mardi 25 septembre 2018

Marquis de Sade. Histoire de Jérôme (chapitre XI de La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la Vertu). 12 eaux-fortes originales rehaussées de couleurs par un artiste inconnu (Schem).


Marquis de Sade.

Histoire de Jérôme. Illustrée d'eaux-fortes originales rehaussées de couleurs par un artiste inconnu.

Paris, chez tous les libraires, 1936

1 volume in-4 (24,5 x 20 cm), broché, de 125-(1) pages. 12 eaux-fortes originales rehaussées en couleurs au pochoir (attribuées à Schem). Couverture crème rempliée imprimée en bleu sur le premier plat. Vignettes coloriées servant de lettrines. Etui et emboîtage de l'éditeur en carton recouvert de papier gris (un peu frotté par endroit). Volume en excellent état, très frais, proche du neuf. A noter une petite tache dans la marge d'un feuillet.

Tirage à 325 exemplaires seulement.

Celui-ci, 1 des 275 ex. sur grand vélin d'Arches avec les 12 eaux-fortes dans leur état définitif.


L'Histoire de Jérôme est extraite de La Nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu (chapitre XI) du divin Marquis.


"Les premières actions de mon enfance annoncèrent, à ceux qui se connaissent en hommes, que je devais être un des plus grands scélérats qui eût encore existé sur le sol français. J'avais reçu de la nature des inclinations si perverses ; cette nature âpre s'exprimait en moi d'une manière si contraire à tous les principes de la morale, qu'il fallait nécessairement établir, en me voyant, ou que j'étais un monstre né pour déshonorer cette mère commune du genre humain, ou qu'elle avait eu quelque motif en me créant ainsi, puisque sa main seule avait inculqué dans moi le malheureux penchant aux vices infâmes dont je donnais journellement de si frappants exemples. [...]" (extrait du début du texte).


Belle illustration libre de SCHEM alias Raoul Serres. Raoul Serres (1881-1971) signait ses œuvres érotiques du pseudonyme Schem. Son illustration à caractère pornographique des œuvres du Marquis de Sade fait scandale en 1936, il adopte alors le pseudonyme « Schem » pour ses dessins licencieux. Les œuvres de cet artiste au trait très assuré et imaginatif sont aujourd'hui très recherchées.


Réféfences : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n° 1697. Pia, Le Livres de l'Enfer, 628.

Bel exemplaire de ce joli illustré érotique clandestin.

Prix : 690 euros

Pierre Mac Orlan. Petites Cousines (1948). Illustrations de Schem. Tirage à 255 ex. Alice. Simone. Marcelle. Andrée. Souvenirs érotiques d'un homme de qualité touchant les petites cousines ... les femmes du monde et les belles filles de province.


Pierre Mac Orlan. Schem (illustrateur).

Petites Cousines. Alice. Simone. Marcelle. Andrée. Souvenirs érotiques d'un homme de qualité touchant les petites cousines ... les femmes du monde et les belles filles de province.

Aux dépens d'un amateur et pour ses amis. S.l.n.d. (vers 1948)

1 volume in-8 (22,5 x 16,5 cm) de 113 pages. 12 illustrations (lithographies) libres hors-texte en couleurs par Schem. Typographie en bleu et noir. Nombreux ornements érotiques dans le texte tirés en bleu. En feuilles, sous couverture muette rempliée en papier crème imprimée de petits cœurs roses, chemise, étui. Emboîtage légèrement frotté avec rousseurs (titre réécrit au dos de l'emboîtage à l'encre rouge) . Livre en excellent état, très frais.

Tirage à 255 exemplaires seulement.

Celui-ci, 1 des 235 exemplaires sur pur fil.



Petites Cousines a été publié pour la première fois en 1919 sous le pseudonyme de Sadinet par Pierre Mac Orlan. Sadinet (le petit Sade ?) est le pseudonyme de Pierre Dumarchey alias Pierre Mac Orlan. A partir d'août 1914 Mac Orlan (il a 32 ans) connaît la grande guerre et plus tard l'horreur des tranchées. Dans l'impossibilité de produire quelque écrit que ce soit, sa famille se trouve pour ainsi dire sans ressources. Aussi, c'est l'éditeur clandestin Jean Fort qui avance de l'argent à sa famille pour subsister. A la fin de la guerre Mac Orlan paiera sa dette en produisant notamment ce texte hautement érotique et savoureusement pornographique. La plupart de ses bibliographes officiels oublient volontiers ce titre dans la longue liste de ses ouvrages.



Belle illustration libre de SCHEM alias Raoul Serres. Raoul Serres (1881-1971) signait ses œuvres érotiques du pseudonyme Schem. Son illustration à caractère pornographique des œuvres du Marquis de Sade fait scandale en 1936, il adopte alors le pseudonyme « Schem » pour ses dessins licencieux. Les œuvres de cet artiste au trait très assuré et imaginatif sont aujourd'hui très recherchées.



« Marcelle, ma sœur, fut aussi mon inspiratrice. Je l'ai baisée ; à quinze ans j'ai eu son pucelage, comme j'eus le pucelage d'Alice et de quelques autres. Je devrais dire le double pucelage, car par une étrange perversion de nos sens, c'est dans le derrière de l'une et de l'autre de ces demoiselles que j'appris à jouir en homme. Jusqu'alors ma main m'avait suffi pour me donner la sensation vertigineuse qui accélérait les mouvements de mon poignet, m'obligeait à tendre le ventre en avant, pour voir jaillir la blanche ligueur dont je fus toujours étonnamment prolifique. » (extrait)



Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n° 965.



Bel exemplaire.

Prix : 690 euros



mercredi 19 septembre 2018

Alfred de Musset. Gamiani. Vers 1935. Jolie édition clandestine illustrée de 20 eaux-fortes. Tirage limité à 250 exemplaires sur pur chiffon. Bel exemplaire.


[Alfred de Musset]

Gamiani.

S.l.n.d. [vers 1935]

1 volume in-8 (20 x 14,5 cm) de 115-(1) pages. 20 eaux-fortes libres tirées en bistre/sanguine (à l'exception de l'eau-forte servant de titre qui est tirée en noir) dont 4 vignettes dans le texte. En feuilles, sous couverture ornée de l'eau-forte servant de titre tirée en sanguine/bistre. Etui et chemise cartonnés muets de l'éditeur. Ensemble en excellent état, proche du neuf. Un feuillet fissuré en marge sans manque et sans atteinte au texte. Beau papier.

Tirage unique à 250 exemplaires seulement tous sur papier pur chiffon.


Gamiani est l'ouvrage le plus réimprimé au cours du XIXe siècle avec plus de 40 éditions.


L'attribution du roman à Alfred de Musset a longtemps été contestée, elle semble aujourd'hui certaine.


Le roman raconte deux nuits de la vie de la comtesse Gamiani marquées par ses ébats avec Fanny et Alcide. Pendant ces deux nuits, les trois personnages vont successivement raconter leur initiation sexuelle ainsi que leurs plus grands exploits dans ce domaine.


Pierre Louÿs dans le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation écrit : « Ne suivez pas l'office sur un exemplaire de Gamiani, surtout s'il est illustré ».


"La première fois que je fus mise à l’épreuve, j’étais dans le délire du vin. Je me précipitai violemment sur la sellette, défiant toutes les nonnes. L’âne fut à l’instant dressé devant moi, à l’aide d’une courroie. Son braquemart terrible, échauffé par les mains des sœurs, battait lourdement sur mon flanc. Je le pris à deux mains, je le plaçai à l’orifice, et, après un chatouillement de quelques secondes, je cherchai à l’introduire. Mes mouvements aidant, ainsi que mes doigts et une pommade dilatante, je fus bientôt maîtresse de cinq pouces au moins. Je voulus pousser encore, mais je manquai de forces, je retombai. Il me semblait que ma peau se déchirait, que j’étais fendue, écartelée ! C’était une douleur sourde, étouffante, à laquelle se mêlait pourtant une irritation chaleureuse, titillante et sensuelle. La bête, remuant toujours, produisait un frottement si vigoureux que toute ma charpente vertébrale était ébranlée. Mes canaux spermatiques s’ouvrirent et débordèrent. Ma cyprine brûlante tressaillit un instant dans mes reins. Oh ! quelle jouissance ! Je la sentais courir en jets de flamme et tomber goutte à goutte au fond de ma matrice. Tout en moi ruisselait d’amour. Je poussai un long cri d’énervement et je fus soulagée… Dans mes élans lubriques, j’avais gagné deux pouces ; toutes les mesures étaient passées, mes compagnes étaient vaincues. Je touchais aux bourrelets sans lesquels on serait éventrée ! Épuisée, endolorie dans tous les membres, je croyais mes voluptés finies lorsque l’intraitable fléau se raidit de plus belle, me sonde, me travaille et me tient presque levée. Mes nerfs se gonflent, mes dents se serrent et grincent ; mes bras se tendent sur mes deux cuisses crispées. Tout à coup un jet violent s’échappe et m’inonde d’une pluie chaude et gluante, si forte, si abondante, qu’elle semble regorger dans mes veines et toucher jusqu’au cœur. Mes chairs lâchées, détendues par ce baume exubérant, ne me laissent plus sentir que des félicités poignantes qui me piquent les os, la moelle, la cervelle et les nerfs, dissolvent mes jointures et me mettent en fusion brûlante… Torture délicieuse !… intolérable volupté qui défait les liens de la vie et vous fait mourir avec ivresse !" (extrait)


Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1649. Dutel ne se hasarde à aucune attribution concernant l'artiste qui a illustré ce livre. Nous ne ferons pas mieux.


Bel exemplaire de cette édition artistique peu commune.

Prix : 690 euros


lundi 17 septembre 2018

Guillaume Apollinaire. Poésies libres (1945). Cortège priapique. Julie ou la rose. Le verger des amours. Exemplaire unique enrichi à l'époque d'une suite de 20 dessins originaux d'une même main.


Guillaume Apollinaire

Poésies libres. Cortège priapique. Julie ou la rose. Le verger des amours.

A Lausanne, Au Verger des Amours, s.d. (Marcel Duflou, 1945)

1 volume in-8 (21,3 x 14 cm), broché de 92 pages. Typographie en rouge et noir. Le volume broché est resté intact. Les feuillets sont coupés. Le dos est à peine marqué.

Tirage limité à 251 exemplaires.

Celui-ci, 1 des 75 exemplaires sur vélin pur fil du Marais.

Il a été tiré 1 exemplaire unique sur Japon, 75 exemplaires sur vergé teinté Vidalon, 75 exemplaires sur vélin pur fil du Marais et 100 exemplaires sur pur chiffon de Lana.

Exemplaire unique enrichi à l'époque de 20 dessins originaux à l'encre (trait) et rehaussés en couleurs au crayon. Les dessins sont volants et répartis tout au long du volume.



Chaque dessin porte en marge le numéro de la page à laquelle il correspond (onglet en marge intérieur pour faciliter le brochage. Le dessin a été fait spécialement pour illustrer une scène du poème concerné. Bord extérieur des dessins légèrement poussiéreux.



L'ensemble des dessins originaux est de la même main. Ces dessins anonymes sont de très belle facture et ont été réalisés à l'époque de la sortie du volume (vers 1945). Nous n'avons trouvé aucune série de dessins originaux d'une main approchante.



Aucun exemplaire de cette édition enrichie de dessins originaux ne figurait au catalogue de la vente des livres érotiques de Gérard Nordmann (Christie's, 2006).

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2232 (Dutel indique un tirage de cette édition sans la date de 1945, ce qui est le cas de notre exemplaire, en tous points identique à celle portant la date. Il indique également cette édition comme ayant été donnée par Marcel Duflou (sic) sans doute pour Maurice Duflou). La préface est de Jean Texcier. Pia, Les Livres de l'Enfer, 1156.



Exceptionnel exemplaire enrichi d'une suite de 20 dessins originaux de qualité spécialement exécutés à l'époque pour cette édition.

VENDU - Prix : 3.000 euros



dimanche 16 septembre 2018

Pierre Louÿs. Cydalise (1949). Edition originale de ce choix de poésies érotiques puissamment illustrées par Jean Traynier. Curiosa rare et recherché. Tirage à 262 exemplaires.


Pierre LOUYS

CYDALISE. Avec des illustrations originales gravées à l'eau-forte [par Jean Traynier].

Les Amis de l'écrivain, Paris, 1949

1 volume in-4 (28,5 x 19 cm), en feuilles, sous couverture rempliée estampée. Sans emboîtage. 139 pages et 16 eaux-fortes pleine page tirées en vert. Très bon état. Complet. Petite déchirure sans manque en pied de couverture (mors).


Édition originale de ces poèmes érotiques de Pierre Louÿs.

Tirage à 262 exemplaires seulement (et non 265 comme annoncé en tête de la justification).

Celui-ci, 1 des 200 exemplaires sur vélin de Lana.


Cette superbe édition est illustrée de 16 puissantes eaux-fortes dues au talent de Jean Traynier (qui a également illustré Point de lendemain (1957). Ces illustrations sont résolument pornographiques et d'une imagination réjouissante.

Il s'agit d'un choix de poésies érotiques de Pierre Louÿs, rassemblées par les amis de l'écrivain. Les éditeurs joignent à cette édition, pour contrer toute réfutation d'attribution de ces poèmes à l'auteur d'Aphrodite, deux fac-similés. Et il en conte l'histoire : "A la mort de l'écrivain, ses héritiers s'étant partagé ses manuscrits, il advint que le possesseur de ces poèmes les fit lire à un ami. Conquis par leur saveur particulière, ce dernier désira les recopier et obtint la faveur de les emporter. Du temps passa ... l'ami trépassa. Le sort l'ayant voulu, opposition fut mise à son testament. La restitution du manuscrit devint alors bien aléatoire pour autant que son véritable propriétaire n'avait aucun titre valable à produire. Les années passèrent, et le testament enfin légalisé, notre héritier s'imagina que son manuscrit pourrait, sans encombres, regagner enfin les rayons de sa bibliothèque. [...]"


Et pour le plaisir le poème éponyme :

"Cydalise, êtes-vous malade ?
- Ah ! mon cher, ne m'en parlez pas !
La fouterie et l'enculade
En une nuit m'ont mise à bas.

Sous promesse de fortes sommes
J'ai bien voulu faire l'amour
Toute nue avec vingt-quatre hommes
Qui se relayaient tour à tour.

Du soir jusqu'à l'aube première
J'ai tiré quatre-vingt six coups
Dont trente et un dans le derrière
Et j'ai bien mal à mes deux trous.

J'ai déchargé pendant quatre heures,
A la fin je n'en pouvais plus,
Les joyeusetés les meilleures
N'ont-elles pas leurs superflus ?

Pierre Louÿs



Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1333.

Très bon exemplaire de ce très beau et très puissant livre érotique illustré clandestin .

Prix : 850 euros

jeudi 13 septembre 2018

Alfred de Musset. Gamiani ou Deux Nuits d'excès. Orné de 10 eaux-fortes par André Collot (1933). Bon exemplaire. Tirage à petit nombre.


[Alfred de Musset]

Gamiani ou Deux Nuits d'excès. Orné de dix eaux-fortes (attribuées à André Collot).

Aux dépens d'un amateur, 1933

1 volume in-8 (20,2 x 14,6 cm), broché de 118-(1) pages. 10 eaux-fortes tirées en noir dont 1 en frontispice. 1 bois gravé à mi-page en tête du texte. Couverture anciennement refaite avec titre en noir sur le premier plat et au dos (papier texturé beige). Couverture partiellement insolée sur le pourtour. Intérieur frais imprimé sur bon papier teinté de type Arches. Un coin de feuillet avec trace de pli. Légères rousseurs dans les marges de quelques feuillets. Légères décharges (normal pour un curiosa non ?).

Tirage à petit nombre réservé aux seuls souscripteurs.


Gamiani est l'ouvrage le plus réimprimé au cours du XIXe siècle avec plus de 40 éditions.

L'attribution du roman à Alfred de Musset a longtemps été contestée, elle semble aujourd'hui certaine.


Le roman raconte deux nuits de la vie de la comtesse Gamiani marquées par ses ébats avec Fanny et Alcide. Pendant ces deux nuits, les trois personnages vont successivement raconter leur initiation sexuelle ainsi que leurs plus grands exploits dans ce domaine.


Pierre Louÿs dans le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation écrit : « Ne suivez pas l'office sur un exemplaire de Gamiani, surtout s'il est illustré ».


"La première fois que je fus mise à l’épreuve, j’étais dans le délire du vin. Je me précipitai violemment sur la sellette, défiant toutes les nonnes. L’âne fut à l’instant dressé devant moi, à l’aide d’une courroie. Son braquemart terrible, échauffé par les mains des sœurs, battait lourdement sur mon flanc. Je le pris à deux mains, je le plaçai à l’orifice, et, après un chatouillement de quelques secondes, je cherchai à l’introduire. Mes mouvements aidant, ainsi que mes doigts et une pommade dilatante, je fus bientôt maîtresse de cinq pouces au moins. Je voulus pousser encore, mais je manquai de forces, je retombai. Il me semblait que ma peau se déchirait, que j’étais fendue, écartelée ! C’était une douleur sourde, étouffante, à laquelle se mêlait pourtant une irritation chaleureuse, titillante et sensuelle. La bête, remuant toujours, produisait un frottement si vigoureux que toute ma charpente vertébrale était ébranlée. Mes canaux spermatiques s’ouvrirent et débordèrent. Ma cyprine brûlante tressaillit un instant dans mes reins. Oh ! quelle jouissance ! Je la sentais courir en jets de flamme et tomber goutte à goutte au fond de ma matrice. Tout en moi ruisselait d’amour. Je poussai un long cri d’énervement et je fus soulagée… Dans mes élans lubriques, j’avais gagné deux pouces ; toutes les mesures étaient passées, mes compagnes étaient vaincues. Je touchais aux bourrelets sans lesquels on serait éventrée ! Épuisée, endolorie dans tous les membres, je croyais mes voluptés finies lorsque l’intraitable fléau se raidit de plus belle, me sonde, me travaille et me tient presque levée. Mes nerfs se gonflent, mes dents se serrent et grincent ; mes bras se tendent sur mes deux cuisses crispées. Tout à coup un jet violent s’échappe et m’inonde d’une pluie chaude et gluante, si forte, si abondante, qu’elle semble regorger dans mes veines et toucher jusqu’au cœur. Mes chairs lâchées, détendues par ce baume exubérant, ne me laissent plus sentir que des félicités poignantes qui me piquent les os, la moelle, la cervelle et les nerfs, dissolvent mes jointures et me mettent en fusion brûlante… Torture délicieuse !… intolérable volupté qui défait les liens de la vie et vous fait mourir avec ivresse !" (extrait)


Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1648. Dutel indique que la couverture d'origine est en papier bleu imprimée en bleu foncé. Les eaux-fortes sont d'André Collot d'après Dutel.


Bon exemplaire de ce joli curiosa clandestin finement illustré par Collot.

Prix : 390 euros


mardi 4 septembre 2018

Edmond Haracourt. La Légende des Sexes du Sire de Chambley. Edition originale imprimée à 212 exemplaires. Celui-ci imprimé sur vergé teinté et dédicacé à Camille Enlart. Très bon exemplaire dans sa première reliure de l'époque.


Le Sire de Chambley (Edmond H....) [Edmond HARAUCOURT]

La Légende des Sexes. Poèmes Hystériques.

Imprimé à Bruxelles pour l'auteur. 1882 (date sur la couverture et le titre). Achevé d'imprimer le 15 avril 1883 (colophon).

1 volume in-8 (23 x 15 cm) de 147-(1) pages.

Reliure demi-chagrin caramel beurre salé à larges coins de l'époque, filets dorés sur les plats, dos à nerfs avec filets dorés, tête dorée, relié sur brochure, non rogné (ébarbé), couverture conservée (les deux plats). Texte imprimé sur papier vergé teinté. Reliure bien conservée malgré quelques usures aux coins et quelques marques au dos, mors légèrement frottés, sans gravité. Deux pages (128/129 sont en grande partie brunies par contact avec un papier acide resté dans le volume pendant un siècle ...).

Édition originale.

Il a été tiré de cet ouvrage 200 exemplaires, en 2 séries et 12 exemplaires sur Japon. Ces volumes, tous numérotés et paraphés par l'auteur, ne pourront être vendus.

Celui-ci, 1 des 200 exemplaires sur vergé teinté appartenant à la deuxième série et numéroté à la plume par l'auteur lui-même "b. 84".

Exemplaire offert par l'auteur à son ami et collègue Camille Enlart (dédicace non datée).


Provenance : Bibliothèque Camille Enlart. Enlart était un archéologue réputé. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a 21 ans au moment de la sortie de ce volume distribué aux seuls amis de l'auteur. Haraucourt en a à peine 27. Les deux hommes sont sans aucun doute amis et très proches.


La Légende des Sexes est le premier ouvrage de l'auteur. Haraucourt a 26 ans lorsqu'il publie de manière confidentielle à 212 exemplaires seulement (il existe plusieurs contrefaçons publiées ensuite) ces poèmes hystériques, véritable "épopée du bas-ventre".


"Donc, dans le coït, rien ; à côté, rien. Avons-nous essayé les premiers la force contractile du sphincter anal ? (...) Avons-nous inventé le travail des langues, et le baiser adultère des taureaux ou des cygnes ? Rien ! nous n'avons rient fait, et nous ne ferons rien ! Il ne nous reste qu'un espoir, qu'un rêve irréalisé encore : l'application de l'envahissante électricité au travail voluptueux de nos sens. Et même doutons-nous, misérables que nous sommes, dans notre espérance dernière : car peut-être l'amour et le désir ne sont-ils que ces phénomènes dynamo-électriques , nos sexes, des accumulateurs ou des piles chargés de voltes et d'ampères, et desquels jaillit, par l'approche d'un pôle contraire, la resplendissante électricité de l'amour. (...)" (extrait de la Préface).



Élaboré en contre pied de la Légende des Siècles du grand Hugo, ce livre eut le succès du soufre. Du coït des atomes en passant par le Sonnet pointu ou le Sonnet honteux, ce volume composé de 39 poèmes est une aventure textuelle au pays des libertés curieuses.



En voici quelques-uns :


Sonnet honteux

L'anus profond de Dieu s'ouvre sur le Néant,
Et, noir, s'épanouit sous la garde d'un ange.
Assis au bord des cieux qui chantent sa louange,
Dieu fait l'homme, excrément de son ventre géant.
Pleins d'espoir, nous roulons vers le sphincter béant
Notre bol primitif de lumière et de fange ;
Et, las de triturer l'indigeste mélange,
Le Créateur pensif nous pousse en maugréant.
Et un autre…




Sonnet pointu


Reviens sur moi ! Je sens ton amour qui se dresse ;
Viens, j'ouvre mon désir au tien, mon jeune amant.
Là... Tiens... Doucement... Va plus doucement...
Je sens, tout au fond, ta chair qui me presse.
Rythme bien ton ardente caresse
Au gré de mon balancements,
O mon âme... Lentement,
Prolongeons l'instant d'ivresse.
Là... Vite !
Plus longtemps !
Je fonds ! Attends,
Oui, je t'adore...
Va ! va ! va !
Encore.
Ha !




La jeune

J'ai rêvé d'une vierge impécable, aux yeux froids,
Qui d'un bond, émergeant des moiteurs de sa couche,
Vient accrocher le poids de son corps à ma bouche
Et pointe sur mon coeur le roc de ses seins droits.
Longtemps, pieuse et chaste, elle a porté la croix
De l'orgueil vertueux que nul désir ne touche ;
Mais voilà que le rut s'est éveillé, farouche,
Et la chair en révolte a réclamé ses droits...
Elle plaque à ma peau la peau d'un ventre ferme,
Et furieusement crispée, elle m'enferme
Dans l'effort ingénu de sa lubricité.
Ses canines d'enfant mordent ma chair de mâle...
A moi, toute ! Et la fleur de sa nubilité,
Pourpre, s'épanouit sous l'onde baptismale.


Très bon exemplaire en reliure de l'époque bien conservée.

Prix : 850 euros


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