mercredi 15 juillet 2009

La vie de Bohème et Les buveurs d'eau d'Henry Murger, EO (1855), maroquin doublé signé A. Cuzin.



HENRY MURGER

LES BUVEURS D'EAU par Henry Murger.

Paris, Michel Lévy frères, libraires-éditeurs, 1855. (Corbeil, typographie de Crété).

1 volume in-18 anglais (18,7 x 12,7 cm) de (2)-VIII-354 pages.

Reliure de maroquin olive doublé de maroquin rouge sang, dos à nerfs janséniste avec auteur, titre et millésime dorés, double-filet doré sur les coupes, doublure sertie d'un triple-filet doré en encadrement et d'un décor de quatre grands fers dorés en écoinçons reliés ensemble par un filet doré gras, première garde volante de soie tissée pistache, gardes de papier peigne, tête dorée polie et autres tranches dorées sur brochure, les deux couvertures vertes ainsi que le dos original du brochage ont été reliés à la fin et sont parfaitement conservés (A. Cuzin).

Dos uniformément passé, la couleur ayant viré au brun clair, pourtour des plats et encadrement intérieur des plats également viré au brun clair. Intérieur en parfait état, d'une fraîcheur exceptionnelle.


ÉDITION ORIGINALE FRANÇAISE SUR VÉLIN TEINTE SATINÉ.

Cet ouvrage avait paru précédemment à Bruxelles chez Lebègue en 1854 au format petit in-12. Cette édition de Paris, Michel Lévy est considérée comme la véritable édition originale.

Bien que Clouzot ne signale aucun grand papier pour cette édition, notre exemplaire est imprimé sur un beau papier vélin teinté satiné, absolument sans rousseurs, totalement différent des papiers ordinaires qu'on peut rencontrer pour le tirage courant des ouvrages édités par Michel Lévy et sortis de l'imprimerie de Crété.

Cet ouvrage, d'un très grand mérite littéraire, totalement éclipsé ou presque par le succès de l'auteur "Scènes de la vie de Bohême", paru en 1851, roule sur le même thème. Murger, fils d'un concierge-tailleur, né dans la loge de concierge de son père en 1822, il mourut en 1861, âgé d'à peine 40 ans. Murger usa sa courte vie dans les cafés et autres estaminets de la capitale. C'était le peintre de la Bohème, de ses artistes misérables et miséreux, par les mots. Théodore de Banville, Nadar, et bien d'autres étaient de ses amis.

Qui étaient les "buveurs d'eau" ?

"(...) Il était interdit aux Buveurs d'eau de faire partie d'aucune société secrète, et les réunions mensuelles excluaient d'une façon absolue toute discussion politique. (...) Pour les besoins de la vie matérielle, nous devenions, en effet, tous solidaires les uns des autres; et, en vérité, cette loi n'aurait pas eu besoin d'être formulée, elle avait été pratiquée depuis longtemps quand la société fut fondée. (...) La cotisation pour la caisse commune était assez faible pour que chaque membre pût, dans l'espace d'un mois, s'en procurer le montant, et si, dans les repas qui précédaient ou suivaient nos réunions, l'eau devait figurer comme unique boisson, c'est qu'il fallait que l'écot en fût assez modique pour que chacun put en payer sa part. (...) En outre, nous ne voulions pas qu'un projet, au moins sérieusement conçu, devînt un prétexte à banguets. Beaucoup d'associations plus ambitieuses ont fini par là. (...) Bien loin d'imposer à ses membres une patience stoï- que, le parti pris de l'isolement et le mépris du succès, la société des Buveurs d'eau avait été créée, au contraire, pour mettre en commun non-seulement l'étude et l'expérience, mais encore l'activité et les relations de tous ses membres. Se produire et faire aux autres un marchepied d'un succès, tel était le devoir de chacun ; grandir et arriver les uns par les autres, tel était le but principal. On comprend alors que nous avions dû nous choisir et procéder dans ce triage le plus souvent par exclusion ; on comprend aussi que, par conséquent, cette « perpétuelle admiration de notre talent et de « nos œuvres » devait être et pouvait être le résultat d'une conviction sincère. Nous réprouvions sans doute le mercantilisme, mais comme but seulement et non comme moyen de vivre: Noël donnait des leçons de dessin ; Murger était secrétaire de M. Tolstoï et brochait des petits contes d'enfant pour l'Age d'or; je sténographiais des séances de justice de paix pour un journal judiciaire; Christ et Cabot dessinaient des ornements pour un marbrier ; Gothique peignait des enseignes de sages-femmes, etc. Il était non-seulement permis, mais encore recommandé à chaque Buveur d'eau de faire descendre son art jusqu'à la production du pain de quatre livres. Chacun de nous, du reste, vivait à sa guise et n'était même tenu de boire de l'eau qu'une fois par mois. Mais chaque membre de l'association devait, à la fin de l'année, justifier d'une tentative sérieuse, soumettre à l'association une œuvre d'étude et de conscience. Enfin, ces pauvres Buveurs d'eau qu'on a déguisés depuis en conspirateurs permanents, en fanatiques à tous crins s'épuisant en imprécations contre les gouvernements, les sociétés et les génies classiques, avaient eu dès lors assez de bon sens et de conscience pour comprendre qu'un système commun d'opinions politiques, d'utopie sociale, d'école littéraire ou artistique, était plutôt un péril qu'une force ; et ce respect des aspirations individuelles fut si religieusement observé qu'il fut en germe une des causes de la dissolution de la société. Il était difficile, en effet, surtout à, des esprits jeunes et ardents, d'établir une' délimitation bien tranchée entre la forme de l'œuvre et sa tendance. Comment admirer sans réserve, et surtout comment louer sans restriction le poëme, le roman, le tableau, la statue, glorification ou symbole d'une idée qu'on ne partageait pas? Ce fut le sujet d'une discussion orageuse, une difficulté qui, toujours imparfaitement résolue, reparaissait toujours menaçante. Mais il faut le dire : la société des Buveurs d'eau ne fut dissoute que pour la forme, et quand nous la brisâmes, ce fut encore par respect pour le sentiment pur et profond qui l'avait inspirée; nous ne voulûmes pas la laisser s'éteindre dans un méprisant abandon. (...)"

(extrait de l'Histoire de Murger pour servir à l'histoire de la vraie Bohème, par trois buveurs d'eau, contenant des correspondances privées de Murger. Paris, Hetzel, s.d.(1862).

Telle était cette "société" de bohème des buveurs d'eau.

Cet ouvrage connaîtra tout de même un succès à sa sortie et même plus tard puisqu'on dénombre plusieurs rééditions en 1857, 1862, 1875, 1876, 1878, 1886 et même jusqu'en 1890. Il semblerait qu'aucun exemplaire de cette édition de 1855 ne soit référencé au Catalogue collectif des bibliothèques de France (CCfr). La Bibliothèque Nationale de France (BNF) ne possède pas cette première édition française.

Provenance : ce volume est resté vierge de toute provenance attestée par un ex libris ou une mention manuscrite.

Reliure : Adolphe Cuzin est le fils du grand relieur d'art parisien Francisque Cuzin qui exerça de 1861 à sa mort en 1890. Adolphe Cuzin assura la direction de l'atelier pendant deux ans seulement. C'est Mercier qui reprit l'atelier en 1892. Après avoir travaillé dans quelques ateliers de confrères, il ouvrit, en 1900, un atelier de reliure passage Dauphine (...) puis un beau jour il quitta Paris. Il y revint cependant et nous le retrouvons, dans les années 1920, professeur à l'Ecole centrale des Arts Décoratifs, dorant les livres des élèves. On perd sa trace aux abords de la guerre de 1939. (Cf. Fléty, Dictionnaire des relieurs français..., pp. 50-51). Il semble qu'Adolphe Cuzin était surtout réputé pour la qualité de ses dorures.

Références : Clouzot, Guide du bibliophile français, 214. Histoire de Murger pour servir à l'histoire de la vraie Bohème, par trois buveurs d'eau, contenant des correspondances privées de Murger. Paris, Hetzel, s.d. (1862).

ÉDITION RARE.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE, PARFAITEMENT ÉTABLI PAR ADOLPHE CUZIN AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE.

JOLI TIRAGE SUR BEAU PAPIER VÉLIN TEINTÉ.


VENDU

jeudi 9 juillet 2009

Les métamorphoses du jour de Grandville (1854). Reliure signée de Petit.



GRANDVILLE (Jean Ignace Isidore Gérard, connu sous le nom de)

LES MÉTAMORPHOSES DU JOUR PAR GRANDVILLE, accompagnées d’un texte par MM. Albéric Second, Louis Lurine, Clément Caraguel, Taxile Delord, H. de Beaulieu, Louis Huart, Charles Monselet, Julien Lemer, précédées d’une notice sur Grandville par M. Charles Blanc.

Paris, Gustave Havard, libraire, 1854. (Imprimerie de . Claye et Cie, rue St-Benoit, 7).

1 volume grand in-8 (282 x 185 mm – Hauteur des marges : 275 mm) de (4)-XXVIII-283 pages et 70 planches hors texte coloriées non comprises dans la pagination. Vignette sur le titre.

Reliure demi-maroquin vert pistache à larges coins, signée R. PETIT au bas du dos. Fine reliure de l’époque dont la couleur fragile n’a malheureusement pas su résister au temps, le temps est uniformément passé et viré au marron clair, ainsi que les bordures des coins. De jolis filets dorés concentriques décorent les caissons au dos. Exemplaire relié sur brochure, non rogné. Tiré sur papier vélin teinté, absolument sans rousseurs. Le coloris d’époque des gravures est d’une très grande fraîcheur. Rares et infimes frottements à la reliure qui est très fraîche cependant.


NOUVELLE ÉDITION, EN PARTIE ORIGINALE.

Les admirables planches de Grandville ont paru pour la première fois sous la forme d’un album in-4 oblong, sans texte d’accompagnement, en 1829, chez Bulla. Ce recueil devenu rarissime contenait 73 planches lithographiées et coloriées à l’aquarelle.

Cette nouvelle édition, la première a être accompagnée d’un texte, contient 70 planches gravées sur bois par Desperet d’après les lithographies originales de 1829. Les bois ne sont pas signés. Notre exemplaire est conforme à Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, tome V, col. 783-787. Cet ouvage a paru en 70 livraisons à 25 centimes. Il sera réédité en 1869 par Garnier frères.

Sans doute un des plus beaux ouvrage illustré par Grandville. Son existence fut courte et semée de gros chagrins, nous dit Carteret, il se maria deux fois, perdit ses enfants et mourut à 44 ans dans un accès de folie (en 1847). Il s’était composé cet épitaphe : Ci-gît Grandville, il aima tout, fit tout vivre, parler et marcher, seul, il ne sur pas faire son chemin.

Référence : Carteret III, 284-285.

EXEMPLAIRE ABSOLUMENT SANS ROUSSEURS ET D’UNE FRAÎCHEUR ÉTONNANTE.

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS FRAIS, EXCEPTIONNELLEMENT GRAND DE MARGES ET DANS UN TRÈS JOLI COLORIS D’ÉPOQUE, DANS UNE FINE RELIURE DE PETIT.

RARE DANS CETTE CONDITION.

VENDU

mardi 7 juillet 2009

Les contes libertins et facétieux du Pogge. Edition rare et recherchée de 1712. Maroquin de Joseph Thouvenin.



LE POGGE (Gian Francesco Poggio Bracciolini ou Poggio Bracciolini dit en français Le Pogge)

LES CONTES DE POGGE, FLORENTIN, AVEC DES REFLEXIONS. Hae nugae seria ducunt.

A Amsterdam, chez Jean-Frédéric Bernard, dans le Kalverstraat, 1712.

1 volume petit in-12 (139 x 78 mm – Hauteur des marges : 134 mm) de 1 feuillet de frontispice gravé à l’eau-forte, 1 feuillet de titre imprimé en rouge et noir, 240 pages chiffrées et 2 feuillets blancs.

Reliure plein maroquin vert sombre, dos à nerfs orné de minuscules fleurettes au centre des caissons, nerfs soulignés d’un filet gras doré, triple-filet doré en encadrement des plats avec petit fer carré dans les angles, roulette dorée sur les coupes, roulette dorée intérieure, gardes peigne, tranches dorées (reliure du début du XIXe siècle signée THOUVENIN).

Quelques ombres discrètes au maroquin. Le frontispice a été recoupé autour du cadre gravé et remonté sur le feuillet blanc qui devait précéder le frontispice. Petit défaut d’impression au feuillet paginé 7/8 (avec perte de quelques caractères en début de ligne en haut de la page 8, caractères qui se retrouvent imprimés, de travers à la page 7, ceci venant d’une petite perforation du papier au moment de l’impression). Petite restauration en marge inférieure du feuillet 235/236 mais sans perte de texte. Quelques rousseurs claires sur le frontispice et la page de titre, le reste du volume étant très frais et sans rousseurs.

ÉDITION RECHERCHÉE ET TRÈS CURIEUSE.

Elle contient en effet des réflexions très libres et très satiriques qui accompagnent chaque conte. Ces réflexions sont attribuées, par certains bibliographes à David Durand (d’après Barbier mais sans certitude), par d’autres, à l’éditeur J.Fréd. Bernard lui-même (d’après Brunet), ou encore à Lenglet du Fresnoy (d’après Paul Lacroix).

La traduction de ces contes est certainement du XVIe siècle ; c’est à tort qu’on l’attribue, dans plusieurs catalogues, à Julien Macho, moine augustin, qui vivait à Lyon sur la fin du XVe siècle, et qui n’a réellement traduit qu’un très-petit nombre de morceaux du Pogge, insérés dans le volume intitulé : Fables d’Esope, d’Aviénus, d’Alphonse et du Pogge, traduites par frère Julien, des Augustins de Lyon, docteur en théologie. » Lyon, Martin Huez et Jean Schabeller, 1484, le 15 mai, in-fol. Il est bien plus probable que la traduction réimprimée en 1712 est celle qui parut sous ce titre : « Les facéties de Pogge, translatées du latin en françois. » Paris, Jean Bonnefons, 1549, in-4 ; ou sous ceux-ci : « Contes facétieux du Pogge, Florentin, traduits en françois ». Lyon, 1558 ; Paris, 1574, in-16 ; « Les comptes (contes) facétieux et joyeuses récréations du Pogge, Florentin, traduits du latin en françois ». Paris, Cousturier, 1605, in-16. (toutes ces éditions sont fort rares).

Il n’y a que 73 contes dans cette édition de 1712 contre 80 dans les traductions précédentes. Ces informations sont extraites du Dictionnaire des Anonymes de Barbier, qui n’avait pas réussi à ce procurer une seule des éditions citées dans cette note.

Provenance : De la bibliothèque Henriette de Paniagua, avec son ex libris armorié gravé (ex libris gravé par l’atelier parisien de Stern à la fin du XIXe siècle). De la bibliothèque d'une femme bibliophile avisée qui visiblement n'était pas effrayée par le libertinage.

Référence : Un exemplaire relié par Hardy-Mennil au milieu du XIXe siècle était coté 120 francs au catalogue de la librairie Auguste Fontaine en 1878-1879, n°1064. On suit par ailleurs la destinée de l'exemplaire en maroquin rouge de Derome (XVIIIe siècle) de Pixéricourt, puis du Baron Taylor, puis d'O. de Béhague, puis enfin De Backer (n°2980 - vendu 280 francs en 1927). Nous n'avons pas trouvé d'exemplaires en reliure de l'époque.

Joseph Thouvenin l’aîné fut, de 1813 à 1834, la figure dominante de la reliure parisienne et, dès sa mort, il a pris un rang éminent dans l’histoire de la reliure française. Formé auprès d’un des relieurs les plus réputés du Premier Empire, il s’établit en 1813 et se voua dès lors constamment à perfectionner son savoir-faire dans la reliure proprement dite et dans la dorure sur peau. Très vite, il acquit une grande notoriété par la rigueur de sa technique et par la nouveauté de ses décors qui rompaient avec l’ornementation néo-classique de ses prédécesseurs immédiats. Nous avons ici un exemple de reliure très sobre qui indique sans doute une réalisation des premières années, exemptes des décors à la plaque et autres ornements à froid typique de la période qui suivra. On est certainement ici encore dans une période où l’influence de Bozérian, dont il fut l’élève, est encore très présente sur le décor des reliures. Cette reliure a sans doute été exécutée avant 1830.

BEL EXEMPLAIRE DE CE CURIOSA RARE ET RECHERCHÉ, PARFAITEMENT ÉTABLI PAR JOSEPH THOUVENIN.

VENDU

lundi 6 juillet 2009

Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, 1782. Très rare tirage "B", en reliure de l'époque.



CHODERLOS DE LACLOS (Pierre)

LES LIAISONS DANGEREUSES, OU LETTRES recueillies dans une Société, et publiées pour l’instruction de quelques autres. Par M. C….. de L… Première (Deuxième, Troisième et Quatrième) partie.

A Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Durand Neveu, libraire, à la Sagesse, rue Galande. M. DCC. LXXXII. (1782).

4 parties reliées en 2 volumes in-12 (170 x 100 mm – Hauteur des marges : 164 mm) de 248 ; 242 ; 231 et 257 pages. Pour chaque partie, le faux-titre ainsi que le titre sont compris dans la pagination.

Reliure pleine basane fauve marbrée, dos à nerfs ornés, tranches citron, gardes marbrées, filet à froid en encadrement des plats (reliure de l’époque). Quelques défauts d’usage et quelques restaurations anciennes aux reliures (petite fente du cuir au bas du dos du premier volume, mors partiellement fendus/fendillés, charnières intérieures en bon état, ensemble solide). Quelques nouvelles restaurations (mors) à prévoir. Intérieur frais. Bordure des premiers et derniers feuillets de chaque volume avec une légère trace de décharge marron clair (déteinte du cuir des contreplats). Collationné complet.


ÉDITION ORIGINALE DE TIRAGE « B » (Max Brun).

Édition parue immédiatement après le premier tirage « A » (Max Brun) et dont on a corrigé les fautes.

VÉRITABLE DEUXIÈME ÉDITION ORIGINALE d'après son découvreur, G. WILLERMETZ, conservateur de la B.N., qui l'a analysée dans Le Bulletin du Bibliophile, 1957, pages 45 et suivantes d'après le seul exemplaire alors connu acheté par la B.N. (exemplaire vendu jadis par Camille BLOCH en 1928, décrit mais mal classé par TALVART, 1950 pages 299-300).


Max Brun en possédait un exemplaire qu’il a cité dans son étude parue dans le Bulletin du Bibliophile, 1958, page 64. Notre exemplaire est en tout point conforme à sa description de l'édition « B » (étude reprise dans Le Livre et l'Estampe, 1963, pages 10, suivantes et 42).

Cette deuxième édition est une des deux seules avouées par l'auteur qui y consentit le 21 avril 1782, vu l'énorme succès remporté par l'ouvrage paru au début du mois à 2.000 exemplaires. Imprimée hâtivement (des erreurs s'y sont glissées et certains cahiers proviennent du tirage A , elle fut cependant corrigée, notamment les fautes signalées à l'erratum de A , plus quelques rectifications. M. BRUN souligne que B est une impression nouvelle des Liaisons et ne provient pas d'une modification du premier tirage « A ». M. BRUN l'a dite « très rare » et WILLEMETZ la proclamait « rarissime ». Après l'originale, c'est la seule des 16 éditions et contrefaçons de 1782 à rechercher en priorité.


"Bible du libertinage pour certains, le livre s'impose surtout comme chef-d’œuvre du roman d'analyse, comme un des romans les plus abstraits et les plus intelligents. Aussi l'audace des Liaisons Dangereuses ne consiste-t-elle ni dans la débauche facile au langage cru, ni dans la perversité au premier degré ou la jouissance de faire le mal propre à Sade, mais dans l'art de dire ou plutôt de l'écrire pour un connaisseur admiratif et un peu vexé, placé en position de voyeur comme le lecteur"

(Laurent Versini, BnF, En français dans le texte , n° 174).

Ce roman épistolaire retrace les aventures amoureuses de la marquise de Merteuil et de son ancien amant, le vicomte de Valmont. La marquise, voulant se venger d’un amant infidèle alors promis à la fille d’une cousine, Cécile de Volanges, fait en sorte que le Vicomte déshonore cette dernière avant le mariage. Ce que le Vicomte accomplit, alors même qu’il tente de séduire une femme reconnue pour sa vertu : la présidente de Tourvel. Celle-ci tente de rester fidèle à son époux mais le Vicomte parvient à la piéger pour la faire mourir d’amour. Cécile de Volanges, quant à elle, est amoureuse du chevalier Danceny, son maître de solfège. Mais, la marquise de Merteuil le prend pour amant, par toutes sortes d'intrigues. Elle provoque ainsi un duel entre le Vicomte de Valmont, qui cherche à retrouver ses faveurs - déstabilisé par ses mésaventures dues à Cécile de Volanges et Tourvel -, et le jeune chevalier Danceny, qui parviendra à tuer le Vicomte, tourmenté de regrets d’avoir condamné la présidente de Tourvel. Il remet alors au chevalier toute la correspondance qu’il a tenue avec la marquise de Merteuil afin que celle-ci soit révélée non comme une femme des plus vertueuses de tout Paris, ainsi qu'elle le laissait croire, mais comme une dangereuse intrigante.

Référence : Max Brun, Bibliographie des éditions des Liaisons Dangereuses portant le millésime de 1782.

Provenance : Notre exemplaire, hormis un numéro d’ordre « 467 » à la plume sur la garde blanche des deux volumes, ne contient aucune autre marque de provenance.

Résultats : L’exemplaire Jacques Guérin, également du tirage « B », relié en 4 volumes en basane de l’époque, a été adjugé 53.000 francs (soit environ 8.000 euros), le 28 juin 2000, chez Tajan (Paris). Un exemplaire du tirage « A », relié en 2 volumes, veau époque, a été adjugé dernièrement 31.000 euros chez Christie’s Paris (lot 7, vente du 25 juin 2009 – sur une estimation à 3/5.000 euros).

TRÈS BON EXEMPLAIRE EN RELIURE STRICTEMENT DE L'ÉPOQUE DE CE CHEF D’ŒUVRE DE LA LITTÉRATURE ROMANESQUE DU XVIIIe SIÈCLE.

VENDU

mercredi 17 juin 2009

La meilleure édition ancienne des Oeuvres de Scarron (1752). Superbe exemplaire en maroquin XIXe de David.



SCARRON (Paul)

ŒUVRES DE MONSIEUR SCARRON. Nouvelle édition revue, corrigée et augmentée de quantité de pièces omises dans les éditions précédentes.

A Amsterdam, chez J. Wetstein, 1752.


7 volumes petit in-12 (138 x 85 mm – Hauteur des marges : 133 mm) de 350 à 600 pages par volume environ (collationné complet). 1 portrait et 6 frontispices de Du Bourg gravés par Folkema. 7 fleurons de titres à l’eau-forte (le même répété).

Reliure maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement décoré aux petits fers dorés pointillés, triple-filet doré en encadrement des plats, dentelle dorée en encadrement intérieur, double-filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (reliure de la fin du XIXe siècle signée DAVID dans la dentelle intérieure). Exemplaire en excellent état. Petite trace de choc sans gravité sur la coupe supérieure du premier volume.


TRÈS JOLIE ÉDITION.

C’est la meilleure et la plus complète des éditions anciennes de ce poète burlesque. Elle a toujours été préférée à celle qui la précède et publiée chez le même éditeur mais en 10 volumes, en 1737. Les gravures sont les mêmes pour les deux éditions, ici en second tirage.

Références : Magne, 403 ; Cohen, 945-946 ; Tchémerzine V, 742.


SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ PAR DAVID A LA FIN DU XIXe SIÈCLE.

VENDU

Nous proposons par ailleurs et dans la même reliure le Virgile Travesty et le Romant comique de Scarron dans les éditions annexées à la collection des Elzévier. Les deux ouvrages peuvent être acquis séparément (voir fiches) ou ensemble pour le prix de 4.000 euros. Nous contacter.

Paul Scarron : Le Roman comique (1662-1663). Maroquin du XIXe siècle signé Champs.



SCARRON (Paul)

LE ROMANT COMIQUE de Monsieur SCARRON. Première et deuxième partie.

Suivant la copie imprimée, A PARIS, 1662-1663. [Hollande, Amsterdam, A. Wolfgang].

2 volumes petit in-12 (138 x 80 mm – Hauteur des marges : 131 mm) de (8)-256 et (6)- 279 pages, avec un joli frontispice d’après Veenbieysen en taille-douce en tête du premier volume.

Reliure maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement décoré aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, dentelle dorée en encadrement intérieur, double-filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (reliure de la fin du XIXe siècle signée CHAMPS dans la dentelle intérieure). Exemplaire en parfait état.


TRÈS JOLIE ÉDITION.

Cette édition se joint à la collection des Elzévier. Le Roman comique a paru pour la première fois en 1655. Elle contient les deux seules parties sorties de la plume de Scarron. Les suites ne sont pas de lui.

Références : Tchémerzine-Scheler V, 718 ; Magne, 265. Brunet, 1784.

SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ PAR VICTOR CHAMPS A LA FIN DU XIXe SIÈCLE.

VENDU

Nous proposons par ailleurs et dans la même reliure le Virgile Travesty de Scarron dans l’édition de 1668 qui se joint également à la collection des Elzévier. Les deux ouvrages peuvent être acquis ensemble pour le prix de 4.000 euros l’ensemble. Nous contacter.

Le Virgile travesty de Paul Scarron (1668). Collection des Elzévier (Abraham Wolfgang). Magnifique exemplaire en maroquin de Champs.



SCARRON (Paul)

LE VIRGILE TRAVESTY EN VERS BURLESQUES de Monsieur SCARRON. Revu et corrigé.

Suivant la copie imprimée A PARIS, 1668. [Hollande, Amsterdam, A. Wolfgang].

2 volumes petit in-12 (138 x 80 mm – Hauteur des marges : 134 mm) de 372 et 307 pages, y compris les titres, frontispices et les 8 gravures hors-texte en taille-douce.

Reliure maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement décoré aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, dentelle dorée en encadrement intérieur, double-filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (reliure de la fin du XIXe siècle signée CHAMPS dans la dentelle intérieure). Exemplaire en parfait état.


TRÈS JOLIE ÉDITION ILLUSTRÉE.

Un charmant frontispice est répété en tête de chaque volume et les titres sont ornés de la marque au Quaerando. Les huit charmantes figures hors-texte (de P. Lochon) sont imitées de celles présentes dès la première édition in-4 (1648-1659). Les figures sont ici d’un excellent tirage.

Cette édition se joint à la collection des Elzévier : Elle contient huit livres c'est-à-dire tout ce que Scarron a donné de cet ouvrage.

Références : Tchémerzine-Scheler V, 715 ; Brunet V, 185 ; Gay, 1362 ; Graesse VI, 292 ; Magne, 269.


SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ PAR VICTOR CHAMPS A LA FIN DU XIXe SIÈCLE.

VENDU

Nous proposons par ailleurs et dans la même reliure le Romant comique de Scarron dans l’édition de 1662-1663 qui se joint également à la collection des Elzévier. Les deux ouvrages peuvent être acquis ensemble pour le prix de 4.000 euros l’ensemble. Nous contacter.

mardi 16 juin 2009

Les Mémoires de d'Artagnan par Gatien Courtilz de Sandras (1701-1715). Le roman historique qui inspira Dumas pour ses Trois mousquetaires.



GATIEN COURTILZ DE SANDRAS (1644-1712)

MÉMOIRES DE Mr. D’ARTAGNAN, Capitaine Lieutenant de la première Compagnie des Mousquetaires du Roi, Contenant quantité de choses particulières et secrettes qui sont passées sous le règne de Louis le Grand. Tome premier, deuxième et troisième (complet).

A Amsterdam, chez Pierre de Coup, 1715. Le titre du tome troisième est à la date de 1701 et porte l’adresse « A Cologne, chez Pierre Marteau. », mais c'est le premier volume qui est de l'édition de 1701 et les deux autres de l'édition de 1715 qui en est la réimpression fidèle.

3 volume grand in-12 (160 x 105 mm) de (8)-564-(15) ; 636-(12) et 598-(16) pages. Titres imprimés en rouge et noir, portraits ajoutés (voir le détail ci-dessous).

Reliure maroquin à grain long chocolat, dos à nerfs, caissons encadrés d’un triple-filet doré, titre, tomaison et millésime dorés au dos, triple-filet doré en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, tranches dorées (fine reliure du milieu du XIXe siècle, non signée). Exemplaire en parfait état de conservation. La reliure est d’une fraîcheur éblouissante. L’intérieur est frais avec de très rares rousseurs claires par endroit.

La reliure n'est pas signée... mai ce ne peut être qu'un oubli étant donné la qualité du travail de reliure et de dorure réalisé, attribuable à un des grands ateliers du second Empire, sans aucun doute.


NOUVELLE ÉDITION.

« Pierre de Coup vend les Mémoires de Mr. d'Artagnan, qu'il vient de réimprimer en trois vol. in-12. Quoique ces Mémoires portent le nom de M- d'Artagnan, & qu'il parait dans le Livre que c'est lui qui en est l'Auteur ; on doit (avoir qu'ils nous sont venus d'une autre main que de la sienne, & qu'on s'est seulement servi de son nom pour coudre ensemble plusieurs choses ou fausses, ou arrivées à différentes Personnes. Cela n'empêche pas que la lecture de ces Mémoires ne soit intéressante, &- même instructive. » (Nouvelles littéraires, La Haye, 1715, p. 32)

L’auteur, lui-même mousquetaire du roi, quitta l’armée au bout de dix-huit années de service pour devenir polygraphe et vivre de sa plume. Il a fourni aux libraires de Hollande de très nombreux romans pseudo-historiques. Auteur fécond et imprudent, il est emprisonné plusieurs fois à la Bastille.

De la vie de d'Artagnan qu’il a pu connaître assez bien, car il fut enfermé à la Bastille alors que Besmaux, ex-compagnon de d’Artagnan, en était Gouverneur, Courtliz a tiré un récit où le vrai se mêle au faux : il s'agit des Mémoires de M. d'Artagnan, publiées en 1700 (soit vingt-sept ans après la mort du héros gascon), dont s'est à son tour inspiré Alexandre Dumas pour Les Trois Mousquetaires et pour Vingt Ans après.

À plusieurs reprises d'ailleurs, Courtilz a écrit à la première personne les mémoires des autres, celles du marquis de Montbrun ou de M. de Rochefort. On a beaucoup dénigré son style, qui est pourtant vif et picaresque.

Alexandre Dumas, plus d’un siècle plus tard, en a fait le héros gascon que l’on sait, dans un livre Les Trois Mousquetaires (1844) au destin non moins glorieux. Dumas aurait fait connaissance avec D’Artagnan à la bibliothèque de Marseille où il est venu emprunter un ouvrage intitulé Mémoires de M. d’Artagnan de Gatien Courtilz de Sandras. Ces mémoires apocryphes constituent sa première source d’inspiration. Il y découvre son futur héros, mais aussi de nombreux autres protagonistes, des aventures déjà pittoresques, des anecdotes sur l’époque qu’il va utiliser et transformer avec sa verve et son sens de l’imagination. La contribution de Courtilz de Sandras à l’écriture des Trois Mousquetaires ne s’arrête pas avec ses Mémoires de M. d’Artagnan. Dumas a aussi lu ses mémoires du Duc de Rochefort ou Mémoires de M.L.C.D.R. Dans ces dernières, il a trouvé un détail qu’il va brillamment exploiter : le marquage à l’épaule avec la fleur de lis, réservé aux personnes autrefois condamnées aux galères. Il en fera le signe distinctif de sa Milady.

« Trois écrivains de valeur très inégale ont collaboré aux Trois Mousquetaires : Gatien de Courtilz pour le scénario et l’intrigue ; Maquet pour la rédaction grossoyée, le brouillon et en quelque sorte la maquette (sans jeu de mots) ; Alexandre Dumas pour l’animation du récit et les dialogues, la couleur, le style, la vie. » (Henri d’Alméras)

Notre exemplaire présente la particularité d’avoir été relié au XIXe siècle de manière homogène, alors que le premier tome est de l’édition de 1701 (son titre a été placé par erreur au troisième volume). Les deux autres volumes étant bien de l’édition de 1715. Nous déduisons cela du fait que le matériel typographique est identique pour les volumes II et III (même bandeau gravé sur bois en tête du volume et mêmes caractères utilisés). Le volume I, bien que d’une typographie très proche, diffère cependant par quelques ornements, il doit appartenir à l’édition de 1701 bien que nous n’ayons pu le vérifier sur un autre exemplaire (les collations exactes pour cet ouvrage font défaut la plupart du temps dans les notices des catalogues des dépôts publics consultés). L’édition de 1715 n’étant qu’une réimpression mot pour mot de l’édition en trois volumes donnée en 1701 chez Pierre Marteau, le texte est donc identique et se suit parfaitement dans notre exemplaire, malgré la différence d’édition.

Exemplaire truffé de plusieurs portraits de personnages historiques cités dans le texte. On y trouve donc : Richelieu, Louis XIII, Turenne, Mazarin, Gaston d’Orléans, le grand Condé, Saint-Evremond, la reine Christine, le prince de Conti, Louis XIV, le cardinal de Retz, La grande Mademoiselle, de La Rochefoucauld, Fouquet, Henri IV, le duc de Vendôme, Louvois, Philippe II, Louis de France grand dauphin, Madame de La Valière, Louis XI, Ninon de Lenclos, Colbert, soit 23 portraits ajoutés, la plupart gravés au XIXe siècle et quelques-uns du XVIIIe.

Ces Mémoires de d’Artagnan, bien que souvent réimprimés en peu d’années au commencement du XVIIIe siècle, sont assez difficiles à trouver complets des trois volumes et bien reliés, comme ici.

Provenance : Aucune marque d’appartenance.


SUPERBE EXEMPLAIRE, FINEMENT ÉTABLI SOUS LE SECOND EMPIRE PAR UN BIBLIOPHILE AVISÉ.

VENDU

lundi 15 juin 2009

Girolamo Savonarola ou le fou de dieu. Très rare édition parisienne du Triomphe de la croix de Savonarole par Josse Bade (Badius Ascensius), en 1524.



SAVONAROLE [en italien Girolamo Savonarola, né à Ferrare, le 21 ou le 24 septembre 1452 et mort sur le bûcher à Florence, le 23 mai 1498]

Triumphus Crucis, De veritate fidei || Fra. Hieronymi de Ferraria praedica||toris. [Marque de Josse Bade – Prelum Ascensianum] || Venundatur in aedibus Ascensianis.

Colophon : FINIS. RURSUM In Typographia Ascen=||siana, Calendis Decemb.MDXXIIII. (1524).

1 volume petit in-8 (15 x 10,5 cm) de 116 feuillets non chiffrés y compris le titre. Sign. A-0 par 8, P par 4. Le dernier feuillet qui termine le cahier P est blanc. Collationné complet. Belle marque de Badius Ascensius à pleine page au premier feuillet. 31 lignes par page.

Reliure moderne en plein parchemin rustique à l’ancienne, titre calligraphié à la plume au dos. Intérieur frais avec quelques rousseurs et taches claires sans gravité. Exemplaire ayant conservé de bonne marge et non lavé. Impression en caractère romain.


PREMIÈRE ÉDITION PARISIENNE DE JOSSE BADE, QUE L'ON PEUT TROUVER RÉELLEMENT, DU TRIOMPHE DE LA CROIX DE SAVONAROLE.

Josse publia Savonarole pour la première fois en février 1510, avec le De simplicitate vitae christianae, partagé avec Jean Petit et Henri Jacobi, et Introductorium confessorum, partagé avec les mêmes. Fin novembre de la même année, il donne Expositio orationis dominicae, partagé avec Berthold Rembolt. Le De simplicitate vitae christianae est réimprimé dès fin mai 1511, comme Expositio orationis dominicae réimprimé vers Pâques 1517.

Renouard donne trois éditions du Triumphus crucis par Josse Bade, une première dont on ignore la date, qui a dû précéder celle de 1523, une deuxième, uniquement citée par Brunet dans son Manuel du libraire et datée du 1er septembre 1523 (Brunet V, 161). Une troisième édition, enfin, celle que nous présentons ici, du 1er décembre 1524. Des deux premières, aucune localisation n’a pu être fournie par Renouard. De la troisième il a pu en localiser un exemplaire à la Bibliothèque Nationale (Paris), un exemplaire dans la bibliothèque Victor Cousin et un autre à la bibliothèque d’Amiens. La British Library en possède un exemplaire ainsi que la ville de Tournai. Aucun autre exemplaire localisé en 1908 par Renouard. Depuis la bibliothèque de Tours (Les bibliothèques Virtuelles Humanistes, Centre d'Études Supérieures de la Renaissance) en possède également un exemplaire aux armes de De Thou. La bibliothèque de Rouen en possède un exemplaire inséré dans un recueil factice.


Les éditions des écrits de Savonarole par Josse Bade ont la particularité d’avoir été imprimée dans le format in-8, peu fréquent chez cet éditeur qui avait l’habitude d’imprimer au format in-4 ou in-folio. On n’en dénombre environ 70 seulement.

Également appelé Hieronymus Savonarola ou encore Girolamo Savonarole, il est connu pour ses réformes religieuses, ses prêches anti-humanistes, son bûcher des vanités où disparurent de nombreux livres et de nombreuses œuvres d’art. Il prêcha de façon véhémente contre la corruption morale du clergé catholique, sans toutefois remettre en cause le dogme.

Différemment considéré par les uns et par les autres, la figure de Savonarole ne laisse en tous les cas pas indifférent. « Fou de dieu » ou « Précurseur de la réforme », « Hérétique » ou « Saint » pour les autres, Savonarole fascine les esprits jusqu’à aujourd’hui.

Son Triomphe de la croix, publié à Paris en latin par Badius Ascensius pour la première fois en 1523-1524, est un texte qui initiait le lecteur au pressentiment que le monde en était à son dernier âge et le mettait en devoir d’être vigilant, dans tous ses instants, face à l’annonce de la venue des faux prophètes et de l’Antéchrist. Il est intéressant de rappeler que justement dans les années 1520, un prédicateur dominicain du nom de Santo Pagnini, disciple de Savonarole, pratiquait activement, à Lyon, la prédication antiluthérienne. Le premier XVIe siècle est un temps de frémissements, de tremblements devant l’imminence de la venue de Dieu. Lire à ce sujet l’intéressant ouvrage de Denis Crouzet, Les guerriers de Dieu.


Localisation : Aucun exemplaire des deux impressions datées de 1523 ne semble avoir subsisté, on n’en trouve aucune trace dans les dépôts publics (sauf erreur de notre part). On ne trouve en France que 4 exemplaires de l’édition de 1524 dans les dépôts publics (Amiens – Tours – BNF – Rouen).

Références : Adams S-522 ; Moreau III, 746 ; Renouard, Imprimeurs, 544 ; Renouard, Badius, 249-3 ; Giovannozzi, Savoranola, 254. Girolamo Savonarola, Il trionfo della croce, n°XIII (qui ne cite pas les 2 autres éditions de 1523).

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE PETIT LIVRE TRÈS RARE.

VENDU

samedi 13 juin 2009

Guillaume Apollinaire. Le poète assassiné (1916) dans une fine reliure doublée de maroquin de SEMET & PLUMELLE.



GUILLAUME APOLLINAIRE

LE POÈTE ASSASSINÉ.

Paris, L'édition, Bibliothèque des curieux, 1916.

1 volume in-8 (19 x 12,5 cm) de 316 pages.


Reliure maroquin rouge sang doublé de maroquin noir janséniste, dos à nerfs saillants, auteur, titre et millésime dorés au dos, doublure encadré d'un filet doré, tranches dorées sur témoins, non rogné, relié sur brochure avec les deux couvertures et le dos parfaitement conservés, étui bordé de maroquin rouge sang (reliure et étui de la première moitié du XXe siècle signés SEMET & PLUMELLE). Infime frottement sur le dernier nerf au dos.


ÉDITION ORIGINALE DONT IL N'A PAS ÉTÉ TIRÉ DE GRANDS PAPIERS.

Célèbre et fragile couverture illustrée en couleurs par Capiello, ici parfaitement conservée. Avec un portrait de Guillaume Apollinaire blessé, à la tête enveloppée, par André Rouveyre, son ami.

Recueil de seize contes publié durant la convalescence d'Apollinaire, à la suite de sa grave blessure à la tête reçue en mars 1916. Émouvant recueil paru en pleine guerre. Affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole. L'ouvrage fut salué par André Breton, Jean Cocteau et Philippe Soupault.

Influencé par la poésie symboliste dans sa jeunesse, admiré de son vivant par les jeunes poètes qui formèrent plus tard le noyau du groupe surréaliste (Breton, Aragon, Soupault. Apollinaire est l'inventeur du terme « surréalisme »), il révéla très tôt une originalité qui l'affranchit de toute influence d'école et qui fit de lui un des précurseurs de la révolution littéraire de la première moitié du XXe siècle. Son art n’est basé sur aucune théorie mais sur un principe simple : l’acte de créer doit venir de l’imagination, de l’intuition car il doit se rapprocher le plus de la vie, de la nature. Cette dernière est pour lui « une source pure à laquelle on peut boire sans crainte de s’empoisonner » (Œuvres en prose complètes, Gallimard, 1977, p.49).


Provenance : Exemplaire de la bibliothèque du bibliophile belge Alexandre Daniel, avec son ex libris gravé (vente du 12 mars 1960). Mention du nom A. Daniel au crayon par le relieur au dernier feuillet.


MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE, DANS UNE FINE ET SOBRE RELIURE DOUBLÉE DE SEMET & PLUMELLE, EXÉCUTÉE SPÉCIALEMENT POUR LE BIBLIOPHILE BELGE ALEXANDRE DANIEL.


TRÈS RARE DANS CETTE CONDITION.

VENDU

jeudi 11 juin 2009

Marie-Antoinette défendue (1794). Très rare ouvrage en sa faveur écrit par un émigré.



LE CHEVALIER DE MAISTRE (ou DE MAYER).

MARIE-ANTOINETTE ARCHIDUCHESSE D'AUTRICHE, REINE DE FRANCE ; OU CAUSES ET TABLEAU DE LA RÉVOLUTION par M. le Chev. de M****. Nolite tangere Christos meos.

S.l.n.n., 1794. [Turin ou Berlin].


1 volume in-8 (19,5 x 12,5 cm) de 141 pages et 1 page d'errata non chiffrée (verso du dernier feuillet), avec 7 jolies gravures hors-texte dont 1 en frontispice avec cette légende : "Un trône brillant lui avait été promis, elle n'a pas même un tombeau."


Reliure demi-parchemin à la bradel à coins, dos muet, joli papier dominoté vert et jaune sur les plats (reliure du XXe à l'imitation d'une reliure ancienne). Reliure en excellent état, intérieur en bon état et complet, avec des rousseurs, assez fortes aux gravures, à cause de la qualité médiocre du papier utilisé pour l'impression. Complet des gravures et du texte. Quelques taches et salissures sans gravité.

ÉDITION ORIGINALE DE PREMIER TIRAGE.

Écrit en faveur de Marie-Antoinette.

Premier état très rare de cette édition parue à Turin (ou à Berlin selon d'autres sources) par les soins d'un émigré. Il a paru la même année un deuxième tirage avec la mention de Nouvelle édition et un autre avec le nom de l'auteur en clair, M. le Chevalier de Mayer (ou de Maistre).

Référence : Tourneux, Bibliographie de l'histoire de Paris pendant la Révolution française, 118, n°21267. Nadaillac, Catalogue d'une collection importante sur la révolution française, n°346 "Livre rare". Le Chevalier de Béarzi en possédait un très rare exemplaire broché dans sa bibliothèque (n°3248). "Très-rare" d'après Morgand, n°32540 (exemplaire en simple demi-reliure).

BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE RARE.

VENDU

Procès de Louis XVI : Recueil des discours et opinions des conventionnels : Condorcet, Robespierre, Marat, Saint-Just, etc.



COLLECTIF [ CONDORCET, MARAT, CAMUS, BARAILON, ST-JUST, ROBESPIERRE, etc.]

LE POUR ET LE CONTRE : RECUEIL COMPLET DES OPINIONS PRONONCÉES A L'ASSEMBLÉE CONVENTIONNELLE, dans le Procès de Louis XVI ; On y a joint toutes les pièces authentiques de la Procédure. Tome premier, deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième (complet).

A Paris, chez Buisson, libraire et chez Chaudé, imprimeur, L'an premier de la République (1793).

7 volumes in-8 (20,5 x 13 cm) d'environ 400 pages par volume (collationné complet).

Reliure demi-basane usagée de l'époque mais néanmoins encore solide, cahiers parfaitement reliés (cuir sec, fentes à certains mors, étiquettes de titre absentes, frottées). Intérieur très frais avec quelques cahiers légèrement brunis ou roussis, sans gravité.

ÉDITION ORIGINALE.

"C'est une grande & auguste transaction, disent les éditeurs, que celle d'un peuple faisant juger, par ses représentants , celui à qui il avait confié le pouvoir exécutif de sa constitution, & qui après en avoir abusé pour opprimer la liberté naissante — Ce n'est pas trop avancer, que de dire qu'on n'en trouve point d'exemple dans l'histoire. Le rapprochement de cette cause avec celle de Charles I, roi d'Angleterre , serait inexact : ce dernier, peut-être aussi malheureux que coupable , était encore investi du pouvoir délégué par la nation lorsqu'on le jugea, & cette circonstance même provoquait la sévérité de son arrêt. Les Anglais condamnèrent un roi & abolirent ensuite, pour un temps, la royauté ; les François, au contraire, ont aboli la royauté & vont juger un individu qui fut roi. D'après ces considérations, les éditeurs penchent pour l'opinion énoncée par plusieurs membres de la convention, que Louis, quelque coupable qu'il fut, aurait pu, sans danger , devenir un objet d'indulgence pour une nation victorieuse, qui, ayant puni par la déchéance la personne morale, aurait dédaigné de frapper du glaive sanglant la personne physique, ou aurait cru ne pas le devoir. Ils croient que l'aveu de cette opinion mixte, & qui d'ailleurs ne décide rien, servira feulement à garantir leur impartialité, & l'authenticité des pièces qu'ils transmettent au public sans le moindre changement & sans aucune réflexion ultérieure. Leur opinion, énoncée avant le jugement de cette cause, était alors celle de beaucoup de monde ; mais la pluralité des voix à l'appel nominal de la convention a porté une décision différente. L'exécution de cette sentence a rendu tout examen inutile. Nous nous bornerons feulement à démêler à travers l'abondance de mots inséparables d'une pareille discussion, quels ont été les fondements de la condamnation de Louis, & quels ont été les moyens employés pour les détruire ou pour les fortifier." in L'Esprit des journaux, françois et étrangers, Par Société de gens de lettres, mars 1793.

IMPORTANT RECUEIL DES DISCOURS ET OPINIONS DES CONVENTIONNELS AU PROCÈS DE LOUIS XVI.

On y trouve de vibrants discours, à la fois plein de violence et d'émotion, par les plus grandes figures de la Révolution française : Condorcet, Chénier, Saint-Just, Pétion, Lepelletier, Marat, Robespierre, Philippeaux, etc.

On trouve à la fin, le décret de mort de Louis Capet, le rapport sur son exécution et enfin son testament. Émouvant recueil imprimé à chaud de ces textes partagés entre l'accusation du roi et sa défense. Ce recueil, paru en livraisons, comme un journal périodique, est aujourd'hui devenu fort rare à trouver complet.

BON EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE RARE.

VENDU

mercredi 10 juin 2009

Les nouvelles remarques du Père Bouhours sur la langue française (1675). Rare édition originale in-4. Superbe exemplaire en reliure de l'époque.



BOUHOURS (Le Père Dominique)

REMARQUES NOUVELLES SUR LA LANGUE FRANÇOISE.

A Paris, chez Sébastien Mabre-Cramoisy, imprimeur du roy, rue Saint-Jacques, aux cicognes, 1675. Avec privilège du roy.

1 volume in-4 (241 x 190 mm) de 8 feuillets non chiffrés (titre, épître à M. Patru de l'Académie française, avertissement), 413 pages et 5 feuillets non chiffrés de table et privilège. 1 belle vignette-marque du libraire sur le titre, 2 bandeaux et 2 lettrines à l'eau-forte.

Reliure plein veau brun granité, dos à nerfs richement décoré aux petits fers dorés, très jolie roulette sur les coupes (reliure de l'époque). Exemplaire d'une très grande fraîcheur, avec d'habiles restaurations aux coiffes et le long d'un mors, avec reprise de dorure). Intérieur très frais, grand de marges. Quelques rares mouillures claires dans la marge supérieure de quelques feuillets seulement.


ÉDITION ORIGINALE IN-4.

Il a paru la même année un tirage in-12 et in-4.

OUVRAGE IMPORTANT POUR L'HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE AU XVIIe SIÈCLE.

"Lorsqu'en 1672 eût paru la première édition des Observations sur la langue française de Ménage, le P. Bouhours y trouva à redire ; et peu après, il fit paraître un ouvrage anonyme Doutes sur la langue française, proposé à Messieurs de l'Académie par un gentilhomme de Province, où il ne se contenta pas d'émettre des doutes, mais où il attaqua Ménage à plusieurs reprises. Celui-ci riposta, en publiant une seconde édition de ses Observations, dans laquelle il se défendit contre les accusations de l'auteur anonyme, qu'il critiqua à son tour. Le P. Bouhours prit très mal les réponses de Ménage, et un autre volume s'en suivit ; ce furent les Remarques nouvelles sur la langue française, qu'il publia en 1675, et où il disait avoir été attaqué par Ménage." (in Ménage par Mademoiselle Elvire Samfiresco, Paris, 1902, p. 140)

Madame de Sévigné lisait Bouhours et se délectait de ces querelles à propos du beau langage :

"C'est le livre du petit marquis que je lis ; j'ai aussi celui de M. d'Andilly, qui est admirable ; je lis le Schisme d'Angleterre, qui est extrêmement beau ; et par-dessus tout cela, des livres de furie du P. Bouhours, jésuite, et de Ménage, qui s'arrachent les yeux, et qui nous divertissent. Ils se disent leurs vérités, et souvent ce sont des injures ; il y a aussi des remarques sur la langue françoise, qui sont fort bonnes. Vous ne sauriez croire comme cette guerre est plaisante. Le père prieur nous fait une très bonne compagnie : il est admirable pour tout cela." Extrait d'une lettre de la marquise de Sévigné en date du 16 septembre 1676 à Livry.

Le Père Bouhours, grand érudit de son siècle, était l'ami et le correspondant de Bussy-Rabutin, c'est d'ailleurs en grande partie à lui que l'on doit l'édition des Mémoires et des Lettres du comte.

Madame de Sévigné disait encore du Père Bouhours que "l'esprit lui sort par tous les pores."


Provenance : Exemplaire de la bibliothèque Lucien Allienne (1950), ex libris hommage à son ancêtre George Allienne, imprimeur du roy (1650). George Allienne était en effet imprimeur de la ville de Morlaix puis de celle de Quimper où il devint imprimeur du roy, à l'image de Sébastien Mabre-Cramoisy, à Paris, à peu près à la même époque. L'imposante Bibliothèque Lucien Allienne fut vendue en trois parties en 1986 à l'hotel Drouot à Paris.

Référence : Un jésuite, homme de lettres au dix-septième siècle, par George Doncieux, Paris, Hachette, 1886.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE EN CONDITION D'ÉPOQUE DE CETTE RARE ÉDITION ORIGINALE DONNÉE PAR L'IMPRIMERIE DU ROI.

VENDU

mardi 9 juin 2009

Les oeuvres complètes d'Helvétius au format in-4. Rare édition tirée à seulement 500 exemplaires (1781).



HELVETIUS (Claude-Adrien)

ŒUVRES COMPLETTES DE M. HELVETIUS. Nouvelle édition, corrigée et augmentée sur les manuscrits de l'auteur, avec sa vie et son portrait. Tome premier et deuxième (complet).

A Londres, s.n. [Société typographique de Bouillon], 1781.

2 volumes in-4 (263 x 210 mm) de LXXII-409 et (4)-IV-708 pages. Portrait de l'auteur en frontispice gravé par St-Aubin en 1773 d'après Vanloo en 1755. Titres imprimés en rouge et noir.

Reliure pleine basane havane racinée, dos lisses richement orné de palettes, roulettes et fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge, gardes blanches (reliure légèrement postérieure exécutée vers 1800). Exemplaire très bien conservé avec seulement quelques petits travaux de vers superficiels sur les plats et d'infimes frottements sur une ou deux coupes. Intérieur très frais imprimé sur beau papier.


NOUVELLE ÉDITION ET UNIQUE ÉDITION AU FORMAT IN-4.

On connait avec précision l'histoire de cette jolie édition de grand format par un état manuscrit détaillé des comptes de dépenses ayant été affectés à ce travail (Smith, Bibliography of the writings of Helvétius, O.6, pp. 47-60). On sait ainsi qu'elle ne fut imprimée qu'à 500 exemplaires sur beau papier. Les exemplaires revenaient à 5 livres et étaient vendus en librairie pour 12 livres. Cette édition amena un bénéfice de 3.442 livres. Il existe de très rares exemplaires portant la date de 1780.

Cette édition en grand format a paru simultanément avec une édition en 5 volumes in-8, également sortie des presses de la Société typographique de Bouillon (tirée à 3.000 exemplaires). La gravure du portrait de l'édition in-4 coûta 300 livres.


Cette édition a été préparée par l'abbé Lefèbvre de La Roche, héritier des textes du philosophe.

On trouve dans cette édition la vie d'Helvétius en tête du premier volume, suivie de "De l'Esprit". Le deuxième volume contient "De l'Homme, de ses facultés intellectuelles et de son éducation", suivi de "Le Bonheur, poème allégorique" et des "Lettres de M. de Voltaire à M. Helvétius" (37), des "Lettres de M. Helvétius" à divers. On trouve à la fin divers opuscules : "Examen des critiques du livre intitulé "De l'Esprit" ; des "Remarques sur la loi naturelle" ; "De la connaissance de la nature de notre âme" ; "Sur l'origine de nos idées" ; "De la liberté et de l'intérêt" ; "De la persécution" ; "Des passions et de la législation" ; "Lettre sur l'égalité des esprits".


Référence : Smith, O.6 ; Vercruysse, 26.

SÉDUISANT EXEMPLAIRE DE CETTE ÉDITION RARE, ICI DANS UNE TRÈS BELLE RELIURE ANCIENNE.

VENDU

lundi 8 juin 2009

Exemplaire au chiffre couronné du roi des français, Louis Philippe d'Orléans (1773-1850). Atlas géographique avec 18 cartes du royaume offert au roi.



ÉMILE DE BONNECHOSE

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE, HISTORIQUE ET POLITIQUE DE LA FRANCE, par Émile de Bonnechose, avec dix-huit cartes coloriées, représentant la formation successive du royaume.
Paris, Firmin Didot frères, libraires, imprimeurs de l'Institut, 1847.

1 volume in-8 (212 x 138 mm) de (4)-V-(3)-104 pages et 18 cartes sur double-pages et montées sur onglet (les cartes 9 à 12 sont plus petites et tirées à mi-pages sur une double-page). Portrait de Louis-Philippe d'après Hopwood ajouté en frontispice.

Reliure plein veau glacé aubergine, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, plats décorés d'un double encadrement de filets et fleurons rocaille, grand chiffre L P O surmonté d'une couronne royale sur le premier plat, roulette dorée en encadrement des plats, gardes peigne fin, tranches dorées (reliure de l'époque signée CAPÉ en bas du dos). Infimes éraflures et frottements à la reliure, intérieur très frais, imprimé sur papier vélin fin teinté, pratiquement sans rousseurs.


Exemplaire de présent probablement offert par l'auteur et relié pour Louis-Philippe d'Orléans alors roi des français. Emile de Bonnechose était dans le cénacle royal.

François-Paul-Émile Boisnormand De Bonnechose, littérateur français, né à Leyerdorp (Hollande), le 18 août 1801, servit sous la Restauration, comme officier d'état-major ; mais, en 1829, il donna sa démission et obtint du roi la place de bibliothécaire du palais de Saint-Cloud, qu'il conserva pendant toute la durée du règne de Louis-Philippe. De 1850 à 1853, il a été conservateur de plusieurs bibliothèques de la liste civile, entre autres de celles des palais de Versailles et de Trianon.


Le thème du livre offert au roi des français n'est pas non plus anodin. Il s'agit d'un abrégé de l'état du territoire français depuis les origines gauloises et celtes jusqu'à la période moderne précédent juste l'arrivée au pouvoir de Louis-Philippe d'Orléans. C'est un état géographique et politique de la France que lui offre alors Émile de Bonnechose, alors bibliothécaire du palais de Saint-Cloud. Petit ouvrage sans grande ambition offert à un roi juste avant sa chute (il abdique le 24 février 1848).

Provenance : Exemplaire de la prestigieuse bibliothèque du roi Louis-Philippe Ier, vendu comme le reste de ses livres lors de la vente de ses deux bibliothèques, de Neuilly et du Palais-Royal, en 1852.

Bibliothèques remarquables par le nombre et la qualité des ouvrages qu'elles contenaient. Cf. OHR, Manuel de l'amateur de reliures armoriées, pl. 2499. Variante des chiffres n°2 et 3, avec des différences. "Comme roi, Louis-Philippe fait frapper sur ses livres son chiffre surmonté d'une couronne royale, différente de la traditionnelle couronne royale de France, du fait que les fleurs de lis ont été remplacées par des feuilles d'acanthe ou par des fleurons." Voir également OHR, pl. 2577 : "Louis-Philippe renonça presque tout de suite à porter des armoiries pour ne se servir que de chiffres." (L. Dussieux, Généalogie de la maison de Bourbon. Paris, Lecoffre, 1869, p. 96, et Hoefer).


L'exemplaire passa ensuite dans la prestigieuse bibliothèque d'Oliver Henry Perkins, avec son ex libris gravé et un billet autographe ajouté à la fin avec ces mots : "Armes of Louis Philippe king of France. Born in Paris 1773. Died 1850 (date 1847)". La bibliothèque de M. Oliver Henry Perkins fut vendue à New York en mars 1926 (cet ouvrage y a été vendu sous le n°120).

BEL EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ PAR UN MAÎTRE DE L'ÉPOQUE, DE LA BIBLIOTHÈQUE DU ROI LOUIS-PHILIPPE Ier.

VENDU

Liens vers d'autres livres

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