jeudi 22 décembre 2011

Les mémoires de la comtesse de La Motte Valois dans l'affaire du collier de diamants qui impliqua la reine Marie-Antoinette (1789).



LA MOTTE (VALOIS, Comtesse de)
MÉMOIRES JUSTIFICATIFS DE LA COMTESSE DE VALOIS DE LA MOTTE, écrits par elle-même.

Imprimés à Londres (sans nom), M. DCC. LXXXVIX (i.e. 1789).

1 volume in-8 (19 x 13 cm) de (1)-257 pages y compris les Pièces justificatives (pp. 219 à 257).

Cartonnage à la bradel plein papier dominoté, dos muet (cartonnage moderne). Parfait état.

NOUVELLE ÉDITION.

L'année 1789 voir paraître plusieurs éditions de ces Mémoires, tous avec une pagination différente. La nôtre contient les Mémoires à proprement parler jusqu'à la page 214 et on trouve à la suite en pagination continue les pièces justificatives qui sont au nombre de 32 (XXXII), dont un Mémoire sur la Maison de Saint-Remy de Valois dont se réclame la comtesse (qui serait issue de Henri II roi de France), et des lettres apocryphes du cardinal de Rohan à la reine Marie-Antoinette et des lettres également apocryphes de la reine adressées au cardinal. Il y a une erreur de pagination pour les pièces justificatives qui sont paginées à partir de 219 tandis que le texte des Mémoires se termine à la page 214. Bien complet cependant. A noter également que cette édition se distingue par une coquille dans la date en chiffres romains sur la page de titre : M. DCC. LXXXVIX pour M. DCC. LXXXIX.

L’affaire du collier de la reine est une escroquerie qui eut pour victime, en 1785, le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, et qui éclaboussa la reine Marie-Antoinette. Certains historiens voient dans cette affaire sulfureuse les prémices des mécontentements au sujet de la reine qui entraînèrent la Révolution française.

Référence : Tourneux, 21141c. (autre édition).


TRÈS BON EXEMPLAIRE.

VENDU

mardi 20 décembre 2011

Apologie pour les hommes soupçonnés de Magie par Gabriel Naudé (1679). Superbe exemplaire en maroquin noir de l'époque. Exemplaire Guy Bechtel.



Gabriel NAUDÉ
APOLOGIE POUR TOUS LES GRANDS PERSONNAGES QUI ONT ÉTÉ FAUSSEMENT SOUPÇONNÉS DE MAGIE par G. NAUDÉ paris.

A La Haye, chez Adrian Vlac, 1679

1 volume petit in-8 (165 x 100 mm) de (17)-361 pages.

Reliure plein maroquin noir, dos à nerfs ornés dans les caissons d'une fleur de lis, nerfs soulignés de filets dorés, filet doré en encadrement des plats avec une fleur de lis dans les angles (reliure de l'époque). Étonnante reliure en maroquin noir de l'époque ornée de fleurs de lis et quelques filets simples pour tout décor. Les tranches du volume sont rouges. Reliure parfaitement conservée.

Quelques petites piqures de vers sans gravité à l'intérieur sans dommage notable. Papier de médiocre qualité, sans tenue et avec des rousseurs éparses parfois importantes. Exemplaire un peu court en marge extérieure et avec une marge de fonds de cahiers pratiquement absente.


NOUVELLE ÉDITION DE LA HAYE.

Gabriel Naudé est né à Paris avec le futur Grand Siècle le 2 février 1600. Homme d'une culture encyclopédique, il est tour à tour homme de lettres, philosophe, bibliothécaire de génie, bibliographe ; il connait aussi bien les auteurs anciens que les auteurs modernes, ce qui lui permet d'écrire à peu près sur tout. Il est appelé en 1622 par Henri de Mesmes, président à mortier au parlement de Paris pour s'occuper de sa bibliothèque privée, une des plus belles de l'époque, riche de huit mille volumes, dont de nombreux manuscrits latins et grecs. A cette occasion, il rencontre des penseurs comme Grotius. En 1626, il part à Padoue, capitale de l’aristotélisme et du libertinage érudit. La mort de son père, en 1627, l’oblige à rentrer à Paris. Il reprend ses études de médecine et ses fonctions de bibliothécaire auprès du président de Mesme. C’est pour lui qu’il publie un Advis pour dresser une bibliothèque. Il est introduit dans le cercle de Jacques Dupuy, lettré érudit. C’est là qu’il rencontre de nombreux esprits libres (libertins érudits), comme La Mothe Le Vayer et Gassendi. Tous se reconnaissent des maîtres communs : Cicéron, Sénèque, Pline, Plutarque, Montaigne, Charron, et partagent la même hostilité à l’intrusion du surnaturel dans les sciences, que ce soit celui de la métaphysique chrétienne ou celui de l’occultisme et de la magie. Dans cet esprit, ils soutiennent des hommes comme Galilée ou Campanella. En 1631, Naudé est engagé comme bibliothécaire par le cardinal Bagni, qui l’emmène, avec Bouchard, à Rome. En 1633, il obtient son doctorat de médecine à Padoue, qui lui permet, en 1633, d’avoir le titre de médecin ordinaire de Louis XIII. Le cardinal Bagni meurt en 1641. En 1642, Naudé quitte Rome pour Paris et entre bientôt au service de Mazarin : il consacre alors l’essentiel de son temps à la bibliothèque de son nouveau maître. Naudé réussit, à partir de rien, à créer une bibliothèque de 40 000 volumes, en partie dispersée pendant la Fronde. En 1652, la reine de Suède, Christine, l’appelle à son service. Il part, le 21 juillet 1642, rejoindre la cour de Stockholm. Et il se met au travail pour ordonner la bibliothèque de la reine. Mais la rudesse du climat l’oblige à partir. Saisi par les fièvres, il s’arrête à Abbeville où il meurt, le 29 juillet 1653. Il avait fait paraitre en 1639 ses Considérations sur les Coups d’État. Ouvrage qui restera célèbre. Infatigable bibliophile, Gabriel Naudé fut aussi responsable de la bibliothèque de Mazarin : "je fais ce que je puis et peut estre davantage pour mettre la bibliothèque a sa perfection", écrivait-il, en 1646, à l'un de ses amis. De 1644 à 1647, Naudé parcourut successivement les Flandres, l'Italie, la Suisse, la Rhénanie, la Hollande et l'Angleterre et il rapporta de ces voyages bibliographiques un nombre impressionnant d'ouvrages, souvent rares (notamment la Bible de Gutemberg, éditée à Nuremberg en 1455) : 14 000 d'Italie et de Suisse, 4 000, "tant manuscrits qu'imprimés" d'Allemagne. En 1648, la bibliothèque comptait entre 35 000 et 40 000 volumes et elle était, sans doute, à cette date, la plus importante d'Europe. L'Apologie pour tous les grands personnages qui ont esté faussement soupçonnez de magie parait pour la première fois en 1625 (Paris, François Targa). Ce livre, très riche dans tout ce qu'il contient, connaitra un immense succès et sera réédité de nombreuses fois jusqu'au début du XVIIIe siècle. Pourtant aujourd'hui les exemplaires bien conservés sont rares.


"Dans ce très curieux ouvrage, on traite des génies attribués à Socrate, Aristote, Plotin, Paracelse, Agrippa, Savonarole, Nostradamus, Roger Bacon, Albert le Grand, aux Papes Sylvestre II et Grégoire VII, aux Mages, à Virgile, etc..." (Caillet III, 7923).

Provenance : Exemplaire de la bibliothèque de Guy Bechtel consacrée à l'ésotérisme et aux sciences occultes, avec son ex libris "le bibliophobe Bechtel" collé au contreplat. Exemplaire de la vente du libraire Robert Goumy (1969). On note un ancien n° de cote (204) à la plus sur une garde blanche et le prix de 4 livres 10 sols (4 livres rayé remplacé par 2 livres).

Mis à part celui-ci nous n'avons répertorié aucun autre exemplaire relié en maroquin ancien.


SUPERBE EXEMPLAIRE DE LA PLUS GRANDE RARETÉ EN MAROQUIN DE L’ÉPOQUE DÉCORÉ. EXEMPLAIRE DE CHOIX.
VENDU

lundi 19 décembre 2011

Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos illustrées par B. Lubin de Beauvais. Exemplaire sur japon agréablement relié à l'époque.



CHODERLOS DE LACLOS Pierre Ambroise François
LES LIAISONS DANGEREUSES.

Paris, Librairie des Amateurs A. Ferroud, F. Ferroud, Successeur, 1908.

1 volume in-4 (27,5 x 18 cm) de (2)-202 pages, illustrations contrecollées dans le texte et hors-texte.

Reliure demi-maroquin à larges coins bleu nuit, dos à quatre nerfs, caissons décorés d'encadrements de filets dorés concentriques et d'un encadrement de maroquin prune, pièce de titre et tomaison mosaïquées de même maroquin prune, date dorée en queue, filets dorés sur les plats, tête dorée, non rogné, couverture imprimée conservée dans son intégralité (reliure de l'époque). Reliure à l'état proche du neuf (dos très légèrement passé. Intérieur très frais, comme neuf.

NOUVELLE ÉDITION ILLUSTRÉE.
UN DES 60 EXEMPLAIRES SUR JAPON AVEC DEUX ÉTATS DES LITHOGRAPHIES.

Très belle édition de bibliophiles imprimée à 300 exemplaires en tout (40 ex. sur japon avec 3 états et un dessin original - 60 ex. sur japon avec 2 états - 200 ex. sur papier à la forme).

Les 22 lithographies originales dessinées et gravées par Lubin de Beauvais sont tirés sur chine et contrecollées dans le texte et hors-texte. Elles sont imprimées en noir et rouge. 8 en-tête et cul-de-lampe, 12 grandes compositions, 1 frontispice et 1 fleuron de titre forment "une illustration importante, complète et de premier ordre." (prospectus). Le prospectus en 3 feuillets (2 feuillets sur papier à la forme de texte et 1 feuillet de texte comprenant une illustration sur japon).

"Bible du libertinage pour certains, le livre s'impose surtout comme chef-d’œuvre du roman d'analyse, comme un des romans les plus abstraits et les plus intelligents. Aussi l'audace des Liaisons Dangereuses ne consiste-t-elle ni dans la débauche facile au langage cru, ni dans la perversité au premier degré ou la jouissance de faire le mal propre à Sade, mais dans l'art de dire ou plutôt de l'écrire pour un connaisseur admiratif et un peu vexé, placé en position de voyeur comme le lecteur" (Laurent Versini, BnF, En français dans le texte , n° 174).


Ce roman épistolaire retrace les aventures amoureuses de la marquise de Merteuil et de son ancien amant, le vicomte de Valmont. La marquise, voulant se venger d’un amant infidèle alors promis à la fille d’une cousine, Cécile de Volanges, fait en sorte que le Vicomte déshonore cette dernière avant le mariage. Ce que le Vicomte accomplit, alors même qu’il tente de séduire une femme reconnue pour sa vertu : la présidente de Tourvel. Celle-ci tente de rester fidèle à son époux mais le Vicomte parvient à la piéger pour la faire mourir d’amour. Cécile de Volanges, quant à elle, est amoureuse du chevalier Danceny, son maître de solfège. Mais, la marquise de Merteuil le prend pour amant, par toutes sortes d'intrigues. Elle provoque ainsi un duel entre le Vicomte de Valmont, qui cherche à retrouver ses faveurs - déstabilisé par ses mésaventures dues à Cécile de Volanges et Tourvel -, et le jeune chevalier Danceny, qui parviendra à tuer le Vicomte, tourmenté de regrets d’avoir condamné la présidente de Tourvel. Il remet alors au chevalier toute la correspondance qu’il a tenue avec la marquise de Merteuil afin que celle-ci soit révélée non comme une femme des plus vertueuses de tout Paris, ainsi qu'elle le laissait croire, mais comme une dangereuse intrigante.

B. Lubin de Beauvais est un peintre et illustrateur français actif entre les années 1892 et 1915. Il signait aussi sous le pseudonyme de Gabriel De Laumont. Il n'illustra en tout que quatre livres sur une période assez courte. Il collabora par ailleurs à de nombreux journaux comme La Baïonnette, Le Courrier français, Le Rire, La Libre Parole illustrée, La vie parisienne, ainsi qu'à des revues enfantines. Il illustre aussi des partitions musicales, des cartes postales et des romans. Il expose au Salon des humoristes à Paris en 1910.

Provenance : Ex libris gravé sur bois Rapicault.


SUPERBE EXEMPLAIRE DE LA PLUS GRANDE FRAÎCHEUR.
VENDU

samedi 17 décembre 2011

Fleurs de France et de Savoie par M. Modelon. Exemplaire de Marius Michel père relié en maroquin de David et très probablement doré par Marius Michel.



F. MODELON
FLEURS DE FRANCE ET DE SAVOIE, POÉSIES, par M. F. MODELON.

Paris, Eugène Belin, Libraire-Editeur, 1861

1 volume in-18 (18 x 12 cm) de 465 pages.

Reliure plein maroquin gris cendré, dos à nerfs richement décoré aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, jeu de filets et roulettes dorés en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées sur marbrure (reliure de l'époque signée DAVID). Superbe reliure parfaitement conservée et parfaitement exécutée par Bernard David, relieur au 3bis rue des Beaux-Arts à Paris à cette époque. Intérieur immaculé. Papier vélin de qualité.


SECONDE ÉDITION EN GRANDE PARTIE ORIGINALE.
EXEMPLAIRE MARIUS MICHEL PÈRE.

F. Modelon, comme Marius Michel père (de son vrai nom Jean Michel), était originaire de Belley dans le département de l'Ain, capitale historique du Bugey et longtemps sous la dépendance des comtes de Savoie. F. Modelon est poète. Jean Michel est doreur, l'un des plus grands de son temps. L'auteur de ce recueil de poésies dédie le poème intitulé "Angulus ille ...." à son ami Marius Michel (p. 238-240). C'est un poème bucolique et tout empreint de nostalgie de cette contrée qu'il a quitté ainsi que son ami. Il est daté de Paris, 1847. Chaque poème ou presque de ce recueil est dédié à une personne proche de l'auteur ou à une personnalité.


L'auteur avait déjà publié un recueil de poésies en 1859 intitulée "Brises d'automne" (tiré à 500 exemplaires seulement). C'est ici la seconde édition de ces poésies : "Le volume est plus fort, le titre plus modeste et plus vrai. Ce sont les mêmes poésies revues et suivies de nombreuses sœurs ; quelques-unes sont des pleurs d'exil que le fait sublime de l'union libre et spontanée de deux peuples nés pour n'en faire qu'un de tout temps, de l'embrassement de deux frères, ont tari à jamais. La préface est signée F. Modelon, de Grésy-sur-Isère (Haute-Savoie). F. Modelon était par ailleurs professeur de seconde au collège Stanislas à Paris.


Exemplaire de la bibliothèque de Jean Michel dit Marius Michel, doreur sur cuir ayant travaillé pour les plus grands relieurs de son temps (Duru, Capé, etc.), et père de Marius Michel fils, relieur-doreur, figure emblématique de la reliure d'art à la fin du XIXe siècle. Marius Michel père avait un relieur de prédilection qui signait ses reliures DAVID avec un D inversé. Il s'agit de Bernard David (1824-1895). Il est fort probable que les volumes confiés au relieur David pour la bibliothèque de Marius Michel aient été dorés par ce dernier. Nous y reconnaissons la parfaite maîtrise du geste de doreur qui faisait tant sa réputation. Marius Michel doreur, Bernard David relieur et F. Modelon poète, voici réunis en un même volume trois amitiés du livre, et même du livre de bibliophile peut-on dire. Émouvante réunion.

Référence : Revue savoisienne, année 1864, pp. 50-52 (compte-rendu).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE.
VENDU

jeudi 15 décembre 2011

Une imitation de La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau par M. Dauphin : la dernière Héloïse (1784). Exemplaire du bibliophile Eugène Paillet.



M. DAUPHIN

LA DERNIÈRE HÉLOÏSE OU LETTRES DE JUNIE SALISBURY, recueillies et publiées par M. Dauphin, citoyen de Verdun.

A Paris, s.n., 1784 [A Londres et se trouve à Paris, chez la Veuve Duchesne, Bailly et Royez].

2 parties reliées en 1 volume in-8 (22 x 14 cm) de (4)-207 pages. 3 figures hors-texte et 1 vignette sur chacun des titres.

Relié à la suite :

COMPLIMENT POISSARD composé par Piron, 1744.

[Dijon, Brugnot, 1831].

6-(1) pages.

Reliure plein veau glacé caramel, dos lisse richement orné aux points d'or avec pastilles de maroquin rouge mosaïquées, plats décorés d'un encadrement de filets dorés avec décor aux points d'or dans les angles avec pastilles de maroquin rouge mosaïquées, double-filet doré sur les coupes, encadrement intérieur de filets et roulettes dorés, doublures et gardes de papier peigne, exemplaire relié sur brochure, non rogné (reliure signée CH. DE SAMBLANX et datée 1909). Superbe exemplaire de reliure pastiche de Bozérian par le relieur belge Charles de Samblanx. Quelques infimes traces et légers frottements à la reliure. Intérieur très frais. Rares rousseurs. Exemplaire enrichi d'un état supplémentaire du frontispice de la première partie (eau-forte avancée non terminée signée à la pointe), d'un tirage à part sur papier fort de la vignette de titre de chacune des parties).


ÉDITION ORIGINALE. EXEMPLAIRE DE CHOIX AYANT APPARTENU NON RELIÉ AU BIBLIOPHILE EUGÈNE PAILLET.

Le volume s'ouvre sur un feuillet situé juste après le titre contenant un passage de J.-J. Rousseau (La Nouvelle Héloïse). C'est une imitation de La nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau (publiée en 1761) en ce qui concerne la première partie seulement. La seconde partie est imitiée de la Clarisse Harlowe de Richardson. Par cela ce volume est une curiosité. Les jolies figures qui ornent cette édition sont de Queverdo.

L'exemplaire que nous présentons est passé entre les mains de Madame de Stappens (signature sur le faux-titre), puis dans celles du célèbre bibliophile Eugène Paillet (signature sous celle de Madame de Stappens). Paillet possédait ce volume broché. C'est un amateur qui l'a fait relié ensuite en 1909. Eugène Paillet mourut en 1901.

Référence : Cohen, Guide de l'amateur de livres illustrés du XVIIIe s. (éd. 1912), col. 274. Édition cotée 30 à 40 fr. (1912).


Curieusement l'amateur qui a commandé la reliure a fait relié à la suite le Compliment poissard de Piron imprimé à Dijon en 1831 à seulement 23 exemplaires. Pièce infime de quelques pages seulement mais o combien rarissime de par son tirage très restreint. Pièce imprimée sur papier vélin, aujourd'hui introuvable.

Référence : Vicaire VI, 478 (ce Compliment poissard a été donné par l'érudit bourguignon Gabriel Peignot).

Ensemble des plus rares.

BEL EXEMPLAIRE PARFAITEMENT ÉTABLI PAR CHARLES DE SAMBLANX. EXEMPLAIRE EUGÈNE PAILLET.
VENDU

mardi 13 décembre 2011

La vie errante de Guy de Maupassant (1890) : entre récit exotique et autobiographie. Magnifique exemplaire relié en maroquin doublé par Marius-Michel.



MAUPASSANT Guy de
LA VIE ERRANTE par Guy de Maupassant.

Paris, Paul Ollendorff, 1890 [imprimé par la Maison Quantin].

1 volume grand in-18 (19 x 14 cm) de (4)-233-(1) pages.

Reliure plein maroquin brique janséniste doublé de maroquin bronze avec décor mosaïqué en écoinçons, filets dorés, première garde de soie brochée multicolore à décor floral, deuxième garde de papier peigne, tranches dorées sur témoins, couverture illustrée par Riou conservée (reliure de l'époque signée MARIUS-MICHEL). Exemplaire en parfait état.


ÉDITION ORIGINALE. UN DES 100 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE.

Il a été tiré de cet ouvrage 5 exemplaires sur Japon vendus 20 francs et 100 exemplaires sur Hollande vendus 8 francs.

Notre exemplaire était catalogué au Bulletin de la librairie ancienne Morgand sous le n°28.229 en novembre 1896 et coté 120 francs or. On le retrouve dans le même catalogue sous le n°31.545 en février 1898 coté au rabais à 80 francs. Il est ainsi intéressant de constater que les éditions originales de Maupassant, fussent-elles reliées par le maître Marius-Michel, peinaient à se vendre à la fin du XIXe siècle.

C'est une très belle et rare réunion bibliophilique que nous proposons avec cette exemplaire : une édition originale de Maupassant sur grand papier habillée d'une somptueuse reliure doublée mosaïquée de Marius-Michel.


Son aversion naturelle pour la société a porté Maupassant vers la retraite, la solitude et la méditation. Il voyagea longuement en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, en Sicile, en Auvergne et chaque voyage était pour lui synonyme de volume nouveau. La vie errante raconte l’un de ses voyages. Ce livre est aussi connu sous le nom de Récits d’Afrique.

"J’ai quitté Paris et même la France, parce que la tour Eiffel finissait par m’ennuyer trop. Non seulement on la voyait de partout, mais on la trouvait partout, faite de toutes les matières connues, exposée à toutes les vitres, cauchemar inévitable et torturant. Ce n’est pas elle uniquement d’ailleurs qui m’a donné une irrésistible envie de vivre seul pendant quelque temps, mais tout ce qu’on a fait autour d’elle, dedans, dessus, aux environs. Comment tous les journaux vraiment ont-ils osé nous parler d’architecture nouvelle à propos de cette carcasse métallique, car l’architecture, le plus incompris et le plus oublié des arts aujourd’hui, en est peut-être aussi le plus esthétique, le plus mystérieux et le plus nourri d’idées ?" (extrait de Lassitude, premier chapitre de La vie errante).

"En Algérie et dans le Sahara algérien, toutes les femmes, celles des villes comme celles des tribus, sont vêtues de blanc. En Tunisie, au contraire, celles des cités sont enveloppées de la tête aux pieds en des voiles de mousseline noire qui en font d’étranges apparitions dans les rues si claires des petites villes du sud, et celles des campagnes sont habillées avec des robes gros bleu d’un gracieux et grand effet, qui leur donne une allure encore plus biblique. (...) Sur cette terre amollissante et tiède, si captivante que la légende des Lotophages y est née dans l'île de Djerba, l'air est plus savoureux que partout, le soleil plus chaud, le jour plus clair, mais le cœur ne sait pas aimer. Les femmes belles et ardentes, sont ignorantes de nos tendresses. Leur âme simple reste étrangère aux émotions sentimentales, et leurs baisers, dit-on, n'enfantent point le rêve." (vers Kairouan, septième chapitre de la vie errante).

"Les femmes musulmanes peuvent entrer comme les hommes, mais elles ne viennent presque jamais. Dieu est trop loin, trop haut, trop imposant pour elles. On n’oserait pas lui raconter tous les soucis, lui confier toutes les peines, lui demander tous les menus services, les menues consolations, les menus secours contre la famille, contre le mari, contre les enfants, dont ont besoin les coeurs de femme. Il faut un intermédiaire plus humble entre lui si grand et elles si petites." (d'Alger à Tunis, cinquième chapitre de la vie errante).

Référence : Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V-622 ; Morgand, Bulletin de la librairie, n°28.229 (ex. cité coté 120 francs or - novembre 1896).


MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE DE CE LIVRE IMPORTANT ENTRE RÉCIT EXOTIQUE ET AUTOBIOGRAPHIE.
EXEMPLAIRE DE CHOIX.
VENDU

lundi 12 décembre 2011

La plus belle édition ancienne de l'unique recueil de poésies de Guy de Maupassant : Des Vers (1884). Edition tirée à petit nombre avec portrait.



MAUPASSANT Guy de
DES VERS.

Paris, Victor Havard, 1884

1 volume in-18 (17 x 11 cm) de (4)-VII-(1)-209-(4) pages. Portrait de l'auteur dessiné et gravé à l'eau-forte en frontispice par Le Rat.

Reliure demi-maroquin bleu nuit à larges coins, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée, autres tranches ébarbées (reliure de l'époque signée VISINAND). Exemplaire en excellent état de conservation, à noter un petit travail de vers peu visible à l'extrémité de la coiffe inférieure. Intérieur parfait. Les couvertures de brochage n'ont pas été conservées.


NOUVELLE ÉDITION DITE "ÉDITION DE LUXE VICTOR HAVARD" ou "VÉRITABLE SECONDE ÉDITION".

L'histoire de cette édition est trop passionnante pour être passée sous silence ici. La première édition de Des vers est mise en vente dès le 27 avril 1880. Elle parait sous la célèbre couverture jaune de l'éditeur Charpentier. Banville qui en avait alors reçu un exemplaire sur chine (le seul ?) donne un compte-rendu élogieux dans le National du 10 mai 1880. Le recueil de Maupassant est dédié à son ami Gustave Flaubert : "A Gustave Flaubert, à l'illustre et paternel ami que j'aime de toute ma tendresse, à l'irréprochable maître que j'admire avant tous." Dès la troisième édition, le volume s'ouvre avec une lettre de Flaubert à son "cher bonhomme" datée du Croisset, le 19 février 1880 (lettre extraite du Gaulois à cette date). La critique est très bonne dans l'ensemble mais cet ouvrage ne sera jamais le succès de librairie qu'on a parfois dit. Avant le 23 mai 1880 soit moins d'un mois avant la première mise en vente l'éditeur Charpentier décide de remplacer les couvertures des volumes alors invendus avec la mention de seconde édition. Une "véritable seconde édition" parait en juillet de la même année, et enfin une "troisième édition" parait en novembre 1880 (première édition avec la Lettre de Flaubert). Depuis le départ, Maupassant souhaitait vivement qu'il soit fait une édition de luxe de ses poésies. Avec l'édition Charpentier, ce n'était pas le cas. Alors qu'en décembre 1884 Charpentier annonce le "3e mille" seulement, Maupassant est entre temps passé chez le concurrent, Victor Havard qui il avait donné la Maison Tellier en 1881. Maupassant ayant menacé Charpentier de faire éditer Des vers en édition de luxe chez un autre, ce dernier consent puis finalement renonce. Havard propose 1.500 francs à Maupassant pour un tirage à 1.500 exemplaires (courrier du 7 février 1884). Maupassant, perfectionniste, décide de revoir l'édition Charpentier. Havard qui n'avait pas bien réfléchit à toutes les dépenses qu'entrainerait cette réédition de luxe voulue par Maupassant, laisse pourrir la situation, puis annonce finalement que le livre paraitra au 1er mai 1884. Le volume tant attendu par Maupassant sera finalement imprimé pour être mis en vente le 31 mai 1884. C'est bien une édition de luxe, ornée d'un portrait de l'auteur par Le Rat et d'ornements gravés sur bois (bandeaux et culs-de-lampe) par Frédéric Régamey. Le volume reprend la Lettre de Flaubert, sans la note qui l'accompagnait (comme dans la 3e édition Charpentier) et la totalité des titres des éditions antérieures. Le volume sort des presses de Charles Unsiger avec un achevé d'imprimer en date du 20 mai 1884. L'imprimeur dut agir un peu précipitamment sur les sollicitations de l'éditeur Victor Havard lui-même pressé par Maupassant. Malgré le soin apporté à cette impression, il reste des coquilles dénaturant le texte. Ce nouveau volume contient quelques variantes par rapport aux éditions précédentes mais pas autant que Maupassant aurait voulu. Son exemplaire corrigé ayant été détruit dans l'incendie de la Maison Charpentier. Il a été tiré à petit nombre d'exemplaires. Le tirage courant, sans doute de 1.500 exemplaires, comme convenu, est sur papier vélin teinté (notre exemplaire). Il a par ailleurs été fait un tirage de grand luxe à 100 exemplaires numérotés, comme suit : 10 japon, 20 chine, 20 whatman et 50 hollande. Maupassant meurt en 1893. C'est en 1899 que la dernière édition séparée posthume de Des vers fut donnée par Ollendorff qui avait racheté les droits d'Havard sur d'autres textes de Maupassant (La Maison Tellier, 1891). Cette édition de 1899 est en tout point identique à celle de 1884 donnée par Havard à l'exception de la mention "nouvelle édition" indiquant le changement de propriétaire des droits. C'est ainsi l'édition de 1884 qui sert d'édition de référence pour les rééditions critiques modernes.


C'est le seul recueil de poésies publié par Guy de Maupassant. Ses autres poèmes - pièces de circonstance ou poèmes érotiques - ont paru dans des revues ou en appendice d'ouvrages critiques.


Voici le compte-rendu analytique qui en est fait dans la revue bibliographique "Le Livre" dirigée par Octave Uzanne : "Parmi les nombreux lecteurs qui connaissent les oeuvres en prose de Guy de Maupassant, il en est qui ignorent que l'auteur de la Maison Tellier, d'Une vie, etc., etc., est un poète d'une personnalité exceptionnelle et que le début du prosateur dans la vie littéraire fut un volume de poésie, devenu une véritable rareté. On y retrouve toutes les qualités qui ont si rapidement répandu le nom de Maupassant, en même temps qu'une note très curieuse dans la manière de comprendre la poésie moderne. Certainement le poète, qui a simplement intitulé son volumes, Des vers, n'appartient à aucune école et ne peut être classé ni parmi les parnassiens, ni parmi les romantiques, ni parmi les classiques. Avant tout sa muse est humaine, toute vibrante de désirs inassouvis et de passions assouvies. Ce qui s'en dégage, c'est l'odeur de la vie chaude, c'est l'odeur forte et passionnante de la femme, c'est la palpitation terrible de l'amour renaissant. Oeuvre de jeunesse féconde, d'ardeurs renaissantes ; il faut relire ces pages enflammées, ces vers pénétrants : la soif d'aimer gonfle éperdument le sein des amoureuses et les flancs robustes des amoureux ; c'est l'hymne de la passion charnelle avec des envolements superbes vers la nature et des appels continus au bonheur par la possession. Il faudrai citer les unes après les autres ces pièces écrites avec un soin jaloux de la phrase et du mot ; les amoureux des lettres comme les amoureux du livre s'empresseront de donner dans leur bibliothèque une place de choix à ce charmant volume, que décore un saisissant portrait de l'auteur, gravé par Le Rat, et dont chaque pièce de vers est ornée de fleurons et de culs-de-lampe dus à Frédéric Régamey, qui s'est inspiré de l'ornementation raffinée de l'art japonais." (article signé des initiales G. T. dans le n°56 - 10 août 1884 - Le Livre, Bibliographie moderne, p. 504)


BEL EXEMPLAIRE PARFAITEMENT ÉTABLI A L’ÉPOQUE PAR VISINAND.

VENDU

vendredi 9 décembre 2011

Les vrayes centuries de Nostradamus de l'édition de 1668 en maroquin rouge ancien. Très bel exemplaire. Très rare dans cette condition.



NOSTRADAMUS, Michel de NOSTREDAME dit

LES VRAYES CENTURIES ET PROPHÉTIES DE MAISTRE MICHEL NOSTRADAMUS.

A Amsterdam, chez Jean Jansson à Waesberge & la veuve de feu Elizée Weyerstraet, l'an 1668.

1 volume in-12 (130 x 78 mm - Hauteur des marges : 126 mm) de (30)-158 pages. Les pages préliminaires non chiffrées comprennent le très joli frontispice gravé à l'eau-forte, la page de titre, l'avertissement au lecteur, le portrait de Nostradamus imprimé au verso du dernier feuillet de l'épître, la vie de Nostradamus, une longue épître de Nostradamus à Henri II Roi de France (27 juin 1558). Le reste du volume contient les XII centuries ainsi que les Présages de 1555 et autres prédictions "pour les ans courans en ce siècle".

Reliure plein maroquin vieux rouge, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées sur marbrure (reliure de la seconde moitié du XVIIIe siècle, vers 1770-1780 ?). Très jolie reliure en maroquin très bien conservée. L'extrémité des coins a été habilement restaurée. Intérieur frais. Marges confortables.


ÉDITION RARE ET RECHERCHÉE DONNÉE PAR LES ELZÉVIER.

"C'est un des plus jolis volumes de la Collection des Elzévier" (Catalogue Morgand)

Le frontispice représente l'incendie de Londres de 1666 et le supplice de Charles Ier en 1649. L'année 1668 n'a pas été choisie au hasard par les éditeurs hollandais : c'est le centenaire des éditions complètes des Prophéties. On a reconnu alors ces deux évènements dans le fameux vers 2 du quatrain IX 47, et dans les quatrains 51 et 53 de la deuxième centurie. Cette édition est de plus ornée d'un très-joli portrait en pied de Nostradamus (compris dans la pagination).


Ce volume a réellement été imprimé par Jansson mais on le joint à la collection des Elzévier.

C'est sans conteste l'édition la plus recherchée par les bibliophiles depuis le XVIIIe siècle. Les beaux exemplaires en reliures anciennes sont très rares.


Localisation de quelques exemplaires remarquables : Bulletin de la Librairie Morgand, n°4.271 (ex. également en maroquin ancien - 131 mm - coté 250 francs or en octobre 1878) ; Bulletin de la Librairie Morgand, n°5.081 (ex. en maroquin du XIXe s. de Capé - 128 1/2 mm - coté 200 francs or en juin 1879) ; Bulletin de la Librairie Morgand, n°41.021 (ex. en vélin d'époque - hauteur des marges non précisée - coté 40 francs or en juin 1901) ; Bulletin de la Librairie Morgand, n°41.667 (ex. en maroquin du XIXe s. de Lortic, riche reliure décorée et doublée de maroquin - grand de marges (non précisées) - coté 350 francs or en décembre 1901) ; la plupart des grands bibliophiles du XIXe siècle en possédait un exemplaire dans leur collection, mais presque toujours reliés à nouveau par les grands noms de l'époque qu'étaient Duru, Capé, Lortic, etc. Les exemplaires répertoriés en maroquin ancien du XVIIIe siècle ou avant, se comptent sur les doigts d'une main. A titre d'exemples, l'exemplaire Yemeniz était relié par Trautz-Bauzonnet, l'exemplaire Pixérécourt était relié par Bauzonnet, l'exemplaire de Viollet le Duc était en maroquin bleu gaufré de la première moitié du XIXe s., l'exemplaire Solar également en maroquin rouge du XIXe s., l'exemplaire James de Rothschild était relié par Trautz-Bauzonnet, maroquin doublé (n°214) ; nous avons localisé un exemplaire en maroquin de Derome (Catalogue Delion, 30 mars 1863 - 95 francs or). Un exemplaire en maroquin ancien (?) avait atteint le prix conséquent de 91 francs à la vente Labédoyère en 1839.

Provenance : exemplaire de la bibliothèque de Mme la Baronne de Haller avec sa signature autographe au verso de la garde blanche, avec la date 1789. Une autre signature difficile à déchiffrer sur une garde à la fin du volume (écriture ancienne).

Références : Willems, n°1797 ; Chomarat, 246 ; Benazra, p. 241

TRÈS BEL EXEMPLAIRE DE CETTE ÉDITION DE NOSTRADAMUS TOUJOURS TRÈS RECHERCHÉE EN MAROQUIN ANCIEN.

EXEMPLAIRE DE CHOIX.

VENDU

Les Contes drolatiques illustrés par Gustave Doré mis en lumière par Honoré de Balzac. Premier tirage de cette extravagante illustration.



BALZAC Honoré de

LES CONTES DROLATIQUES COLLIGEZ EZ ABBAYES DE TOURAINE et mis en lumière par le sieur DE BALZAC pour l'esbattement des pantagruelistes et non aultres. Cinquiesme édition illustrée de 425 dessins par Gustave Doré.

Se trouve à Paris, ez bureaux de la Société Générale de Librairie, rue de Richelieu, 92. 1855. [imprimé par Bénard et Cie - ancienne maison Lacrampe].

1 fort volume in-8 (21 x 14 cm) de XXXII-614-(1) pages.


Reliure demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée, non rogné (ébarbé) pour les autres tranches (reliure de l'époque). Reliure en excellent état avec seulement quelques très légères traces d'usage, intérieur frais avec les rousseurs habituelles inhérentes à cette édition (certains feuillets présentent des rousseurs marquées tandis que d'autres en sont dépourvus), le papier est un beau papier vélin blanc. La couverture beige imprimée du brochage n'a pas été conservée.

PREMIER TIRAGE DU CHEF D’ŒUVRE D'ILLUSTRATION DE GUSTAVE DORÉ.

EXEMPLAIRE COMPORTANT UNE SEULE REMARQUE DE TOUT PREMIER TIRAGE
(selon Carteret).

Édition appréciée et recherchée des amateurs pour son format agréable et la qualité de son illustration variée et abondante. 425 compositions, vignettes et grands bois compris dans la pagination. Elle fut revue sur les manuscrits de l'auteur et contient ses corrections après une révision très utile concernant la langue française des XVe et XVIe siècles dont se chargea M. Paul Lacroix, le Bibliophile Jacob. Cette édition, en effet, ne vit le jour qu'après la mort de Balzac. Carteret précise que cette édition n'eut finalement qu'assez peu de succès au moment de sa sortie. Les 10.000 exemplaires de la première édition furent longs à écouler et remis en vente par Delahays, au rabais (6 francs au lieu de 12 francs), avec de nouvelles couvertures et de nouveaux titres à la date de 1857. En fait, contrairement à ce qui est annoncé sur le titre, il s'agit de la quatrième édition de ce texte et non la cinquième.


M. Carteret indique quelques remarques de premier tirage. Notre exemplaire a la page XXI paginée XX. Cependant il ne possède que cette remarque de premier tirage. Ces variantes de tirage, effectuées sous presse au moment de la première impression de l'ouvrage, ne sont pas significatives de la valeur des exemplaires comme le souligne M. Carteret.

Référence : L. Carteret, Trésor du Bibliophile romantique et moderne, 1801-1875, tome 3, pp. 48-52. Paris, Léopold Carteret, 1927.


BEL EXEMPLAIRE DANS SA PREMIÈRE RELIURE DE L’ÉPOQUE TRÈS BIEN CONSERVÉE.
VENDU

jeudi 8 décembre 2011

Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos illustrées par Monnet et Fragonard fils (1796-1812). Papier vélin avec les figures avant la lettre.



CHODERLOS DE LACLOS Pierre Ambroise François

LES LIAISONS DANGEREUSES. Lettres recueillies dans une société, et publiées pour l'instruction de quelques autres. Par C*** de L***. "J'ai vu les mœurs de mon temps, et j'ai publié ces lettres." J. J. Rousseau, Préface de la Nouvelle Héloïse.

Londres, s.n., 1796 [i.e. vers 1812].

2 volumes in-8 (210 x 135 mm - Hauteur des marges : 205 mm) de 415 et (2)-398 pages.

Reliure plein veau blond glacé, dos à nerfs orné, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, jeu de roulette et filet doré en encadrement intérieur des plats, pièce de titre de maroquin rouge, tomaison de maroquin noir, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées (reliure postérieure, vers 1880, signé PETIT SUCC(esseu)R. DE SIMIER). Reliures présentant quelques défauts d'usage (coins et coiffes frottés, petits accrocs et épidermures à quelques endroits, deux petits travaux de vers aux mors et petites fentes aux mors, reliure néanmoins solides et décoratives. Intérieur très frais avec quelques rousseurs claires pour l'essentiel au début et à la fin de chaque volume.


TRÈS BELLE CONTREFAÇON TROMPEUSE OU RÉIMPRESSION PUBLIÉE VERS 1812, EXÉCUTÉE A L'IDENTIQUE DE LA TRÈS RARE ET TRÈS RECHERCHÉE EDITION DE 1796.

Cette édition a le même nombre de pages, la même disposition du texte et des gravures que l'édition de 1796. Elle s'en distingue cependant par quelques détails : on la reconnait au trait ondulé placé sous la date. Le titre est en sept lignes et non en huit. Pour cette réimpression les planches furent retouchées par Delvaux (de là les lettres R. p. D. qu'on observe, en caractères très fins, sur certaines figures.

Cohen précise dans sa notice (Manuel de l'amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, col. 235-237, éd. Librairie A. Rouquette, 1912) qu'il existe de cette contrefaçon des exemplaires sur papier ordinaire et sur papier vélin : ces derniers contiennent des figures avant la lettre mais tirées après coup, avec des caches et en grattant les numéros ; ces figures ne sont pas, comme dans la première édition de 1796, accompagnées de feuillets de papier de soie portant la légende imprimée.


CELUI-CI, UN DES QUELQUES EXEMPLAIRES SUR PAPIER VÉLIN AVEC FIGURES AVANT LA LETTRE.

L'illustration se compose de 1 frontispice et 7 figures pour le tome premier et de 1 frontispice et 6 figures pour le tome second. Notre exemplaire contient en outre un portrait-frontispice de l'auteur d'après Carmontelle et gravé par Morel (qui ne se trouve pas habituellement dans cette édition). En tout, 1 portrait (ajouté), 2 frontispices et 13 figures par Monnet, Mlle Gérard et Fragonard fils, gravées par Bacquoy, Duplessi-Bertaux, Dupréel, Godefroy, Langlois, Lemire, Lingée, Masquelier, Patas, Pauquet, Simonet et Trière (et retouchées ici par Delvaux).

"Bible du libertinage pour certains, le livre s'impose surtout comme chef-d’œuvre du roman d'analyse, comme un des romans les plus abstraits et les plus intelligents. Aussi l'audace des Liaisons Dangereuses ne consiste-t-elle ni dans la débauche facile au langage cru, ni dans la perversité au premier degré ou la jouissance de faire le mal propre à Sade, mais dans l'art de dire ou plutôt de l'écrire pour un connaisseur admiratif et un peu vexé, placé en position de voyeur comme le lecteur" (Laurent Versini, BnF, En français dans le texte , n° 174).

Ce roman épistolaire retrace les aventures amoureuses de la marquise de Merteuil et de son ancien amant, le vicomte de Valmont. La marquise, voulant se venger d’un amant infidèle alors promis à la fille d’une cousine, Cécile de Volanges, fait en sorte que le Vicomte déshonore cette dernière avant le mariage. Ce que le Vicomte accomplit, alors même qu’il tente de séduire une femme reconnue pour sa vertu : la présidente de Tourvel. Celle-ci tente de rester fidèle à son époux mais le Vicomte parvient à la piéger pour la faire mourir d’amour. Cécile de Volanges, quant à elle, est amoureuse du chevalier Danceny, son maître de solfège. Mais, la marquise de Merteuil le prend pour amant, par toutes sortes d'intrigues. Elle provoque ainsi un duel entre le Vicomte de Valmont, qui cherche à retrouver ses faveurs - déstabilisé par ses mésaventures dues à Cécile de Volanges et Tourvel -, et le jeune chevalier Danceny, qui parviendra à tuer le Vicomte, tourmenté de regrets d’avoir condamné la présidente de Tourvel. Il remet alors au chevalier toute la correspondance qu’il a tenue avec la marquise de Merteuil afin que celle-ci soit révélée non comme une femme des plus vertueuses de tout Paris, ainsi qu'elle le laissait croire, mais comme une dangereuse intrigante.

Référence : Cohen, Manuel de l'amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, col. 235-237, éd. Librairie A. Rouquette, 1912


TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CETTE JOLIE RÉIMPRESSION QUI RIVALISE ICI AVEC LA PREMIÈRE AVEC LES FIGURES AVANT LA LETTRE ET UN BEAU TIRAGE SUR PAPIER VÉLIN.

VENDU

dimanche 4 décembre 2011

Manon Lescaut ou Suite des Mémoires et Aventures d'un Homme de qualité (1733) par l'Abbé Prévost. Superbe exemplaire en maroquin décoré de F. Bedford



Antoine François PRÉVOST, dit Prévost d’Exiles ou l'Abbé PRÉVOST

[HISTOIRE DU CHEVALIER DES GRIEUX ET DE MANON LESCAUT] SUITE DES MÉMOIRES ET AVENTURES D'UN HOMME DE QUALITÉ, QUI S'EST RETIRE DU MONDE.


A Amsterdam, Aux dépens de la Compagnie [Rouen ?], 1733

2 parties en 1 volume grand in-12 (168 x 100 mm - Hauteur des marges : 164 mm) de (15)-469 pages. Pagination continue entre les deux parties (la seconde partie commence à la page 269 et est précédée d'un faux-titre qui n'est pas compris dans la pagination).

Reliure plein maroquin rouge, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées (reliure anglaise du milieu du XIXe siècle signée F. BEDFORD). Exemplaire à l'état proche du neuf tant au niveau de la reliure que de l'intérieur. Rares rousseurs. Exemplaire grand de marges.


ÉDITION QUI A ÉTÉ LONGTEMPS CONSIDÉRÉE COMME ÉTANT L’ÉDITION ORIGINALE DE MANON LESCAUT A TEL POINT QUE DE NOMBREUX AMATEURS DU XIXe SIÈCLE L'ONT FAIT RICHEMENT RELIÉE.

C'est H. Harrisse qui démontre pour la première fois que cette impression de 1733 n'est pas la première de Manon Lescaut. Il dénombre trois impressions similaires de ce texte pour cette année 1733. La seconde, en 469 pages, avec le fleuron de titre gravé sur bois, comporte le titre de départ de chaque partie sur trois lignes seulement. Ce tirage contient la faute d'impression à la page 220 "Je souffrais mortellement dans Manon" (ligne 1 et 2) au lieu de "Je souffrais mortellement sans Manon". Même si Harrisse qualifie cette impression de "mauvaise contrefaçon" il s'agit bien ici de la première édition séparée de Manon Lescaut et la première à avoir réellement attiré l'attention du public. Harrisse nous dit que c'est pendant l'été de 1733 qu'un imprimeur de Rouen (d'après Lenglet-Dufresnoy) fit une édition du fameux tome VII des Mémoires d'un homme de qualité précédemment publiés en 1731. Les six premiers volumes des Mémoires d'un homme de qualité furent réimprimés entre 1731 et 1732, à chaque fois pourtant, sans jamais avoir joint l'histoire de Manon Lescaut qui formait le dernier volume.


Le 21 juin 1733 le Journal de la Cour de Paris écrit : "Il parait depuis quelques jours un nouveau volumes des Mémoires d'un homme de qualité. Ce livre est écrit avec tant d'art et d'une façon si intéressante, que l'on voit les honnêtes gens s'attendrir en faveur d'un escroc et d'une catin." Le livre est saisi et condamné à être brûlé le 5 octobre de la même année.

A noter que dans cette édition, l'épître de l'auteur avait déjà été publiée en 1731 mais se trouve ici considérablement remaniée.

La valeur bibliophilique de cette "fausse édition originale" a attisé la convoitise des plus grands bibliophiles au cours du XIXe siècle. Ainsi l'on retrouve cette édition de 1733 dans presque toutes les grandes bibliothèques : notamment celle du Baron Pichon et de Rotschild, n°1556 (exemplaire relié sur brochure (180 mm) en maroquin bleu par Trautz-Bauzonnet) ; De même le libraire Morgand listait plusieurs exemplaires de choix dans son bulletin (n°1911 - mars avril 1876 - coté 150 francs en maroquin vert de Hardy ; n°15125 - janvier 1888 - coté 250 francs en maroquin de Trautz-Bauzonnet). En 1874, le libraire Auguste Fontaine désigne un exemplaire de cette même édition de 1733 comme "édition originale" (n°1919 - exemplaire relié en veau brun de l'époque et coté 300 francs).

Curieusement notre exemplaire ne contient aucune marque d'appartenance. Il a été finement relié par l'excellent relieur anglais Francis Bedfort, vers 1850-1860. Cependant nous en retrouvons la trace en 1897 et 1904, date auxquelles il fut proposé aux enchères. On sait que le Duc d'Aumale (1822-1897), fervent bibliophile amateur d'éditions rares, affectionnait particulièrement le travail du relieur anglais Francis Bedford qu'il avait rencontré à Londres pendant son premier exil entre 1848 et 1871, période qu'il mit à profit pour augmenter sa collection de livres.


Sachant que M. Harrisse dévoile son opinion sur cette édition dès 1877 dans sa Bibliographie de Manon Lescaut, on peut dire sans se tromper que ce volume, pris à l'époque pour l'édition originale, fut relié avant cette date pour un bibliophile exigeant de l'époque. Le Duc d'Aumale quant à lui en possédait un exemplaire aussi relié en maroquin rouge de Thompson (reliure anglaise), exemplaire qui provenait de la vente Solar (1860).

A propos de cet ouvrage, Montesquieu écrit en 1734 : « J’ai lu le 6 avril 1734, Manon Lescaut (...) Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon, et l’héroïne, une catin qui est menée à la Salpétrière, plaise ; parce que toutes les mauvaises actions du héros, le chevalier des Grieux, ont pour motif l’amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse. ».

"Manon Lescaut a laissé une trace durable dans la littérature française. Peu de romans n’ont été aussi loués et aussi critiqués que ce chef-d’œuvre rempli de passion, de douleur et d’amour. Le drame touchant vécu par le « fripon » des Grieux et la « catin » Manon parvient à éviter la réprobation des lecteurs grâce au caractère admirable qui caractérise les passions dans ce court récit si naturel et si vraisemblable qui se déroule avec une rapidité qui tranche avec le reste de l’œuvre de Prévost. L’intrigue de cette histoire remplie de variété et de mouvement sur fond unique de délire et d’amour se développe et s’enchaîne dans un ordre logique et naturel qui donne à chaque nouvel épisode son impression d’authenticité et de vraisemblance. Les deux héros sont présentés avec une netteté lumineuse : séduisants, jeunes et amoureux à outrance, ils se précipitent tête baissée dans leur passion sans jamais paraître rien perdre de leur grâce, de leur beauté et de leur esprit. Leur jeunesse et leur innocence ne semblent jamais atteintes par la fange de l’échelle sociale au bas de laquelle se passe une bonne partie de leur histoire. Passant tour à tour, et du jour au lendemain, de la misère à la fortune, du boudoir à la prison, de Paris à la déportation, de l’exil à la mort, des Grieux et Manon n’ont qu’une excuse : l’amour, ce sentiment qui fait oublier que tous deux mentent et volent, que le premier triche et tue ou que la seconde se prostitue. C’est également la conscience de ce sentiment qui permet au lecteur de prendre en pitié la faiblesse et les inconséquences de des Grieux, ce héros tout à la fois si humain et si démuni face à la tentation amoureuse. L’amour, dans Manon Lescaut, est une passion qui se révèle brusquement et qu’il serait vain de chercher à surmonter. De même, dans cette narration où le fourmillement d’incidents romanesques révèle un souci de la réalité dans ses plus petits détails, le réalisme ne dispute pourtant jamais à l’idéalisme. En dépit de leur caractère éminemment romanesque, les événements de Manon Lescaut ne paraissent jamais enfreindre la vraisemblance comme, par exemple, lorsque des Grieux saisit avec quelle facilité les résolutions les plus fermes s’évanouissent devant le regard d’une femme. La structure psychologique des héros obéit à cette règle : des Grieux réunit en lui une incroyable naïveté et un cynisme grossier tandis que Manon est un esprit pratique doué de bon sens et d’une extraordinaire insouciance. Le commerce de sa personne qu’elle fera, dès que l’argent viendra à manquer au couple, est une fatalité que rien ne peut infléchir car son bien être matériel est une nécessité qui ne saurait souffrir d’entraves. Mais Manon revient toujours à des Grieux, comme il revient à elle, après ses intervalles de retour à ses études et à la théologie. Le chef-d’œuvre littéraire de Manon Lescaut finit par naître de la somme des imperfections de des Grieux et de Manon lorsque la vérité de la passion de leurs caractères devient la personnification littéraire de l’amour, fatal et misérable pour l’un, inconstant et frivole pour l’autre mais d’un amour qui finit par trouver, sous le coup du malheur, sa rédemption dans un sentiment sincère et profond inévitablement voué à trouver son dénouement dans la mort." (in Article Manon Lescaut, Wikipedia, section Analyse).



SUPERBE EXEMPLAIRE, PARFAITEMENT ÉTABLI EN MAROQUIN AU XIXe SIÈCLE PAR F. BEDFORD, DE CETTE ÉDITION IMPORTANTE DE MANON LESCAUT, CHEF D’ŒUVRE REMPLI "DE PASSIONS, DE DOULEUR ET D'AMOUR."

VENDU

jeudi 1 décembre 2011

Magnifique reliure Art Nouveau signée H. Blanchetière sur les Scènes de la vie de Bohème de Henry Murger (1902). Superbe édition illustrée par Léandre



MAGNIFIQUE SPÉCIMEN DE RELIURE MOSAÏQUÉE ART NOUVEAU SIGNÉE HENRI BLANCHETIÈRE.

MURGER, Henry - LÉANDRE, Charles, illustrateur

SCÈNES DE LA VIE DE BOHÈME, compositions de Charles Léandre gravées en couleurs par Eug. Decisy.

Paris, Librairie de la Collection des Dix, A. Romagnol, éditeur, 1902.

1 fort volume grand in-8 (27,5 x 19 cm) de XII-414-(2) pages et prospectus et décomposition d'une planche à la fin.


Reliure plein maroquin brun entièrement décoré sur les plats et le dos de compositions de fleurs d'iris et filets mosaïqué d'encadrement, avec cinq teintes de cuir, fers dorés spéciaux dans les angles des plats rappelant "la bohème", double-filet doré en encadrement des plats, auteur, titre et millésime dorés au dos, double-filet doré sur les coupes, encadrement intérieur du même maroquin mosaïqué de petites fleurs et feuilles, doublure et première garde de soie brochée, seconde garde de papier décoré, tranches dorées sur brochure, couvertures et dos du brochage conservés en parfait état (reliure de l'époque signée BLANCHETIÈRE en lettres dorées en pied du dos). Reliure à l'état proche du neuf et d'une incroyable beauté "Art Nouveau". Intérieur très frais, à noter cependant quelques rousseurs ponctuelles et quelques décharges sur les pages en regard des gravures non protégées. une tache rousse probablement due à une ancienne mouillure atteint la marge basse de quatre feuillets, sans aucune gravité.


NOUVELLE ÉDITION ILLUSTRÉE. UN DES 200 EXEMPLAIRES SUR PAPIER VÉLIN D'ARCHES, COMPRENANT L’ÉTAT TERMINÉ AVEC LETTRE DE TOUTES LES ILLUSTRATIONS, ET LA DÉCOMPOSITION DES COULEURS D'UNE PLANCHE.

LE TIRAGE TOTAL EST DE 300 EXEMPLAIRES.

Les Scènes de la vie de Bohême a paru pour la première fois en 1851. Murger définit la Bohème comme constituée par des artistes, essentiellement pauvres, dont les antécédents se trouvent jusque dans l'antiquité grecque et dont l'histoire comprend les noms les plus illustres. Ce sont des artistes vagabonds (en ce sens des bohémiens). Murger exclut les filous et les assassins de la Bohème. Est bohème « tout homme qui entre dans les arts sans autre moyen d'existence que l'art lui-même ». La Bohème est un état social transitoire qui peut déboucher aussi bien sur la reconnaissance (« l'Académie ») que sur la maladie (« l'Hôtel Dieu ») ou la mort (« la Morgue »). La Bohème n'est possible, pour Murger, qu'à Paris (elle n'est pas possible en province). La fin de la vie de Bohème correspond à la fin de la jeunesse. Elle peut se terminer par la mort ou par la réussite. La réussite (la bourgeoisie) est une façon de continuer sa vie dans l'apostasie de l'idéal de jeunesse suivant le principe : plutôt renier la Bohème qu'y mourir. Telle serait en définitive la morale du livre. (Loïc Chotard, Approches du XIXe siècle, p. 211)


Bien que les Scènes de la vie de bohème soient communément considérées comme un roman, elles n'en suivent pas la forme. Elles sont une suite d'histoires publiées sous forme de feuilleton. Le cadre en est la quartier latin de Paris dans les années 1840. La plupart des scènes furent publiées de façon indépendante par Henri Murger dans la revue littéraire Le Corsaire. Leur forme est en partie autobiographique. Elles mettent en scène des individus ayant réellement existé et qui pouvaient être familiers des lecteurs de cette revue.


MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE EN RELIURE MOSAÏQUÉE TYPIQUEMENT ART NOUVEAU SIGNÉE PAR HENRI BLANCHETIÈRE DE L'UNE DES PLUS BELLES ÉDITIONS DE CE TEXTE.

VENDU

Liens vers d'autres livres

Related Posts with Thumbnails