jeudi 31 janvier 2013

Exceptionnelle et étonnante reliure "mosaîquée doublée" signée Dodé (reliure de la fin du XIXe siècle) sur La Mionette d'Eugène Muller (édition de bibliophile sur japon à 150 ex.). Magnifique et unique !



Exceptionnelle et étonnante reliure composée en doublure d'une mosaïque de 692 petits carrés de maroquins agencés de manière géométrique par le relieur Dodé (reliure de l'époque).


Eugène MULLER

LA MIONETTE. 28 compositions de O. Cortazzo gravées à l'eau-forte par Abot et Clapès.

Paris, Librairie L. Conquet, 1885

1 volume in-8 (20 x 13,5 cm) de (3)-VI-244 pages. Illustrations dans le texte et hors-texte en noir.

Reliure de l'époque plein maroquin vert, dos à nerfs, caissons encadrés de double-filets à froid, triple-filet à froid en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, doublure de maroquin composée d'un patchwork de petits carrés posés points en bas de maroquin vert, rouge, bleu, orange, marron (voir photographies ci-jointes pour la disposition générale). On compte ainsi 346 petits carrés de maroquin juxtaposés, chacun mesurant 8 x 8 mm. Il y a donc eu un total de 692 petits carrés de maroquin, serti à froid, sans or, parfaitement ordonnés selon un motif géométrique étonnamment moderne pour l'époque. Encadrement de roulettes dorées pour chaque doublure intérieure, tête dorée, relié sur brochure, couvertures  imprimées roses conservées (DODE relieur). Parfait état. Reliure d'un raffinement et d'une élégance extrême conjugué à une modernité étonnante.


Détail de la mosaïque de maroquin. Chaque petit carré posé en losange pointe en bas mesure 8 x 8 mm.


UN DES 150 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR JAPON. Numéroté et paraphé par l'éditeur. (tirage total à 1.000 ex.)


Détail de la mosaïque de maroquin. Chaque petit carré posé en losange pointe en bas mesure 8 x 8 mm.


Histoire d'une jeune paysanne et d'un village "à l'endroit où la Loire qui vient des hautes montagnes Velaisiennes, arrive dans la grande plaine du Forez" (Saint-Just-sur-Loire). Ce récit a été rédigé en 1857.


JOLIE EDITION DE BIBLIOPHILE.

EXEMPLAIRE REMARQUABLE POUR LA RELIURE TRÈS ORIGINALE ET MODERNISTE QUI LE RECOUVRE.


DODE, relieur de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe siècle. Il exerça à plusieurs adresses pendant moins de vingt ans. Installé d'abord 27 rue Saint-André-des-Arts, en 1887, il transféra son atelier 52 avenue Victor Hugo en 1896. En 1899, il suspendit son activité et se réinstalla 23 rue de Villejust en 1901. C'était un spécialiste de la reliure dite demi-soignée, à l'usage des libraires. Louis Creuzevault lui succéda en 1904. (Cf. Fléty, Dictionnaire des relieurs français ayant exercé de 1800 à nos jours, p. 60).

Dodé n'était visiblement "pas seulement" spécialiste de la reliure dite demi-soignée ... Une nouvelle édition de Fléty s'impose ...

MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE.

VENDU

mercredi 30 janvier 2013

L'Effort d'Haraucourt : La Madone, L'Antéchrist, L'Immortalité et La Fin du Monde, illustrés par Carlos Schwabe, Alexandre Lunois, Eugène Courboin, Alexandre Séon et Léon Rudnicki (1894). Chef d'oeuvre de l'Art Nouveau et de l'illustration symboliste. Superbe et riche reliure mosaïquée et doublée du maître Charles Meunier (98). Exemplaire enrichi de 3 superbes dessins originaux dont un dessin aquarellé pleine page signé Carlos Schwabe. Exemplaire exceptionnel.



HARAUCOURT (Edmond)‎ - ‎SCHWABE (Carlos), illustrateur - Léon RUDNICKI, illustrateur ‎- SEON (Alex.) - COURBOIN (Eugène) - LUNOIS (Alexandre) 

L'EFFORT. LA MADONE. L’ANTÉCHRIST. L’IMMORTALITÉ. LA FIN DU MONDE.

Paris, Les Bibliophiles Contemporains, Académie des Beaux Livres, 1894.

1 volume in-4 (28,5 x 22,5 cm) de (4)-144 pages.

Reliure plein maroquin bleu vert, reliure entièrement mosaïquée sur le premier plat d'un large décor floral composé de fuchsia pourpre et autres fleurs épanouies et feuillages variés, étamines et coeur de fleur dorés, encadrement de maroquin marron avec listels de maroquin beige, deuxième plat mosaïqué en son centre d'une composition florale violine, étamines et coeur de fleur dorés, même encadrement mosaïqué, dos à deux nerfs saillants, mosaïqué tout du long d'épines et fleurs de lis, avec titre en lettres de formes dorées,  doublure de maroquin de même teinte que les plats mosaïqué sur l'ensemble de la surface de fleurs et feuillages courant en large encadrement, épines, fleurs, étamines dorées, première garde de soie brochée violine, mauve et rose, seconde garde de papier peigne, tranches dorées sur témoins. Couverture illustrée conservée (les deux plats et le dos, à l'état de neuf), étui bordé (reliure signée CH. MEUNIER 98). Dos très légèrement passé nonobstant magnifique exemplaire. 


UNIQUE TIRAGE DES ILLUSTRATIONS DE CARLOS SCHWABE, ALEXANDRE LUNOIS, EUGÈNE COURBOIN, ALEXANDRE SÉON, LÉON RUDNICKI.

SUPERBE OUVRAGE ILLUSTRÉ SYMBOLISTE.

Tirage unique limité à 180 exemplaires numérotés, celui-ci n°11 imprimé pour M. P.-L. BERALDI (frère de Henri BERALDI alors vice-président des Bibliophiles contemporains). Imprimé sur beau papier d'Arches filigrané en marges (frise florale et noms de l'auteur et de la collection) conçu par Octave Uzanne, le directeur fondateur de la Société.


Collection de quatre contes : La Madone, illustré de 18 lithographies originales d'Alexandre LUNOIS - L'Antéchrist, illustré de 38 compositions d'Eugène COURBOIN, aquarellées - L'Immortalité, illustré de 32 compositions de Carlos SCHWABE, dont 10 gravées à l'eau-forte en noir (par Massé) et 23 grands motifs floraux aquarellés.- La Fin du Monde, illustré d'un frontispice tiré en or et de 46 grands dessins d'Alexandre SEON. La couverture, les faux-titres, justification et titre sont entièrement orné de grandes compositions en couleurs de Léon RUDNICKI. 


Octave Uzanne signe ici l'une des plus belles productions pour les Bibliophiles contemporains. C'est un livre qui est aujourd'hui de plus en plus remarqué et recherché par les amateurs.


Aquarelle originale de Carlos Schwabe

EXEMPLAIRE UNIQUE ENRICHI A L'EPOQUE DE TROIS AQUARELLES ORIGINALES.

UNE AQUARELLE ORIGINALE SIGNÉE D'ALEXANDRE LUNOIS (pleine page).

UNE AQUARELLE ORIGINALE SIGNÉE DE CARLOS SCHWABE (pleine page), avec un envoi autographe à Madame Hanin sur la première page de texte, en haut.

UNE AQUARELLE ORIGINALE SIGNÉE D'ALEX. SÉON.


Aquarelle originale d'Alex. Séon

L'aquarelle de Carlos Schwabe confère à cet exemplaire un intérêt de premier ordre. C'est une oeuvre délicate et de première manière, entièrement inédite et non référencée. Il avait déjà donné pour l'Art et l'Idée, revue dirigée par Octave Uzanne, en 1892, un très joli frontispice allégorique gravé alors par Paul Avril. Il donnera pour la même revue une intéressante vignette de titre.

Le dessin présenté ici montre un vieillard marchant le long d'un cours d'eau, portant une pierre noire et regarder son reflet dans l'eau. La pierre noire devenant anneau de feu. La symbolique est-elle sans doute à rapprocher de l'opposition des mondes supérieur et inférieur évoquée pour cette période de son travail. Voir à ce sujet Jean-David Jumeau-Lafond, Carlos Schwabe, symboliste et visionnaire, ACR édition (1994), pages 158 à 161 pour ce qui concerne notamment le langage des fleurs, une contribution à l'Art Nouveau, qu'on retrouve ici dans les encadrements du conte l'Immortalité.


MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE EN RELIURE ENTIÈREMENT MOSAÏQUÉE ET DOUBLÉE (DOUBLURES RICHEMENT MOSAÏQUÉES) A L'ÉPOQUE PAR LE MAÎTRE DU GENRE CHARLES MEUNIER.

L'UN DES PLUS BEAUX LIVRES DE LA PÉRIODE ART NOUVEAU CHEF D'OEUVRE DE L'ILLUSTRATION SYMBOLISTE.

EXCEPTIONNEL DESSIN ORIGINAL NON RÉPERTORIÉ DE CARLOS SCHWABE.


Note : nous n'avons pas voulu charger inutilement cette fiche par des dizaines de photographies de la reliure ou des dessins et estampes. Vous pourrez retrouver une large sélection de photographies de détails dans un album ICI.

vendredi 25 janvier 2013

Idylle printanière par Rojan (1934). Superbe suite d'estampes libres coloriées au crayon de couleurs, ou rencontre de deux amants qui finissent à l'hôtel ...


ROJAN Feodor Rojankovski dit,

IDYLLE PRINTANIÈRE.

[Paris, Henri Pasquinelli, 1934]

1 feuillet de titre et 30 lithographies coloriées au crayon de couleurs sur papier vergé d'Arches montées sous passe-partout, portfolio de papier gris de l'éditeur, titre en noir sur le premier plat, cordon de soie grise. Excellent état. Quelques légères salissures au portfolio sans aucun gravité. Complet.

Format des passe-partout : 32,5 x 25,5 cm - format des feuilles : 28 x 19,3 cm - format des dessins 17,5 x 11,5 environ.

La justification du tirage est imprimée au verso du premier plat du portfolio sur papier contrecollé avec le texte comme suit :

"Le présent album, non mis dans le commerce, comprenant 30 planches originales et un frontispice, tirés à la presse à bras sur vergé teinté d'Arches, a été édité à 516 exemplaires dont 500 numérotés de 1 à 500, exclusivement destinés aux Bibliophiles souscripteurs, et 16 marqués de A à P réservés aux Collaborateurs et Amis de l'Artiste, l'exemplaire marqué A comprenant les dessins originaux, les épreuves et une suite en noir étant destiné à l'auteur. Exemplaire n° 339 (numéroté et paraphé "HP" par l'éditeur Henri Pasquinelli)."


UN DES 500 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS ET PARAPHÉS PAR L’ÉDITEUR.

PREMIER TIRAGE.


"Au cours des années 1920-1930, furent publiés, notamment en France, bon nombre d'ouvrages sous le manteau. La plupart ont été tirés à quelques centaines d'exemplaires, souvent illustrés de gravures "libres", c'est-à-dire représentant le plus simplement du monde l'acte sexuel et ses préliminaires.

Parmi ces livres clandestins, cette Idylle printanière bel album in-quarto, sous portefeuille gris d'éditeur, comprenant un frontispice et 30 planches coloriées montées sous passe-partout, tiré à 516 exemplaires sur vergé d'Arches. Aucune indication de date, mais nous pouvons tenir pour acquis que cette édition originale date de 1934. Dès l'année suivante, une contrefaçon de cette édition fut tirée à 310 exemplaires.

Comme pour quantité d'ouvrages du domaine licencieux, l'auteur est anonyme. Cependant, au cours de plusieurs ventes publiques consacrées aux "Curiosa", les experts se sont accordés pour attribuer la paternité des dessins à l'illustrateur Rojan.

Féodor Rojankovski, de son vrai nom, est né en Russi en 1891 ; c'est un artiste russe blanc qui émigre à Paris à la suite de la révolution d'octobre. Son premier livre illustré Daniel Boone, consacré au célèbre trappeur, fut publié simultanément à Paris, New York et Londres en 1931. Par la suite, il illustra beaucoup de livres érotiques le plus souvent non signés, à quelques exceptions près, comme la charmante édition de 1937 Chansons galantes de Béranger, La Belle Etoile. Les 16 aquarelles enlevées mais non "libres" sont signées Rojan.
La plupart du temps, en effet, ses oeuvres sont anonymes. Elles peuvent pourtant lui être assez facilement attribuées tant sa patte est caractéristique. Pascal Pia, à propos de la très belle réédition des Vers libres de Raymond Radiguet, Au Panier fleuri, tirée probablement en 1935 à 250 exemplaires, signale au sujet des dessins : "Nous pouvons indiquer que leur illustrateur, désigné, par l'initiale R... dans l'introduction signée H., était un habile russe, nommé Rojankovski, connu sous le pseudonyme de Rojan."

Et si le même Pascal Pia lui attribue les 16 lithographies en couleurs de Dévergondages de Spaddy, nous pouvons également citer parmi ses grandes réussites l'édition des Trois filles de leur mère de P.L. [Pierre Louÿs], tirée à 200 exemplaires et illustrée d'aquarelles au pochoir, dans les années 30.

Ces mêmes années, cela n'empêchera pas Rojan de connaître la célébrité dans un autre domaine de son art : c'est lui qui, séduisant des milliers d'enfants d'entre deux-guerres, dessina des albums du Père Castor. En effet, il illustra une collection sur les animaux sauvages, dans laquelle nous trouvons Scaf (un phoque) 1934, Panache (un écureuil) 1934 et Plouf (un canard sauvage) 1935.

Malheureusement pour nous, s'il put mener de front ses divers talents durant les années 30, Rojan dut s'exiler en 1939 aux Etats-Unis, avant de s'établir en Amérique latine. Il continua pendant plusieurs décennies son travail d'illustrateur animalier essentiellement pour la prude Amérique.

Pour nous, amateurs de "Curiosa", il nous reste le bonheur, au hasard des ventes, de retrouver et d'admirer les dizaines de dessins originaux de ce créateur méconnu." Préface par Richard Bocci, Idylle printanière, Bibliothèque de l'Image, Paris, 2000.


Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotique publiés clandestinement en français de 1920 à 1970, n°1726-1727.

"Après une rencontre dans le métro, un couple entame un flirt très poussé dans le taxi qui l'emmène dans un hôtel où les nouveaux amants pourront enfin savourer pleinement leur intimité." "Le trait délicat et sûr de l'artiste représente magnifiquement cette rencontre amoureuse dans l'atmosphère parisienne des années 30."


Cette suite a été récemment réimprimée par la Bibliothèque de l'image en 2000 (nous joignons un exemplaire avec le présent portfolio).

"Le chef-d'oeuvre imprimé de Rojan et l'un des plus beaux portefeuilles érotiques du XXe siècle." (Dutel, n°1726)


SUPERBE CURIOSA PARMI LES PLUS RECHERCHÉS DE LA PÉRIODE 1930-1935.

VENDU

mardi 15 janvier 2013

La Carte de la Cour ou petit voyage au pays des Précieuses ridicules et du Grand Siècle de Louis XIV (1663). Edition originale rare.


Gabriel GUÉRET

LA CARTE DE LA COUR. Par Monsieur Gueret.

A Paris, chez Pierre Trabouillet, 1663 [achevé d'imprimer le 5 juillet 1663].

1 volume in-12 (15 x 9,5 cm), (6)-95-(1) pages.

Cartonnage bradel demi-toile vert sombre, titre doré en long au dos (reliure d'attente de la fin du XIXe siècle signée DODE). Bel état de conservation, relié avec de bonnes marges, papier fin sans rousseurs ni salissures. Reliure modeste mais très bien conservée et qui a parfaitement rempli son rôle de protection. 4 pages de notes bibliographiques manuscrites de l'époque de la reliure sur les premiers feuillets de garde (très intéressante notice sur l'ouvrage et son auteur - lire ci-dessous).

ÉDITION ORIGINALE.

Nous reproduisons partiellement ci-dessous l'intéressante notice bibliographique anonyme inédite (?) qui se trouve en manuscrit en tête du volume :

"Gabriel Guéret, avocat au Parlement de Paris, naquit en cette ville en 1641 et y mourut le 22 avril 1688. Il avait donc 22 ans, lorsque parut son premier ouvrage. La Carte de la Cour, qu'il dédia à Madame Colbert, femme du ministre. C'est une suite d'allégories, dans le genre de la Carte du Tendre. On y trouve une foule de détails très intéressants sur les écrivains célèbres du temps, et sur les personnages importants de la cour : Madame de la Suze, Bensérade, Montreuil, Voiture, La Rochefoucauld, Corneille, Louis XIV, Le Prince duc d'Orléans, la comtesse de Soissons, le maréchal de Grammont, Madame Colbert, la marquise de Grignan (fille de Madame de Sévigné), Mademoiselle de La Vallière, le comte de Bussy Rabutin, etc, etc. Sur Corneille et sur le livre d'Oedipe et de Sartorius, les pages 75-76 renferment un passage des plus curieux (resté inconnu à l'auteur de la Bibliographie Cornélienne, E. Picot, Catalogue Rothschild). Quant à Mademoiselle de La Vallière voici ce qu'en dit l'auteur (page 69) (...)"

Le privilège a été partagé entre Pierre Trabouillet et Jean-Baptiste Loyson, ce qui explique qu'on peut trouver des exemplaires portant l'une ou l'autre adresse (l'exemplaire de la BNF porte l'adresse de Loyson).

Bussy-Rabutin et le Prince de Conti feront un ouvrage sur le même modèle : Carte géographique de la Cour et autres galanteries, par Rabutin. Cologne, Pierre Marteau, 1668 (pet. in-12, 78 pages seulement). La Carte n'occupe que 20 pp. ; dans cet ouvrage l'auteur transforme en villes, en bourgs et en lieux de passages toutes les dames de la cour, et il trouve, dans des descriptions géographiques, le moyen de faire les allusions les plus scandaleuses. L'ouvrage de Guéret parut quelques années auparavant, ne devait pas être inconnu de ces deux ripailleurs épicuriens qu'étaient Conti et Bussy-Rabutin. Guéret est plus sage, plus précieux, il n'a pas leur audace.

Gabriel Guéret est né à Paris en 1641 ; il est mort le 22 avril 1688 (Moreri). Marié en 1677, il eut trois fils : Louis Gabriel G. (1678-1759) fut grand vicaire de l'évêque de Rodez, Mgr. de Tourouvre ; un second fils fut curé de Saint-Paul à Paris, le troisième officier au service du Roi (Moreri). Guéret fit des études humanistes, philosophiques et juridiques (Nicéron), et fut reçu avocat vers 1660. Il abandonna rapidement la pratique d'avocat pour se consacrer à la vie littéraire, mais n'en poursuivit pas moins l'étude du droit civil et canonique (Nicéron). Il fit partie de la première Académie de l'abbé d'Aubignac et de l'entourage de Colbert (A. Adam, Histoire de la littérature française au XVIIe siècle, t. III, p. 11). La Carte de la Cour (dédiée à Mme Colbert, 1663) et la Promenade de Saint-Cloud (1669) le montrent au fait de toute l'activité littéraire de son temps. Son activité journalistique : Journal du Palais, «ou recueil des principales décisions de tous les parlements et cours souveraines de France», Paris, D. Thierry et J. Guignard, 1672-1695, 12 vol. : le premier recueil connu de jurisprudence est fondé en 1672 par G. et Claude Blondeau, l'un et l'autre avocats au Parlement ; après la mort de G., l'ouvrage est continué par Blondeau (voir Histoire des ouvrages des savants, sept. 1690, p. 3-12 ; D.P.1 723). Liste des oeuvres de G. dans Nicéron et Cio 17, n° 34182-34195. Y ajouter un madrigal publié en tête de J. de la Forge, Le Cercle des femmes savantes, dialogue en vers héroïques (1663 ; supplément de Moreri). Bibliographie : Moreri, éd. de 1732 et suppl. de 1749. – Nicéron J.P., Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, 1729-1745, t. 36, p. 66-71. – Lambert, Histoire littéraire du siècle de Louis XIV, Paris, 1751, t. I, p. 348-350. – Sabatier de Castres, Les Trois Siècles de notre littérature, éd. 1772, t. II, p. 134-135. – Chaudon, Nouveau dictionnaire historique, Caen, 1779, t. 3, p. 368. Cf. Bernard Beugnot, Dictionnaire des journalistes. Micheline Cuénin, Roman et société sous Louis XIV.

BON EXEMPLAIRE DE CE PETIT LIVRE RARE.

VENDU

mardi 8 janvier 2013

Les Contes choisis de Guy de Maupassant illustrés par Georges Jeanniot, Pierre Vidal, Georges Scott, Paul Gervais, A. Gérardin, Paul Avril, Alexandre Lunois, etc. Somptueuse reliure de maroquin mosaïqué décoré signée René Kieffer. Exemplaire avec de nombreux dessins originaux d'Alexandre Lunois et Albert Eloy-Vincent. Frontispice d'après Félicien Rops. Exemplaire de haute bibliophilie.


MAUPASSANT (Guy de) - Félicien ROPS illustrateur - Pierre VIDAL, Alexandre LUNOIS, Paul GERVAIS, Paul AVRIL, Georges JEANNIOT, etc.

CONTES CHOISIS. Le Loup.- Hautot père et fils. - Allouma. - Mouche. - La Maison Tellier. - Un soir. - Le Champ d'oliviers. - Mademoiselle Fifi. - L'Épave. - Une partie de campagne.

Paris, Les Bibliophiles Contemporains, 1891- 1892. (achevé d'imprimer différent pour chaque livraison au cours de ces deux années 1891 et 1892).

10 livraisons reliées en un volume grand in-8 (27 x 18,5 cm). Pagination séparée pour chaque conte (env. 20 à 40 pages par conte).

Reliure plein maroquin vert sombre, dos à nerf orné, caissons mosaïqués de maroquin havane, fers dorés (feuillages), petite fleurette mosaïquée dans chaque caisson au dos, premier plat décoré en son centre d'une composition mosaïquée florale (pieds de violettes), maroquin violet, bleu, filets or, bordure inférieure et extérieure du premier plat mosaïquée à l'image du dos, filets à froid, second plat décoré en son centre d'un pied de violette de maroquin mosaïqué, encadrement de filets pointillés dorés et à froid, encadrement intérieur de maroquin vert souligné de filets dorés pleins et pointillés, doublure et garde de tissu imprimé d'un semis de losange vert sur fond blanc, tranches dorées. Etui bordé. (reliure signée RENÉ KIEFFER, et avec son étiquette). Parfait état. Couvertures de livraisons conservées pour chaque conte à l'état neuf, couverture général imprimée sur papier texturé moutarde. Exemplaire bien complet du frontispice de Félicien Rops, du titre général, livrés à part aux souscripteurs.


Dessin original pleine page d'Alexandre Lunois (non signé).


TIRAGE UNIQUE A 188 EXEMPLAIRES, TOUS SUR PAPIER VÉLIN DE CUVE FILIGRANÉ.

PRESTIGIEUX EXEMPLAIRE DES BIBLIOTHÈQUES CHARLES ARCHBOLD-ASPOL (imprimé à son nom et portant le n°3).


Dessin original pleine page d'Alexandre Lunois (non signé).


EXEMPLAIRE UNIQUE CONTENANT DE NOMBREUX DESSINS ORIGINAUX : Le conte L'Epave illustré par Alexandre Lunois est enrichi de 8 aquarelles dont 2 à pleine page (non signées) qui complètent l'illustration lithographiée sur vieux Japon fournie aux seuls souscripteurs. Le conte Une partie de campagne est enrichi dans les marges de 19 dessins de taille variée et exécutée à l'encre de chine rehaussés au crayon de couleurs.

Octave Uzanne fut le maître d'oeuvre de cette jolie publication pour la Société des Bibliophiles contemporains, l'une des plus réussies des Contes de Maupassant. Il confia l'illustration de chacun des dix textes à un artiste différent : on y trouve des gravures en noir et en couleurs de Georges Jeanniot, Pierre Vidal, Georges Scott, Paul Gervais, A. Gérardin, Paul Avril, Alexandre Lunois, etc.

C'est ici une belle reliure de Kieffer, certainement des premières années. Reliure dans le style proche de l'Art Nouveau 1900, fleuri et symboliste.




MAGNIFIQUE RELIURE, ORIGINALE CRÉATION ARTISTIQUE DE RENÉ KIEFFER.



Dessin original marginal d'A. Eloy-Vincent


SPLENDIDE EXEMPLAIRE DE CETTE ÉDITION RARE ET RECHERCHÉE DES CONTES ILLUSTRÉS DE MAUPASSANT, ICI ENRICHIE D'UN GRAND NOMBRE DE DESSINS ORIGINAUX.

LES DESSINS DE LUNOIS SONT DE TOUT PREMIER ORDRE.

Note : Nous tenons à la disposition des amateurs d'autres photographies de la reliure ou des illustrations. 

mardi 18 décembre 2012

Les Amours d'Ovide illustrés par Martin Van Maele (1913). Un des quelques exemplaires du tirage sur vélin d'Arches avec les eaux-fortes de Martin Van Maele délicatement coloriées à l'époque. Exemplaire tel que paru. Rare et de toute beauté.


OVIDE [Publius Ovidius Naso] - MARTIN VAN MAELE, illustrateur

LES AMOURS. Traduit du latin en français par le sieur de Bellefleur MCXXI (1621), préface de Ad. Van Bever. Edition illustrée de compositions originales par MARTIN VAN MAELE comprenant vingt planches gravées à l'eau-forte par l'artiste et des en-têtes, lettres ornées et culs-de-lampe gravés sur bois par Eugène Dété.

Paris, J. Chevrel, Libraire, 1913. [achevé d'imprimer le 10 janvier 1913 par Paul Herissey à Evreux].

1 fort volume grand in-8 (25,5 x 16,5 cm), broché, VIII-344-(3) pages. 20 eaux-fortes dont la plupart sont hors-texte à pleine pages et quelques unes à mi-page. Nombreux ornements au trait d'après les dessins de Van Maele et gravés sur bois par Dété. Exemplaire en très bon état, tel que paru. Quelques ombres et décharges aux feuillets blancs jouxtant la couverture intérieure. Très beau papier de cuve. Les Lettrines ont toutes été délicatement enluminées au pinceau.

IMPRIMÉ A 250 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS SEULEMENT (20 ex. sur Japon Impérial et 230 ex. sur vélin d'Arches).

CELUI-CI UN DES 230 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN D'ARCHES CONTENANT LES EAUX-FORTES EN UN SEUL ÉTAT. UN DES RARES EXEMPLAIRES A AVOIR ÉTÉ ENLUMINÉ A L'ÉPOQUE A LA GOUACHE ET A L'AQUARELLE. (il n'est pas fait mention de ces exemplaires coloriés à l'époque dans la justification du tirage ; les planches en couleurs devaient être réservées à une élite d'amateurs).


"Voici la vérité : dans mon sein ont pénétré ses flèches aiguës ; le cruel Amour tyrannise ce coeur dont il a pris possession. Lui céderai-je ? ou, par ma résistance, donnerai-je une force nouvelle à cette flamme soudaine ? Cédons-lui : pour qui sait le porter, un fardeau devient léger. J'ai vu, quand on mettait le tison en mouvement, la flamme, ainsi agitée, s'accroître, et je l'ai vue s'éteindre quand le mouvement cessait ; les jeunes boeufs, qui se révoltent contre le premier joug, sont plus souvent frappés que ceux qui, par l'habitude, se plaisent à le porter. On dompte avec le mors le plus dur le coursier dont la bouche est rebelle ; on fait moins sentir le frein celui qu'on voit prêt à voler aux combats. Ainsi l'Amour traite un coeur qui lui résiste encore avec plus de rigueur et de tyrannie que celui qui se reconnaît son esclave. Eh bien ! je l'avoue ; oui, Cupidon, je suis devenu ta proie. Je tends les mains à mon vainqueur, et demande à lui obéir. Il ne s'agit plus de combattre la paix et mon pardon, voilà ce que j'implore. D'ailleurs, il n'y aurait pas de gloire pour toi à vaincre, les armes à la main, un homme désarmé. Que le myrrhe couronne ta chevelure ; attelle les colombes de ta mère ; Mars lui-même te donnera le char qui te convient. Tu le recevras aux acclamations d'un peuple qui chantera tes exploits ; alors, jeune triomphateur, tu paraîtras guidant avec adresse tes oiseaux attelés. Derrière toi marcheront de jeunes garçons enchaînés avec autant de jeunes filles ; telles seront la magnificence et la pompe de ton triomphe. Moi-même, ta dernière victime, je te suivrai avec ma récente blessure ; esclave volontaire, je traînerai ma nouvelle chaîne. Ensuite viendront, les mains liées derrière le dos, la bonne Conscience, la Pudeur, et tous ce qui ose lutter contre toi. Tu feras tout trembler sur ton passage ; le peuple, les bras tendus vers ton char, criera à haute voix "Triomphe !" Tu auras à tes côtés les Caresses et la Fureur, cortège qui te suit toujours. C'est avec cette milice que tu soumets les hommes et les dieux ; privé de tels auxiliaires, tu serais sans pouvoir. Fière de ton triomphe, ta mère y applaudira du haut de l'Olympe ; et ses mains verseront sur son fils une pluie de roses. Les pierreries brilleront sur tes ailes ; ta chevelure en sera chargée, et, tout resplendissant d'or, tu feras voler les roues dorées de ton char. Alors, si je te connais bien, tu enflammeras encore mille coeurs ; alors tu feras, à ton passage, de nouvelles blessures. Tu le voudrais en vain ; le repos n'est pas fait pour tes flèches ; ta flamme brille jusqu'au sein des eaux. Tel était Bacchus quand il soumettait les terres que baigne le Gange. Des oiseaux peuvent traîner ton char ; au sien il fallait des tigres. Puis donc que je puis faire partie de ton divin triomphe, ne va point perdre les droits que la victoire te donne sur moi. (...)" Ovide, Amours, Élégie II.


OUVRAGE MAGISTRALEMENT ILLUSTRÉ PAR MARTIN VAN MAELE ; SAGEMENT ÉROTIQUE ET ÉVOCATEUR DE L'AMOUR. TRÈS RARE EN ÉPREUVES COLORIÉES.

UN LIVRE PARFAITEMENT EXÉCUTÉ DE TOUTE BEAUTÉ.

VENDU

Les Amours d'Ovide illustrés par Martin Van Maele (1913). Un des rares 20 exemplaires sur Japon Impérial avec double suite des eaux-fortes. Cartonnage plein papier japonais décoré moderne. Superbe exemplaire.


OVIDE [Publius Ovidius Naso] - MARTIN VAN MAELE, ilustrateur

LES AMOURS. Traduit du latin en français par le sieur de Bellefleur MCXXI (1621), préface de Ad. Van Bever. Edition illustrée de compositions originales par MARTIN VAN MAELE comprenant vingt planches gravées à l'eau-forte par l'artiste et des en-têtes, lettres ornées et culs-de-lampe gravés sur bois par Eugène Dété.

Paris, J. Chevrel, Libraire, 1913. [achevé d'imprimer le 10 janvier 1913 par Paul Herissey à Evreux].

1 fort volume grand in-8 (26,5 x 17,5 cm), VIII-344-(3) pages. 20 eaux-fortes dont la plupart sont hors-texte à pleine pages et quelques unes à mi-page. Ici présentes en deux états, soit 40 eaux-fortes au total.


Cartonnage bradel plein papier japonais décoré de motifs floraux dans les tons de bleu (voir photographie de la reliure ci-dessus). Reliure moderne réalisée entièrement à la main (tranchefiles faits main), gardes et doublures de papier ivoire, entièrement non rogné, relié sur brochure, couvertures et dos conservés. Parfait état.

IMPRIMÉ A 250 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS SEULEMENT (20 ex. sur Japon Impérial et 230 ex. sur vélin d'Arches).

CELUI-CI UN DES RARES 20 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL CONTENANT LES EAUX-FORTES EN DEUX ETATS DONT UN AVEC REMARQUE.

"Voici la vérité : dans mon sein ont pénétré ses flèches aiguës ; le cruel Amour tyrannise ce coeur dont il a pris possession. Lui céderai-je ? ou, par ma résistance, donnerai-je une force nouvelle à cette flamme soudaine ? Cédons-lui : pour qui sait le porter, un fardeau devient léger. J'ai vu, quand on mettait le tison en mouvement, la flamme, ainsi agitée, s'accroître, et je l'ai vue s'éteindre quand le mouvement cessait ; les jeunes boeufs, qui se révoltent contre le premier joug, sont plus souvent frappés que ceux qui, par l'habitude, se plaisent à le porter. On dompte avec le mors le plus dur le coursier dont la bouche est rebelle ; on fait moins sentir le frein celui qu'on voit prêt à voler aux combats. Ainsi l'Amour traite un coeur qui lui résiste encore avec plus de rigueur et de tyrannie que celui qui se reconnaît son esclave. Eh bien ! je l'avoue ; oui, Cupidon, je suis devenu ta proie. Je tends les mains à mon vainqueur, et demande à lui obéir. Il ne s'agit plus de combattre la paix et mon pardon, voilà ce que j'implore. D'ailleurs, il n'y aurait pas de gloire pour toi à vaincre, les armes à la main, un homme désarmé. Que le myrrhe couronne ta chevelure ; attelle les colombes de ta mère ; Mars lui-même te donnera le char qui te convient. Tu le recevras aux acclamations d'un peuple qui chantera tes exploits ; alors, jeune triomphateur, tu paraîtras guidant avec adresse tes oiseaux attelés. Derrière toi marcheront de jeunes garçons enchaînés avec autant de jeunes filles ; telles seront la magnificence et la pompe de ton triomphe. Moi-même, ta dernière victime, je te suivrai avec ma récente blessure ; esclave volontaire, je traînerai ma nouvelle chaîne. Ensuite viendront, les mains liées derrière le dos, la bonne Conscience, la Pudeur, et tous ce qui ose lutter contre toi. Tu feras tout trembler sur ton passage ; le peuple, les bras tendus vers ton char, criera à haute voix "Triomphe !" Tu auras à tes côtés les Caresses et la Fureur, cortège qui te suit toujours. C'est avec cette milice que tu soumets les hommes et les dieux ; privé de tels auxiliaires, tu serais sans pouvoir. Fière de ton triomphe, ta mère y applaudira du haut de l'Olympe ; et ses mains verseront sur son fils une pluie de roses. Les pierreries brilleront sur tes ailes ; ta chevelure en sera chargée, et, tout resplendissant d'or, tu feras voler les roues dorées de ton char. Alors, si je te connais bien, tu enflammeras encore mille coeurs ; alors tu feras, à ton passage, de nouvelles blessures. Tu le voudrais en vain ; le repos n'est pas fait pour tes flèches ; ta flamme brille jusqu'au sein des eaux. Tel était Bacchus quand il soumettait les terres que baigne le Gange. Des oiseaux peuvent traîner ton char ; au sien il fallait des tigres. Puis donc que je puis faire partie de ton divin triomphe, ne va point perdre les droits que la victoire te donne sur moi. (...)" Ovide, Amours, Élégie II.


OUVRAGE MAGISTRALEMENT ILLUSTRÉ PAR MARTIN VAN MAELE ; SAGEMENT ÉROTIQUE ET ÉVOCATEUR.

TRÈS RARE SUR CE PAPIER AVEC DOUBLE SUITE DES EAUX-FORTES (20 EXEMPLAIRES SEULEMENT).

SUPERBE CARTONNAGE MODERNE.

VENDU

Au Bal Masqué, Album de 30 lithographies par Edouard de Beaumont (vers 1860). Rare.


Edouard de BEAUMONT

AU BAL MASQUÉ. ALBUM PAR BEAUMONT.

En vente au Bureau du Charivari, Maison Martinet, Paris, s.d. (vers 1860).

1 volume in-4 (34,5 x 26 cm), 1 feuillet de titre lithographié et 30 lithographies (22 x 20 cm) encadrées d'un double-filet noir avec légende imprimée au bas. Lithographies Destouches 28 rue de Paradis à Paris, publiées par la Maison Martinet, 172 rue de Rivoli et 41 rue Vivienne. Complet.

Cartonnage plein papier jaune imprimé de l'éditeur (premier plat lithographié). Cartonnage en bon état avec quelques frottements et légères salissures sans gravité. Coins légèrement usés. Intérieur frais avec quelques rousseurs ponctuelles. Deux planches sont un peu plus atteintes par les rousseurs. Bel état néanmoins.



PREMIER TIRAGE.

Cet album de lithographies fait écho avec celui de Gavarni consacré au même thème à la même époque. M. Descamps-Scrive qui possédait un exemplaire en épreuves coloriées de cet album indiqué avec la date "vers 1860" (catalogue Descamps-Scrive, deuxième partie).

Charles-Edouard de Beaumont (1819-1888) fait partie de ces artistes lithographes caricaturistes qui ont illustré les belles pages du Charivari et d'autres journaux d'images à la mode entre 1840 et 1860 environ.

Cet album nous fait voyager au pays des travestissements, des masques et du carnaval, de la danse et des fêtes populaires au milieu du XIXe siècle.



BEL EXEMPLAIRE EN CONDITION D’ÉPOQUE DE CE RARE ALBUM DE LITHOGRAPHIES.

Prix : 600 euros

dimanche 16 décembre 2012

La Solitude de l'Amitié avec un précis historique de ses environs par Charles Bidou (1797). Manuscrit inédit.


Charles BIDOU

LA SOLITUDE DE L'AMITIÉ AVEC UN PRÉCIS HISTORIQUE DE SES ENVIRONS. Par C. Bidou.

[cet ouvrage a été fait en 23 jours en 1797]

1 volume in-8 (18,5 x 11,5 cm), 204 pages chiffrées.

Reliure plein veau brun raciné, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, roulette dorée en encadrement des plats (reliure de l'époque). Reliure avec quelques usures (coins, travail de vers sur un mors se poursuivant sur le plat, épidermures, volume légèrement gauchi), intérieur frais. Manuscrit rédigé d'une seule main à l'encre brune. Très lisible.


MANUSCRIT AUTOGRAPHE ORIGINAL ENTIÈREMENT INÉDIT.

Ce manuscrit est l'oeuvre d'un obscur auteur dénommé Charles Bidou. Nous n'avons retrouvé qu'un seul ouvrage publié par cet auteur : Guide d'une mère pour l'éducation de ses enfants (Paris, Le Normand, an XI-1803, 2 vol. in-8). Le présent manuscrit est resté inédit jusqu'à ce jour.

L'auteur a rédigé son ouvrage dans le courant de l'année 1797 comme il l'indique tout à la fin de son texte. Il a ajouté au début un petit texte d'introduction en forme d'exergue daté du 27 décembre 1801 (ou 1802 - la date est surchargée). "Bien aimable solitude ! d'autres temps ... d'autres lieux ... d'autres gens ... ont fait bien des fois réfugier ma pensée dans ton sein ... quelques regrets ... quelques larmes du sentiment se sont alors ... de mon coeur ... Dans le besoin qu'il a eu souvent d'invoquer ton souvenir toujours doux, je n'ai que trop éprouvé combien les contrastes donnent du prix aux objets dont on n'avait pas encore senti tout le mérite."

On trouve ensuite une page de titre non datée ; une épître "à deux aimables solitaires, respectables amies" (pp. 1 à 4, avec à la fin la signature in extenso de l'auteur) ; une préface (pp. 5 à 16) ; La solitude de l'amitié (pp. 17 à la fin).

"La solitude de l'amitié se trouve presque sur une hauteur et comme au centre d'un très vaste jardin arrosé aux trois quarts par un fleuve et deux petites rivières et fermé pour ainsi dire par de hautes montagnes qui du côté du midi jusqu'au couchant présentent l'ondulation et le balancement de leurs jolis côteaux couronnés par des bois ou des villages dont les clochers semblent porter leur pointe dans les nuages."

Ce début donne assez l'idée du style romantique de l'ensemble, parsemé de poèmes, de récits historiques, de réflexions, etc.


L'auteur conclut son ouvrage par un long Post Scriptum (p. 199) : "Dans le cours de cet ouvrage j'ai souvent parlé d'une philosophie douce et constante qui nous porte à endurer avec constance les disgrâces et les misères de la vie. Peut-être ne trouvera-t-on pas mauvais que pour la faire connaître j'ajoute ici un petit extrait d'un système que j'ai toujours eu soin de mettre plus en pratique que de traiter en théorie, parce qu'il est tout naturel de préférer un sentiment à cent pensées dans un âge où l'on est communément plus peintre et poète que philosophe. Je vais donc retracer quelques idées de ce système (...) "Diminuer les peines, augmenter les plaisirs" "Se rendre le plus heureux et le moins malheureux possible" Voilà tout simplement en quoi il consiste." Il poursuit : "(...) Voir le bonheur d'un oeil satisfait et le malheur d'un oeil ferme et tranquille. (...) Etre généralement plus sensible au plaisir qu'à la peine, plus à la pitié qu'au plaisir (...) Etre prudent, honnête et vrai (...)" il conclut par ces vers :

Finissons la morale ennuie
et de rien ne sait garantir
il faut toujours jouir de la vie
raisonner peu, beaucoup sentir.

L'ensemble de ce manuscrit, resté dans l'ombre jusqu'à ce jour, donne une intéressante vision de l'état d'esprit mélancolique et romantique de son époque.

Charles Bidou n'a malheureusement laissé aucune trace dans l'histoire littéraire hormis son Guide d'une mère pour l'éducation de ses enfants publié en 1803.


PIÈCE UNIQUE.

VENDU

samedi 15 décembre 2012

A Vau-l'Eau de Joris-Karl Huysmans (1882). Edition originale publiée par H. Kystemaeckers à Bruxelles. Jolie reliure japonisante moderne.


J.-K. HUYSMANS

A VAU-L'EAU. Eau-forte de Am. Lynen.

Bruxelles, Henry Kistemaeckers, 1882

1 volume in-12 (16,5 x 10,5 cm) de 144-(1) pages. Frontispice portrait de l'auteur gravé à l'eau-forte et imprimé en sépia.

Cartonnage bradel plein papier japonais (reliure moderne). Relié sur brochure. Les deux plats de couverture conservés. Papier de Hollande. Quelques rousseurs en marge du frontispice.


ÉDITION ORIGINALE TIRÉE A 1.000 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE (avec 10 ex. sur Japon).

"L'oeuvre de Huysmans la moins connue et que nous regardons dans la note pessimiste qui convient à son tempérament de contempteur, comme son oeuvre la plus personnelle. La vie lamentable, errante de gargote en cabaret, de pension en bouillon d'un employé célibataire y est peinte douloureusement avec ses dégoûts flatutents et ses sombres monotonies ; c'est la caricature amère d'une existence ballottée dans les boîtes  nourrir de la capitale, avec la notation exacte de toutes les détresses de l'être humain à la recherche des médiocres satisfactions de la chair, soit pour les droits d'importation ou les appétences d'exportation de notre pauvre machine vivante. A Vau-l'Eau est bien le titre précis qui convenait à ce procès-verbal des désespérantes veuleries d'un solitaire modeste emprovincialisé dans Paris." Octave Uzanne in Livres contemporains d'un écrivain bibliophile (1894).


BEL EXEMPLAIRE DANS UNE RELIURE DE CRÉATION MODERNE DE STYLE JAPONISANT.

VENDU

Liens vers d'autres livres

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