indique Christophe Bier dans sa bibliographie des éditions du Couvre-Feu (éditions Astarté, 2013) : "Les photographies du studio Biederer illustrant cet ouvrage ont aussi été vendues séparément." Ces photographies servaient à illustrer l'ouvrage dont il donne le descriptif suivant : "F. Dermanes. Les Délicieux caprices d'une jolie dominatrice, Editions du Couvre-feu, 8, rue de Tracy, Paris, s.d. (circa 1934). Format à l'italienne (27,4 x 20), reliure éditeur de 35 ff. n. ch. dont 16 ff. avec photos contrecollées en tirages argentiques 11,5 x 16,5 provenant du Studio Biederer sur une feuille cartonnée avec un encadré rouge, imprimerie spéciale des Editions du Couvre-feu, 93, rue Campans, Paris. Tirage limité à 300 ex. numérotés au composteur. (C. Bier, Ed. du Couvre-feu, p. 141 ; les photographies sont reproduites sur 4 pages (pp. 44-47).




Les frères Jacques et Charles Biederer, d’origine tchèques, s’installent à Paris peu avant la première guerre mondiale, en s’enregistrant officiellement comme photographes portraitistes. C’est à partir des années 20 que leur logo disparaît pour prendre des pseudonymes. Ils commencent une production "de masse" en travaillant pour des éditeurs de cartes postales. Tous les fantasmes des acheteurs sont développés, mais les deux frères ont su rester à l’écart de la noirceur ou du côté avilissant du milieu, en choisissant des modèles du milieu laissant transparaître une décontraction et une bonne humeur. Ils fourniront dès le début des années 1930 des photos pour des album-livres tel que l’ArdenteTutelle de Jim Galding .(notice SVV Colin du Bocage, 2013).






RARE SUITE DEVENUE QUASIMENT INTROUVABLE COMPLÈTE DE 16 PHOTOGRAPHIES ARGENTIQUES D'UNE DOMINATRICE ET SON ESCLAVE.

Prix : 2.000  euros


lundi 12 novembre 2018

Léon Courbouleix. Suzon en vacances (1935). Exemplaire unique entièrement colorié à la main par une main experte. Premier tirage des 47 pointes sèches érotiques de l'artiste graveur Léon Courbouleix. Un des plus beaux curiosa des années 1930. Superbe exemplaire relié en plein chevrette blanche par Elsa Rambour.


[Léon COURBOULEIX, auteur et illustrateur, coloriste ?]

SUZON EN VACANCES. Journal secret d'une jeune fille.

Aux dépens des Amis de Cupidon, s.d. [vers 1935, Atelier de Léon Courbouleix]

1 volume in-4 (25,7 x 21,5 cm) de 30 feuillets dont 1 page de titre imprimée en bleu et noir avec vignette imprimée en noir, 1 page d'avertissement des éditeurs, 1 frontispice en couleurs, 46 pages entièrement gravées à la pointe sèche (texte et illustration) ici exceptionnellement entièrement coloriées au crayon de couleurs, 1 page de justification du tirage. Les illustrations courent autour du texte tout au long des feuillets. Exemplaire sans le premier plat de couverture (illustré d'une pointe sèche non érotique - et que nous fournissons en reproduction couleurs sur beau papier - un feuillet a été monté en tête pour permettre d'ajouter ce plat de couverture original le cas échéant).


Reliure moderne pleine chevrette blanche immaculée (non titrée), montage spécial des cahiers sur onglets repliés (montage de type concertina qui permet une ouverture complète du volume avec des fonds de cahiers visibles). Reliure ELSA RAMBOUR.

Édition originale et premier tirage des 47 pointes sèches de Courbouleix.

Tirage à 300 exemplaires. Celui-ci, 1 des 285 exemplaires sur vélin d'Arches.

Exemplaire unique entièrement colorié par une main experte à l'époque.


Le coloris est fort à propos, juste et toujours logique dans les scènes (voir photos qui parlent d'elles-mêmes). Il est fort probable que ce coloris soit de la main même de l'artiste Léon Courbouleix qui ne rechignait pas à colorier quelques exemplaires pour lui ou des amis.


Il a été imprimé également 5 ex. sur Japon super-nacré (avec 2 dessins originaux) et 10 exemplaires sur Japon Impérial (avec 1 dessin original). Tous ces exemplaires sont éminemment rares.


"Nous demandons au lecteur qui va ouvrir ce livre un peu d'indulgence. Ce journal a été écrit par une jeune fille de seize ans, il y a bien longtemps. Nous le publions in-extenso, lui conservant ainsi toute sa saveur primesautière. S'il pèche par le style et la forme littéraire, il n'en reste pas moins un document humain qui répond parfaitement à la question souvent posée et jamais résolue : "A quoi rêvent les jeunes filles ?" (Les Editeurs).

Il a été fait une suite ou deuxième partie à cet ouvrage, tout aussi rare, intitulée Le Mariage de Suzon (que nous proposons à la vente également - voir notre catalogue).

Il existe une réimpression publiée vers 1937 (nouveau tirage des cuivres), le tirage tout aussi rare que le premier est de 210 exemplaires.


Le texte est très cru tout autant que les illustrations directement sorties de l'imaginaire fantasmatique de l'artiste graveur Léon Courbouleix bien connu des bibliophiles pour ses ouvrages imprimés à la presse à bras dans ses ateliers. Il s'agit ici d'un des titres les plus osés et les plus réussis de l'artiste.


"La chambre d'Yvonne était entr'ouverte, j'entre sans bruit. Les volets fermés plongeaient la pièce dans la pénombre. Etendue dans le grand fauteuil, le corps abandonné aux mains de son cousin qui penché sur elle, la branlait avec douceur, Yvonne les yeux clos à demi, le têtait avec application. Le spectacle était piquant." (extrait).

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2473 ; Pia, Les Livres de l'Enfer, n°1384.


Exemplaire unique entièrement colorié et parfaitement établi par Elsa Rambour.

VENDU

vendredi 2 novembre 2018

Perverse Lydia (1958). Roman clandestin pornographique publié à Toulouse par Francis Flores.12 illustrations érotiques anonymes. Très bon exemplaire. Rare.



H. BOSC-ARYS

LYDIA - PERVERSE LYDIA.

Paris, Editions Stella, 1958 [Toulouse, Francis Flores]

1 volume in-8 (19 x 14 cm), broché, 201-(2) pages + 12 illustrations anonymes en noir sur papier teinté. Très bon état.

ÉDITION ORIGINALE.


Publié à la fin des années 1950 à Toulouse par Françis Flores.

Perverse Lydia s'arrête à la page 162. A partir de la page 163 commencent : LES FOLIES // AMOUREUSES // D'UNE // IMPÉRATRICE // PAR // LE BARON DE C...

Ouvrage condamné le 19 janvier 1961.


"L’aumônier avança son braquemard et, l'ajustant sur la motte poilue de la Mère Supérieure, l'enfourna d'un seul coup jusqu'aux roustons. D'un mouvement souple et puissant, il la lima consciencieusement, la bite allait et venait dans la vulve en chaleur, tel un piston bien huilé, un bruit de succion accompagnait chaque mouvement." (extrait)


Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2172 ; Pia, Les Livres de l'Enfer, 1113.

BON EXEMPLAIRE BIEN COMPLET DES ILLUSTRATIONS.

Prix : 350 euros


Liens vers d'autres livres

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