vendredi 10 mai 2013

Lettres de Marie Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné (1733). Une des premières éditions de la plus célèbre correspondance entre une mère et une fille. Edition peu commune.


Marie de RABUTIN-CHANTAL, marquise de SÉVIGNÉ 

LETTRES DE MARIE RABUTIN-CHANTAL, MARQUISE DE SÉVIGNÉ, A MADAME LA COMTESSE DE GRIGNAN SA FILLE. Tome premier [second et troisième].

Sans lieu ni nom, 1733

3 tomes reliés en 1 fort volume in-12 (16,5 x 10 cm - Hauteur des marges : 161 mm) de 264, 144 et 252 pages.

Reliure plein veau brun brun marbré de l'époque, dos ornés aux petits fers. Très bon état de l'ensemble, frais. La pièce de titre du tome II a quelques manques. Le nom ROGER a été poussé à l'or en haut des plats de chacun des volumes.

L'UNE DES PREMIÈRES ÉDITIONS DES LETTRES DE LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ. 

REPRODUCTION PRATIQUEMENT PAGE POUR PAGE ET LIGNE POUR LIGNE DE LA TRÈS RARE ÉDITION DE 1728.

Cette édition est précisément décrite dans la Notice Bibliographique des éditions imprimées des Lettres de la marquise de Sévigné (Lettres de Madame de Sévigné, Édition des Grands Écrivains de la France, Tome XI, p. 441-442, n°7) : "Cette impression suit page pour page et à peu près ligne pour ligne (il n'y a que de rares et légères différences dans le contenu des lignes) l'édition de 1728. Elle sort des mêmes presses ; le caractère nous parait être identique ; il n'y a, outre la différence que nous avons remarquée ça et là dans la composition des lignes, d'autre variété que celle de quelques ornements, et d'un certain nombre de fautes typographiques que l'impression de 1733 ne reproduit pas ou qu'elle est seule à avoir. Une note de l'édition de Perrin de 1734 parle en ces termes de ces trois volumes de 1733 : "Il a paru, sur la fin de l'année 1733, une autre édition furtive des lettres de Mme de Sévigné, 3 vol. in-12, sans nom de ville ni d'imprimeur, où l'on a exactement copié les fautes des éditions de Rouen et de La Haye." La réimpression de 1738 ajoute : "Elle ne contient d'ailleurs que le même nombre de lettres." La critique de Perrin est fort juste ; mais c'est, nous l'avons vu, à l'impression de 1728 qu'elle doit remonter."

Cette édition, comme celle de 1728 qu'elle reproduit donc, contient la Préface de M. de Bussy (p. 5 à 9), la Lettre de Madame la Marquise de Simiane, à Monsieur le Comte de Bussy (p. 10 à 14), les 4 lettres adressées à M. de Coulanges, LXXIII lettres pour le tome I, le tome II commence avec la lettre LXXIV (mal chiffrée LXXVI) et se termine avec la lettre CV, on trouve à la suite une lettre adressée à son fils, Charles de Sévigné ; le troisième tome contient un avertissement de l'éditeur (p. 3 à 9), puis les lettres CVI à CLXXXIV.

Cette édition contient cinquante lettres tirées de l'édition de La Haye (Gosse et Neaulme, 1726, 2 vol. in-12), rangées dans un autre ordre.

On sait que la première édition des lettres de Mme de Sévigné date de 1725 et a été donnée subrepticement en une mince plaquette de 75 pages regroupant seulement quelques lettres pour la plupart incorrectement retranscrites et fragmentaires (31 fragments). Cette première édition rarissime et quasi mythique n’était connue qu’à 2 ou 3 exemplaires à la fin du XIXè siècle, il ne semble pas qu’on en est répertorié d’autres depuis. Les bibliographes considèrent donc comme véritable seconde édition originale l’édition dite de Rouen publiée en 1726 par les soins du fils de Roger de Bussy-Rabutin (cousin indiscret de la Marquise). On a beaucoup tergiversé pour savoir s’il s’agissait du fils aîné (Amé-Nicolas de comte Bussy-Rabutin) ou bien du cadet, futur évêque de Luçon, abbé de Bussy. Cette édition furtive, désavouée par la petite-fille de Mme de Sévigné, Mme de Simiane, fille de Mme de Grignan, est très rare et les exemplaires en reliure de l’époque en bonne condition se rencontrent difficilement. Les éditions suivantes de 1726, 1728 et 1733 sont également peu communes et reprennent avec des variantes la première édition dite de Rouen en gros caractères citée plus haut. Seule l'édition de La Haye, très rare, apporte de nouvelles lettres (qui se retrouvent dans l'édition de 1728 et 1733 comme nous venons de le voir ci-dessus). Il faudra attendre 1734-1736 avec l'édition pourtant mutilée donnée par les soins du Chevalier Perrin pour avoir à disposition plusieurs centaines de nouvelles lettres. L'édition de 1818, puis l'édition de 1862, données par Monmerqué, puis Charles Capmas (supplément "Lettres inédites" de 1876), donneront un panorama complet du génie épistolaire de la marquise de Sévigné.

BON EXEMPLAIRE DE CETTE ÉDITION RARE DES LETTRES DE MADAME LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ.

VENDU

jeudi 9 mai 2013

La meilleure édition des Noëls Bourguignons de La Monnoye (1720) avec le Glossaire alphabétique pour servir à l'intelligence des mots Bourguignons. Rare en belle condition d'époque.


Bernard de La Monnoye [Gui Barôzai]

NOEI BORGUIGNON DE GUI BARÔZAI. Quatreime Edicion. Don le contenun at an Fransoi aipré ce feuillai.

AI DIONI [A Dijon], ché Abran Lyron de Modene. M. DCC. XX. [1720]

1 volume petit in-8 (16,5 x 10,5 cm) de (6)-416 pages.

Reliure plein veau fauve de l'époque, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, roulette sur les coupes. Reliure très fraîche et intérieur comme neuf. Superbe état. A noter toutefois une petite fente en tête du mors supérieur (sans gravité), trois infimes piqûres de vers au dos à peine visibles, et un petit trou dans le papier du feuillet 41/42, avec perte de quelques lettres (défaut d'origine du papier).


ÉDITION ORIGINALE SOUS CETTE FORME ET PREMIÈRE ÉDITION DU GLOSSAIRE.

Comme l'indique le feuillet suivant le titre, ce volume se compose : des Noëls composés l'an 1701, en la rue de la Roulotte à Dijon, des Noëls composés l'an 1700, en la rue du Tillot à Dijon, de cinq autres Noëls composés depuis, d'une Apologie des Noëls précédents, d'une Chanson sur le passage de feu Monseigneur le Duc de Bourgogne à Dijon le 21 de septembre 1703. La deuxième partie de l'ouvrage, qui commence dès la page 119 (avec un faux-titre particulier) contient l'important Glossaire alphabétique pour l'intelligence des mots Bourguignons, & autres qui peuvent avoir besoin d'explication dans les Noëls de Gui Barôzai. Soit près de 300 pages de glossaire !

Bernard de La Monnoye (1641-1728) fut le premier Bourguignon à être admis à l'Académie Française. Il était Conseiller correcteur à la Chambre des Comptes de Dijon où il était né. Grand érudit, bibliographe avant l'heure et érudit notoire, ce sont ses Noëls qui retiennent encore aujourd'hui l'attention sur son nom. Ces petites chansons en patois, difficiles à comprendre pour le profane, y compris à l'aide de l'épais Glossaire qu'il donne dans cette édition, sont restées dans le patrimoine culturel bourguignon. Barôzai était le nom d'un vigneron qui portait un bas de couleur rose, ce nom fut ensuite étendu à tous les vignerons de la ville de Dijon. La première édition des Noëls fut naturellement imprimée à Dijon, chez Jan Rassaire, imprimeur et libraire ordinaire du roi, en 1701 ; mais chacun s’accorde pour affirmer que la meilleure est celle de 1720. Laquelle ? Elles seraient neuf, selon le bibliographe Gabriel Peignot à porter la même date, toutes portant la mention « quatreime edicion ». La plus recherchée car la plus rare est la nôtre en 416 pages. Il ne faut pas de musique à cette édition.

Références : Brunet III, 797-798 ; Soleinne, 3989 "Cette édition en 416 pages, sans l'errata ni la musique, est certainement la meilleure et la plus belle." ; Nodier, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, p.154.


ÉDITION LA PLUS RARE ET LA MEILLEURE DES NOËLS BOURGUIGNONS, ICI EN TRÈS BELLE CONDITION D’ÉPOQUE.

VENDU

mercredi 8 mai 2013

La société galante et littéraire au XVIIIe siècle par Honoré Bonhomme (1880). Un des 12 exemplaires sur vieux Japon. Rare.


Honoré BONHOMME

LA SOCIÉTÉ GALANTE ET LITTÉRAIRE AU XVIIIe SIÈCLE par Honoré Bonhomme. Boufflers et Madame de Sabran - Saint-Lambert & Fontanes - Le Comte de Lauraguis & Sophie Arnould - Le Chevalier de Resseguier & Madame de Pompadour.

Paris, Ed. Rouveyre, 1880

1 volume in-8 (22 x 15 cm), broché, XIII-178-(2) pages. Frontispice à l'eau-forte et vignettes (par de Malval). Exemplaire en très bon état, couvertures légèrement empoussiérées et dos bruni. Quelques rousseurs sans gravité. Volume en grande partie non coupé.


ÉDITION ORIGINALE.

Il a été fait un tirage de luxe à 100 exemplaires seulement (3 ex. sur peau de vélin ; 12 ex. sur (vieux) Japon ; 15 ex. sur Chine ; 20 ex. sur papier teinté de Renage et 50 ex. sur Whatman).


CELUI-CI, UN DES 12 EXEMPLAIRES SUR (VIEUX) JAPON.

"Nous avons voulu faire un livre qui renfermât des révélations piquantes et imprévues sur les personnes et les choses, et où le goût du lettré comme celui du curieux pût trouver également son compte." (extrait de l'avant-propos).

TIRAGE TRÈS RARE.

Prix : 250 euros

Rareté bibliographique : Épître à l'amour, libre à tout le monde, ou l'erreur du jour se montre à tout le monde (1748). "On trouve toujours les yeux beaux de la Poulette qu'on adore"


[ANONYME]

ÉPÎTRE A L'AMOUR, LIBRE A TOUT LE MONDE, OU L'ERREUR DU JOUR SE MONTRE A LA RONDE.

A Paris, chez Godard-Baille-La-Li Belle, Aux avis A boucher les trous sans Chandelle. M. DCC. XLVIII. [1748]

1 plaquette in-12 (137 x 85 mm), 21 pages (le verso du dernier feuillet est blanc). Cartonnage d'attente de simple papier vergé gris épais (moderne). Complet, court de marges. Une ancienne tâche d'encre sur la page de titre, sans conséquence.

ÉDITION ORIGINALE RARISSIME.

Poème burlesque en plusieurs centaines de vers qui commence ainsi :

Ah, ma foi, Monsieur Cupidon,
J'ai bien des choses à vous dire !
Mais, excusez au moins, pardon,
Si je vous parle sur ce ton :
C'est que j'ai la tête en délire,
Et les trois quarts du croupion.
Vous êtes un maudit fripon !

[...]

L'auteur récrimine contre Cupidon que l'amour est un vilain diable, que ne pas aimer est une peine et qu'aimer devient une gêne. "On trouve toujours les yeux beaux de la Poulette qu'on adore" [...] "Infortuné qui s'aquoquine à la Race de Messaline !" Viennent ensuite le Médecin et l'Apothicaire "Dès les dix heures du matin j'avais Monsieur le Médecin, par devant, & puis par derrière, j'avais Monsieur l'Apothicaire. L'un me faisait tourner l'esprit, l'autre le cul [...]". L'homme ruiné : "Voilà l'état où ma catin m'a réduit [...]" Il conclut : "Amour, recevez ma rupture. Public, achetez promptement, et payez généreusement cette lamentable brochure [...]" Il signe "Votre humble serviteur RATURE".

Localisation : 1 ex. à la Bibliothèque Ste-Geneviève, 1 ex. à l'Arsenal, 1 ex. à la BnF.

Référence : Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage, etc., col. 174 (éd. 1864).


BON EXEMPLAIRE DE CE PETIT TEXTE INTROUVABLE.

VENDU

mardi 7 mai 2013

Le Tigre et Coquelicot par Charles-Henry Hirsch ou l'histoire de Casque d'Or une prostituée du bitume parisien (1905). Un des 30 exemplaires sur Japon. Jolie reliure signée de l'époque. Rare.


Charles-Henry HIRSCH - Illustrations de Auguste LEYMARIE

LE TIGRE ET COQUELICOT

Librairie Universelle, s.d. (1905)

1 volume in-12 (20 x 15 cm) de (6)-351 pages. Dessin en noir dans le texte et hors texte.

Reliure demi-maroquin rouge à larges coins, dos à nerfs, caissons mosaïqués de maroquin vert bordés de filets dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée, non rogné, couverture générale imprimée et couverture illustrée imprimée en couleurs reliée en tête d'un seul tenant (reliure de l'époque signée H. CAPELLE). Exemplaire à l'état proche du neuf.


ÉDITION ORIGINALE.

UN DES 30 EXEMPLAIRES SUR JAPON (SEUL GRAND PAPIER) SOUSCRITS PAR M. BLAIZOT. EXEMPLAIRE N°25 ET SIGNÉ A LA PLUME.


Ce livre aujourd'hui oubliée s'inspire de l'affaire Casque d'Or, dans le style argotique adapté à la population qu'il décrit (apaches, pierreuses, souteneurs, filles, etc).

Qui était Casque d'Or dans la réalité ? Amélie Élie (ou Hélie), née le 14 mars 1878 à Orléans et morte le 16 avril 1933 à Paris, est une prostituée française, connue dans le milieu des malfrats du Paris de la Belle Époque sous le nom de Casque d'Or. Ce surnom, qui lui fut attribué selon ses dires par une infirmière, fait référence à l'enjeu de la lutte que se livraient à son sujet deux chefs de bandes du 20e arrondissement de Paris. La jeune Orléanaise se montre précoce en se mettant en ménage à 13 ans avec un ouvrier de 15 ans surnommé « le Matelot ». Retrouvés à « l'hôtel des Trois Empereurs », ils sont séparés de force. Le Matelot partage ensuite sa vie entre maisons de correction et fugues, tandis qu'Amélie, après s'être séparée de lui définitivement au bout d'un an, préfère la compagnie plus réjouissante d'Hélène de Courtille, mère maquerelle, qui l'accueille chez elle et la lance sur le trottoir. La petite et la femme deviennent amies et amantes. Amélie fréquente le Paris de la nuit, des Apaches et de la pègre. C'est dans leur repaire, un bistrot nommé « la Pomme au lard », qu'elle rencontre son futur compagnon, Bouchon, fraîchement sorti de prison où il a purgé une peine pour proxénétisme. Lassée de l'attachement d'Hélène et de sa jalousie, Amélie se laisse tomber dans ses bras, ou plutôt sur son coin de trottoir. Mais se prostituer n'est pas un problème pour la gamine d'Orléans. Consciencieuse, elle regarde son activité comme un travail honorable et lui attribue même un rang social de prime importance. Elle rédige une « table de commandements » où elle fait l'éloge de la prostituée parisienne à laquelle elle attribue un rôle humanitaire. Elle « fournit du rêve aux hommes » et « soulage des épouses ». Elle recueille « les jeunes commis tirant la langue et les dorlote dans ses bras » et joue ainsi un rôle économique en constituant « un mode de circulation de la richesse publique ». Cependant, entre les mains de Bouchon, Amélie passe de prostitution régulière à l'abattage. Bouchon devenant de plus en plus violent et exigeant, elle craque. À 19 ans, elle s'enfuit de Charonne, mais recherchée par Bouchon, qui a lancé ses hommes de main sur sa trace, elle est contrainte à quatre jours d'errance dans Paris. Son parcours la conduit place de la Contrescarpe, où elle rencontre Joseph Pleigneur, dit Manda, un chef de bande de 22 ans. Il lui propose son aide, d'abord en impressionnant Bouchon, qui n'insiste pas, puis en plantant un couteau dans le dos de Ballet, comparse de Bouchon auquel Amélie avait été « refilée ». Les activités d'Amélie ne changent pas. Manda, qui vit essentiellement du racket de commerçants et de prostitution, la range sur un nouveau trottoir. Mais s'il semble être un homme agréable à vivre, Manda s'absente pour ses affaires, ce que sa régulière supporte moins bien. Au lieu de l'attendre à la maison, elle préfère sortir et se consoler auprès d'amants et d'amantes, et finit, à 22 ans, par le quitter, supportant difficilement une de ses infidélités. Elle rencontre une première fois Leca sur le boulevard Voltaire, puis une deuxième fois aux Halles. Lui aussi est chef de bande, et il germe dans l'esprit de la jeune fille l'idée d'une vengeance contre son ex-infidèle. Elle s'installe avec lui, consciente qu'un chef de bande ne peut laisser salir son honneur, et devient ainsi l'enjeu du combat à venir. Manda déclenche les hostilités en portant un coup de couteau à Leca. Manda est arrêté, mais Leca ne l'ayant pas reconnu devant la police, il est aussitôt relâché. Il conforte son avantage en attaquant l'hôtel où résident Leca et Amélie, sans que personne ne soit blessé. Mais la guerre est déclarée, et une bataille rangée a lieu une semaine plus tard entre la bande de Manda et celle de Leca. Leca en sort avec deux balles de revolver dans le bras et la cuisse et attend trois jours avant de se faire soigner à l'hôpital Tenon, où la police vient l'interroger et devant laquelle il observe le même silence. À sa sortie de l'hôpital, la bande à Manda, par le bras armé d'un certain Polly, porte trois nouveaux coups de couteau à Leca dans le fiacre qui transporte le blessé. L'affaire Manda-Leca fait la une de la presse. Un journaliste du Petit Journal, Arthur Dupin, s'indigne : « Ce sont là des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffée à la chien ! » « Ce sont là des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffée à la chien ! » La police interroge à nouveau Leca et se heurte au même silence. Ce sont les parents de Leca, épuisés par ces incessantes agressions de leur fils, qui finissent par livrer le nom de Manda, lequel prend alors la fuite. Après une planque chez un souteneur du XIIIe et un exil d'une semaine à Londres, il retourne à Alfortville, où il est reconnu, dénoncé et cueilli par un détachement d'un cinquantaine de policiers. La presse se rue, les écrivains produisent à tour de bras chansons, pièces de théâtre, et Casque d'Or la prostituée entre dans la légende. Leca et Amélie y trouvent leur compte et vivent de ces revenus inattendus. Un bonheur de courte durée, puisque la bataille Manda-Leca se poursuit, mais cette fois-ci, Leca endosse le rôle de repris de justice et se réfugie en Belgique, où il est rattrapé. Pour Amélie rien ne change, une foule immense assiste au procès Manda en mai 1902, uniquement pour la voir. Manda et Leca sont condamnés au travaux forcés et au bagne. Ils partent pour l'île du Diable pour ne plus en revenir. Après avoir cessé de se prostituer, sans renoncer pour autant à prendre d'autres amants, Casque d'Or finit par se marier à Paris, le 27 janvier 1917. Son époux est un cordonnier nommé André Alexandre Nordin, dont elle élèvera les quatre enfants. Elle s'éteint en 1933, à l'âge de 55 ans. (source : wikipedia)

Son histoire a inspiré le célèbre film Casque d'or de Jacques Becker, qui devait rendre célèbre l'actrice Simone Signoret en 1952.

Le présent ouvrage s'inspire précisément de l'affaire Casque d'Or, à savoir l'épisode Manda-Leca (1902).

On retrouve dans cet ouvrage écrit dans le langage des fortifs et autres apaches, tout l'univers souterrain côtoyé de près par Jean Lorrain.

Charles-Henry Hirsch (1870-1948), homme de lettres, auteur dramatique et journaliste, a longtemps collaboré au Mercure de France. 


DE LA PLUS GRANDE RARETÉ SUR JAPON FINEMENT RELIÉ A L'ÉPOQUE.

VENDU

dimanche 5 mai 2013

Les Douze Douzains de Dialogues ou Petites scènes amoureuses de Pierre Louÿs, illustrés par André Collot. Edition clandestine rare des années 1950. Double suite des 10 figures libres.


Pierre LOUYS - André COLLOT, illustrateur

DOUZE DOUZAINS ... Illustrations de V . . . . .

Sans lieu ni nom [Achevé d'imprimer en 1953]

1 volume in-4 (29,5 x 22,5 cm), 24 feuillets non chiffrés, en feuilles, sous couverture imprimée, entièrement non coupé (neuf, jamais lu ...)


NOUVELLE ÉDITION.

TIRAGE LIMITÉ A 500 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN DE LANA. (Les exemplaires ne portent pas de numéro).


EXEMPLAIRE AUQUEL ON A AJOUTÉ UNE SUITE DES 10 ILLUSTRATIONS HORS-TEXTE EN NOIR.

Edition publiée au début des années 1950. Elle est ornée de 10 illustrations en 2 tons (noir et rehaut de couleurs) d'André Collot et d'un fac-similé de manuscrit de Pierre Louÿs. On y trouve aussi en guise d'ornements quelques figures obscènes en noir qui servent de culs-de-lampe etc. Ouvrage condamné pour la première fois le 8 décembre 1955.


Ce célèbre ouvrage de Pierre Louÿs a paru pour la première fois en 1927 par le librairie Robert Télin sous le voile de l'anonyme. Ces délicieux dialogues de l'érotomane patenté qu'était le discret Pierre Louÿs sont au nombre de 12 : Dialogues des Filles nues - Dialogues des Masturbeuses - Dialogues des Lécheuses - Dialogues des Phallophores - Dialogues des Goules - Dialogues des Amoureuses - Dialogue des Enculées - Dialogue des Chieuses - Dialogue des Pisseuses - Dialogues des Mères et enfin Dialogues des Enfants.

Ces courts textes pornographiques et fortement scatologiques presque à tout propos, donnent aux images qui les accompagnent, une saveur particulière. Ce sont 90 petits textes (sur les 144 textes prévus) au total écrits par Pierre Louÿs entre 1894 et 1899 et dont la forme serait inspirée du Dialogue des Courtisanes de Lucien de Samosate.


Nous ne résistons pas au plaisir de citer trois textes parmi les plus croustillants (d'ailleurs ils le sont tous...).

Renseignements sur un cul de gousse

« T’as aussi bouffé l’cul d’la fille à la patronne ? Non, c’est pour ce soir qu’a m’a dit d’rester. Tu y as fait, toi ? Oh ! dis-moi, c’ment qu’elle est, que je sache !… Elle est dépucelée, dis ? Dépucelée ? Tu parles qu’elle est dépucelée ! Si tu voyais la connasse qu’elle a ! j’y fourre la main comme dans ma poche. Mais elle a pas vingt ans ? Eh ben, elle a un entonnoir, je ne te dis que ça ! Et pis, tu ne sais pas ce qui t’attend, ma gosse. L’soir que j’y ai été, elle m’a couchée à poil sur le pieu, en soixante-neuf, elle sur moi. Un cul mouillé, mais mouillé à croire que la queue en sortait, tant que ça l’excitait, la gousserie. Elle me bavait dessus, je l’avais pas touchée. Ah ! mince ! Attends, t’as pas fini : j’y donne un coup de langue… j’la fous en chaleur, et alors tu peux pas deviner ce qu’il lui a sorti du con : on aurait dit la gueule d’une soularde qui dégobillait du sirop, et tout ça dans ma bouche, la vache. “Merde alors, vous vous êtes donc pas branlée depuis trois jours ?” que je l’y ai dit… »

La proposition

« Si tu étais bien gentil… Qu’est-ce que je ferais ? Regarde comment je me place. Tu veux foutre en levrette ? Non. Tu veux une minette par-derrière ? Non. Ma langue au trou de ton cul ? Pas ta langue. Ma pine ? Tu es long à comprendre, tu sais. Ça va te faire mal. C’est mon affaire. Je te dis de m’enculer. Bien, bien… Oh ! que c’est dur. Écarte-moi les fesses… Pousse bien au milieu… Tiens… la tête y est déjà. Ah ! ha ! Branle-moi, dis, branle-moi… Attends donc que tout soit entré ! Oh ! pas si au fond… tu me déchires… Ouvre les cuisses pour que je te branle mieux. Ah ! que je jouis… remue, dis… Ah ! ha ! je le fais ! »

Dans la bouche

« Alors qu’est-ce que nous allons faire avant de nous quitter ? Moi, je n’en peux plus, tu sais. Voilà six fois que je mouille, je suis faible à me trouver mal… J’ai bien une idée, mais tu ne voudras pas. Qu’est-ce que tu en sais ? Je suis sûre que c’est encore quelque chose de dégoûtant. Oh ! dégoûtant… Je ne trouve pas du tout. Mais toi tu vas trouver ça dégoûtant, tu es si tourte. Dis-moi donc ce que c’est, grande sale. Tu n’as jamais fait pipi dans la bouche d’une fille ! Oh ! quelle horreur ! Eh bien, tu vas me le faire. Tant pis ! Tu as voulu que je parle. C’est demandé. Tu le feras. Sale cochonne ! Veux-tu bien te taire ! Ferme-moi la bouche avec ton chat. Mets-toi bien à genoux ; non, accroupie. Mets le trou sur mes lèvres. Là. Lâche tout maintenant, mais tout doucement : j’avalerais de travers. Et tu vas boire ce qui sortira ? Comme du champagne. Tu m’en feras autant, alors. Je veux goûter du tien. »

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1430 ; Pia, 385.


EXEMPLAIRE TEL QUE PARU CLANDESTINEMENT VERS 1950.

VENDU

vendredi 3 mai 2013

Les Modes de Paris, Variations du goût et de l'esthétique de la femme (1797-1897) par Octave Uzanne. 100 illustrations en couleurs par François Courboin. Couverture illustrée de George Auriol. Un des rares exemplaires sur papier Japon avec double suite des hors-texte.


Octave UZANNE - François COURBOIN, illustrateur - George AURIOL, illustrateur (couverture)

MONUMENT ESTHÉMATIQUE DU XIXe SIÈCLE - LES MODES DE PARIS - VARIATIONS DU GOÛT ET DE L’ESTHÉTIQUE DE LA FEMME - 1797 - 1897 par Octave Uzanne. Illustrations originales de François Courboin dans le texte et hors-texte, d'après des documents inédits.

Paris, Société française d'éditions d'Art, L. Henry May, éditeur, 1898. [achevé d'imprimer le 8 octobre 1897 sur les presses d'Edouard Creté à Corbeil.].



1 fort volume grand in-8 (25,5 x 18,5 cm), broché, (4)-IV-242-(1) pages. 100 illustrations en couleurs hors-texte (coloriées au patron), 100 illustrations au trait en noir (suite), dessins en noir au trait dans le texte. Couverture illustrée en couleurs par George Auriol.

Reliure demi maroquin bleu nuit à larges coins, dos à nerfs, caissons soulignés de filets dorés,  tête dorée, non rogné, les deux plats de couverture illustrée en couleurs sont conservés à l'état de neuf. Exemplaire d'une incroyable fraîcheur, à l'état proche du neuf (reliure signée J. KAUFFMANN - F. HORCLOIS).



ÉDITION ORIGINALE.

Tirage à 1.100 exemplaires (1.000 ex. sur vélin spécial, 90 ex. sur Japon impérial avec suite avant le coloris et 10 ex. sur Japon avec dessins originaux et aquarelle originale).



CELUI-CI, UN DES 90 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL AVEC DOUBLE SUITE DES 100 HORS-TEXTE.



Uzanne donne ici sans doute ce qui est son ouvrage le plus intéressant et le plus dense traitant à fond des modes depuis la fin du XVIIIe siècle (licences du costume et des moeurs sous le Directoire) jusqu'aux modes fin de siècle (1897). Cet ouvrage, le plus richement illustré par François Courboin pour Uzanne, ne sera jamais réédité par la suite.


Superbe illustration entièrement coloriée à la main (pochoirs) de 100 hors-texte, qui en fait un des plus beaux livres illustrés sur le sujet à cette époque.



SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ DE CE RARE TIRAGE DE LUXE.

VENDU

Almanach Henri Boutet pour 1901. Un des 50 exemplaires sur Japon avec double suite, pointe sèche spéciale et état supplémentaire de la couverture. Rare.


Henri BOUTET, illustrateur - Texte par Hyppolyte DEVILLERS

ALMANACH HENRI BOUTET 1901 (3e année. Nouvelle Série). UN SIÈCLE DE PARISIENNES. Illustré de vingt-cinq pointes sèches d'après les documents originaux. Texte par Hyppolite Devillers.

Paris, Librairie Melet, s.d. (1901). [imprimerie Renouard et Chamerot].

1 volume in-16 (127 x 82 mm), broché, couverture illustrée en couleurs. Etat proche du neuf (dos légèrement teinté). Etui cartonné (quelques frottements).

ÉDITION ORIGINALE.

UN DES 50 EXEMPLAIRES DU TIRAGE DE LUXE SUR JAPON, AVEC UNE POINTE SÈCHE EXÉCUTÉE SPÉCIALEMENT POUR CES EXEMPLAIRES, UNE ÉPREUVE EN SANGUINE DE L'ILLUSTRATION DE COUVERTURE ET UN DOUBLE ETAT DES 25 POINTES SÈCHES HORS-TEXTE (NOIR ET COLORIÉES).

EXEMPLAIRE NUMÉROTÉ (N°4) AU CRAYON ET SIGNÉ PAR L'ARTISTE.

Un des plus charmants almanachs de Boutet, ici richement illustré de 25 pointes sèches en double état et une pointe sèche spéciale en frontispice.


BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.

RARE SUR CE PAPIER.

Prix : 600 euros

jeudi 2 mai 2013

Dictionnaire Bibliophilosophique, Typologique, Iconophilesques, Bibliopégique et Bibliotechnique à l'usage des Bibliognostes, des Bibliomanes et des Bibliophilistins, par Octave Uzanne (1896). "The most scarce of all my books" écrira-t-il à un ami américain en 1902 !


Octave UZANNE - Oswald HEIDBRINCK, illustrateur - Paul BERHON - George DE FEURE - E. BELVILLE

DICTIONNAIRE BIBLIOPHILOSOPHIQUE, TYPOLOGIQUE, ICONOPHILESQUE, BIBLIOPEGIQUE ET BIBLIOTECHNIQUE à l'usage des Bibliognostes, des Bibliomanes et des Bibliophilistins, par Octave Uzanne, polygraphe et philologue.

Paris, Imprimé pour les Sociétaires de l'Académie des Beaux Livres, Bibliophiles Contemporains, en l'an de grâce bibliomaniaque 1896. [imprimé sur les presses typographiques de Edouard Cretté à Corbeil].

1 volume in-8 (23 x 15,5 cm) de VIII-364 pages.



Texte imprimé dans un encadrement décoré tiré en noir d'après le dessin de Léon Rudnicki, papier filigrané décoré de feuillages par le même artiste, signature Octave Uzanne en filigrane dans le papier au centre des pages ; 31 eaux-fortes hors-texte, parfois en couleurs, par Oswald Heidbrinck, dans un encadrement doré ou cuivré ; les exemplaires étaient livrés sous triple-couverture illustrée : la première couverture de protection est en vélin véritable estampé et doré d'une superbe composition de E. Belville datée 1896 (elle manque ici) ; la deuxième couverture est imprimée en bleu/violet sur fond de papier argenté et est signée Paul Berthon ; la troisième et dernière couverture est une composition florale dans un camaïeu de verts et est signée George de Feure. Deux des couvertures sont ici bien présentes.

Cartonnage bradel plein papier japonais "vagues" dans les tons blancs et or, dos muet, relié sur brochure, tête dorée, ébarbé, tel que paru. La couverture de Paul Berthon est conservée d'un seul tenant (repliée). (reliure neuve dans le goût des papiers japonais affectionnés par Octave Uzanne).



Parfait état de l'ensemble.

Splendide ouvrage très recherché des amateurs à juste titre. Uzanne a couché au fil des pages ses convictions les plus intimes de bibliophile fin de siècle. Souvent teintés d'humour voire de moquerie à l'encontre de ses congénères, les notices s'enchaînent pour le plus grand plaisir du bibliophile d'aujourd'hui. Il n'hésite pas à y inclure tous les néologismes qui lui étaient si chers et dont il faisait usage régulier.

Bibliophilosophe : Sage ami des livres dépris de toute ostentation et vanité. Ce n'est plus le passionné, le fougueux amant qui jette or avec fièvre pour conquérir ce qu'il désire, c'est mieux peut-être, c'est le lettré éclairé qui comprend l'amour des livres à la façon de Montaigne, avec discernement et claivoyance (...)

Dans cet ouvrage, aboutissement de l'esthétisme Uzannien et de son esprit d'indépendance, se mêlent les influences de l'Art Nouveau et du Symbolisme triomphant, aux différents mouvements avant-gardistes qu'il a côtoyé de près.

Le résultat est à la hauteur de ce que Uzanne pouvait proposer de plus innovant.



IMPRIMÉ A 176 EXEMPLAIRES SEULEMENT POUR LES BIBLIOPHILES CONTEMPORAINS. 



Ce livre a été construit sur les débris encore fumant des Bibliophiles contemporains, payé sur les fonds de réserve de la Société dissoute au moment de la publication. Entièrement dirigée par Octave Uzanne, président-fondateur et dissociateur des cent-soixante Bibliophiles Contemporains. Le tirage a été fait au nombre exact de 176 exemplaires numérotés (nominatifs). Il a été ébauché en 1895 mais porte la date de 1896 (titres et couvertures ayant été tirés avant l'achèvement).



On lit à la fin : "La dernière feuille de ce Dictionnaire Bibliophilosophique, ébauché en 1895 et qui porte la date de 1896, a été imprimé ainsi que tout le texte de l'ouvrage, sur les presses typographiques de Edouard Cretté, imprimeur à Corbeil, sous la direction de l'auteur et pour MM. les anciens membres de la Société des Bibliophiles Contemporains, le 14 octobre 1897."



"The most scarce of all my books" écrira Octave Uzanne à un de ses amis américains en novembre 1902 (lettre inédite de notre collection).

BEL EXEMPLAIRE, COMPLET DES DEUX COUVERTURES ILLUSTRÉES (sans la chemise en vélin estampé)  RELIÉ SUR BROCHURE, NON ROGNÉ (ÉBARBÉ), TEL QUE PARU.

TRÈS RARE.

VENDU

Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin (1665). Edition dite "à la croix de Malte". Rare exemplaire dans une fine reliure signée Duru (1851).


Page de titre dite "à la croix de Malte"
(1665)


BUSSY-RABUTIN, Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit

HISTOIRE AMOUREUSE DES GAULES.

[Croix de Malte], A LIÈGE, s.d. (1665)

1 volume in-12 (129 x 78 mm - Hauteur des pages : 126 mm - Marge blanche latérale : 15,5 mm.), de 1 feuillet de titre, 190 et 69 pages, 3 pages de clef.

Reliure plein maroquin janséniste vert sombre, dos à nerfs soulignés de caissons à froid, titre et millésime dorés, double-filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, tranches dorées sur marbrure, doublures et gardes de papier peigne (reliure signée DURU et datée 1851). Exemplaire à l'état proche du neuf, tant au niveau de la reliure que de l'intérieur. Exemplaire soigneusement lavé et réencollé par Duru. Fine reliure du milieu du XIXe siècle.

ÉDITION DITE "A LA CROIX DE MALTE".

ÉDITION PARFOIS DONNÉE COMME ÉTANT LA PREMIÈRE PAR CERTAINS BIBLIOGRAPHES, RÉFUTÉE PAR D'AUTRES.

Cette édition divisée en deux parties paginées séparément, avec une croix de Malte sur le titre et la clé en trois pages reliée à la fin, contient dans les 190 premières pages une histoire amoureuse de la cour de Louis XIV, et s'achève par ces mots "Fin de l'Histoire d'Angelie et de Ginotic (Monsieur et Madame de Châtillon). Vient ensuite la deuxième partie du volume en 69 pages, intitulée "Suite de l'Histoire d'Ardelise" (Madame d'Olonne), puis "Portrait de Madame de Cheneville" (la marquise de Sévigné, Marie de Rabutin Chantal, sa cousine), puis enfin "Histoire de Bussy et de Belise" (Madame de Monglas).

Provenance : Il y a toutes les apparences pour que cet exemplaire soit celui catalogué sous le n°731 de la vente Duplessis de 1856 (ancien recteur de l'Académie de Douai), la description est identique (Paris, L. Potier, 1856, n°731). Le volume ne contient aucune marque d'appartenance.

Localisation de quelques anciens exemplaires : Catalogue de la librairie Morgand et Fatout : n°2061 - maroquin bleu de Trautz-Bauzonnet, grand de marges : 325 francs or (mai 1876) "Edition rare, une des plus anciennes" ; n°5.465 - maroquin de Thibaron "Edition dite à la croix de Malte" : 100 francs or (octobre 1879) ; n°7378 - maroquin de Trautz-Bauzonnet (500 francs or - juin 1881) ; n°11.829 - riche reliure de Capé : 500 francs or (février 1887).

Historique des éditions anciennes : Tchémerzine, qui décrit plus d'une dizaine d'éditions anciennes de l'Histoire amoureuse des Gaules, sur près de 10 pages, donne une édition également à la croix de Malte en 259 pages comme étant l'originale. Il y a n'y a aucune preuve avancée à cela. Jusqu'à la fin du XIXe siècle et encore après, c'est notre édition en 190 et 69 pages qui était donnée comme la plus ancienne de toutes (voir les catalogues Morgand et Fontaine). D'après Tchémerzine toujours, il existe donc 3 éditions dites à la "croix de Malte", toutes sans date et publiées sous l'adresse de "A Liège". Elles se différencient non seulement par la pagination (259 pages, 190-69 pages et 190-68 pages) mais aussi par de légères variantes dans la composition de la page de titre (notamment les U). Notre édition qui correspond à 153a contient pourtant la page de titre du 153b. La plupart des catalogues de vente ne différencient pas aujourd'hui ces trois éditions, étant dénommées indifféremment "éditions à la croix de Malte" et passant pour être les plus anciennes de ce texte. En ce qui nous concerne, nous retenons cette édition (tirage ?) en 190 pages et 69 pages comme la première émission sur le critère suivant : il nous apparaît peu probable que l'édition à pagination continue ait été la première. Il nous paraît plus probable que la première édition se trouve parmi les deux dont la pagination est divisée en deux parties. Processus logique lorsqu'on contrefait ou reproduit une édition, on élimine autant que possible les paginations fantaisistes qui n'ont pas lieu d'être par la suite. D'ailleurs, l'argument se vérifie si l'on considère que les éditions parues les années suivantes (1666, 1667, 1668) sont paginées d'une seule partie en 244, 246, 237 et 258 pages. Certains libraires continuent pourtant à donner l'édition de Liège à la croix de Malte (1665) en 259 pages comme l'originale, sans autres preuves que les assertions de Tchémerzine. Sans doute les avis seront difficiles à trancher en la matière encore pour longtemps.

En 1653, Bussy est reçu à l'Académie Française ; c'est durant cette période que la première partie de son Histoire amoureuse des Gaules, dont il avait, sous le sceau du secret, confié le manuscrit à Mme de la Baume, commença à faire du bruit. Dans cet ouvrage, la conduite scandaleuse de quelques femmes de la cour est révélée sans ménagement et sans pudeur, les plaintes vinrent de tous côtés ; ces histoires étaient pourtant bien connues à la cour (Bussy dira de ce roman, qu'il n'a rien inventé) ; il fût fortement soupçonné d'avoir fait entrer le roi dans son roman. Pour cela il fut embastillé, et pour s'en sortir, il se démit de ses charges ; se soumettant de plus à écrire des excuses auprès des personnes diffamées dans son livre. Exilé dans ses terres de Bourgogne, il ne supporta pas cette disgrâce avec le courage dont il avait tant de fois fait preuve à la guerre. Il ne cessa de solliciter la grâce du Roi pour son retour à la cour, dans un grand nombre de lettres du style le plus servile, et remplies des sentiments d'une adoration basse. Son exil dura 17 ans. Bussy put revenir en 1682 à la cour mais le Roi ne l'honora même pas d'un regard, il retourna alors dans sa terre bourguignonne, où il acheva sa carrière dans la culture des lettres et dans les exercices de la dévotion. Il décédera à Autun d'une apoplexie le 9 avril 1693, il était âgé de 75 ans. Bussy eut une jeunesse assez dissipée, comme toute la jeunesse dorée de son temps, ni plus ni moins. Il faisait grand cas de sa personne, et cela lui attira des ennemi(e)s durant toute sa vie. Sa cousine, la marquise de Sévigné (née Rabutin-Chantal), ne fut pas épargnée par les sarcasmes de Bussy. De celle-ci il donnera dans ce texte félon un portrait physique au vitriol et un portrait moral non moins bassement répugnant : il écrira d'elle qu'elle ne fut amie que jusqu'à la bourse (ce qui était somme toute vrai). Cousin cousine finirent par se réconcilier non sans peine. Bien qu'il existât une chambre de la marquise de Sévigné au Château de Bussy-Rabutin en Bourgogne, il n'est pas prouvé qu'elle n'y vint jamais (alors que l'on sait qu'elle se rendit chez son ami de Guitaut, celui-là même en faveur de qui Bussy se démit de sa charge de capitaine-lieutenant des armées du roi). Il n'existe pas de manuscrit autographe de l'Histoire amoureuse des Gaules, et pour cause !

SPLENDIDE EXEMPLAIRE PARFAITEMENT ÉTABLI PAR HIPPOLYTE DURU DE CETTE EDITION RARE.

VENDU

lundi 29 avril 2013

Marquis de Sade : Extrait de Juliette ou les voluptés du vice (1892). Edition tirée à petit nombre sur beau papier vergé. Rare.



MARQUIS DE SADE (Donatien Alphonse François)

EXTRAIT DE JULIETTE OU LES VOLUPTÉS DU VICE par le marquis de Sade. Introduit par une biographie de Sade, un sommaire de l'ouvrage original (six volumes) et orné d'un frontispice et de 10 gravures sur cuivre.

Amsterdam, 1892. [A. Brancart].

1 volume in-12 (18 x 11 cm) de XXXIV-111 pages. Frontispice à l'eau-forte imprimé en bistre avec cette légende "De la collection de M. H*** de Paris". Chiffre doré M. P (?) sur le mors supérieur cuir (non identifié).

Reliure demi basane de l'époque, dos lisse filets dorés. Reliure légèrement frottée par endroit et dos passé. Le texte est imprimé sur beau papier vergé. Les couvertures du brochage n'ont pas été conservées. 

ÉDITION ORIGINALE SOUS CETTE FORME.

La biographie du marquis de Sade qu'on trouve en tête du volume (paginée V à XXII) n'est pas signée et se termine par ces mots : "Cet homme [le marquis de Sade] restera éternellement comme un type dans son genre : tout ce que l'imagination en délire peut concevoir de plus monstrueux, il l'a écrit : c'est le vice et le crime réuni en corps de doctrine, c'est la folie humaine dans ce qu'elle a de plus affreux. Telle est la vie, telles étaient les oeuvres du Marquis de Sade."

On trouve à la suite le Sommaire de Juliette : "Juliette, ou la Suite de Justine, parut en 1796. Des atrocités, des infamies devant lesquelles l'auteur avait reculé d'abord, lui paraissaient choses tout-à-fait louables ; les maximes de perversité, de scélérature, qu'il avait placées dans la bouche de ses personnages, lui semblaient si judicieuses qu'il regrettait de s'être montré si pusillanime. Pour réparer cette faute, il donna dans "Juliette" libre carrière à son imagination, que ne gênait plus aucun des misérables scrupules auxquels il avait obéi." 

"Oh ! ma bonne, ma chère bonne, me dit Olympe en baisant ma bouche avec ardeur, tu es bien putain, je t'adore ; voilà comme il faudrait que fussent toutes les femmes. Qu'elles sont imbéciles celles qui ne sacrifient pas tout à leurs plaisirs : Ah ! qu'elles sont stupides celles qui peuvent avoir d'autres dieux que Vénus ... d'autres moeurs que celles de se prostituer sans cesse à tous les sexes, à tous les âges, à toutes les créatures vivantes. Oh ! Juliette, la plus puissante des lois de mon coeur est le putanisme ; je ne respire que pour répandre du foutre ; je ne connais ni d'autres besoins, ni d'autres plaisirs. (...)" Extrait de Juliette, pp. 44-45.

Cette édition, bien qu'imprimée sur beau papier, fourmille de fautes typographiques et certaines lignes présentent quelques défauts de justification. Dutel indique : "Édition publiée en 1892 à Amsterdam par A. Brancart. L'exemplaire consulté ne contenait que le frontispice (de H. de Biberstein), tiré en bistre (...) les dix gravures manquaient." (Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement entre 1880 et 1920, 2002, p. 187, réf. 441)


BON EXEMPLAIRE DE CETTE EDITION RARE TIRÉE A PETIT NOMBRE SUR BEAU PAPIER.

VENDU

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