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dimanche 25 septembre 2016
Curiosa Erotica Rareté bibliographique : SEXES. QUINZE SONNETS. (vers 1940 ?). Rarissime tirage confidentiel à 28 exemplaires seulement. 15 jolies poésies érotiques.
[Anonyme]
SEXES. QUINZE SONNETS.
A Paris. Aux dépens d'un amateur. S.l.n.d. [vers 1940 ?]
1 plaquette in-4 (24 x 18,5 cm), en feuilles sous couverture imprimée en rouge et noir. 36 pages. 2 pages de table n. ch. (1 feuillet), 1 feuillet blanc. Le faux-titre est marqué uniquement SEXES en grosses lettres au centre de la page, le justificatif du tirage est au verso. Bon état. Quelques légères salissures sur la couverture et quelques légères rousseurs sporadiques dans le texte. Belle impression typographique en deux couleurs.
INCONNU A TOUS LES BIBLIOGRAPHES.
TIRAGE CONFIDENTIEL A SEULEMENT 28 EXEMPLAIRES.
La description matérielle de cette édition rarissime semble ne jamais avoir été faite et mérite d'être faite.
Il est mentionné dans le justificatif imprimé du tirage : "Tirage amical limité à vingt-cinq exemplaires numérotés de 1 à 25 auxquels s'ajoutent trois exemplaires d'auteur numérotés de I à III. Notre exemplaire est numéroté 25 à la plume. La justification du tirage est imprimée en rouge et noir (la première ligne en noir, la suivante en rouge, les deux suivantes en noir, la suivante en rouge, la dernière en noir, la mention N° en noir également. En haut et en bas du justificatif on trouve une ligne composée de petits traits verticaux juxtaposés (hauteur des petits traits : 2 mm - longueur de la ligne : 112 mm.). Le feuillet suivant le faux-titre est blanc. Le feuillet suivant est le feuillet de titre imprimé en rouge et noir et qui reprend exactement la couverture. On note un cercle rouge au centre de la page de titre et de la couverture. Au feuillet paginé 7 au recto commence le premier sonnet intitulé IMAGINATION. Le titre est imprimé en rouge ainsi que la lettrine de début (V). On retrouve en bas et en haut du feuillet la ligne composée de petits traits verticaux juxtaposés. Au verso de ce feuillet (p. 8) on notera, outre la même ligne en haut et en bas, un petit ornement de fin de sonnet composé de petits cercles rouges (vides et pleins alternés). Les Quinze Sonnets se suivent et ont été imprimés selon le même schéma décoratif, seul l'ornement de fin de sonnet varie (cercles, losanges, carrés, etc). Le dernier feuillet non chiffré comprend la table des matières avec la liste des 15 sonnets. En voici la liste : Imagination - Madrigal - Domaine de chair - L'orchidée - Jusqu'à l'âme - La quadrature du cercle - A une jeune mauresque - Au jardin charnel - Désir hypertrophique - Digitalisme - L'homme-serpent - Marins - L'offre saphique - Les inassouvis - Le coquillage. Le dernier feuillet est blanc. La couverture ne possède curieusement qu'un seul rabat au second plat. Aucune autre indication ne vient fournir la moindre indication sur l'impression de son volume et l'auteur de ces poésies érotiques. On peut voir le filigrane du papier qui est un papier vergé sorti des papeteries Vincent de Montgolfier à Tour-Clermont (Charavines) près de Rives (Isère).
Aucune des pièces en vers de ce recueil ne permet de renvoyer à un auteur connu ou à un autre recueil du même genre. Toutes les hypothèses sont permises ...
Nous donnons ci-dessous en intégralité le sonnet intitulé AU JARDIN CHARNEL (sonnet VIII) :
Laisse-moi me pencher, avide, sur ta flore.
Ta rose épanouie, ouverte jusqu'au coeur,
Combla d'ardeur ma bouche et la retente encore ...
Puisant ton suc, abeille ivre de ta liqueur,
Ma langue se promène, amante qu'on adore,
Sur ton corps, ce jardin du dieu Phallus vainqueur
Qu'un sang impétueux amplifie et colore.
Des artères en feu j'entends vibrer le choeur ;
Mais elle sent monter en elle une démence.
Son être tout entier aspire après l'immense
Et vers un infini se propose béan ...
Collant son sexe ouvert contre une cuisse nue,
S'imaginant presser la verge d'un géant,
Elle défaille enfin d'une ardeur inconnue ...
Je ne résiste pas au plaisir de vous citer encore in extenso le sonnet IX intitulé DÉSIR HYPERTROPHIQUE :
Un jour durant ils ont elle et lui forniqué,
Fait l'amour en tous sens jusqu'à rester exsangues,
S'ébattant sans répit des mains et de la langue
En d'érotiques jeux toujours plus compliqués.
Rompu, le cerveau vide et le désir tronqué,
Sur le plumard défait qui s'enfonce et qui tangue,
Ainsi qu'un orateur oubliant sa harangue,
Il reste membres las et muscles disloqués ...
La volupté me baigne ainsi qu'un flot qui monte,
A gonfler sous le rut mes papilles sont promptes ;
Ta paume m'électrise et je deviens de fer.
Un feu sans flamme tord ma chair tumultueuse :
Sous ton toucher subtil aux caresses nerveuses
Mon sperme délivré jaillit comme un geyser !
Ces deux poésies donne assez bien le ton de l'ensemble. Les beaux mots choisis, en apparence anodins jaillissent des saillies d'un ton plus naturaliste et physiologique. Ce sont des jeux des SEXES, comme le titre laissait bien entendre, dont il s'agit.
Entièrement non illustré, ce court volume laisse toute la place aux mots et à l'imagination du lecteur ou de la lectrice.
Ce petit volume mériterait les honneurs d'une réimpression bibliophilique à petit nombre, certes plus élevé cependant que les 28 seuls exemplaires alors imprimés ; et dont il ne reste, c'est plus que probable, qu'un seul ou deux ou trois exemplaires miraculeusement conservés on ne sait où désormais ...
Références : Inconnu à Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en Français entre 1920 et 1970 ; Inconnu à Pia, Les Livres de l'Enfer. Inconnu à toutes les bibliothèque érotiques consultées (Gérard Nordmann et divers)
BON EXEMPLAIRE DE CETTE RARETÉ BIBLIOGRAPHIQUE.
VENDU
samedi 2 janvier 2016
Curiosa : Femmes de Paul Verlaine (vers 1902). Contrefaçon de la seconde édition. "Je veux m’abstraire vers vos cuisses et vos fesses, Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies, Beautés mûres ou non, novices et professes, Ô ne vivre plus qu’en vos fentes et vos raies ! (...)". Rare.
Paul VERLAINE
FEMMES.
Imprimé sous le manteau et ne se vend nulle part. [vers 1902, Veuve Félix Guy et Cie, Alençon ? Imprimerie Rennaise L. Caillot ?]
1 volume in-12 (19,7 x 13 cm), broché, 71 pages. Couverture en papier vert imprimée or sur le premier plat (passée). Petites fentes du papier en bas et en haut du dos, ensemble solide et frais. Belle impression sur papier vergé de Hollande.
CONTREFAÇON DE LA SECONDE ÉDITION DONNÉE PAR C. HIRSCH EN 1893.
TIRAGE A 500 EXEMPLAIRES (480 VAN GELDER ET 20 JAPON).
ÉDITION NON MISE DANS LE COMMERCE.
CELUI-CI, UN DES 480 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE VAN GELDER, NUMÉROTÉ A LA PLUME.
Ce petit volume contient XVIII poèmes libres entièrement dédiés à la femme objet d'amour et de jouissances.
Dutel, dans sa Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1880 et 1920, indique qu'il s'agit d'une contrefaçon publiée vers 1902, probablement par Messein. Elle porte la même justification de tirage, avec la même mention de papier, mais les exemplaires ne sont pas numérotés (ce qui n'est pas vrai dans notre exemplaire - numéroté à la plume à l'époque, en noir). Le fleuron de titre est identique (retourné) à celui utilisé par l'imprimerie Veuve Félix Guy et Cie à Alençon pour l'édition des Flagellants et Flagellés de Paris publiés par C. Carrington en 1902 et à celui de l'Imprimerie Rennaise de L. Caillot pour l'édition du De Figuris Veneris publié en 1907 par H. Daragon.
Cette contrefaçon est aussi rare sinon plus que la véritable seconde édition Hirsch.
Cette contrefaçon est aussi rare sinon plus que la véritable seconde édition Hirsch.
Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°293
Pour le plaisir voici in extenso le poème Ouverture qui "ouvre" de belle façon le volume de ces poèmes tirés de l'enfer Verlainien :
Ouverture
Je veux m’abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices et professes,
Ô ne vivre plus qu’en vos fentes et vos raies !
Vos pieds sont merveilleux, qui ne sont qu’à l’amant,
Ne reviennent qu’avec l’amant, n’ont de répit
Qu’au lit pendant l’amour, puis flattent gentiment
Ceux de l’amant qui las et soufflant se tapit.
Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu’aux orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu’aux chevilles, jusqu’aux lacs des veines lentes,
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d’apôtres !
J’aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant notre langue et parfois même mieux,
Truc presque aussi gentil que de mettre dedans ;
Et vos seins, double mont d’orgueil et de luxure
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour s’y gonfler à l’aise et s’y frotter la hure :
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.
Vos bras, j’adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds dans l’amour, après frais comme des tombeaux.
Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
La caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies !
Mais quoi ? Tout ce n’est rien, Putains, aux pris de vos
Culs et cons dont la vue et le goût et l’odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l’impudeur.
C’est pourquoi, mes soeurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m’abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu’en vos fentes et vos raies.
P. Verlaine (1890)
Prix : 550 euros
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