lundi 28 octobre 2019

Léon Courbouleix. Le cantique des cantiques (vers 1935). 1/20 ex. sur Japon impérial avec suite et dessins originaux. Rare et superbe.


Léon Courbouleix (illustrateur)

Le cantique des cantiques. Texte et illustrations gravés à l'eau-forte par Léon Courbouleix.


[imprimé par et chez Léon Courbouleix, s.d. (vers 1935 ?)

1 volume in-folio non paginé, en feuilles, composé de 38 feuillets dont 8 frontispices à l'eau-forte hors-texte (un pour chaque chant), 8 vignettes en tête de chaque chant (15 x 10 cm), 1 eau-forte tirée sur le premier plat de couverture, 40 bandeaux à l'eau-forte (15 x 3 cm), 8 lettrines décorées. Toutes les eaux-fortes sont tirées en sanguine. Le texte et les lettrines sont gravées à l'eau-forte également, calligraphiés par l'artiste, certaines rehaussées de rouge. Couverture rempliée encore protégée par son papier cristal d'origine. Etui et chemise cartonnée de l'éditeur-artiste (étiquette de titre avec petits manques).

Unique édition de ce célèbre texte spirituel et érotisant donnée par cet artiste-éditeur.

Tirage total à 310 exemplaires.

Celui-ci, un des 20 exemplaires de tête sur Japon impérial (Japon fort) contenant une suite en noir des 8 hors-texte (suite tirée en noir sur papier Japon blanc fin) et 2 dessins originaux (1 dessin hors-texte pleine page et 1 vignette de début de chant 15 x 10 cm). Exemplaire numéroté et signé par l'artiste.



L'artiste graveur Léon Courbouleix est bien connu des bibliophiles pour ses ouvrages imprimés à la presse à bras dans ses ateliers. Il a publié clandestinement plusieurs ouvrages illustrés plus qu'érotiques (Le Mariage de Suzon, Les vacances de Suzon). Le cantique des cantiques est en tous points remarquable.



L'histoire et l'interprétation de ce texte biblique est complexe et source de polémiques religieuses qui se poursuivent encore selon les confessions. Bien qu'inclus dans la Septante, le Cantique des Cantiques n'est retenu dans le canon juif qu'au ier siècle de l’ère chrétienne. La Mishna évoque les vives discussions au sujet de son intégration dans ce canon. Il a pu y trouver sa place à la suite de l'interprétation allégorique de Rabbi Akiva pour qui le Cantique des Cantiques est une déclaration symbolique de l'amour entre Dieu (YHWH) et son peuple, Israël : « le monde entier ne vaut pas le jour où le Cantique des cantiques a été donné à Israël, car tous les ketoubim sont chose sainte, mais le Cantique des cantiques est chose très sainte ». La tradition juive est donc en faveur d’une lecture allégorique du Cantique. Selon des exégètes juifs, le Cantique était un poème exprimant l’amour de l’Éternel pour Israël, qui « y découvraient une esquisse allégorique de l’histoire d’Israël depuis l’exode hors d'Égypte jusqu’à l’arrivé du Messie. C’est en raison de ces prétendues allusions à l’exode, que le Cantique est lu dans la synagogue au huitième jour de la fête du pain sans levain ». Il fait partie des Ketouvim (autres écrits) dans le Tanakh — la Bible hébraïque — et des Livres poétiques dans l'Ancien Testament — la première partie de la Bible chrétienne. On considère qu'il fait partie de la littérature sapientiale (de sagesse), ce qui est sans doute l'une des raisons pour laquelle on a voulu le relier au roi Salomon. Cependant, malgré la présence de certains archaïsmes dans le texte, la langue et le style sont assez tardifs et font penser à l'époque perse ou même hellénistique (IIIe s. av. J.-C.). Le Cantique des Cantiques revêt la forme d'une suite de poèmes, de chants d'amour alternés entre une femme et un homme (ou même où plusieurs couples s'expriment), qui prennent à témoin d'autres personnes et des éléments de la nature. C'est l'un des livres de la Bible les plus poétiques. Sa composition est attribuée à un compilateur du ive siècle av. J.-C. qui y aurait fondu différents poèmes. On a même avancé l'hypothèse que le Cantique des Cantiques ait pu avoir été rédigé par une femme, comme le pense par exemple l'exégète André La Cocque, étant donné la large place qui y est laissée aux personnages féminins et le fait qu'il y parle d'amour et jamais de mariage. On retrouve des parallèles à de nombreuses expressions du Cantique dans la littérature du Proche-Orient ancien, notamment dans les poèmes d'amour égyptiens. Le cadre géographique et social est suggéré par quelques noms propres (Jérusalem, Tirça, le Liban, Galaad (actuelle Jordanie)...), mais de telles références ne permettent pas de fixer avec certitude la date et le lieu de rédaction du Cantique des Cantiques. Le livre a d'abord été rejeté à cause de son caractère profane dont témoignent les nombreuses images érotiques comme « tes seins sont comme deux faons, jumeaux d'une gazelle » ou « ta poitrine comme les raisins mûrs ». Les exégètes chrétiens se sont souvent montrés perplexes devant ce livre. L’humaniste Sébastien Castellion avait des doutes quant à l’inspiration divine du livre à cause de son caractère sensuel, ce qui lui attira les foudres de Jean Calvin. Néanmoins, il le conserva dans sa traduction de la Bible. André La Cocque ou Gianni Barbiero, avancent l'hypothèse d'une interprétation du Cantique comme un rêve : les termes employés y font beaucoup référence à un vocabulaire onirique : ce serait un rêve éveillé de la fiancée qui se remémore les moments passés avec son bien-aimé.







Léon Courbouleix interprète ici à merveille ce long poème sensuel.

Superbe livre d'artiste.

Très rare sur Japon avec dessins originaux et suite.



Prix : 1.150 euros

Liens vers d'autres livres

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