mardi 8 novembre 2011

Lettres de Marie Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné (1728) Une des premières éditions et l'une des plus rares de cette célèbre correspondance.



Marie de RABUTIN-CHANTAL, marquise de SÉVIGNÉ
LETTRES DE MARIE RABUTIN-CHANTAL, MARQUISE DE SÉVIGNÉ, A MADAME LA COMTESSE DE GRIGNAN SA FILLE. Tome premier [second et troisième].

Sans lieu ni nom, 1728

3 tomes reliés en 2 volumes in-12 (17 x 10 cm - Hauteur des marges : 165 mm) de 264 (la dernière étant mal chiffrée 164), (1)-144 et 252 pages.

Reliure plein veau brun de l'époque, dos à nerfs ornés (reliure défraichie). Il manque la pièce de titre du premier volume, usures marquées au coins, coiffes et mors (fendus, usés), intérieur en bon état avec quelques cicatrices de mouillures sans gravité. Complet des deux faux-titre en tête de chaque volume. Reliure à restaurer. Exemplaire grand de marges.

NB : nous avons préféré laisser le soin à l'amateur qui se portera acquéreur de cet exemplaire de faire réaliser, au mieux et avec tout le soin nécessaire, les petites restaurations de reliure qui s'imposent pour faire de cet exemplaire un très bon exemplaire.


L'UNE DES PREMIÈRES ÉDITIONS DES LETTRES DE LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ PARMI LES PLUS RARES.

Cette édition est précisément décrite dans la Notice Bibliographique des éditions imprimées des Lettres de la marquise de Sévigné (Lettres de Madame de Sévigné, Édition des Grands Écrivains de la France, Tome XI, p. 441-442, n°6) :

"Cette édition, imprimée avec les mêmes caractères et les mêmes fleurons que la contrefaçon de 1726, lui est, pour le tome I, presque entièrement semblable : elle a le même nombre de pages, et les pages, non pas toujours, mais très-souvent, sont identiques par le nombre et le contenu des lignes. Le tome II continue cette ressemblance jusqu'à la lettre de Charles de Sévigné qui est placée à la suite de la lettre CV, et qui termine le volume de 1728 (qui n'a que 144 pages). Le tome III de 1728 se compose : 1° des lettres CVI à CXXXIV inclusivement, qui terminent le tome II de 1726. 2° 50 autres lettres, précédées d'une première, sans chiffre, à M. de Grignan, qui sont tirées de l'édition de La Haye, mais rangées dans un autre ordre. Ce tome III commence par un Avertissement, qui ne diffère de celui que cette édition de Hollande (Gosse & Neaulme) a mis en tête de la préface que par la suppression des critiques adressées à l'impression de Rouen (ce qui laisserait supposer que cette édition de 1728 est bien sortie des presses rouennaises)."


On sait que la première édition des lettres de Mme de Sévigné date de 1725 et a été donnée subrepticement en une mince plaquette de 75 pages regroupant seulement quelques lettres pour la plupart incorrectement retranscrites et fragmentaires (31 fragments). Cette première édition rarissime et quasi mythique n’était connue qu’à 2 ou 3 exemplaires à la fin du XIXè siècle, il ne semble pas qu’on en est répertorié d’autres depuis. Les bibliographes considèrent donc comme véritable seconde édition originale l’édition dite de Rouen publiée en 1726 par les soins du fils de Roger de Bussy-Rabutin (cousin indiscret de la Marquise). On a beaucoup tergiversé pour savoir s’il s’agissait du fils aîné (Amé-Nicolas de comte Bussy-Rabutin) ou bien du cadet, futur évêque de Luçon, abbé de Bussy. Cette édition furtive, désavouée par la petite-fille de Mme de Sévigné, Mme de Simiane, fille de Mme de Grignan, est très rare et les exemplaires en reliure de l’époque en bonne condition se rencontrent difficilement. Les éditions suivantes de 1726, 1728 et 1733 sont également peu communes et reprennent avec des variantes la première édition dite de Rouen en gros caractères citée plus haut. Seule l'édition de La Haye, très rare, apporte de nouvelles lettres (qui se retrouvent dans l'édition de 1728 et 1733 comme nous venons de le voir ci-dessus). Il faudra attendre 1734-1736 avec l'édition pourtant mutilée donnée par les soins du Chevalier Perrin pour avoir à disposition plusieurs centaines de nouvelles lettres. L'édition de 1818, puis l'édition de 1862, données par Monmerqué, puis Charles Capmas (supplément "Lettres inédites" de 1876), donneront un panorama complet du génie épistolaire de la marquise de Sévigné.

BON EXEMPLAIRE (RELIURE A RESTAURER) DE CETTE ÉDITION RARE DES LETTRES DE MADAME LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ.

VENDU

lundi 7 novembre 2011

Lettres de Marie Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné (1733) Une des premières éditions de la plus célèbre correspondance entre une mère et une fille.



Marie de RABUTIN-CHANTAL, marquise de SÉVIGNÉ

LETTRES DE MARIE RABUTIN-CHANTAL, MARQUISE DE SÉVIGNÉ, A MADAME LA COMTESSE DE GRIGNAN SA FILLE. Tome premier [second et troisième].

Sans lieu ni nom, 1733

3 tomes reliés en 1 fort volume in-12 (16,5 x 10 cm - Hauteur des marges : 160 mm env.) de 264, 144 et 252 pages.

Reliure plein veau brun de l'époque. Reliure à restaurer (un mors entièrement fendu, le cuir du dos n'adhère pas au dos et ne tient plus que par un mors, pièce de titre détachée et perdue, coins légèrement usés, les tranchefiles sont bien présentes). Intérieur d'une fraîcheur remarquable. A noter un petit frottement en début de première ligne du dernier feuillet qui a effacé la fin d'un mot commencé à la page précédente, la lecture se déduisant parfaitement malgré tout. Exemplaire grand de marges, bien que les feuillets soient massicotés de travers (comme cela arrivait parfois à l'époque).

NB : nous avons préféré laisser le soin à l'amateur qui se portera acquéreur de cet exemplaire de faire réaliser, au mieux et avec tout le soin nécessaire, les petites restaurations de reliure qui s'imposent pour faire de cet exemplaire un bel exemplaire.


L'UNE DES PREMIÈRES ÉDITIONS DES LETTRES DE LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ. REPRODUCTION PRATIQUEMENT PAGE POUR PAGE ET LIGNE POUR LIGNE DE LA TRÈS RARE ÉDITION DE 1728.

Cette édition est précisément décrite dans la Notice Bibliographique des éditions imprimées des Lettres de la marquise de Sévigné (Lettres de Madame de Sévigné, Édition des Grands Écrivains de la France, Tome XI, p. 441-442, n°7) : "Cette impression suit page pour page et à peu près ligne pour ligne (il n'y a que de rares et légères différences dans le contenu des lignes) l'édition de 1728. Elle sort des mêmes presses ; le caractère nous parait être identique ; il n'y a, outre la différence que nous avons remarquée ça et là dans la composition des lignes, d'autre variété que celle de quelques ornements, et d'un certain nombre de fautes typographiques que l'impression de 1733 ne reproduit pas ou qu'elle est seule à avoir. Une note de l'édition de Perrin de 1734 parle en ces termes de ces trois volumes de 1733 : "Il a paru, sur la fin de l'année 1733, une autre édition furtive des lettres de Mme de Sévigné, 3 vol. in-12, sans nom de ville ni d'imprimeur, où l'on a exactement copié les fautes des éditions de Rouen et de La Haye." La réimpression de 1738 ajoute : "Elle ne contient d'ailleurs que le même nombre de lettres." La critique de Perrin est fort juste ; mais c'est, nous l'avons vu, à l'impression de 1728 qu'elle doit remonter."


Cette édition, comme celle de 1728 qu'elle reproduit donc, contient la Préface de M. de Bussy (p. 5 à 9), la Lettre de Madame la Marquise de Simiane, à Monsieur le Comte de Bussy (p. 10 à 14), les 4 lettres adressées à M. de Coulanges, LXXIII lettres pour le tome I, le tome II commence avec la lettre LXXIV (mal chiffrée LXXVI) et se termine avec la lettre CV, on trouve à la suite une lettre adressée à son fils, Charles de Sévigné ; le troisième tome contient un avertissement de l'éditeur (p. 3 à 9), puis les lettres CVI à CLXXXIV. Cette édition contient cinquante lettres tirées de l'édition de La Haye (Gosse et Neaulme, 1726, 2 vol. in-12), rangées dans un autre ordre.

On sait que la première édition des lettres de Mme de Sévigné date de 1725 et a été donnée subrepticement en une mince plaquette de 75 pages regroupant seulement quelques lettres pour la plupart incorrectement retranscrites et fragmentaires (31 fragments). Cette première édition rarissime et quasi mythique n’était connue qu’à 2 ou 3 exemplaires à la fin du XIXè siècle, il ne semble pas qu’on en est répertorié d’autres depuis. Les bibliographes considèrent donc comme véritable seconde édition originale l’édition dite de Rouen publiée en 1726 par les soins du fils de Roger de Bussy-Rabutin (cousin indiscret de la Marquise). On a beaucoup tergiversé pour savoir s’il s’agissait du fils aîné (Amé-Nicolas de comte Bussy-Rabutin) ou bien du cadet, futur évêque de Luçon, abbé de Bussy. Cette édition furtive, désavouée par la petite-fille de Mme de Sévigné, Mme de Simiane, fille de Mme de Grignan, est très rare et les exemplaires en reliure de l’époque en bonne condition se rencontrent difficilement. Les éditions suivantes de 1726, 1728 et 1733 sont également peu communes et reprennent avec des variantes la première édition dite de Rouen en gros caractères citée plus haut. Seule l'édition de La Haye, très rare, apporte de nouvelles lettres (qui se retrouvent dans l'édition de 1728 et 1733 comme nous venons de le voir ci-dessus). Il faudra attendre 1734-1736 avec l'édition pourtant mutilée donnée par les soins du Chevalier Perrin pour avoir à disposition plusieurs centaines de nouvelles lettres. L'édition de 1818, puis l'édition de 1862, données par Monmerqué, puis Charles Capmas (supplément "Lettres inédites" de 1876), donneront un panorama complet du génie épistolaire de la marquise de Sévigné.

Provenance : Exemplaire portant la signature ancienne (ex libris) "Griselle" sur la première page de titre.

BON EXEMPLAIRE (RELIURE A RESTAURER) DE CETTE ÉDITION RARE DES LETTRES DE MADAME LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ.

VENDU

dimanche 6 novembre 2011

Francillon d'Alexandre Dumas fils (1887). 1/10 ex. sur Chine. Très rare. "Les hommes sont lâches, les femmes sont bêtes ..."



Alexandre DUMAS fils
FRANCILLON. Pièce en trois actes par Alexandre Dumas fils, de l'Académie française.

Paris, Calmann Lévy, Ancienne Maison Michel Lévy Frères, 1887. [Bourloton - Imprimeries Réunies].

1 volume in-8 (26,5 x 17,5 cm) de (4)-153 pages.

Reliure à la bradel demi-toile beige à coins, pièce de titre de maroquin rouge, filets dorés sur les plats (reliure de l'époque). Reliure d'attente parfaitement conservée. Quelques petites décolorations à la toile des plats. Les couvertures imprimés oranges ont été conservées à l'état de neuf. Intérieur immaculé sans rousseurs, relié sur brochure, non rogné.


ÉDITION ORIGINALE.

UN DES 10 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE CHINE (avec 1 ex. unique sur peau vélin, 55 ex. sur Japon et 75 ex. sur Hollande).

Cette pièce de théâtre d'Alexandre Dumas fils a été représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français, le 17 janvier 1887.

Voilà bien un ouvrage de théâtre fort dédaigné par l'auteur de la Dame aux camélias.

« Les hommes, ma chère, c'est comme les cerfs-volants, plus on leur rend de corde, plus on les tient. » (A. Dumas fils, Francillon).

Il est dit de cette pièce que "le talent de l'auteur et celui des artistes appelés à le seconder ont fait accepter, non parfois sans résistance, les invraisemblances et les audaces." Cette pièce fit un triomphe au Théâtre-Français.

La revue Le Livre, dirigée par Octave Uzanne, ne consacre pas moins de 4 pages de critique pour la sortie de cette pièce et en résume ainsi l'intrigue : "Un homme du monde, marié à une femme charmante, la trompe pour une ancienne maîtresse, avec qui, une nuit de bal à l'Opéra, il va souper dans un cabinet de restaurant. La femme légitime l'apprend, se fait emmener par un "inconnu" et soupe dans un cabinet voisin. Puis le lendemain, elle raconte tout à son mari. "Je me suis vengée jusqu'au bout" dit-elle. Bref, quand tout va se dénouer par un scandale public, elle avoue n'avoir voulu que donner une leçon au mari infidèle, et tout est bien qui finit bien. (...) (Le Livre, 1887, Bibliographie moderne, pp. 62-63).

Le critique de la revue Le Livre (qui signe l'article des seules initiales A. A. - fort probablement Octave Uzanne lui-même) élève cette pièce au rang de chef d’œuvre : "Car Francillon est un chef-d'oeuvre que je n'hésite pas à mettre au premier rang parmi l'oeuvre déjà si considérable du maître. Jamais Alexandre Dumas n'a rien écrit de plus humain, de plus nerveux, de plus sagacement observé et profondément fouillé, de plus ingénieux, de plus attachant, de plus émouvant, de plus charmant que cette merveilleuse comédie, dont le dialogue étincelant de verve, d'esprit, de jeunesse a soulevé, trois heures durant, les exclamations de toute une salle frémissante de joie. (...) Il y a là une peinture exacte, cruelle, mais non impitoyable d'une société névrosée, frivole et corrompue, devant qui le moraliste est tenté de s'écrier, comme un des personnages de Francillon : "Les hommes sont lâches, les femmes sont bêtes ..., faites donc un monde avec cela ! (...)" (Ibid., pp. 63-66)

Anecdote : Tous les gourmets venus applaudir la pièce apprécient les treize répliques d’Annette, la servante, qui détaille la recette d’une étonnante "salade Francillon". Une recette sur scène? C’est inattendu. Mais quelle recette ! Des pommes de terre cuites dans du bouillon et coupées en tranches tièdes, de l’huile d’olive, du vinaigre d’Orléans, un demi-verre de vin blanc (“Château-Yquem, si possible, indique Dumas fils), sel, poivre, fines herbes en abondance. Annette y ajoute de très grosses moules, cuites au court-bouillon et des rondelles de truffes réchauffées au vin de Champagne. La "salade Francillon" franchira les portes de la Comédie-Française pour s’installer bien vite sur les tables des restaurants à la mode.


TIRAGE TRÈS RARE SUR PAPIER DE CHINE POUR CETTE PIÈCE DE DUMAS A REDÉCOUVRIR.
VENDU

Meloenis, conte romain (1851), par Louis Bouilhet, l'ami intime de Gustave Flaubert. Exemplaire imprimé sur papier vélin offert à Jules Michelet.



Louis BOUILHET
MELOENIS, conte romain par Louis Bouilhet. Extrait de la Revue de Paris.

Paris, Imprimerie de Pillet fils ainé, 1851.

1 volume grand in-8 (25 x 16 cm) de 88 pages y compris le faux-titre et le titre.

Reliure demi-maroquin orange à coins, filets à froid, titre et auteur dorés au dos, tête dorée, non rogné pour les autres tranches, couvertures jaunes conservées (reliure de l'époque ou postérieure de quelques années seulement). Quelques frottements et traces à la reliure, sans aucune gravité, deux coins légèrement touchés, intérieur parfaitement frais, immaculé. Les deux plats de couverture imprimés sur papier jaune sont légèrement salis.


ÉDITION ORIGINALE EN LIBRAIRIE ET VÉRITABLE TIRAGE A PART SUR PAPIER VÉLIN.
EXEMPLAIRE OFFERT PAR L'AUTEUR A L'HISTORIEN JULES MICHELET, AVEC CET ENVOI : "à Monsieur Michelet, hommage respectueux de l'auteur. L. Bouilhet"

Ce long poème échevelé et à l'antique ne compte pas moins de 2.900 vers et nous entraine dans la Rome décadente.

Il ne faut pas confondre cette édition grand in-8 dont la pagination commence à (4)-5 à 88 avec l'Extrait de la Revue de Paris qui a été également relié à part à l'époque mais qui est paginé de 85 à 168 (avec en plus un titre et un faux-titre). Cet extrait dont la pagination est celle de la Revue de Paris n'est en réalité qu'un fragment de cette revue détaché pour l'occasion. Notre édition quant à elle est belle et bien un tirage à part, repaginé et entièrement recomposé et réimposé au format grand in-8. Notre exemplaire est imprimé sur un beau papier vélin épais, collé et absolument dénué de rousseurs. Il s'agit là probablement d'un très petit tirage de luxe, pour l'auteur et ses amis, non signalé par les bibliographes.

Louis Bouilhet était l'ami de Flaubert, son intime, et ce jusqu'à la fin de sa vie. Voici le jugement de Guy de Maupassant sur Louis Bouilhet : "J’avais alors dix-huit ans, et je faisais ma rhétorique à Rouen. Je n’avais rien lu de Bouilhet, bien qu’il fût le plus cher camarade de Flaubert. En ville, on ne le connaissait guère ; mais on en parlait beaucoup parce qu’il était bibliothécaire. L’académie locale le méprisait un peu, sous l’influence d’un poète indigène, M. Decorde, un barde étonnant dont les vers semblent avoir été faits par Henry Monnier pour les attribuer à l’immortel Prudhomme. Dans le public, les nombreux parents des académiciens déclaraient Louis Bouilhet surfait. Quelques jeunes gens l’admiraient frénétiquement. Un jour, comme nous nous dirigions vers le collège, après une promenade, le pion, un piocheur qu’on estimait, chose rare, eut un geste brusque comme pour nous arrêter ; puis il salua, d’une façon respectueuse et humble, ainsi qu’on devait jadis saluer les princes, un gros monsieur décore à longues moustaches tombantes qui marchait, le ventre en avant, la tête en arrière, l’œil voilé d’un pince-nez. Puis quand le promeneur fut loin, notre maître d’études qui l’avait longtemps suivi du regard nous dit : « C’est Louis Bouilhet. » Et immédiatement il se mit à déclamer les vers de Melœnis, des vers charmants, sonores, amoureux, caressant l’oreille et la pensée comme font tous les beaux vers. Le soir même j’achetais Festons et Astragales. Et pendant un mois je restai grisé de cette vibrante et fine poésie. Tout jeune encore je n’osais demander à Flaubert, dont je n’approchais alors qu’avec un respect craintif, de m’introduire chez Bouilhet. Je résolus d’y aller seul. Il habitait rue Bihorel, une de ces interminables rues des banlieues provinciales qui vont de la ville à la campagne. (...) Pendant six mois, je le vis chaque semaine, tantôt chez lui, tantôt chez Flaubert. Timide en public, il était, dans l’intimité, débordant d’une verve incomparable, d’une verve nourrie, de grande allure classique, pleine de souffle épique et de finesse en même temps. J’appris un jour qu’il était fort malade. Il mourut brusquement le lendemain. (...)" (Extrait de Le Gaulois, 21 août 1882, les chroniques de Guy de Maupassant).
Meloenis parait dans la Revue de Paris de novembre 1851. L'annonce du tirage à part est faite dans la Bibliographie de la France dès le 8 novembre.

Louis Bouilhet dédie ce long poème, sa première œuvre, à son ami intime Gustave Flaubert. Il apparaît comme un précurseur du Parnasse par son soucis de la pureté de la forme, son goût de l'antique et le culte de la science ainsi que par son goût pour la poésie objective et impersonnelle, quoique quelques-uns de ses meilleurs vers soient précisément ceux où il a trahi le sentiment qui l'obsédait en les écrivant (ainsi sa poétique apostrophe A une femme, l'actrice Durey). Les deux hommes correspondront ensemble presque constamment et laisserons un témoignage d'amitié qui se révèlera, en 1857, avec la parution de Madame Bovary de Flaubert où Louis Bouilhet est le dédicataire. Le 19 septembre de cette même année 1851, Flaubert, poussé par ses amis Louis Bouilhet et Maxime Du Camp, commence la rédaction de Madame Bovary, en s'inspirant d'un fait divers normand. Il achèvera son roman réaliste et psychologique en mai 1856 après 56 mois de travail.

Nous constatons que Louis Bouilhet avait tissé suffisamment de liens avec Jules Michelet (que Flaubert ne connaissait pas encore en 1851) pour lui offrir un bel exemplaire de son poème imprimé sur beau papier.


BEL EXEMPLAIRE POUR CET EXEMPLAIRE RARE ET ÉMOUVANT.

VENDU

vendredi 4 novembre 2011

L'écumoire, Histoire japonaise ou les amours contrariés de Tanzaï et Néadarné (1735). Conte licencieux de Crébillon fils. Rare.



Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, dit CREBILLON Fils

L’ÉCUMOIRE, HISTOIRE JAPONAISE. Par Mr. de Crébillon fils. Tome premier et second.

A Londres, aux dépens de la Compagnie, 1735.

2 tomes en 1 volumes in-12 (13 x 8,5 cm) de (1)-XVIII-(4)-208 et (5)-328 pages.

Cartonnage ancien usagé. Titre à l'encre au dos (effacé). Intérieur assez frais. Titres imprimés en rouge et noir. Chaque tome est précédent du même frontispice gravé, assez curieux. Cachet ancien (initiales ex libris) sur le premier titre.

NOUVELLE ÉDITION.

Voltaire écrivit, en 1735, à propos de ce roman libertin : "Si je l'avais fait, je serais brûlé, je ne sais rien de si fou que ce livre." Ce livre a valu à Crébillon d'être conduit à la prison de Vincennes en décembre 1734. Ce qui n'empêcha pas que cet ouvrage connut au moins une trentaine d'éditions entre 1734 et la fin du XVIIIe siècle, soit sous ce titre "L'écumoire, Histoire japonaise", soit sous celui de "Tanzaï et Néadarné". La première édition parait d'ailleurs sous ce dernier titre (Pékin [i.e. Paris] : Lou-Chou-Chu-La , 1734).

Ce conte licencieux est d'une "hétérogénéité totalement déconcertante", le titre vient du fait que cet étrange et fort prosaïque instrument (une écumoire), s'est fiché, lors de la nuit de noces, du Prince Tanzaï, en un lieu de l'anatomie de l'homme interdisant la consommation de son mariage avec la belle Néadarné : ainsi plantée dans le corps du jeune prince, l'écumoire maléfique exhibe une virilité qui est en fait une impuissance. Ce n'est qu'au terme d'une double inconstance que les jeunes gens parviendront à se débarrasser du sortilège, et pourront gouter les délices que leur promettait leur amour. (Sylvain Menant et Dominique Quéro, Séries parodiques au siècle des Lumières, p. 316). Le jeune romancier s'amuse à imiter La vie de Marianne de Marivaux dans le Livre III de l’Écumoire, ce dernier y voyant une parodie blessante. C'est la Duchesse du Maine qui le fit sortir de prison et l'admit à Sceaux, ce qui lui ouvrit les portes des salons parisiens.

Crébillon fils peint avec brio le relâchement des mœurs de son temps. Cynique, il ne croit ni à la vertu, ni à l'amour et leur préfère le plaisir : « il est rare qu'une jolie femme soit prude, ou qu'une prude soit jolie femme, ce qui la condamne à se tenir justement à cette vertu que personne n'ose attaquer et qui est sans cesse chagrine du repos dans lequel on la laisse languir. » (Le Sylphe) Il est le peintre du libertinage, d'un monde d'hypocrisie, de duperie et de perfidie où perce à l'occasion un sentiment d'insatisfaction : « Nous voulons satisfaire notre vanité, faire sans cesse parler de nous ; passer de femme en femme ; pour n'en pas manquer une, courir après les conquêtes, même les plus méprisables : plus vains d'en avoir eu un certain nombre, que de n'en posséder qu'une digne de plaire ; les chercher sans cesse, et ne les aimer jamais. » (Le Sopha)

BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE LIBERTIN PEU COMMUN.
VENDU

dimanche 30 octobre 2011

Thémidore de Godard d'Aucour (1745). Edition originale rarissime de ce livre licencieux condamné par deux fois à être détruit au début du XIXe siècle.



Claude GODARD D'AUCOUR

THÉMIDORE [ou Mon histoire et celle de ma maîtresse]. Première et seconde partie.

A La Haye, Aux dépens de la Compagnie, 1745.

2 parties en 1 volume in-12 (16 x 9,5 cm) de (2)-VII-123 et (4)-136 pages.

Reliure plein veau brun moucheté, dos lisse orné de petits fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge, triple-filet doré en encadrement des plats, tranches rouges (reliure de l'époque). Reliure usagée avec mors fendus avec de petits manques de cuir, coiffes et coins usés. Intérieur assez frais, petit déchirure dans la marge intérieure du premier titre, le premier faux-titre manque. Très bon exemplaire néanmoins malgré les petits défauts signalés.

ÉDITION ORIGINALE RARISSIME.

Claude Godard d'Aucour (1716-1795) était né à Langres. Il fut fermier général (1754) puis receveur général des Finances à Alençon (1785). On sait assez peu de choses de sa vie sinon que ce roman libertin, Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse, remporta un grand succès.

Une courte préface anonyme donne le ton du roman : "M. Thémidore est un jeune homme riche, beau bienfait, d'un excellent caractère, plein d'esprit, & qui aime éperdument le plaisir ; avec ces qualités, il n'est pas étonnant qu'il ait recherché les occasions de s'amuser & qu'il les ait rencontrées. (...) C'est un jeune homme qui entre à peine dans le monde, & qui s'imagine souvent que le plaisir est une découverte de son invention, & qui en conséquence en entretient les autres avec transport : c'est un jeune homme qui par l'usage qu'il a de parler exactement, écrit de même, qui réfléchit quelquefois, & donne à ses pensées une tournure qui lui est propre ; enfin c'est un esprit un peu impétueux, & qui n'ayant pas encore eu le temps de devenir sage, fait avec feu l'éloge de l'égarement, & peint avec force les occasions où il a pu se livrer à la volupté. (...) Nous ne conseillons point aux âmes scrupuleuses de jeter les yeux sur ces aventures, elles sont quelquefois chatouilleuses & capables d'exciter des idées extrêmement éveillées ; elles ne sont faites que pour être lues par les esprits revenus de la bagatelle, ou qui vivent avec elle (...)"

Cette première édition est très rare. Cet ouvrage qui a traversé toute la seconde moitié du XVIIIe siècle sans soucis, ayant été de nombreuses fois réédité, sera finalement condamné par deux fois en 1815 et 1822 par des arrêts rendus par la cour royale de Paris, avec ordre de destruction des exemplaires saisis. L'ouvrage outrageait les bonnes moeurs. Pia indique que sous le règne de Louis XV, un libraire suspecté d'être l'éditeur de Thémidore (Mérigot) avait été mis quelques jours à la Bastille, mais cette mesure tenait beaucoup moins à des soucis de moralité qu'à des besoins d'information. Il s'agissait d'obtenir du libraire incarcéré qu'il fit part au lieutenant de police de tout ce qu'il pouvait savoir touchant l'auteur de cet ouvrage auquel certains détails donnent une apparence de roman à clef.

Jules Gay dans sa Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage, etc, indique que ce livre contient l'histoire cachée du Président Dubois, non conformiste, et que ne pouvant faire mettre l'auteur à la Bastille, ce fut le libraire qui y entra un temps.

A propos de Godard d'Aucour, qui ne manquait pas d'esprit : "On eût aimé souper en sa compagnie" a écrit Maupassant en 1882 dans sa préface à une des nombreuses rééditions de Thémidore.

Référence : Pia, Les livres de l'Enfer, col. 1419-1420. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage, etc., col. 375-376 (2e ed., 1864) ; Françoise Weil, Livres interdits, livres persécutés, 1720-1770, p. 66.

BON EXEMPLAIRE D'UN LIVRE TRÈS RARE EN EDITION ORIGINALE.

VENDU

Les Oeuvres diverses de Cyrano de Bergerac (1678). Une des rares éditions anciennes rouennaises.



Hercule Savinien Cyrano, dit CYRANO DE BERGERAC

LES ŒUVRES DIVERSES DE MONSIEUR DE CYRANO BERGERAC. Avec son Pédant joué.

A Rouen, chez Jean B. Besongne, s.d. (1678).

2 tomes en 1 volume in-12 (16 x 9,5 cm) de 419 et 154 pages, y compris un titre particulier pour chacune des deux parties.

Reliure plein veau brun, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge (reliure de l'époque). Reliure avec quelques petits défauts d'usage (mors fendillés en partie, coiffes et coins usés, intérieur frais malgré quelques légères salissures et mouillures anciennes sans gravité à quelques feuillets. Exemplaire non restauré. Reliure décorative malgré les petites défauts mentionnés. Collationné complet.

NOUVELLE ÉDITION DE ROUEN.

Si la première partie ne porte pas de date sur le titre, Le Pédant joué possède sa propre page de titre, à la même adresse, à Rouen chez Jean B. Besongne, rue Ecuyère, au Soleil, et est daté 1678. Ce volume contient une épître à Monseigneur le Duc d'Arpajon signée de Cyrano Bergerac, ainsi qu'un poème en vers, du même, "A Mademoiselle d'Arpajon". On trouve à la suite quatre Lettres de Monsieur de Cyrano Bergerac à Monsieur Le Bret, avocat au Conseil, puis diverses autres Lettres : deux lettres sur la description de l'acqueduc ou la fontaine d'Arcueil à ses amis les buveurs d'eau, une autre sur l'ombre que faisaient des arbres dans l'eau, la description d'un cyprès, description d'une tempête, pour une dame rousse, une autre intitulée Le campagnard, une autre Pour les sorciers, contre les sorciers. Une lettre à Monsieur Gerzan sur son triomphe des dames ; le Duelliste, sur le recouvrement de santé. Des lettres satyriques de Monsieur de Cyrano Bergerac contre un poltron, contre un médisant, contre une demoiselle, contre un ingrat, contre Soucidas, contre Monsieur de V***, Consolation à un ami sur l'éternité de son beau-père, contre un pilleur de pensées (deux lettres sur ce sujet), contre un gros homme, contre Ronscard, Lettre à Messire Jean, contre un Pédant, Description du Carême, Pour Mademoiselle **** à Monsieur Le Coq, à un Comte de bas-aloi, contre un liseur de romans, contre les médecins, contre un faux brave, d'un songe, contre les frondeurs, Thésée à Hercule, sur une énigme que l'auteur envoya à Monsieur de ******. On trouve à la suite les Lettres amoureuses de Monsieur de Cyrano Bergerac à Madame *** (8 lettres). On trouve ensuite l'Histoire comique de la lune (p. 267 à 419), qui termine la première partie du volume. La seconde partie du volume est entièrement composée du Pédant joué, comédie en cinq actes et en prose.

Qui ne connait pas aujourd'hui Cyrano de Bergerac à jamais immortalisé par Edmond Rostand dans sa pièce de théâtre éponyme jouée pour la première fois au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris en 1897. Mais qui était vraiment le véritable Cyrano de Bergerac ? Contrairement à ce qu'indique son nom, Cyrano était né à Paris, dans la paroisse Saint-Sauveur, le 6 mars 1619. Il descend de quelques obscurs marchands bourgeois de Paris. Il étudie au collège de Beauvais de Paris (c'est d'ailleurs le principal de ce collège, Jean Grangier, qui lui inspire le personnage principal du Pédant joué). Il n'est donc pas du tout Gascon, mais il s'engage en 1638 avec son ami Henry Le Bret dans la compagnie Royal Gascogne du baron Alexandre Carbon de Casteljaloux, du régiment des gardes du roi, qui en comptait un grand nombre. Engagé dans les combats qui opposent Français et Espagnols dans la guerre de Trente Ans, Cyrano est blessé en 1639 au siège de Mouzon d'un coup de mousquet à travers le corps", puis, peut-être passé dans les troupes de Conti, en 1640 à celui d'Arras "d' un coup d'épée dans la gorge », qui met fin à sa carrière militaire. Parmi les compagnons de bataille de Cyrano, Christophe de Champagne, baron de Neuvillette (mort dans une embuscade, au retour du siège d'Arras, en août 1640), qui a épousé le 20 février 1635 Madeleine Robineau (1610-1657), cousine maternelle de l'écrivain. De retour dans la vie civile, il reprend ses études au collège de Lisieux en 1641, passe un marché avec un maître d'armes et prend un engagement avec un maître à danser. À la même époque, Libre-penseur, il devient intime avec Chapelle et s'introduit auprès du précepteur de ce dernier, Pierre Gassendi, un chanoine de l’Église catholique qui tente de concilier l’atomisme épicurien avec le christianisme, dont il devient le disciple. C'est également sans doute à cette époque, qu'il aurait mis en fuite une centaine de spadassins pour défendre le poète François Pajot de Lignières, près de la porte de Nesle, et qu'il refuse, par haine de la « sujétion », de prendre du service auprès du maréchal Jean de Gassion. Après la fin de sa carrière militaire, il s'engage dans la carrière littéraire. Son Pédant joué est peut-être représenté en 1646, sa Mort d'Agrippine avec certitude en 1653 — elle fait d'ailleurs scandale. Tallemant des Réaux écrit dans ses Historiettes : « Un fou nommé Cyrano fit une piece de théatre intitulée: la mort d'Agrippine, où Séjanus disoit des choses horribles contre les dieux. La pièce estoit un vrai galimathias. Sercy qui l'imprima dit à Boisrobert qu'il avoit vendu l'impression, en moins de rien: Je m'en estonne, dit Boisrobert. - Ah! Monsieur, reprit le libraire, il y a de belles impietez » Avant même leur parution, ses œuvres circulent sous une forme manuscrite. Nicéron prétend, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, qu'il a rencontré Molière. Même si ce n'est pas le cas, ce dernier lui a emprunté de nombreux passages, en particulier une scène de son Pédant Joué. Les œuvres les plus éminentes de Cyrano sont son duo de proto-romans de science-fiction, L’Autre Monde : l’Histoire comique des Estats et empires de la Lune (1657) et L’Histoire comique des Estats et empires du Soleil, inachevée à sa mort, qui décrivent des voyages fictifs vers la Lune et le Soleil. Inventives, souvent ingénieuses, et parfois enracinées dans la science, les méthodes de voyage spatial que décrit Cyrano reflètent la philosophie matérialiste dont il était adepte. L’objectif principal de ces romans de science-fiction était de critiquer de façon subtile la physique traditionnelle d'inspiration aristotélicienne, notamment le géocentrisme, et le point de vue anthropocentrique de la place de l’homme dans la création, ainsi que les injustices sociales du XVIIe siècle. Comme en témoignent les divers manuscrits existants, la version de L’Autre Monde parue après la mort de Cyrano a été mutilée pour satisfaire la censure. Cyrano, décrit par maints auteurs comme homosexuel, devient probablement, vers 1640, l’amant de l’écrivain et musicien D’Assoucy, avant de rompre brutalement en 1650. Lorsque leur relation se transforme en amère rivalité, Cyrano adresse des menaces de mort à D’Assoucy, qui l’obligent à quitter Paris. La querelle prend alors la forme d’une série de textes satiriques : Cyrano écrit Contre Soucidas (anagramme du nom de son ennemi) et Contre un ingrat, tandis que D’Assoucy contre-attaque avec la Bataille de Cyrano de Bergerac avec le singe de Brioché sur le Pont-Neuf. En 1653, à bout de ressources, il accepte la protection du duc d'Arpajon, qui l'aide à publier l'année suivante chez Charles de Sercy ses Œuvres diverses et La Mort d'Agrippine. Cyrano est blessé, en 1654, par la chute d’une poutre en bois alors qu’il entrait dans la maison de son protecteur, le duc d’Arpajon. On ignore s’il s’agit d’une tentative délibérée contre sa vie ou simplement d’un accident, de même qu’il est impossible de déterminer si sa mort est ou non la conséquence de cette blessure, ou d’une raison non précisée. Abandonné par le duc d'Arpajon, il trouve refuge chez Tanneguy Renault des Boisclairs. Le 23 juillet 1655, il se fait transporter à Sannois, dans la maison de son cousin Pierre de Cyrano, trésorier général des offrandes du Roi, où il meurt chrétiennement, selon le certificat de décès délivré par le curé de la paroisse, le 28 juillet, à l'âge de 36 ans. Il est inhumé dans l’église de Sannois.


Les éditions anciennes des Œuvres de Cyrano de Bergerac sont toutes rares, bien qu'il y en ait eu plusieurs entre 1654 et la fin du XVIIe siècle. Paul Lacroix (Enigmes et découvertes bibliographiques, p. 21 et suiv.) justifie cette rareté par les persécutions qui s’abattirent sur l’auteur et les destructions opérées sur ses œuvres par la « Confrérie de l’Index ». Celle-ci a été publiée sans privilège.

Provenance : Exemplaire provenant de la bibliothèque P. BOSQUET avec le supra libris doré sur le premier plat et la signature autographe sur le titre.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE PEU COMMUN.

VENDU

samedi 29 octobre 2011

Anecdotes intimes sur la flagellation (1909) ou petit recueil traitant de quelques fessées et autres punitions à ces dames. Curiosa peu commun.


ANONYME (Préface de Pierre Guénolé)

AU ROUGE VIF. Anecdotes intimes sur la flagellation (deuxième série). Une trouvaille - Zonzon et tonton - Partie carrée - Un choc en retour - Fessée esthétique - Vengeance corse. Préface de Pierre Guénolé. Seize gravures hors texte.

Paris, Office général de librairie, 49, rue de Seine, 1909. [Imprimerie Hirondart à Vanves, Paris].

1 volume in-8 (20,5 x 15 cm), broché, 159-(1) pages. Couverture imprimée en rouge et noir. Très bon état, en partie non coupé.


ÉDITION ORIGINALE.

Papier ordinaire alpha bouffant. Les 16 hors-texte sont tirés sur papier couché blanc brillant, probablement en photogravure. Il ne semble pas exister de tirage sur grand papier.

La quatrième de couverture contient la liste d'autres ouvrages du même genre en vente à l'Office Central de Librairie (Brins de verges, première série des anecdotes intimes sur la flagellation - Annonce d'une troisième série sous presse - L'étrange passion, la flagellation dans les moeurs d'aujourd'hui - A la baguette par Victor du Cheynier ou le fouet dans l'éducation).

Ouvrage qui s'inscrit dans la mode de l'époque des libertins aficionados des maisons closes et autres lieux de débauches parisiens du début de siècle, avec en ligne directrice la passion pour la flagellation, en clair les fessées données à ces dames.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.
VENDU

vendredi 28 octobre 2011

La Marquise de Sade par Rachilde (1887). Le roman d'une décadente par "Mademoiselle Baudelaire". Rare.



Marguerite Eymery dite RACHILDE

LA MARQUISE DE SADE. Frontispice de Lunel. Têtes de chapitres de F. Fau, culs-de-lampe de Stein.

Paris, Ed. Monnier et Cie, 1887.

1 volume in-18 (20 x 12,5 cm), broché, (4)-387 pages. Couverture de l'éditeur décorée sur le premier plat d'une composition en couleurs par Eugène Grasset. Premier plat en bon bon état avec les bords légèrement passés, dos et bordure du second plat insolé, sinon très bon état. Exemplaire non rogné. Quelques rousseurs.

ÉDITION ORIGINALE.

Voici ce que Octave Uzanne, alors directeur de la rédaction et patron de la revue bibliographique Le Livre, publie dans le n°85 du 10 janvier 1887 de sa revue (pp. 58-59) : "Il y a des choses fort intéressantes, d'amusants coins d'observations dans le nouveau roman que Rachilde vient de faire paraitre sous ce titre à effet, la Marquise de Sade. Une sensation bien réelle de la vie se dégage de tout le début du livre, un souffle de vérité poignante s'envole des passages consacrés à l'analyse intime de cette âme de fillette ; tout ce qui a trait à son enfance, à ses jeux, à ses petites joies et à ses grosses tristesses, est traité avec une sensibilité sincère, une note émue et communicative. On devine qu'on se trouve en présence d'une observation abolument féminine, par sa délicatesse, sa minutie précieuse et son grossissement exagéré des faits intimes, des petites choses ; mais tout ce qui serait défaut ailleurs, appliqué à une étude de petite fille, devient qualité et communique au roman un charme particulier. Nous voudrions nous en tenir là, rester à cette première partie et ne pas aller plus loin. Malheureusement l'oeuvre tombe, vers la fin, dans une boue bizarre, plus imaginaire que vraie, où se roule l'héroïne, devenue une sorte d'hystérique hallucinée, mêlée aux aventures les plus folles, les plus invraisemblables, en dehors de toute nature. Pourquoi l'auteur, par ce débordement d'incohérences maladives, malsaines et fausses, a-t-il gâté comme à plaisir une oeuvre qui s'annonçait bien et rélélait de réels mérites d'écrivain ? Etait-ce pour justifier un titre plus criard que séduisant, était-ce pour quelque autre motif que nous ignorons ? Nous le regrettons pour le roman, pour le lecteur et pour l'auteur."

La couverture est datée de 1886 bien que le titre porte la date de 1887. En réalité le volume sort des presses à l'automne 1886 (Corbeil, typographie de Crété).

La Marquise de Sade de Rachilde doit se lire comme une réplique cinglante à Peyrebrune (Mathilde Marie Georgina Elisabeth de Peyrebrune, son amie), l'auteur reprend en les raillant les thèmes de la maternité, du mariage, des médecins et du savoir supérieur des hommes. Peyrebrune avait, à la différence de Rachilde, une réputation de moralité austère et, pourtant, cette femme à la discipline « couventuelle » — comme disait Catulle Mendès (Peyrebrune, 1901, p. iii) — a été, pendant vingt ans, la confidente intime de la jeune décadente et un substitut de cette mère en qui elle n’avait jamais eu confiance. Un jeu de lettres de Rachilde, inédit et sans doute incomplet, en fait foi.

Rachilde a 26 ans lorsqu'elle publie la Marquise de Sade. Cette jeune auteure récalcitrante et pleine du désir de choquer, est convaincue de l’importance de vivre pleinement et scandaleusement ce qu’elle baptisait son côté viril et créateur. Rachilde tenait un salon littéraire qui attirait de nombreux jeunes écrivains et poètes. Elle est considérée tour à tour comme muse et fondatrice de l'école décadente. Le jeune Maurice Barrès la surnommera même "Mademoiselle Baudelaire". C'est elle qui créera en compagnie de son mari, Alfred Vallette, la revue du Mercure de France (1889). Bien qu'elle soit l'auteur du pamphlet Pourquoi je ne suis pas féministe, et qu'elle tienne parfois des propos misogynes, Rachilde est l'auteure d'une oeuvre qui dérange et qui met mal à l'aise car s'inscrivant violemment contre l'ordre social et le rapport traditionnel des sexes, contre la phallocratie. De fait, ses détracteurs l'ont accusée de perversité, d'obscénité, voire de pornographie. En effet, selon eux, une femme se doit de taire ses fantasmes et ses plaisirs sous peine de manquer aux lois de la bienséance et de la convenance. Rachilde devient alors ce monstre tant redouté à l'époque de la vierge initiée qui "en sait plus long qu'une vieille femme " (in : La Marquise de Sade, Rachilde, p. 13). Aussi les mauvaises langues, confondant la vie de l'auteur et celle de ses personnages, la réalité et la fiction, la soupçonnent-elles de débauche. Se moquant de la réputation qu'on lui taille, Rachilde mène sa vie comme elle l'entend : affranchie et indépendante. On comprend que Octave Uzanne, auteur de mirifiques ouvrages sur les femmes (anciennes et modernes), avec son regard dandy et misogyne, n'ait pas pu comprendre "à chaud" toute la portée de ce roman singulier.

Ce volume, peu commun, est aussi recherché pour la jolie composition d'Eugène Grasset qui illustre le premier plat de couverture. Il ne semble pas exister de grands papiers pour ce roman.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE RARE D'UNE "DÉCADENTE".

VENDU

mardi 25 octobre 2011

Les Délassements du boudoir (1790). Poésies légères et galantes. Recueil rare.



[ANONYME - Boufflers, Collé, Ségur, etc.]
DÉLASSEMENS DU BOUDOIR. Recueil de poésies galantes dont la plupart n'ont point encore été imprimées. Avec un frontispice en taille-douce.

S.l.n.n., 1790

1 volume in-16 (12 x 9 cm) de 1 page de faux-titre, 1 page de titre, 1 frontispice à l'eau-forte, 4 pages non chiffrées (pièce en vers intitulée "Le boudoir, vaudeville." et 152 pages chiffrées y compris la table.

Reliure pleine basane fauve, dos lisse. Reliure de l'époque usagée (coins usés, coiffes, mors et plats frottés/fendus, pièce de titre en grande partie arrachée avec manque). Intérieur en état correct avec quelques rousseurs et salissures sans gravité.


ÉDITION ORIGINALE DE CE PETIT RECUEIL DE "POÉSIES GALANTES" RARE.

On compte 85 pièces en vers y compris la première non chiffrée. La plupart ne sont pas signées mais on en trouve certaines signées de M. Charon, du Marquis de Fulvy, M. Rigottier, M. le Comte de Ségur, M. de La Condamine, M. Linguet, M. Rochon de Chabanne, M. Masson de Morvilliers, M. Davesne, M. de Piis, M. Mugnerot, M. Collé, M. de Rulhières, M. Marcollier des Bochers, M. le Chevalier de B., M. François de Neufchateau, M. le Chevalier de Boufflers, M. de la Chabeaussière.

Ce petit volume regroupe de jolies petites pièces galantes et légères en diable. Il n'a jamais été réimprimé. Le frontispice, très joli, n'est pas signé (Cohen l'indique dans le genre de Chaillou). Ce petit volume est rare et coté.

MODESTE EXEMPLAIRE DE CE PETIT LIVRE RARE.

VENDU

lundi 24 octobre 2011

L'Art d'aimer d'Ovide illustré par Jacques Darche (1961). Tirage de luxe à 365 exemplaires avec une épreuve numérotée d'une lithographie.



OVIDE, en latin Publius Ovidius Naso - Jacques DARCHE, illustrateur

L'ART D'AIMER. Traduit du latin par Héguin de Guerle, illustré par Jacques Darche.

Paris, Club français du Livre, 1961.

1 volume in-8 (24,5 x 20 cm), broché, de 210-(3) pages. 30 planches hors-texte. Couvertures blanches rempliées imprimées en noir (dos et premier plat). Exemplaire en excellent état de conservation, proche du neuf.


TIRAGE DE LUXE A 365 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS SUR PAPIER PUR FIL DU MARAIS, LES 30 PLANCHES ONT ÉTÉ TIRÉES SUR JAPON NACRÉ EN LITHOGRAPHIE.
CES EXEMPLAIRES CONTIENNENT UNE ÉPREUVE SÉPARÉE SUR PAPIER A LA CUVE MOULIN RICHARD DE BAS, NUMÉROTÉE ET SIGNÉE PAR L'ARTISTE.

Ce volume qui est la réimpression de la première édition de ce texte par le Club français du Livre, en 1950, a été achevé d'imprimer par Paul Dupont à Paris, le 31 octobre 1961.

Il ne faut pas confondre ce tirage de luxe avec le tirage "ordinaire" de cette édition qui est de 10.000 exemplaires, idem pour le premier tirage de 1950 qui était à très grand nombre.

Jacques Darche fut un proche d'Alberto Giacometti et rival de Pierre Faucheux et de Robert Massin, il fut un dessinateur, un photographe et, surtout, un illustrateur et un maquettiste réputé. Il fut directeur artistique du Club français du livre, où il entra en 1950.

BEL EXEMPLAIRE DU TIRAGE DE LUXE "AUX DÉPENS D'AMATEURS" POUR CETTE TRÈS JOLIE ILLUSTRATION DE L'ART D'AIMER D'OVIDE.
VENDU

Le Mérite des femmes de Legouvé (1825). Superbe exemplaire dans sa reliure romantique parfaitement conservée.



Gabriel-Marie LEGOUVÉ

LE MÉRITE DES FEMMES. Nouvelle édition augmentée de poésies inédites.

Paris, Louis Janet, Libraire, 1825

1 volume in-18 (115 x 83 mm) de XXIV-325 pages. Gravure sur acier en frontispice d'après Desene.


Reliure plein veau glacé aubergine, dos à faux-nerfs plats orné de filets dorés et fleurons, palettes dorées, plats décorés d'une plaque romantique "rosace et arabesques", encadrement de filets dorés, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, tranches dorées (reliure de l'époque non signée mais dans le goût des meilleures productions des Thouvenin, Vogel, Simier, etc.). Reliure en excellent état de conservation, proche du neuf. Intérieur en bon état avec quelques rousseurs habituelles.

« Les femmes polissent les membres, elles sont les vrais précepteurs du bon goût, les instigatrices de tous les dévouements. L’homme qui les chérit est rarement un barbare. » (Le Mérite des femmes)

Cet ouvrage fut un véritable best seller en son temps. Les beaux exemplaires élégamment reliés à l'époque et parfaitement conservés sont toujours recherchés de nos jours comme de petits bijoux bibliophiliques.


SUPERBE EXEMPLAIRE DANS UNE JOLIE RELIURE ROMANTIQUE.

VENDU

dimanche 23 octobre 2011

Le Pied de Fanchette par Rétif de La Bretonne illustré par Luc Lafnet (1932). Exemplaire de tête sur Japon avec dessin original, suites et cuivre.


Nicolas-Edme RESTIF DE LA BRETONNE

LE PIED DE FANCHETTE ou le soulier couleur de rose. Édition ilustrée de seize eaux-fortes en couleurs de Luc Lafnet.

Georges Briffaut, éditeur, Paris, s. d. (1932)

1 volume in-8 (23 x 16 cm), broché, de (4)-III-262-(1) pages. 16 eaux-fortes en couleurs de Luc Lafnet. Couverture imprimée rempliée. Couverture partiellement et légèrement brunie. Emboîtage cartonné de papier rose (très bon état).

PREMIER TIRAGE DES ILLUSTRATIONS DE LUC LAFNET.

UN DES 16 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR JAPON IMPÉRIAL, CONTENANT UN ÉTAT DES PLANCHES EN COULEURS, UN ÉTAT DES PLANCHES AVEC REMARQUES, UN DESSIN ORIGINAL ET UN CUIVRE GRAVÉ.


Notre exemplaire contient en plus une esquisse en noir à la plume (esquisse ayant servi au dessin original aquarellé) ainsi qu'une suite des 16 eaux-fortes en noir à l'état d'eau-forte pure, une planche refusée en deux états (noir et bistre), une planche refusée en noir (eau-forte pure) et une planche retenue en bistre, ainsi qu'un tirage en bistre du cuivre original joint à l'exemplaire avec des indications de tirage au crayon (marges coupées en bordure de cuvette). Soit au total 53 planches hors-texte et 2 dessins originaux de l'artiste.

Magnifique illustration de Luc Lafnet, l'une des plus réussies de cet artiste.

"Une chaussure à talons hauts laissant apparaître une fine cheville de femme, et Rétif s'embrase. Le Pied de Fanchette (1769) célèbre le fantasme majeur de l'écrivain et les représentations qui en dérivent, mais il rassemble aussi toutes les obsessions d'une époque qui n'a cessé de célébrer, dans la littérature et dans la peinture, le pied féminin comme objet erotique privilégié. Le désir individuel ne peut donc être dissocié de l'imaginaire collectif, pas plus que la volonté d'écrire et de décrire, de s'épancher, de témoigner de la puissance troublante, inquiétante même d'un désir qui submerge le sujet au point qu'il n'hésite pas à se répéter pour en dire la force convulsive. Les occurrences reviennent incessamment ; d'abord celles qui désignent l'expérience du voyeur : voir, regarder, scruter, surprendre, et parfois défaillir, quand la pulsion scopique est trop forte ; ensuite celles qui renvoient à l'objet fantasmé du désir : le pied, mais aussi ce qui l'enveloppe comme une gaine précieuse et en épouse la délicate courbure, la chaussure ou la mule. Sans entrer dans les détails d'une intrigue complexe, rappelons-en les grandes lignes. Fanchette possède un pied si séduisant qu'il rend les hommes fous de désir : des jeunes gens de la bourgeoisie commerçante — l'action se déroule dans le milieu parisien de la boutique — se disputent sa main, ainsi qu'un jeune peintre revenant d'un séjour à Rome ; des aristocrates corrompus veulent la séduire ; plusieurs vieillards lubriques cherchent aussi à lui arracher ses faveurs. Après force enlèvements et séquestrations, la jeune orpheline, fille de commerçants ruinés, échappera de justesse à des tentatives de viol, pour finalement trouver un bon mari. Tout rentrera donc dans l'ordre, après les multiples violences que déclenche l'attrait irrésistible d'un pied mignon." Extrait de « La chaussure ou le pied de Fanchette » Didier Masseau, Études françaises, vol. 32, n° 2, 1996, p. 41-52.


BEL EXEMPLAIRE DU TIRAGE SUR JAPON AVEC DESSINS ORIGINAUX, SUITES ET CUIVRE.

VENDU

samedi 22 octobre 2011

La Vie des Dames galantes de Brantôme illustrée par André Collot (1929). Exemplaire sur Japon impérial avec la suite de 10 eaux-fortes libres. Rare.



Pierre de Bourdeille dit BRANTÔME

VIE DES DAMES GALANTES, ornées de trente eaux-fortes originales en couleurs par André Collot.

A la Librairie Paul Cotinaud, 1929.

2 volumes grands in-8 carré (25,5 x 19,5 cm), en feuilles, sous couvertures imprimées rempliées. 333 et 315-(2) pages. 30 eaux-fortes in-texte et hors-texte et deux petites eaux-fortes en couleurs sur les titres.


UN DES 30 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL COMPRENANT UN CUIVRE ORIGINAL DE L’ÉDITION (non libre), UNE AQUARELLE ORIGINALE (non libre), UNE SUITE EN COULEURS DES 10 EAUX-FORTES NON RETENUES (libres), UNE SUITE EN NOIR DES 30 (sur 40 - sans la suite en noir des 10 eaux-fortes libres) EAUX-FORTES AVEC REMARQUES, LES 30 EAUX-FORTES EN COULEURS. Le tirage total est de 331 exemplaires. Le nôtre porte le numéro 5.

Deux citations puisées dans ce célèbre texte suffisent à en donner une idée précise : « Toute belle femme s'estant une fois essayée au jeu d'amour ne le désapprend jamais » et « Si tous les cocus et leurs femmes qui les font se tenoyent tous par la main et qu'il s'en pust faire un cerne, je croy qu'il seroit assez bastant pour entourer et circuire la moitié de la terre ». (« Les vies des dames galantes »).

"Peu d’écrivains, sans doute, ont aimé les femmes autant que notre abbé commendataire, leur chair blanche, leur bouche, leurs jambes. Aucune limite n’est pour lui concevable au déduit. Il semble qu’il ne peu pas s’arrêter de parler de l’amour, de l’amour physique ; il en fait d’ailleurs la démonstration à la fin de maints paragraphes en s’exclamant qu’il en a assez dit, qu’il lui faut s’arrêter, que trop, c’est trop ; mais il ne le peut et il en rajoute : encore une histoire de lit, encore une anecdote grivoise ! Pour lui, l’amour et le désir commandent tout : « Il n’y a de loi qu’un beau cul ne renverse ! » " (Madeleine Lazard)

Ce livre est divisé en sept chapitres, que Brantôme nomme des discours, dont le titre à lui seul donne une assez bonne idée du contenu : Premier Discours : « Sur les dames qui font l’amour et leurs maris cocus » ; Deuxième Discours : « Sur le sujet qui contente le plus en amour : le toucher, la vue ou la parole » ; Troisième Discours : « Sur la beauté de la belle jambe et la vertu qu’elle a » ; Quatrième Discours : « Sur l’amour des dames vieilles, et comme certaines l’aiment autant que les jeunes » ; Cinquième Discours : « Les belles et honnêtes dames aiment les hommes vaillants et les hommes braves aiment les femmes courageuses » ; Sixième Discours : « Il ne faut jamais parler mal des dames, et la conséquence qui en vient » ; Septième Discours : « Sur les femmes mariées, les veuves et les filles, à savoir lesquelles sont le plus chaudes à l’amour ».


Ici dans une édition pour les bibliophiles, spirituellement illustrée par l'habileté du dessin d'André Collot, spécialiste du genre grivois et érotique.

TRÈS RARE TIRAGE DE TÊTE SUR JAPON AVEC LA SUITE DES 10 EAUX-FORTES LIBRES EN COULEURS ET UN DESSIN ORIGINAL DE L'ARTISTE. TRÈS BEL EXEMPLAIRE.
VENDU

Lettres et poésies de Madame la comtesse de Brégy (1666). Bel exemplaire très pur dans son vélin de l'époque parfaitement conservé. Très rare.



Charlotte Saumaise de Chazan, comtesse DE BREGY

LES LETTRES ET POÉSIES DE MADAME LA COMTESSE DE B.

A Leyde, chez Antoine Du Val, près de l’Académie, 1666. [Leyde, Daniel Elzévier ? ou Bruxelles, François Foppens ?].

1 volume in-12 (140 x 80 mm – Hauteur des marges : 129 mm) de 119 pages y compris le feuillet de titre et les 2 pages d’avis au lecteur.

Reliure plein vélin à coutures apparentes (reliure hollandaise de l’époque). Titre au dos partiellement effacé. Quelques traces à la reliure sans gravité. Reliure très bien conservée. Intérieur frais malgré des feuillets légèrement brunis ou avec des rousseurs. Petit défaut d’impression à la page 103 et une petite déchirure sans manque à un feuillet.


UNE DES PREMIÈRES ÉDITIONS.

Voici ce que contient ce petit ouvrage. Il s’ouvre par un Avis au lecteur : « Si l’on vous donne souvent des ouvrages faits par des hommes, ce n’est pas que les Dames ne soient capables d’en faire ; mais c’est que cet aimable sexe a tant de sortes de divertissements, qu’il a peine à s’y occuper. Ce recueil cependant fait voir qu’il sait employer quelquefois assez agréable quelques heures à écrire des lettres. La poésie ne lui est pas même inconnue, les élégies et les stances qui suivent ces lettres, sont des preuves que les dames excellent bien souvent dans cet art. Je souhaiterais avoir un peu plus grand nombre de pièces de celle dont je vous donne ce petit recueil, je ne dirai pas son nom, parce que le portrait qu’elle fait d’abord de soi-même, la fera assez connaitre à ceux qui ont pratiqué tant soit peu la Cour de France. » On trouve à la suite le portrait de Madame la Comtesse de B… fait par elle-même (pages 5 à 14), puis s’ensuivent 44 lettres adressées à diverses personnes de la Cour (la reine mère, la comtesse de Soissons, madame de Longueville, la duchesse de Lédiguières, l’abbé Bourdelot, madame de Sully, madame la Maréchale de La Melleraye, la Reine (Christine) de Suède, Monsieur Le Tellier, la Reine mère d’Angleterre, etc. (certains destinataires n’étant désignés que par des initiales). On trouve ensuite une Relation d’un voyage de Saint Cloud (pages 84 à 92), une épître de Benserade à Madame de Bregy, des stances, des sonnets, des Questions d’amour, un Dialogue amoureux, et enfin une élégie.

Ce recueil est l’œuvre de Charlotte Saumaise de Chazan, comtesse de Brégy (1619-1693), presque qu’exacte contemporaine de la marquise de Sévigné, et qui était la nièce du savant Claude Saumaise. « Elle était belle femme et faisait profession de l’être » dit Mme de Motteville. Elle était femme de chambre de la Reine, mère de Louis XIV, dont sa mère avant elle, l’avait été également. Charlotte Saumaise avait épousé Léonor de Flexelles, comte de Brégy, lieutenant des armées du Roi.

Edme de Sauvigny écrit dans son Parnasse des Dames : « Madame de Brégy, aussi célèbre par sa beauté que par son esprit, était née avec le talent de la poésie (…) mais elle préféra la vie agitée de la Cour au commerce des Muses. Devenue Dame d’Honneur de la Reine-Mère de Louis XIV, elle chercha toutes les occasions de se rendre utile aux Gens de Lettres, pour lesquels son amitié ne se démentit jamais. Elle entretenait un commerce de lettres avec la Reine Anne d’Autriche, la Reine d’Angleterre, la Reine de Suède, la Reine-Mère, Monsieur frère du Roi, Madame, Madame la Duchesse de Longueville, & les beaux esprits les plus célèbres. (…) Louis Le Grand l’honora d’une estime particulière, & l’engagea quelquefois à faire des vers, auxquels il faisait répondre par Quinault. »

On lit dans son portrait peint par elle-même placé en tête de ce recueil : « Je ne suis point dévote mais toute ma vie j’ai eu la passion de le devenir, & ne m’en pouvant donner davantage, j’attends le reste. » Ce petit portrait dénote tout au long un bel esprit et plein de délicatesse.

Le cabinet des livres du château de Chantilly possède un exemplaire des Lettres et Poésies de Madame la comtesse de Brégy, à Leyde, chez Jean Sambix (Daniel Elzévier), 1668, en 120 pages (exemplaire relié par Trautz-Bauzonnet aux armes du Duc d’Aumale).

Il existe une édition en 115 pages d’après certaines bibliographies et une édition dont le titre est « Œuvres galantes de Madame la comtesse de Brégy ». Nous ne savons pas déterminer avec certitude quelle édition est la première. Toutes ces éditions anciennes sont cependant fort rares.

Références : Gay, Bibliographie des ouvrages à l’amour, aux femmes et au mariage, tome III, colonne 548. Charles Pieters dans ses Annales de l’imprimerie elzévirienne indique sous le n°44 (page 386) une édition en 115 pages petit in-12, à la même adresse. Il indique également que l’ouvrage qui porte le titre « Œuvres galantes etc. » est le même livre au titre près. Pieters attribue toutes ses impressions à François Foppens de Bruxelles, qui changeait seulement le titre de ses éditions. Le nombre de pages est pourtant ici différent. Renouard indique quant à lui les Elzéviers. Bérard dans son Essai bibliographique sur les éditions des Elzéviers indique concernant l’édition en 115 pages : « Volume peu intéressant, médiocrement imprimé, mais fort rare. »

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS PUR, DANS SON VÉLIN D’ÉPOQUE, PARFAITEMENT CONSERVÉ.

VENDU

lundi 17 octobre 2011

Les Anecdotes sur la comtesse Du Barry par Pidansat de Mairobert (1776). Exemplaire de qualité relié en plein maroquin à la fin du XIXe siècle.



[Mathieu-François PIDANSAT DE MAIROBERT]


ANECDOTES SUR LA COMTESSE DUBARRI. Nouvelle édition, revue et corrigée, ornée du portrait de l'héroïne.
A Londres, chez John Adamsohn, 1776.

2 parties en 1 volume in-12 (16 x 10,5 cm) de (3)-346 pages. La seconde partie commence à la page 199. Portrait de Madame la comtesse Du Barry en frontispice.

Reliure plein maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, large jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier marbré, tête dorée, les autres tranches ébarbées (reliure de la fin du XIXe siècle signée A. TAFFIN). Reliure à l'état de neuf, intérieur très frais. Quelques feuillets rognés un peu courts en tête.



NOUVELLE ÉDITION.

Cet ouvrage a paru pour la première fois, sous la rubrique de Londres, l'année précédente (1775). C'est ici la deuxième édition ou une contrefaçon (il existe une autre édition de ce texte en 1776 en 408 pages) de ce violent pamphlet dirigé contre la maîtresse de Louis XV, source selon l'auteur d'une bonne part des maux du royaume de France.
"Fort au courant des secrets de boudoirs des grandes dames du régime, que seule une cloison parfois sépare des coulisses de la politique, le chroniqueur se fit un jeu de les noter sur le vif, pour la joie du plus grand nombre. Il révèle ainsi que la maitresse du bon Louis XV joignait d'autres faveurs a celles du roi, facon de dire que le pays entier portait des cornes, ou de suggérer que l'institution royale, toutes galanteries gardées, ne présentait pas de différence essentielle avec celles des jardins du Palais-Royal" (Pia, Dictionnaire des œuvres érotiques, p. 28-29).

On trouve dans ce volume nombre de petits secrets d'alcôve de la cour de Louis XV, accompagnés de quelques petites chansonnettes bien choisies et qui dépeignent fort bien cette courtisane célèbre.

L'ouvrage s'achève sur ces mots :
"Elle restera donc en France, où elle sera la consolation de l'envie, la pitié du philosophe, le désespoir de la beauté, et l'émulation d'une foule de courtisanes, qui, en apprenant son histoire, dans leur folle ambition aspireront au même triomphe."

Au bas du frontispice gravé on lit : "Madame la comtesse Du Barry. Sans esprit, sans talents, du sein de l'infamie, jusques au trône on la porta : contre une cabale ennemie, jamais elle ne complota : et de l'ambition ignorant les alarmes, jouet des intrigants, régna par ses seuls charmes."

Mathieu-François Pidansat de Mairobert était né le 20 février 1707 à Chaource et se donna la mort le 27 mars 1779 à Paris. Élevé chez Marie Anne Doublet de Persan, dont il prétendait être le fils, il se trouve mêlé, de bonne heure, aux conversations et aux querelles du monde des lettres. Proche du « parti patriote », surveillé par la police, il est lié à Restif de la Bretonne. Il occupe une place de censeur royal et le titre de secrétaire du roi et des commandements du duc de Chartres. Il est en 1779 compromis dans le procès du marquis de Brunoy, dont il se trouvait le créancier pour une somme considérable. Bien qu'en cette affaire, selon l'opinion générale, il ne soit que le prête-nom d'un plus haut personnage, le Parlement de Paris lui inflige un blâme public par arrêt du 27 mars 1779. Se croyant déshonoré, Mairobert va le soir même chez un baigneur où il s'ouvre dans le bain les veines avec un rasoir, puis achève de s'ôter la vie d'un coup de pistolet. Le curé de Saint-Eustache n'a consenti à l'inhumer qu'après ordre exprès du roi. Restif de la Bretonne l'a pleuré amèrement, et allait tous les ans, à l’anniversaire de son suicide, revoir sa maison pour commémorer la date.

Les anecdotes sur Madame la comtesse Du Barri ont été parfois attribuées à Théveneau de Morande mais il s'agit d'une erreur liée à l'annonce de la publication par celui-ci d'un ouvrage intitulé Les Mémoires secrets d’une femme publique ou recherches sur les aventures de Mme la comtesse du Barry depuis son berceau jusqu’au lit d’honneur, enrichis d’anecdotes et d’incidents relatifs à la cabale et aux belles actions du duc d’Aiguillon, mais l’ouvrage, qui fit pourtant grand bruit, n’a finalement jamais vu le jour. On en connait que le titre.

Octave Uzanne a donné une nouvelle édition de ce texte en 1880, dans la série des documents sur les mœurs du XVIIIe siècle.

La comtesse du Barry finit son parcours tumultueux sur l'échafaud le 8 décembre 1793. « Elle est la seule femme, parmi tant de femmes que ces jours affreux ont vues périr, qui ne put avec fermeté soutenir l'aspect de l'échafaud ; elle cria, elle implora sa grâce de la foule atroce qui l'environnait, et cette foule s'émut au point que le bourreau se hâta de terminer le supplice. » (Élisabeth Vigée-Lebrun) Mirabeau dit d'elle : « Si ce ne fut pas une vestale, la faute en fut aux dieux qui la firent si belle ».

MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE, PARFAITEMENT ÉTABLI EN MAROQUIN PAR LE RELIEUR A. TAFFIN.
EXEMPLAIRE DE CHOIX.
VENDU

Liens vers d'autres livres

Related Posts with Thumbnails