dimanche 24 novembre 2013

Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire. Préface de Louis Aragon (1948). Exemplaire enrichi à l'époque de 5 lithographies érotiques coloriées au pastel et au crayon. Tirage à petit nombre. Rare.



Guillaume APOLLINAIRE / Louis ARAGON

LES ONZE MILLE VERGES.

En Hollande, MCMXLVIII [achevé d'imprimer en octobre 1948]

1 volume in-8 (19,5 x 13 cm), broché, couverture beige imprimée en noir et rouge, 164-(1) pages. 5 lithographies libres hors-texte au format exact du volume, ajoutées (coloriées au pastel et au crayon de couleurs à l'époque). Exemplaire non coupé (jamais lu). Quelques légères traces à la couverture. Très frais.


ÉDITION A PETIT NOMBRE.

Cette édition comporte la préface d'Aragon.


Référence : Dutel, 2112 (cette édition publiée au début des années 1950 n'est pas illustrée et a été imprimée à petit nombre sur Alfa-mousse ; Pia, 1054

Les Onze Mille Verges ou les Amours d'un hospodar est un roman pornographique de Guillaume Apollinaire (le plus connu de l'auteur), publié en 1907 et simplement signé de ses initiales (« G. A. »). Il relate l'histoire fictive du prince roumain Mony Vibescu, dans un périple qui le mène de Bucarest à Paris, puis dans l'Europe entière et finalement à Port-Arthur (en Chine), où il meurt flagellé par un corps d'armée, accomplissant ainsi sa destinée pour avoir failli à un serment : « Si je vous tenais dans un lit, vingt fois de suite je vous prouverais ma passion. Que les onze mille vierges ou même les onze mille verges me châtient si je mens ! » Les pérégrinations du héros sont ponctuées de scènes notablement crues, où Apollinaire explore toutes les facettes de la sexualité avec une volonté évidente d'éclectisme : sadisme alterne avec masochisme, ondinisme et scatophilie avec vampirisme, pédophilie avec gérontophilie et nécrophilie, onanisme avec sexualité de groupe, saphisme avec pédérastie, etc. L'écriture est alerte, l'humour — noir au besoin — constamment présent, et l'ensemble du roman dégage une impression de « joie infernale », qui trouve son apothéose dans la scène finale. La paternité du texte a été longtemps discutée (il n'a jamais été revendiqué explicitement), mais son attribution à l'auteur d’Alcools ne fait aujourd'hui plus de doutes, et Les Onze Mille Verges figure désormais dans les œuvres complètes d'Apollinaire. En 1975, Éric Lipmann en fit une adaptation au cinéma, également titrée Les Onze Mille Verges. (Source Wikipédia)


"Les deux coquines, Toné et Zulmé, enchantées de leur farce, rirent un bon moment, puis, rouges et essoufflées, elles reprirent leur gougnottage en s'embrassant et se léchant devant le prince penaud et stupéfié. Leurs culs se haussaient en cadence, leurs poils se mêlaient, leurs dents claquaient l'une contre l'autre, les satins de leurs seins fermes et palpitants se froissaient mutuellement. Enfin, tordues et gémissant de volupté, elles se mouillèrent réciproquement, tandis que le prince recommençait à bander. Mais les voyant l'une et l'autre si lasses de leur gougnottage, il se tourna vers Mira qui tripotait toujours le vit du vice-consul. Vibescu s'approcha doucement et faisant passer son beau vit dans les grosses fesses de Mira, il l'insinua dans le con entrouvert et humide de la jeune fille qui, dès qu'elle eût senti la tête du nœud qui la pénétrait, donna un coup de cul qui fit pénétrer complètement l'engin. Puis elle continua ses mouvements désordonnés, tandis que d'une main le prince lui branlait le clitoris et que de l'autre il lui chatouillait les nichons." (extrait)


Nous ne savons pas d'où proviennent les 5 lithographies coloriées ajoutées. Elles ajoutent néanmoins à l'intérêt de l'exemplaire (voir photos).

TRÈS BON EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU, AVEC 5 LITHOGRAPHIES ÉROTIQUES COLORIÉES AJOUTÉES.

VENDU


dimanche 17 novembre 2013

Les Sonnets luxurieux de l'Aretin (1907) avec deux suites d'estampes des postures de l'amour illustrant les XVI sonnets érotiques du poète italien. Superbe suite reproduite d'après les aquarelles de Paul Avril. Exemplaire retouché en couleur à l'époque. Bel exemplaire de ce tirage rare à 310 exemplaires.



Pietro ARETINO [L'ARETIN] JULES ROMAIN [DI ROMANO] - Paul AVRIL

LES SONNETS LUXURIEUX DE L'ARETIN. (I SONETTI LUSSURIOSI DI PIETRO ARETINO). Texte italien avec traduction française en regard. Précédés de la Notice et des Commentaires de Isidore Liseux, et publiés pour la première fois avec la suite complète des dessins de Jules Romain, d'après des documents originaux.

Paris, MCMVII [1907]

1 volume in-4 à l'italienne (28,5 x 21,5 cm), VIII-91 pages, sont intercalées deux suites de 16 gravures coloriées à la main. La première suite de 16 photogravures tirées en bistre sur fond teinté, d'après les calques de Giulio di Romano (Jules le Romain) a été redessinée par Amédée Vignola (ancien décorateur du théâtre des ombres du Chat noir de Rodolphe Salis à Montmartre). La deuxième suite de 17 héliogravures tirées en noir et retouchées en couleurs à l'époque est reproduite d'après les aquarelles de Paul Avril (dont 1 frontispice). Les postures amoureuses reproduites sont identiques dans les deux suites. Le texte est imprimé dans un encadrement de portiques imprimé en orange, de même que les héliogravures d'après Paul Avril.

Reliure demi-chagrin vieux rouge à coins, dos à nerfs, tête dorée (reliure moderne). Excellent état.

TIRAGE A 310 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

CELUI-CI, UN DES 300 EXEMPLAIRES SUR PAPIER VÉLIN DE CUVES DES PAPETERIES DE RIVES.


La présente édition n'était pas destinée au commerce et messieurs les libraires étaient prévenus par une note imprimée sous la justification du tirage que ce livre ne devait être ni annoncé, ni exposé, ni vendu dans un lieu public.

Chacune des 16 illustrations montre une posture de l'amour différente. Isidore Liseux avait publié ses Sonnets une première fois en 1882 pour lui et ses amis (imprimés à 100 exemplaires seulement, non illustrés). Un couple debout ; la femme, l'une de ses jambes repliée sur la hanche de l'homme ; l'homme, les mains sur les fesses de la femme - Un couple au lit ; la femme couchée sur le dos, l'une de ses jambes placée sur l'épaule de l'homme. Elle dirige elle-même l'arme virile, de crainte d'erreur - Une femme nue couchée à la renverse par terre sur des coussins, les cuisses écartées ; l'homme s'allonge sur elle, les pieds sur le plancher. - etc.


Le premier tirage des reproductions par Paul Avril date de 1892 et est rarissime. Il s'agit ici d'un retirage pour cette nouvelle édition.

Écarte les genoux, et permets-moi de voir
Ton ventre de très près, et ton con bien en face.
Oh ! ventre, qui ne peut laisser mon vit de glace !
Oh ! con, qui sur les cœurs possède un tel pouvoir !
Tout en te caressant, je me sens émouvoir
Du désir de te prendre, et sur l'heure, et sur place.
Narcisse même semble un vaniteux sans grâce
Quand mon vit, dans ton con, trouve un plaisant miroir

Sonnet XI (extrait)


Pierre l’Arétin est né en 1492 à Arezzo (l’Arétin signifiant « venant d’Arezzo »). Banni de sa ville natale, il passe une décennie à Pérouse avant d’être envoyé à Rome, où le riche banquier Agostino Chigi, mécène de Raphaël le prend sous son aile. L’Arétin fait parler de lui à Rome à travers ses satires mordantes et les Sonetti lussuriosi (Sonnets luxurieux), pièces assez crues qui servirent d’accompagnement textuel à 16 illustrations pornographiques de Giulio Romano (Jules Romain). Cet écart lui vaut de perdre la protection du pape Léon X. Ses Ragionamenti, propos d’une prostituée à divers interlocuteurs composés comme des raisonnements en forme de dialogue platonicien, tournent en dérision la société de son temps et particulièrement les sacrements religieux (vœux monastiques, mariage). Un des personnages est la Nanna, une ancienne courtisane qui évoque son expérience. Après une tentative d’assassinat sur sa personne, l’Arétin part vivre à Mantoue, puis enfin à Venise (la ville italienne la plus opposée au pape) en 1527, où il demeure jusqu’à sa mort. L’Arétin est l’auteur de cinq comédies (dont La Cortigiana et La Talenta) et de la tragédie Les Horaces (1546). Lors de son séjour à Venise, il publie également sa correspondance, mettant ainsi sous pression tout ce que l’Italie comptait de notables. Il n’épargne pas dans ses écrits satiriques les princes et les grands, ce qui le fait surnommer « le fléau des Princes » : la plupart, pour éviter les traits de sa satire, lui font des présents considérables, quelques-uns, cependant, ne le payent qu’avec le bâton. C’est ainsi que François Ier et l’empereur Charles Quint le subventionnent en même temps, chacun espérant quelque dommage pour son rival. Par orgueil, il s’appelle lui-même le « divin Arétin ». Sur la fin de sa vie, l’Arétin publie par ailleurs diverses œuvres pieuses (une traduction italienne des Psaumes de David, trois livres « sur l’humanité de Jésus Christ » ainsi qu’un livre sur la passion du Christ). D’après la tradition, la mort de l’Arétin aurait été à son image : on raconte que, au cours d’un copieux repas, une plaisanterie particulièrement obscène provoqua chez l’Arétin une incroyable crise de rire, au point qu’il tomba à la renverse et se fendit le crâne. L’Arétin était un ami personnel du Titien, qui fit au moins trois portraits de lui. Après sa mort, le pape Paul IV mit ses livres à l’Index. Il fut un proche de Giuseppe Betussi.


Références : édition inconnue à Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1880 et 1920, qui ne cite qu'une édition de 1904 (pagination, contenu et tirage différents). Dutel indique Hirsch comme éditeur à Paris en 1906. Le volume aurait été imprimé par Emile Kapp. Dutel (comme Pia) donnent Amédée Vignola comme étant l'auteur des reproductions en héliogravure ?? alors qu'il s'agit de Paul Avril, sans l'ombre d'un doute. Dutel, 809 pour cette édition de MCMIV ; ce tirage à la date de 1907 est également inconnu à Pia.


BEL EXEMPLAIRE DE CET ALBUM DE POSTURES ÉROTIQUES RARE.

VENDU


vendredi 15 novembre 2013

Confessions libertines par Johannes Gros (1931) illustrées par 8 très-belles eaux-fortes par T. Mertens. Curiosa rare sorti des presses de Darantière à Dijon. " - Ah, chérie, tu avais beau ne pas être là, ce que tu as pu nous faire jouir ! Nous nous faisions des langues dans la bouche et nous respirions en même temps là sur les ourlets, l'odeur de ton derrière, de ton chat ... l'odeur affolante de ta pissette. "



COMTESSE DE J... [Johannes GROS] - T. Mertens

CONFESSIONS LIBERTINES. Orné de huit eaux-fortes de T. Mertens.

Partout et nulle part [Imprimerie Darantière, Dijon, 1931]

1 volume in-8 (20 x 13 cm), broché, 211 pages et 2 feuillets, couverture à rabats en papier gris imprimée en noir et rouge. Légers défauts au brochage, un feuillet déchiré dans la marge sans manque. Quelques rousseurs sans importance.


ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 500 EXEMPLAIRES (d'après Dutel).

8 BELLES POINTES SÈCHES SUR CUIVRE PAR T. MERTENS.

Dutel indique un tirage à 500 exemplaires sur papier Lafuma, la numérotation étant faite au composteur. Notre exemplaire ne contient aucun justificatif de tirage. Il est fort probable que le tirage ait été inférieur à ce chiffre avancé compte tenu de la difficulté à rencontrer ce titre devenu fort rare.

Ce texte connut une suite intitulée : Les Jeux du Plaisir et de la Volupté.

La très belle suite des 8 eaux-fortes gravées sur cuivre à la pointe sèche a été tirée ici sur papier Japon blanc. Le rendu est de toute beauté. Les dessins sont dans la même veine que ceux exécutés par le même artiste pour Cydalise ou le Péché dans le Miroir (Dijon, Darantière, vers 1930).


" - Ah, chérie, tu avais beau ne pas être là, ce que tu as pu nous faire jouir ! Nous nous faisions des langues dans la bouche et nous respirions en même temps là sur les ourlets, l'odeur de ton derrière, de ton chat ... l'odeur affolante de ta pissette. Ah, il ne faisait pas le dégoûté, je t'assure. Ce que ça pouvait le faire bander ! Ah, chérie, c'est grâce à toi s'il m'a si bien baisée. Et au moment de jouir, c'est toi qu'il a appelée : "Suzy, chérie, tu me pisseras dans la bouche, n'est-ce pas de devant Jeanine ! ... devant ma femme ! " (extrait, p. 176)

Références : Dutel, 1277 ; inconnu à Pia.


BON EXEMPLAIRE DE CE RARE CLANDESTIN MAGISTRALEMENT ILLUSTRÉ PAR MERTENS.

VENDU




mardi 12 novembre 2013

Clayton's College illustré de 12 lithographies avec remarques libres (vers 1955). Très beau curiosa érotico-policier. Très bel exemplaire.



ANONYME [José André LACOUR]

CLAYTON'S COLLEGE. Illustré de 12 lithographies originales en couleurs.

Sans lieu ni date [vers 1955], Sous le signe d'Eros.

1 volume in-4 (24 x 19 cm), en feuilles, sous étui et emboîtage de l'éditeur (muet), couverture de papier main (muette). 139 pages. 12 lithographies hors-texte en couleurs.


TIRAGE A 525 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 16 EXEMPLAIRES SUR GRAND VELIN DE RIVES A LA FORME, AVEC LES LITHOGRAPHIES AVEC REMARQUES (libres). Sans la décomposition originale d'une lettrine annoncée à la justification. Excellent état. Notre exemplaire contient uniquement la suite des lithographies en couleurs avec remarques.


Clayton’s College, publié pour la première fois à la fin des années 1940, a été condamné trois fois par la 17e chambre correctionnelle de la Seine, en 1950, 1953 et 1957, chacune de ces condamnations ayant été maintenue en appel. Ce roman érotico-policier brûlant est un classique. On ne sait rien de l'illustrateur de cette édition. Les lithographies sont ici en deux tons, grisaille et ocre, avec remarques libres en noir. Orné de 21 lettrines érotiques imprimées en noir et surimprimées en bleu (lettre).

Références : Dutel, 1243 ; Edition inconnue à Pia (227 pour l'édition de Losfeld, vers 1955)


ÉDITION CLANDESTINE RARE IMPRIMÉE AVEC LUXE.

VENDU



lundi 11 novembre 2013

Le Palais-Royal de Rétif de la Bretonne (1790). Réimpression à petit nombre vers 1876. Reliure décorative de l'époque. De la prostitution dans les allées du Palais Royal à la fin du XVIIIe siècle.



Nicolas-Edme RÉTIF DE LA BRETONNE [RESTIF DE LA BRETONNE]

LE PALAIS ROYAL. Première partie [Les Filles de l'allée des soupirs]. Deuxième partie [Les Sunamites]. Troisième partie [Les Converseuses].

A Paris, Au Palais-Royal d'abord et puis partout, même chez Guillot, Libraire [A. Christiaens, Libraire, Bruxelles, Galerie Bortier. 4 et 6], 1790 [vers 1876]

3 parties reliées en 3 volumes petits in-8 (19 x 13 cm), 229, 230 et 229 pages. 3 frontispices sur double-page.

Reliure demi-veau rose belle au bois-dormant, dos richement décorés aux petits fers dorés, tête dorée, non rogné pour les autres tranches (reliure de l'époque). Pages de titre imprimées en rouge et noir. Tirage sur papier vélin fort. Les frontispices à l'eau-forte ont été tirés sur papier vergé teinté.


RÉIMPRESSION A PETIT NOMBRE [VERS 1876].

C'est en 1782 que Rétif de la Bretonne entre en relation avec Grimod de La Reynière (dont il fait le héros-narrateur du Palais-Royal sous le nom d'Aquilin des Escopettes). Ce Palais-Royal paraît pour la première fois en avril 1790. Ce livre sur les filles (prostituées) du Palais-Royal se présente sous la forme d'une série de portraits dont chaque titre est le prénom ou le surnom d'une d'entre elles : Boutonderose, Mélanie, Chouchou, Cécilia, Coquine, Eléonora, Sosie, Elise, Dorine la Philosophe, Bienfaite, Fanchette, etc.

Rétif nous présente ainsi successivement les « Filles de l'Allée des soupirs », les « Sunamites », les « Berceuses », les « Chanteuses » et les « Converseuses ». Si les premières rappellent, par l'enchaînement des misères qui les a conduites à se prostituer, la dureté et la brutalité des temps anciens, les autres annoncent la société à venir, où sexualité, santé et morale seront redevenues compatibles, conformément au rêve de Diderot et au voeu énoncé dès 1769 par Rétif dans Le Pornographe. Madame Janus est en effet une matrone bien particulière puisqu'elle « restaure » les vieillards grâce à ses « Sunamites », supposées aspirer, à la faveur d'un contact aussi étroit que chaste « les humeurs peccantes » du client ! Cette invention, précise Aquilin des Escopettes, « nous vient des Anglais, qui plus que nous ont des idées extraordinaires et bizarres... » Au bout d'un an, ces très jeunes filles deviennent, en fonction de leurs talents, berceuses, chanteuses ou converseuses. Celles-ci offrent à leur client le plaisir de fictions qu'elles puisent parfois dans les recueils d'un certain Rétif de La Bretonne... Vaste recueil inscrit à la croisée des Contemporaines et des Nuits de Paris, Le Palais Royal est complété par d'autres nouvelles qui envisagent sous d'autres angles la place de la sexualité dans la France régénérée : les « Gentilshommes populaires » épousent de simples roturières, le « Curé patriote » laisse libre cours à un érotisme fécond tandis que les anecdotes rassemblées à la fin du volume établissent la nécessité du divorce. [...] Depuis 1786, le Palais-royal est devenu, avec ses boutiques, sescafés et ses théâtres le centre de la vie parisienne, politique,mondaine et libertine. Là se retrouvent écrivains, journalistes,avocats, badauds et curieux. On y discute, on s'y promène, on se plaîtà détailler dans la foule les demi-mondaines, les grisettes et lesfilles publiques. Par son titre, l'ouvrage de Rétif est donc bienpropre à attirer l'attention du lecteur. Le faux-titre, « Les Filles duPalais-royal », puis le titre de la première Partie, « Les Filles del'Allée des Soupirs », précisent le sujet en annonçant un livrelibertin. À vrai dire, il s'agit de tout autre chose que de cesalmanachs ou catalogues de filles publiques, sortes de guides desplaisirs à l'usage des provinciaux débarquant à Paris. Le Palais-royalest avant tout le lieu d'un plaisir romanesque : le narrateur paye lesfilles non pour en obtenir des faveurs, mais pour entendre leurhistoire. L'objet du livre est l'en deçà de la prostitution, non sapratique. À la relation sexuelle est substituée une relation de paroleet d'écoute. Avec « Les Sunamites », un autre mode deprostitution est présenté : ici de jeunes vierges couchent chastementavec des vieillards pour leur redonner vitalité, par le contact de leurcorps et la fraîcheur de leur haleine. L'état de sunamite est du resteprovisoire : elles deviennent, selon leurs aptitudes, soit des« berceuses », soit des « chanteuses », soit des « converseuses ». Leurcorps n'est plus en jeu, seul compte leur esprit. Les « berceuses »sont chargées d'endormir les vieillards par l'agrément de leurconversation, les « chanteuses » de soulager par la qualité de leurvoix les maux de la vie, les « converseuses » de faire de même par leurtalent à raconter des histoires. Ces « ex-Sunamites », dit Rétif,cessent d'être des filles publiques et deviennent des citoyennes.Ainsi, à mesure que l'ouvrage progresse, le monde du Palais-royals'élève au-dessus du vulgaire et du sordide pour atteindre un niveau oùla parole seule est le souverain remède à toutes les infortunes et lesfrustrations de la vie, où converser c'est conserver, où narrer deshistoires est la fonction salvatrice par excellence. C'est en somme lacélébration de l'écrivain.(Présentation et Quatrième de couverture, Rétif de La Bretonne, Le Palais-Royal, texte établi, présenté et annoté par Pierre Testud, Houilles, Editions Manucius, 2009, 318p.)

BEL EXEMPLAIRE DE CETTE RÉIMPRESSION A PETIT NOMBRE PEU COMMUNE.

VENDU


dimanche 10 novembre 2013

Curiosa & Érotisme XVIIIe s. : La Religieuse de Diderot (1947), illustrée de 15 compositions érotiques par Paul-Emile Becat. Suite et deux dessins refusés. Superbe exemplaire d'artiste tel que paru.



Denis DIDEROT - Paul-Émile BÉCAT.

LA RELIGIEUSE. Quinze illustrations de Paul-Emile Bécat.

Paris, chez Pierre Larrive, 1947.

1 volume in-4 (26 x 21,5 cm) de 297-(1) pages, en feuilles, sous chemise de papier beige avec le titre imprimé en rouge sur le premier plat. Emboîtage. Le tout à l'état proche du neuf.


SUPERBE ÉDITION ILLUSTRÉE PAR PAUL-ÉMILE BÉCAT.

15 HORS-TEXTE EN COULEURS.

CELUI-CI, UN DES QUELQUES EXEMPLAIRES D'ARTISTE IMPRIMÉ SUR VÉLIN DES PAPETERIES DU MARAIS.



Cet exemplaire contient en outre une suite des 15 illustrations en noir ainsi que 2 illustrations refusées (en noir également).

Le tirage total est de 669 exemplaires (2 Japon nacrés, 2 Japon impérial, 15 pur fil d'Auvergne, 250 chiffon de Lana, 400 pur fil Lafuma, quelques HC).

Lorsque, en 1760, Diderot commence la Religieuse, roman sous forme de mémoires rédigés à la première personne, qu’une religieuse échappée du couvent adresse au marquis de Croismare pour solliciter son aide, il s’agit en fait d’une mystification de ses amis qui voulaient attirer de nouveau à Paris le marquis qui s’était retiré chez lui en Normandie. En 1780, Diderot en reprend l’écriture ; les différents épisodes sont publiés en feuilleton, entre 1780 et 1782, dans la Correspondance littéraire. Le roman fut édité en 1796, au gré de la découverte de copies que Diderot, échaudé par ses ennuis passés, n’envisageait pas de publier de son vivant.

L’histoire est inspirée de celle d’une religieuse de Longchamp nommée Marguerite Delamarre, qui avait fait parler d’elle dans les salons en 1758, pour avoir écrit à la justice, demandant d’être libérée du cloître où ses parents l’avaient enfermée. En effet, elle est l’enfant illégitime entre sa mère et un autre homme que son père. De peur d’aller en enfer, sa mère, par un chantage affectif, la persuade d’aller dans ce couvent. Diderot critique, ici, un précepte de la Bible selon lequel les enfants paieront pour les crimes de leurs parents.

Diderot fait le procès des institutions religieuses coercitives, contraires à la véritable religion dans la mesure où elles mènent les individus aux souffrances terrestres et à la damnation éternelle. Le monde clos entraîne la dégradation de la nature humaine. Oisiveté, inutilité sociale, promiscuité plongent peu à peu les reclus dans les rêveries morbides ou mystiques, puis dans la folie et les mènent parfois au suicide. Œuvre anticléricale par excellence, La Religieuse est une ode à la liberté de choisir son destin. L’aliénation religieuse créée par l’univers conventuel y est dénoncée de manière polémique. Diderot prête sa voix et ses idées sur le couvent à Suzanne, qui, contrairement à l’auteur, est une croyante convaincue. (Source Wikipédia)


SUPERBE EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.

TIRAGE RARE DE CE CURIOSA CLASSIQUE.

VENDU

samedi 9 novembre 2013

Une jeune fille à la page (1937). Premier tirage des 12 compositions érotiques de Paul-Emile Bécat, sur un texte libre de Michèle Nicolaï. Exemplaire broché, à l'état proche du neuf, tel que paru. Très rare.



HELENA VARLEY [Michèle NICOLAÏ] - Paul-Emile BÉCAT

UNE JEUNE FILLE A LA PAGE. Roman inédit.

En Touraine, Au Château de la Volupté [Paris, Maurice Duflou, vers 1937]

1 volume petit in-4 (22,5 x 15 cm), broché, couverture rempliée en papier crème imprimée en rouge et noir. 2 feuillets, 152 pages et 2 feuillets. Exemplaire à l'état proche du neuf. 12 illustrations hors-texte en couleurs. Ornements imprimés en vert.

ÉDITION ORIGINALE.


Dutel indique que l'auteur de ce joli texte est Michèle Nicolaï qui est avec Renée Dunan la seule femme auteur de romans érotiques de la première partie du XXe siècle. Les illustrations sont une suite de 12 délicates héliogravures en couleurs par Paul-Emile Bécat. Les bandeaux et culs-de-lampe sont imprimés en vert sur cliché zinc.

TIRAGE A 400 EXEMPLAIRES (annoncés, en réalité sans doute beaucoup moins).

CELUI-CI, UN DES 375 EXEMPLAIRES SUR VERGÉ DE RIVES. (avec 25 Japon annoncés).


Références : Pia, 1472 ; Dutel, 2562 ; BnF, Enfer 1226 

Cet ouvrage a été publié une seconde fois vers 1938 par le même Maurice Duflou, avec un tirage différent. Une troisième fois en 1939 par le même mais cette fois orné de seulement 10 illustrations, et enfin une quatrième fois vers 1940 (édition photographique) ornée de seulement 5 reproductions des illustrations de Bécat.

Cette première édition est sans conteste la plus rare de toutes et la plus belle. Aucun n'exemplaire de cette édition rare n'est passé en vente publique ces dernières années. Il est bien possible que le tirage annoncé de 400 exemplaires ai été en réalité bien plus faible.


Florence, la narratrice, est une jeune femme de son temps issue de la bourgeoisie parisienne. Ses deux frères jumeaux, Antal et Claude, sont très portés sur le sexe et font de leur sœur leur première confidente. D'une sensualité débordante, Florence sera déflorée par son demi-frère puis initiée aux joies du corps par une femme, un amant noir et une multitude de partenaires avant de connaître l'amant de cœur avec qui elle s'unira dans une fin morale, typique de l'époque.

Volume très recherché pour la magnifique série de 12 illustrations très libres donnée par Paul-Emile Bécat.

SUPERBE EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.

VENDU



mercredi 6 novembre 2013

Les Histoires Amoureuses illicites à la cour du Roi Louis XIV avec Mesdames de La Vallière, de Montespan, etc. Edition très rare de 1709, contemporaine du Roi Soleil.



[Gatien COURTILZ DE SANDRAS]

LA FRANCE GALANTE OU HISTOIRES AMOUREUSES DE LA COUR. Nouvelle édition, beaucoup augmentée, et enrichie de figures, et d'une table des matières. Divisée en six parties [en réalité 7 parties].

A Cologne, chez Pierre Marteau, 1709

1 fort volume in-12 (Hauteur des marges : 130 mm. - 135 x 81 mm), 586-(14) pages. Frontispice gravé et 7 figures hors-texte gravées à l'eau-forte, non signées.

Reliure plein veau brun de l'époque, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge. Reliure solide avec quelques traces d'usage (coins et coiffes usés, manque la tranchefile de queue, quelques cahiers déboîtés). Intérieur complet et bon état, malgré quelques salissures légères à quelques feuillets.

NOUVELLE ÉDITION.

Ce volume contient les histoires suivantes : La France Galante, ou Histoire Amoureuses de la Cour (pp. 7 à 122) - Les Vieilles Amoureuses (pp.123-202) - Histoire de la Maréchale de La Ferté (pp. 203 à 276) - La France devenue italienne, avec les autres désordres de la cour (pp. 277 à 452) - Le Divorce Royal ou Guerre civile dans la famille du Grand Alcandre (absent de la table) (pp. 453 à 480) - Suite de La France Galante, ou les derniers dérèglements de la Cour (pp. 481 à 564) - Les Amours de Monseigneur le Dauphin avec la Comtesse du Rourre (pp. 565 à 586).

La plupart de ces romans licencieux sont attribués à Gatien Courtilz de Sandras. Ils sont tous sur le modèle de l'Histoire Amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin publiée pour la première fois en 1665 et réédité de nombreuses fois jusqu'au XVIIIe siècle. Cette impression contemporaine de Louis XIV, sur l'extrême fin de son règne, montre combien les Histoires amoureuses de la cour du jeune roi Louis XIV étaient encore à la mode alors que celui-ci n'était plus qu'un vieux roi embrigadé de noir et de religiosités par la Maintenon. On retrouve dans ces récits les amours du roi avec Madame de La Vallière, Madame de Montespan ; les amours du Duc de Lauzun et de la Grande Mademoiselle, etc. Ce volume ne contient pas l'Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin (ce qui est normal).

Les noms des personnes sont imprimés en clair dans le texte, protégé par l'adresse fictive de Pierre Marteau et un lieu d'impression loin de Paris (probablement Amsterdam ou Bruxelles). Ce livre était proscrit et devait être saisi à la frontière mais de nombreux exemplaires réussissaient malgré tout à passer les mailles du filet de la police de Louis XIV.

"Cette édition très rare est la dernière et la plus complète ; on a fait que la reproduire en 1732, sous le titre d'Amours des Dames illustres de notre siècle (...)" (commentaire sur l'exemplaire, n°1303, de la bibliothèque de Pixerécourt, 1838, Notices par Paul Lacroix et Charles Nodier)


BON EXEMPLAIRE DE CE PETIT VOLUME TRÈS RARE.

JOLIE EDITION ILLUSTRÉE.

VENDU

mardi 5 novembre 2013

La prostitution clandestine ou la prostitution des insoumises, par le Docteur Martineau (1885). Edition originale.



Docteur L. MARTINEAU

LA PROSTITUTION CLANDESTINE par le Dr. Martineau, médecin de l'hôpital de Lourcine, etc.

Paris, Adrien Delahaye et Emile Lecrosnier, 1885.

1 volume in-12 (18,5 x 12,5 cm), broché, (4)-216 pages. Couverture imprimée. Quelques plis au dos, brochage solide, intérieur très frais.

ÉDITION ORIGINALE.

Si l'auteur s'intéresse plus particulièrement à l'aspect sanitaire et hygiéniste de la question, il aborde également tous les autres aspects : historique de la prostitution avant 1789 - de la police - du recrutement des prostituées - la prostitution saphique et sodomique - des partisans de la liberté de la prostitution - de la syphilis - etc.

Ouvrage très intéressant qui dresse un tableau précis de la prostitution clandestine aussi appelée "prostitution des insoumises", c'est à dire de la prostitution non encadrée par les statuts des Maisons closes alors admises et garantes d'une certaine sécurité pour les filles de ces établissements. On trouve aux pages 42 à 66 un "relevé des cas de défloration à Paris". Les insoumises travaillent dans la rue, dans les gares, les hôtels, les brasseries, les arrières-boutiques, etc.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.
 
VENDU

lundi 4 novembre 2013

Histoire de Manon Lescaut et du Chevalier Des Grieux par l'abbé Prévost (1875). Edition de luxe d'après le texte de l'édition de 1753 avec des eaux-fortes de Léopold Flameng. Un des 30 exemplaires sur Japon avec double suite des eaux-fortes.



ABBÉ PREVOST, Antoine François PRÉVOST, dit Prévost d’Exiles ou l' - FLAMENG Léopold, illustrateur

HISTOIRE DE MANON LESCAUT ET DU CHEVALIER DES GRIEUX, précédée d'une préface par Alexandre Dumas fils de l'Académie française. Collection de Galaup de Chasteuil comprenant tous les chefs-d'oeuvre de l'esprit humain (mention de couverture).

Paris, Librairie du XIXe siècle Glady Frères, éditeurs, 1875. [Paris, J. Claye imprimeur].

1 volume in-4 (32 x 24 cm) réimposé (justification du texte in-12 14 x 7,5 cm), broché, couverture en peau de vélin imprimée en rouge et noir. XLIX pages de préface et 372-(2) pages. Exemplaire à l'état proche du neuf, quelques traces sans importance à la couverture, intérieur neuf, non coupé (jamais lu). Estampes à l'eau-forte hors-texte (voir le détail ci-dessous). Quelques rares rousseurs à quelques feuillets seulement.


TRÈS BELLE ÉDITION ILLUSTRÉE PAR LÉOPOLD FLAMENG.

Voici le tirage exact de cette édition de luxe. Edition tirée à petit nombre sur papier Turkey-Mill au format in-8 à 30 francs le volume. Il a été fait en outre un tirage d'amateur à 333 exemplaires numérotés à la presse, ainsi composé :  1 peau de vélin (veau 1er choix), in-8 raisin numéroté 1 ; 2 parchemin, 1er choix, in-8 raisin, numérotés 1 à 2 ; 30 Japon in-4 numérotés 1 à 30 ; 50 Whatman impérial, in-8 jésus numérotés 1 à 50 ; 200 Van Gelder Zonen d'Amsterdam, in-8 raisin numérotés 1 à 200. Ces 333 exemplaires contiennent tous des épreuves avant la lettre. Les exemplaires Japon et Whatman contiennent les gravures en double épreuve, avant et avec la lettre. La peau de vélin et les deux parchemin contiennent seuls des épreuves d'artistes, avant toutes lettres.

CELUI-CI, UN DES 30 EXEMPLAIRES SUR JAPON (N°27) AVEC DOUBLE ETAT DES GRAVURES.



Ce livre a été imprimé par J. Claye, à Paris. Cette édition a été revue sur les textes originaux (édition d'Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1753) et accompagnée de variantes et d'une notice par Anatole de Montaiglon. Le portrait d'Alexandre Dumas fils a été gravé à l'eau-forte par Jules Jacquemard d'après le buste de Carpeaux. Les onze planches hors-texte ont été dessinées et gravées à l'eau-forte par M. Léopold Flameng et imprimées par Salmon. Les ornements du texte : fleurons, têtes de chapitres, culs-de-lampe, lettrines, ainsi que le frontispice, ont été dessinés sur bois par Emile Reiber et gravés par Pannemaker.

Notre exemplaire est l'un des rares imprimés sur papier Japon. Il s'agit d'un papier Japon feutre ancien (les premiers papiers Japon importés en France dans les années 1870) comme le rappelle Octave Uzanne dans son Dictionnaire Biblio-Philosophique : "Le papier du Japon n'a guère commencé à être utilisé en France pour l'impression d'exemplaires de luxe de nos livres soigneusement établis, qu'après 1870. (...) Le premier Japon employé chez nous fut d'abord ce Japon légèrement feutré, d'un ton jaune indien, si difficile à rencontrer à cette heure. (...)"

Il est amusant de noter le jugement que portait Morgand, célèbre libraire de la fin du XIXe siècle sur cette collection Galaup de Chasteuil, placé presque en tête de leur premier catalogue : "Ce volume est la tête d'une série qui doit comprendre tous les chefs-d'oeuvre de l'esprit humain sous la rubrique pompeuse de : Collection Galaup de Chasteuil, uniquement pour satisfaire la vanité des éditeurs (Glady Frères) et leur permettre d'accoler à leur nom le blason de leur ancêtre maternel qui brilla, disent-ils, dans la magistrature, dans les arts et dans les armes, et surmonté de la devise : Non Gladio Glady." Répertoire de la Librairie Morgand et Fatout, fiche n° 892 (Bulletin mensuel n°1 de l'année 1876).

Pour la petite anecdote, il est amusant de constater que le prix de vente de ce volume imprimé sur papier du Japon, était de 200 francs or. Somme astronomique en 1875 qui équivaut environ à une année de salaire d'un ouvrier non qualifié !

A propos de cet ouvrage, Montesquieu écrit en 1734 : « J’ai lu le 6 avril 1734, Manon Lescaut (...) Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon, et l’héroïne, une catin qui est menée à la Salpétrière, plaise ; parce que toutes les mauvaises actions du héros, le chevalier des Grieux, ont pour motif l’amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse. ».



"Manon Lescaut a laissé une trace durable dans la littérature française. Peu de romans n’ont été aussi loués et aussi critiqués que ce chef-d’œuvre rempli de passion, de douleur et d’amour. Le drame touchant vécu par le « fripon » des Grieux et la « catin » Manon parvient à éviter la réprobation des lecteurs grâce au caractère admirable qui caractérise les passions dans ce court récit si naturel et si vraisemblable qui se déroule avec une rapidité qui tranche avec le reste de l’œuvre de Prévost. L’intrigue de cette histoire remplie de variété et de mouvement sur fond unique de délire et d’amour se développe et s’enchaîne dans un ordre logique et naturel qui donne à chaque nouvel épisode son impression d’authenticité et de vraisemblance. Les deux héros sont présentés avec une netteté lumineuse : séduisants, jeunes et amoureux à outrance, ils se précipitent tête baissée dans leur passion sans jamais paraître rien perdre de leur grâce, de leur beauté et de leur esprit. Leur jeunesse et leur innocence ne semblent jamais atteintes par la fange de l’échelle sociale au bas de laquelle se passe une bonne partie de leur histoire. Passant tour à tour, et du jour au lendemain, de la misère à la fortune, du boudoir à la prison, de Paris à la déportation, de l’exil à la mort, des Grieux et Manon n’ont qu’une excuse : l’amour, ce sentiment qui fait oublier que tous deux mentent et volent, que le premier triche et tue ou que la seconde se prostitue. C’est également la conscience de ce sentiment qui permet au lecteur de prendre en pitié la faiblesse et les inconséquences de des Grieux, ce héros tout à la fois si humain et si démuni face à la tentation amoureuse. L’amour, dans Manon Lescaut, est une passion qui se révèle brusquement et qu’il serait vain de chercher à surmonter. De même, dans cette narration où le fourmillement d’incidents romanesques révèle un souci de la réalité dans ses plus petits détails, le réalisme ne dispute pourtant jamais à l’idéalisme. En dépit de leur caractère éminemment romanesque, les événements de Manon Lescaut ne paraissent jamais enfreindre la vraisemblance comme, par exemple, lorsque des Grieux saisit avec quelle facilité les résolutions les plus fermes s’évanouissent devant le regard d’une femme. La structure psychologique des héros obéit à cette règle : des Grieux réunit en lui une incroyable naïveté et un cynisme grossier tandis que Manon est un esprit pratique doué de bon sens et d’une extraordinaire insouciance. Le commerce de sa personne qu’elle fera, dès que l’argent viendra à manquer au couple, est une fatalité que rien ne peut infléchir car son bien être matériel est une nécessité qui ne saurait souffrir d’entraves. Mais Manon revient toujours à des Grieux, comme il revient à elle, après ses intervalles de retour à ses études et à la théologie. Le chef-d’œuvre littéraire de Manon Lescaut finit par naître de la somme des imperfections de des Grieux et de Manon lorsque la vérité de la passion de leurs caractères devient la personnification littéraire de l’amour, fatal et misérable pour l’un, inconstant et frivole pour l’autre mais d’un amour qui finit par trouver, sous le coup du malheur, sa rédemption dans un sentiment sincère et profond inévitablement voué à trouver son dénouement dans la mort." (in article Manon Lescaut, Wikipedia, section Analyse).

BEL EXEMPLAIRE, A RELIER OU A CONSERVER TEL QUE PARU.

TIRAGE TRÈS RARE.

VENDU



dimanche 3 novembre 2013

Les filles publiques de Paris ou de la police et de la prostitution dans cette ville, par Béraud ex-commissaire de Police (1839). Edition originale.




F.-F.-A. BERAUD (ex-commissaire de police de Paris)

LES FILLES PUBLIQUES DE PARIS, et la police qui les régit, par F.F.-A. BERAUD, ex-commissaire de police de Paris, chargé spécialement du service actif de l'attribution des moeurs ; précédées d'une notice historique sur la prostitution chez les divers peuples de la terre, par M. A. M., membre de plusieurs sociétés savantes.

Paris et Leipzig, chez Desforges et Compagnie, éditeurs, 1839. [Sésanne. Imprimerie de David].

2 volumes in-8 (23 x 13 cm) de VI-4-(1)-CVIII-[9 à 256] et 327 pages.

Cartonnage d'attente bradel pleine toile marbrée marron et noir, étiquettes de titre de maroquin rouge au dos, non rogné, relié sur brochure (reliure de la fin du XIXe siècle signée L. POUILLET). Bon exemplaire dans de modestes mais néanmoins solides reliures d'attente. Quelques rousseurs éparses et salissures légères. Papier chiffon fin.

ÉDITION ORIGINALE.

Cet important ouvrage sur la prostitution parisienne dans la première moitié du XIXe siècle est précédé d'une intéressante notice historique par Albert Montémont : Précis Historique sur la prostitution chez les divers peuples de la terre, depuis la création du monde jusqu'à nos jours. Parent Duchatelet traite dans son ouvrage de la prostitution du point de l'hygiéniste et du médecin, Béraud cite des exemples dont il a été témoin, il dresse un tableau "naturaliste" avant l'heure de la prostitution et de ses conséquences sur la société civile et morale. Il amorce des plans de règlement pour améliorer et organiser la prostitution de manière à ce qu'elle n'engendre pas de troubles dans la société et pour la morale publique.

Provenance : de la bibliothèque de Edouard Werlé (1801-1884) bibliophile rémois, avec son ex libris à son chiffre EW sur les deux volumes.

BON EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE PEU COMMUN.

VENDU

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