lundi 4 octobre 2010

Astronomie et système de l'univers, Fontenelle et ses Entretiens sur la pluralité des mondes (1796). Figures avant la lettre. Edition de bibliophilie.



Bernard Le Bovier de FONTENELLE

ENTRETIENS SUR LA PLURALITÉ DES MONDES PAR FONTENELLE.

A Paris, chez la Veuve Defer de Mainsoneuve, de l'imprimerie de Didot le Jeune. An IV- 1796.

1 volumes grand in-4 (36 x 27 cm) de 213-(1) pages. Portrait de Fontenelle en frontispice d'après Voiriot et gravé par Langlois. 1 planche hors texte.

Cartonnage d'attente à la bradel de papier à la colle, rose pâle, étiquette de titre au dos, non rogné, (reliure de l'époque). Quelques usures au cartonnage, couleur du papier passée, intérieur frais.


NOUVELLE ÉDITION.

Cet ouvrage a paru pour la première fois en 1686. Cette imposante édition, publiée au cours de l'an IV (1796), destinée à un public restreint de bibliophiles, est imprimée par les soins de Didot le Jeune sur un très beau papier vélin épais en très jolis et grands caractères. Outre les six soirs des entretiens sur la pluralité des mondes, on trouve à la fin la lettre à l'auteur des Nouvelles de la République des Lettres (oct. 1699, p. 386), contenant quelques objections contre les Entretiens sur la Pluralité des Mondes de Fontenelle, et contre le système de Copernic, du mouvement de la terre. Cette édition, imprimée à très petit nombre, est celle de plus grand format et sans conteste la plus luxueusement imprimée à la fin du XVIIIe siècle. Le portrait-frontispice est ici avant la lettre ainsi que la figure hors texte.

"Fontenelle a le double mérite d’éclaircir ce qu’il peut y avoir d’obscur dans les travaux de ceux qu’il loue, et de généraliser ce qu’ils ont de technique." (Pierre Flourens). M. de Fontenelle nous entretient de l'histoire des astres. "Dès la première page de ce livre au titre piquant, Entretiens sur la pluralité des mondes, les femmes étaient prises, car il début par des réflexions, à propos du jour et de la nuit, sur les mérites comparés, des brunes et des blondes. Tout au long des entretiens, il décoche à son interlocutrice, la marquise, les traits les plus galants et ses arguments scientifiques eux-mêmes ont quelque chose de tendre. S’il adopte résolument le système de Copernic, c’est qu’il est « plus uniforme et plus riant »; sa simplicité persuade « et sa hardiesse fait plaisir ». Fontenelle commence, selon le mot si heureux de J. Bertrand, à promener sur la science son éternel sourire. Mais c’était un sourire calculé, un sourire de coquette. Indifférent à tout le reste, Fontenelle veut plaire : aux femme comme aux savants, aux hommes du monde comme aux ecclésiastiques. Il n’est pas un parti qu’il ne ménage." (Fontenelle, par A. Laborde-Milaa, Hachette, éditeur.)

BON EXEMPLAIRE DE CETTE ÉDITION RARE, UN DES RARES EXEMPLAIRES SUR GRAND PAPIER VÉLIN AVEC FIGURES AVANT LA LETTRE, NON ROGNÉ.

VENDU

dimanche 3 octobre 2010

Les expériences sur les végétaux d'Ingen-Housz (1787). Un des premiers auteurs à l'origine de la découverte de la photosynthèse.



Jean INGEN-HOUSZ

EXPÉRIENCES SUR LES VEGETAUX, spécialement sur la propriété qu'ils possèdent à un haut degré, soit d'améliorer l'air quand ils sont au soleil, soit de le corrompre la nuit, ou lorsqu'ils sont à l'ombre ; auxquelles on a joint une méthode nouvelle de juger du degré de salubrité de l'atmosphère : Par Jean Ingen-Housz, conseiller aulique & médecin du corps de leurs majestés impériales & royales, membre de la Société Royale de Londres, etc. Traduit de l'anglais, par l'auteur. Nouvelle édition, revue et augmentée.

A Paris, chez Théophile Barrois, 1787.

1 volume in-8 (20,5 x 13,5 cm) de CXII-384-(3) pages. 1 planche dépliante avec 16 figures d'instruments d'expérimentation.


Reliure pleine basane fauve marbrée, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque). Jolie et fraîche reliure de l'époque, quelques usures à deux coins et à l'extrémité de la coiffe inférieure, petit fendillement à un mors sans gravité, intérieur très frais.


SECONDE ÉDITION.

La première édition date de 1780. Celle-ci aura d'ailleurs un second volume dès 1789 (l'édition de 1787 est bien complète cependant en un seul volume). Les importantes expériences d'Ingen-Housz, médecin et botaniste anglais d'origine hollandaise, sont à la base de la découverte de la photosynthèse. Daumas p.1190 : « Le médecin anglais Ingen-Housz constata qu'à la lumière les plantes purifient l'air, mais qu'il n'en est pas de même la nuit et il interpréta clairement ce résultat un peu plus tard, grâce aux découvertes chimiques de Lavoisier. »

BEL EXEMPLAIRE.

VENDU

Le Traité de Physique par Jacques Rohault (1705). Nouvelle édition en deux volumes in-12. Reliure de l'époque. Figures.



Jacques ROHAULT

TRAITÉ DE PHYSIQUE, par Jacques Rohault. Nouvelle édition.

A Paris, chez Guillaume Desprez, 1705.

2 volumes in-12 (16,5 x 9,5 cm) de (36)-418-(2) et 422-(6) pages. Figures sur bois dans le texte et 2 planches dépliantes (3 figures).


Reliure plein veau brun moucheté, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, tranches mouchetées rouges (reliure de l'époque). Premières gardes blanches renouvelées avec du papier ancien, quelques galeries de vers aux mors ont été rebouchées et teintées. Intérieur très frais.


NOUVELLE ÉDITION.

Cet ouvrage a paru au format in-4 en 1671 pour la première fois (Paris, Denis Thierry). Rohault (1618-1672) fut l'un des premiers propagateurs des principes de Descartes ; il abrégea et exposa avec clarté et méthode sa philosophie. Physicien doué d'un grand sens expérimental, il démontre dans son Traité sa capacité à tisser de nouveaux résultats expérimentaux ; il définit trois catégories d'expérience : celles qui se réduisent au simple témoignage des sens ; celles qui sont faites de propos délibéré, mais sans savoir ni prévoir ce qui peut arriver ; enfin celles que le raisonnement prévient, et si celles-ci sont les plus nobles et les plus utiles au physicien, il ne doit pas pour autant mépriser les deux formes plus frustes de l'expérimentation.


TRÈS BON EXEMPLAIRE.

VENDU

vendredi 1 octobre 2010

Très rare contrefaçon hollandaise ou provinciale des Oeuvres diverses de Nicolas Boileau-Despréaux (1675). L'art de la Satire au XVIIe siècle.



Nicolas BOILEAU DESPRÉAUX

ŒUVRES DIVERSES DU SIEUR D *** AVEC LE TRAITÉ DU SUBLIME OU DU MERVEILLEUX DANS LE DISCOURS. Traduit du grec de Longin.

A Paris, chez Claude Barbin, 1675. [Province ou Hollande ?].

1 volume petit in-8 (16,5 x 11 cm) de (4)-80 ; (6)-69-(1) ; (24)-99 ; (13)-14 et 8 pages. Voir le détail de la pagination fautive et complexe ci-dessous et conforme à Émile Magne et sa bibliographie générale de Nicolas Boileau-Despréaux. Nombreux ornements gravés sur bois.

Reliure pleine basane brune de l'époque. Dos orné, tranches mouchetées. Quelques usures à la reliure (quelques galeries de vers sur les plats et un coin, coins usés, carton d'un coin fragile, quelques écritures anciennes sur les contre-plats et gardes blanches, la dernière garde blanche manque, reliure solide et décorative, intérieur assez frais, quelques salissures et petites taches sans gravité, papier chiffon assez fin, pratiquement sans rousseurs.

TRÈS RARE CONTREFAÇON HOLLANDAISE OU PROVINCIALE FAITE SUR LE TEXTE DE L'ÉDITION ORIGINALE COLLECTIVE IN-4°.

Émile Magne décrit parfaitement cette édition dans sa Bibliographie générale des Œuvres de Nicolas Boileau-Despréaux etc. (Paris, Giraud-Badin, 1929, 2 vol.), dans le premier volume sous le n°252. Notre exemplaire correspond en tous points à celui décrit par Magne, y compris les deux dernières pièces en pagination séparée (Épître à Monsieur de Guilleragues et Le Geay) qui ne se trouvent pas dans tous les exemplaires.

D'après l'étude des ornements de cette impression (bandeaux, culs-de-lampe, lettrines), il serait assez facile de retrouver le lieu exact d'impression. Le papier de qualité assez moyenne, bien qu'ici très bien conservé, semble indiquer une contrefaçon. La signature des cahiers et les réclames indiqueraient plutôt une impression de province (Rouen ? Lyon ?). Par ailleurs nous avons remarqué de nombreuses fautes typographiques concernant la pagination ou le texte même, qui dénoncent une édition peu correcte, faite rapidement et sans grands moyens.

Cette édition contient le Discours au roi, les IX premières satires parues à cette date, le Discours sur la satire, les IV premières épîtres, le Lutrin (en IV chants), l'Art poétique en vers, le Traité du sublime ou du merveilleux dans le discours et les remarques, l'épître à Monsieur de Guilleragues, la satire contre le mariage, la satire contre les gens de &c., et enfin Le geay, nouvelle allégorique.

Nicolas Boileau-Despréaux meurt dans sa soixante-quinzième année à Paris le 13 mars 1711 au terme d'une vie consacrée à la littérature et plus particulièrement à la poésie. Libéré des contraintes matérielles par l'héritage qu'il fait de son père, il peut, dès 1657 (il a 20 ans), écrire. Lié très jeune aux plus grands littérateurs de son temps, par l'entremise de son frère Gilles Boileau, il investit les cercles mondains et distingués pour y faire ses premières armes de poète.

C'est d'abord dans le genre de la satire qu'il s'illustre dès 1657. Ses satires I à VII seront finalement publiées ensemble dès 1666. Ses attaques contre les auteurs sont virulentes surtout tellement bien tournées qu'il gagne rapidement la notoriété. Les satires VIII et IX seront publiées en 1668. Il y gagne succès et de très nombreuses inimitiés. Boileau admire Molière, il est à ses côtés dans la querelle de L’École des femmes. Ses rapports avec La Fontaine sont des plus éloignés. Il s'éloigne alors brusquement du genre de la satire (pour 25 ans) et se tourne vers le genre de l'épître ; les épîtres morales plus précisément. (il publiera XII épîtres jusqu'en 1695).

En 1694, Boileau revient à la satire, toujours misogyne, c’est aux femmes qu’il s’en prend. Il profite surtout des prétextes que lui offre son sujet pour se moquer des Modernes et des Casuistes. C’est contre la casuistique qu’il mène son dernier combat. Il écrit sa dernière épître et ses deux dernières satires. Elles valent par la chaleur de la conviction et par le courage dont elles témoignent. Seules purent paraître, l’épître XII et la satire XI.

BON EXEMPLAIRE EN CONDITION D'ÉPOQUE.
VENDU

Les Poésies choisies de Pierre de Ronsard (1875). Jolie édition portative. Tirage de luxe limité à 25 exemplaires sur papier de Hollande. Très rare.



Pierre de RONSARD

POÉSIES CHOISIES DE P. DE RONSARD. Publiées avec notes et index concernant la langue et la versification de Ronsard, par L. Becq de Fouquières.

Paris, Charpentier et Cie, éditeurs, 1875. [Paris, imp. Simon Raçon et Comp.].

1 volume in-12 (19 x 13 cm) de XXXVI-396 pages.

Reliure demi-maroquin écrasé à larges coins, dos richement orné aux petits fers dorés, filets dorés sur les plats, plats de papier marbré, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque signée MASSON-DEBONNELLE). Reliure très bien conservée, quelques légers frottements et fendillement aux mors, très solide. Intérieur très frais, relié sur brochure. Papier de Hollande.


NOUVELLE ÉDITION.

Référence : Vicaire VI, 1192.

UN DES TRÈS RARES 25 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE.

BEL EXEMPLAIRE FINEMENT ÉTABLI PAR MASSON-DEBONNELLE, RELIEURS SUCCESSEURS DE CAPÉ.

VENDU

Oeuvres poétiques de Louise Labé, lyonnaise. Jolie et rare édition de bibliophile imprimée à Brest en 1815. De la bibliothèque du marquis de Gaillon.



Louise LABÉ

EVVRES DE LOUIZE LABÉ, LIONNOISE, SURNOMMÉE, LA BELLE CORDIERE.

A Brest, de l'imprimerie de Michel, 1815.

1 volume in-8 (20 x 13 cm) de (4)-XXVI-(2)-218-4 pages.

Reliure demi-chagrin vert sombre, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, plats de papier marbré, doublures et gardes de papier marbré (reliure de la première moitié du XIXe siècle, légèrement postérieure à l'édition, sans doute exécutée vers 1840-1850). Reliure en très bon état, avec quelques infimes frottements. Intérieur très frais imprimé sur beau papier vélin.


NOUVELLE ÉDITION RARE IMPRIMÉE A 140 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

Les Œuvres poétiques de Louise Labé, poétesse lyonnaise, furent publiées en 1555-1556 par Jean de Tournes, à Lyon. Ces premières éditions sont introuvables. Une troisième édition, également épuisée, fut imprimée à Lyon en 1762 par Aymé Delaroche. Ce fut un imprimeur de Brest, Michel, possesseur de ces trois éditions rares, comme il l'explique lui-même dans son avertissement, qui fit cette réimpression collationnée sur ces trois premières éditions, en 1815. Cette édition, très rare également, n'a été imprimée qu'à 140 exemplaires comme il est écrit à la fin de l'avertissement. Nous remarquons une erreur dans la justification du tirage indiquée. L'imprimeur annonce 20 exemplaires sur carré ordinaire mais c'est 20 exemplaires sur carré vélin d'Annonay qu'il faut lire (avec 116 carré ordinaire, 3 sur papier rose, et 1 exemplaire unique sur peau de vélin). On dépiste cette erreur grâce au prix des exemplaires qui est indiqué à la fin de cet avertissement.

CELUI-CI, UN DES RARES VINGT EXEMPLAIRES SUR CARRÉ VÉLIN D'ANNONAY.

Les sonnets de Louise Labé sont de petites merveilles, au nombre de XXIV (pp. 147-163). Ces sonnets expriment les tourments féminins de la passion. On trouve dans ce volume, outre ces célèbres sonnets, des recherches sur la vie de Louise Labé lyonnoise (), la lettre de Louise Labé à Mademoiselle Clémence de Bourges, lionnoise ; le Débat de folie et d'amour ; III élégies ; les écrits de divers poètes à la louange de Louise Labé.

Louise Labé, née Louis Charly, était la femme de Perin, riche marchand de cordes, qui possédait plusieurs maisons à Lyon. Elle trouva dans la fortune de son mari un moyen de satisfaire sa passion pour les lettres. Dans un temps où les livres étaient rares et précieux, elle eut une bibliothèque composée des meilleurs ouvrages grecs, latins, italiens, espagnols et français. Une thèse hardie avancée par Mireille Huchon avance que Louis Labé ne serait qu'une "créature de papier", création littéraire et mystification due à Maurice Scève et son entourage (Mireille Huchon, Louise Labé. Une créature de papier, Droz, 2006, 483 p.). Le débat reste ouvert.


Provenance : De la bibliothèque du marquis de Gaillon avec son ex libris gravé. "Un grand dénicheur de raretés !", c’est ainsi qu’est décrit M. le Marquis de Gaillon (1813-1892) dans un article publié dans l’Annuaire historique du département de l’Yonne, vers le milieu du XIXe siècle. Nous avons eu l'occasion de parler dans les colonnes du Bibliomane moderne de ce bibliophile du XIXe siècle ICI.

BEL EXEMPLAIRE D'UNE ÉDITION RARE DES ŒUVRES DE LA BELLE CORDIÈRE.

VENDU

jeudi 30 septembre 2010

Une éclatante reliure de Joseph Thouvenin (1829). Chef d'oeuvre de la reliure à la cathédrale de la période romantique, Oeuvres des frères Corneille.



Pierre et Thomas CORNEILLE

CHEFS-D'ŒUVRE DE PIERRE ET THOMAS CORNEILLE. Avec les notes de tous les commentateurs. Un seul volume in-8°.

Paris, Furne, Libraire-Éditeur, 1829. [Imprimerie de H. Fournier].

1 volume in-8 (23,5 x 15 cm) de (4)-LII-334-(1) pages. 2 portraits en frontispice (Pierre et Thomas Corneille).

Reliure plein veau cerise glacé décoré de jolies plaques à froid dites à la cathédrale, décors dorés sur les plats, dos à nerfs orné à froid (très jolis fers en forme de cœurs), filets dorés sur les nerfs, double-filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier marbré, tranches dorées (reliure de l'époque signée THOUVENIN). Reliure en excellent état, proche du neuf, un petit éclat de dorure sur un filet d'encadrement du second plat (voir photo), infimes frottements. Intérieur défraîchi avec des rousseurs et des feuillets brunis. Papier vélin. Impression en caractères minuscules sur deux colonnes.


NOUVELLE ÉDITION EN CARACTÈRES MINUSCULES.

Édition compacte en un seul volume, imprimée en très petits caractères, sur deux colonnes, par H. Fournier pour l'éditeur Furne.

Éclatante reliure de Joseph Thouvenin signée au dos, typique de son époque, d'un type bien connu des amateurs, dit à la cathédrale. Très jolies plaques, très fines. Ornements de reliure harmonieux. L'état de conservation, primordial pour une reliure de ce type, est ici proche de la perfection. Joseph Thouvenin relia des livres jusqu'à sa mort en 1834. Le volume que nous proposons se situe à la toute fin de sa carrière. "A coté des productions sobres mais parfaitement exécutées de son atelier, des demi-reliures qu’il contribua à promouvoir, il eut aussi, à partir de 1829, une production bibliophilique, où le décor, dit « historiciste », veillait à correspondre au contenu de l’ouvrage. Thouvenin créa ainsi plusieurs types de décors : à la cathédrale exécutée à la plaque ; à la fanfare, dont le nom provient de l'ouvrage Fanfares et courvées abbadesques, pour lequel, en 1829, Thouvenin réalisa pour la première fois ce genre de décor foisonnant, à la demande de Nodier ; aux écussons, etc. Cette production, entre 1830 et 1834, le rendit immensément célèbre au point qu’il déclara : « Je ne date mon existence que depuis 1830 ». Mort prématurément, Thouvenin fut imité, repris, et copié pendant près d’un demi-siècle. Son successeur, Muller, un de ses élèves, mourut en 1836. Koehler, un autre de ses élèves, reprit en partie sa clientèle bibliophile." (Le Livre dans la peau Trésors de relieurs 1800-1850. Un âge d'ors (1800-1850) : Bauzonnet et la reliure romantique. Maîtres et associés. Exposition à la bibliothèque de Dôle).


TRÈS JOLI SPÉCIMEN DE RELIURE A LA CATHÉDRALE DE THOUVENIN.

VENDU

La Chevalerie ancienne et moderne par Honoré de Sainte-Marie (1718). Edition originale rare en reliure de l'époque. 12 planches hors texte.



Honoré de SAINTE-MARIE (de son vrai nom Blaise VAUXELLE)

DISSERTATIONS HISTORIQUES ET CRITIQUES SUR LA CHEVALERIE ANCIENNE ET MODERNE, SÉCULIÈRE ET RÉGULIÈRE. Avec des notes. Par le R. P. Honoré de Sainte-Marie, carme déchaussé.

A Paris, chez Pierre-François Giffart, libraire et graveur, 1718.

1 volume in-4 (26,5 x 20,5 cm) de XXVI-534 pages. 12 planches hors texte gravées à l'eau-forte.

Reliure plein veau brun, dos orné (reliure de l'époque). Reliure frottée avec quelques restaurations aux coiffes, aux mors et aux coins, dorures encrassées à nettoyer, intérieur très frais, proche du neuf. Collationné complet du texte et des 12 gravures hors texte.


ÉDITION ORIGINALE.

Cet ouvrage est divisé en deux livres dont le premier traite de l'origine & du progrès des Ordres & des religions Militaires ; & le second, de plusieurs choses qui regardent la Chevalerie en particulier. Onze dissertations composent le premier de ces Livres. La Chevalerie dans le sens qu'on en parle ici, est, selon le Père Honoré de Sainte Marie, "un titre d'honneur conféré par les rois et par les souverains, soit pour des raisons de bienséance, soit pour récompenser le mérite de ceux qui se sont distingués ou par leurs rares talents et leurs grandes grandes qualités, ou par leurs vertus militaires & qui ont rendu des services considérables à la religion ou a l'État" suivant cette idée l'auteur reconnait "sept sortes de Chevaleries : la Romaine, la Militaire, l'Honoraire, la Sociale, l'Ecclésiastique, la Régulière & celle des Femmes" Il définit avec soin ces diverses Chevaleries au commencement de sa premiete dissertation, & il les distingue des Chevaleries fabuleuses dont parlent les Romans. A L'occasion des Chevaliers du roman de Merlin il s'étonne de la crédulité des Anglais par rapport aux prétendus miracles de ce prophète imaginaire ; & que Jean Leflaeus Evêque de Rosse, ait dit sérieusement en son histoire d'Ecosse : Merlinus vates ex nobili foeemina ab incubo susceptus. Pour les Chevaliers de la Table Ronde institués par le Roi Artus (Arthur) vers l'an 445, il met aussi au rang des fictions tout ce qu'on lit d'eux. Sur l'origine de la Chevalerie, qui fait le sujet de la seconde dissertation, l'auteur après avoir montré que la Chevalerie n'a pas commencé peu après le Déluge ; & que c'est, même inutilement qu'on prétend en trouver l'existence dès le temps de Joseph & de Pharaon ; il s'applique à faire voir que les peuples du Nord ou anciens Germains n'en ont pas été les instituteurs. Ce sont les Romains, qui y à ce qu'il lui paraît, ont eu la gloire de donner naissance à la Chevalerie. Ils sont les premiers, dit-il, dans la troisième dissertation, qui ont donné le titre de Chevalier avec éclat, & avec de grandes cérémonies, qui ont servi de modelé dans les siècles suivants. (...) La quatrième dissertation regarde la Chevalerie militaire, qui a précédé les ordres militaires érigés par les princes chrétiens. La cinquième dissertation donne le détail de la Chevalerie civile ou politique, ou Chevalerie honoraire. La sixième dissertation en est l'histoire de cet ordre. Les dernières dissertations détaillent les autres Chevalerie, la dernière étant celle des Dames. Le deuxième livre contient des détails concernant la noblesse, les cérémonies, le serment de fidélité, l'adoubement, les obligations des Chevaliers, les privilèges, la dégradation et la renonciation. Soit sept dissertations pour ce second livre. On trouve à la fin des additions et des correction, ainsi que l'explication des armes et colliers des Ordres & des Religions Militaires (9 planches représentant 81 armes ou blasons). Viennent ensuite des Mémoires pour servir à l'éclaircissement à l'Histoire de la Chevalerie de Constantin, avec 3 planches hors texte. Le volume s'achève par une table alphabétique, historique et chronologique des Ordres & des Religions Militaires dont il est fait mention dans l'ouvrage, et une table des matières.

Cette première édition sera remise en vente avec un nouveau titre en 1729.

Référence : Saffroy I 3543 ; Journal des savants, Juillet 1720, Tome 68, pp. 39-49, pour le compte-rendu détaillé de la première partie de l'ouvrage.

TRÈS BON EXEMPLAIRE D'UN OUVRAGE FORT INTÉRESSANT SUR LA CHEVALERIE ANCIENNE ET MODERNE.

VENDU

mercredi 29 septembre 2010

Les Lettres, Mémoires et Nouveaux Mémoires du Chevalier Temple (1692-1729). Les Nouveaux Mémoires donnés par Jonathan Swift, son secrétaire.



Sir William TEMPLE (1628-1699) et Jonathan SWIFT (1667-1745)



LETTRES DE Mr. LE CHEVALIER GUILL. TEMPLE, et autres ministres d'Etat, tant en Angleterre que dans les pays étrangers, contenant une relation de ce qui s'est passé de plus considérable dans la chrétienté depuis l'année 1665 jusqu'à celle de 1672. Revues par le Chevalier Guillaume Temple quelque temps avant sa mort ; & publiées par Jonathan Swift, chapelain de soin Exc. le Comte de Berkeley, un des Lords Régents du Royaume d'Irlande. Traduites de l'anglais.

A La Haye, chez Henri van Bulderen, Marchand libraire, 1700.

2 volumes in-12 (16,5 x 10,5 cm) de (12)-470 et 384 pages. Titre imprimés en rouge et noir.

ON JOINT :


MÉMOIRES DE CE QUI S'EST PASSÉ DANS LA CHRÉTIENTÉ, depuis le commencement de la guerre en 1672, jusquà la paix conclue en 1679. Par Monsieur le Chevalier Temple, seigneur de Sheene, Baronet, Ambassadeur du roi de la Grande Bretagne, auprès de Messeigneurs les Etats Généraux des Provinces Unies, & aux Traités de paix d'Aix la Chapelle en 1668, & de Nimègue en l'an 1678. Traduit de l'anglais.

A La Haye, chez Adrian Moetjens, Marchand libraire, 1692.

1 volume in-12 (16,5 x 10,5 cm) de (16)-445 et 4 pages non chiffrées pour le catalogue des livres qu'on trouve chez le libraire Adrian Moetjens. Titre imprimé en noir.

ON JOINT :


NOUVEAUX MÉMOIRES DU CHEVALIER GUILLAUME TEMPLE, Ambassadeur & Plénipotentiaire & curieux des intrigues de la cour d'Angleterre, des brigues des différents partis, des négociations des ministres & de lui-même dans les cours étrangères, depuis la paix de Nimègue jusqu'à la retraite de l'auteur. Publiez avec une préface par le Docteur Jonathan Swift. On y a joint la vie et le caractère du Chevalier G. Temple par un de ses amis particuliers. Traduit de l'anglais.

A La Haye, chez Jean van Duren et Adrien Moetjens, 1729.

1 volume in-12 (16,5 x 10,5 cm) de LXXX-172 pages. Titre imprimé en rouge et noir.

Ensemble 4 volumes in-12, reliure plein vélin hollandais, titre à la plume aux dos (reliure de l'époque). Quelques salissures aux dos sinon exemplaire en parfait état. Rares rousseurs à quelques feuillets seulement. Exemplaire en excellent état de conservation, très frais.

TRÈS RARE ENSEMBLE EN BELLE CONDITION D'ÉPOQUE, EN PREMIÈRE TRADUCTION FRANÇAISE.

Les Lettres ont été traduites en français par P.-A. Samson et sont en première édition française (1700) , ainsi que les Mémoires (1692) et les Nouveaux Mémoires donnés par Jonathan Swift en 1729. Miss Goulding (Swift en France, Paris, 1924, p. 15) considère cette annonce des Lettres de Temple comme la première mention de Swift sur le continent. Les Lettres qu'on trouve ici mènent jusqu'à la date des Mémoires. Les Mémoires contrairement aux Lettres ont paru du vivant de l'auteur. Jonathan Swift, l'immortel auteur des Voyages de Gulliver (1726), satire profonde de la société et véritable conte philosophique, publie ici avec une intéressante préface les Nouveaux Mémoires de celui dont il fut le secrétaire particulier à partir de 1689 jusqu'à sa mort en 1699. Sir William Temple fut pour le moins son mentor durant ses années et même plus, on peut dire son père spirituel (on l'a dit son fils naturel). Temple eut une grand part aux intrigues et aux négociations entre la cour d'Angleterre et la cour de France. Ce fut un habile diplomate doublé d'un homme de lettres et d'un philosophe. Nous proposons ici un important ensemble cohérent en premières éditions.

Références : Quérard, La France littéraire IX, 366.

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS PUR.

VENDU

mardi 28 septembre 2010

Le Théâtre de Molière dans une jolie édition illustrée du début du XVIIIe siècle (1718). Bel exemplaire dans sa première reliure en vélin.



Jean-Baptiste POQUELIN dit MOLIÈRE

LES ŒUVRES DE MONSIEUR DE MOLIÈRE. Nouvelle édition. Revue, corrigée & augmentée, enrichie de figures en taille-douce.

A Paris, par la Compagnie des libraires, 1718. [De l'imprimerie de la veuve Merge, 1718]

8 volumes in-12 (17 x 10 cm) de (28)-352, (4)-372, (4)-384, (4)-322, (4)-330, (2)-285, (4)-336 et (8)-299 pages.

Reliure plein vélin à la hollandaise, titres à l'encre au dos (reliure de l'époque). Quelques frottements sans gravité aux reliures, quelques traces de coulure de cire à deux volumes. Intérieur très frais. Titre à l'encre presque entièrement effacé aux dos des reliures. Collationné complet du texte et des gravures (portrait de Molière d'après Mignard et 31 figures hors-texte non signées).


RÉIMPRESSION DE L'ÉDITION DE 1710.

Cette jolie édition contient la vie de Molière par Grimarest. C'est la reproduction de l'édition de 1710 avec les figures refaites, toujours à l'imitation de celles de l'édition de 1682, les habits et les ajustements sont la plupart à la mode suivie par les acteurs de ce temps de la Régence.

Dans cette édition, comme dans celle de 1710 qu'elle reprend, le texte de Molière dérive simplement de celui qu'offrent les exemplaires cartonnés du recueil de 1682 ou la réimpression de 1697 ; mais beaucoup de pièces accessoires ont été ajoutées à celles que donnaient les deux recueils. Au dernier volume se lit une Approbation de Danchet pour ces additions ; elle est accompagnée d'un privilège daté du 5 novembre 1708, d'une durée de quinze ans, et accordé à Michel David, qui en fa1t part à Guignard, Aubouyn, Cavelier, Charpentier, Osmont, Ribou, Clousier, etc.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CETTE ÉDITION ANCIENNE JOLIMENT ILLUSTRÉE, ICI DANS SA PREMIÈRE RELIURE EN VÉLIN.

VENDU

Le Roman comique de Paul Scarron illustré par Le Barbier (1796). Superbe exemplaire finement relié en maroquin par Ramage à Londres.



Paul SCARRON

LE ROMAN COMIQUE, par Scarron. Édition ornée de figures dessinées par Le Barbier, et gravées sous sa direction.
De l'imprimerie de Didot Jeune, A Paris, chez Janet et Hubert, l'an quatrième (1796).

3 tomes reliés en 1 fort volume in-8 (21 x 13,5 cm) de VII-277 ; VIII-252 et XIII-196 pages. 1 portrait de l'auteur en frontispice par Le Mire et 15 jolies figures hors texte d'après les dessins de Le Barbier.

Reliure plein maroquin vert sapin, dos à nerfs janséniste, auteur et titre doré, filet à froid en encadrement des plats, filets dorés sur les coupes des angles, pourtour intérieur de maroquin rehaussé de deux filets dorés, doublures et gardes de papier vergé crème (reliure anglaise du début du XXe siècle signée dans la doublure intérieure BOUND BY RAMAGE LONDON). Reliure en excellent état, proche du neuf, quelques taches sombres au premier plat sans gravité. Intérieur très frais, pratiquement sans rousseurs.


NOUVELLE ÉDITION ILLUSTRÉE.

Voici une édition recherchée pour la qualité de ses illustrations. Cet exemplaire est imprimée sur un beau papier vergé fin et les eaux fortes sont avec la lettre mais d'un excellent tirage, très net et très bien encré. Cohen dans son Guide l'amateur de livres illustrés du XVIIIe siècle indique qu'il existe des exemplaires sur papier vélin avec les figures avant la lettre (ces rarissimes exemplaires atteignent alors des prix très élevés).

Le Roman comique est un roman de Paul Scarron dont la première partie fut publiée en 1651 et la seconde en 1657. Scarron mourut alors qu'il travaillait à la troisième partie du roman, qui reste donc inachevé. Le roman débute par l'arrivée d'une troupe de comédiens au Mans et raconte leurs aventures rocambolesques dans la ville et aux environs. Il comporte une série d'histoires enchâssées : la plupart sont des nouvelles espagnoles, que Scarron a traduites et adaptées. Mais parmi ces histoires, la plus célèbre est celle du Destin, le nom de scène de Garrigues, et de L'Etoile, en réalité Mlle de la Boissière. Garrigues a rencontré Mlle de La Boissière à Rome, alors qu'un Français brutal tentait de lui arracher son voile. Il est tombé follement amoureux d'elle. Pour échapper à son rival, Garrigues emmène son aimée dans une troupe de comédiens rencontrée à Paris. Mais il est rattrapé... Aux différentes histoires d'amour des histoires enchâssées, Scarron a mêlé les épisodes les plus comiques, autour d'un personnage nain et niais, Ragotin, sorte de miroir dérisoire de Scarron lui-même, dont le corps malade était atrophié et contrefait. Il aurait d'autre part immortalisé l’acteur Philandre sous les traits de Léandre, le valet de Garrigues, et sa femme sous ceux d'Angélique, dont Léandre est amoureux. (Source Wikipedia).

Reliure : John Ramage was born in London in 1836. When Ramage came out of his apprenticeship in 1856, he took the unusual step for an English binder of going to Paris and working under Lortic, one of the leading French binders of the day. In 1860 Ramage returned to Britain and purchased the Edinburgh business of Alexander Banks Jnr, stating in the 1861 census returns that he employed 8 men, 3 boys, 6 women and 1 girl. Three years later he moved his business to London, where there was more work. He moved to larger premises in Warwick Lane in 1870, and from there he went to Warwick Square and in 1891 to Creed Lane. After his death in 1911, W.D. and N.M. Ramage, whose names appear in the London Directory for 1918, continued the work of the firm, disappearing after 1929, presumably victims of the slump following the stock market crash in New York that year. The firm reproduced the styles of the past, but was also capable of producing outstanding original designs, as shown here.

Référence : Cohen, Guide de l'amateur de livres illustrés du XVIIIe siècle, édition de 1880, col. 460.

BEL EXEMPLAIRE DANS UNE FINE RELIURE DE RAMAGE A LONDRES.

VENDU

lundi 27 septembre 2010

Les Amours du Chevalier de Faublas par Louvet de Couvray (1798). Très bel exemplaire richement illustré de tirages sur papier de chine. Belle reliure.



J.-B. LOUVET DE COUVRAY

LES AMOURS DU CHEVALIER DE FAUBLAS ; Par J.-B. Louvet. Troisième édition, revue par l'auteur.

Se vend à Paris, chez l'auteur et chez les marchands de nouveautés, An VI de la République (1798).

4 volume in-8 (21,5 x 14 cm) de XVI-244 ; (4)-274 ; (4)-307 et (4)-330 pages.

Reliure demi-maroquin rouge à larges coins, dos à nerfs richement ornés aux petits fers dorés, double-filet doré sur les plats et coins, tête dorée, marges non rognées, ébarbées, doublures et gardes de papier peigne (reliure de la deuxième moitié du XIXe siècle exécutée vers 1880). Très jolie et fine reliure, qui bien que non signée, sort très probablement d'un très bon atelier des années 1880. L'intérieur est très frais, probablement légèrement lavé et réencollé. Quelques coins de feuillets avec greffes de papier. Contient 10 eaux-fortes hors-texte et 47 bois gravés tirés sur papier chine pelure contrecollé sur papier vergé fort (voir le détail de l'illustration ci-dessous).


TROISIÈME ÉDITION.

La première édition des Amours du Chevalier de Faublas parut en deux parties en 1786, intitulées "Une année de la vie du chevalier de Faublas" et "Six semaines de la vie du chevalier de Faublas". La troisième partie intitulée "La fin des amours du chevalier de Faublas" ne fut publiée que trois ans plus tard en 1789. L'auteur fit paraitre une édition revue et corrigée en 1790, c'est la première édition illustrée. Cette édition, la troisième, bien qu'aucune illustration ne soit annoncée au titre, contient normalement une suite de 27 gravures d'après les meilleurs artistes de l'époque. Dans notre exemplaire, établi à la fin du XIXe siècle, probablement à partir d'un bel exemplaire broché mais qui ne contenait aucune gravure, a été composé comme suit : Il a été placé seulement 10 eaux-fortes de la suite des 27 qui s'y trouvent normalement jointes mais il a été ajouté une suite de 47 tirages sur chine pelure des bois qui ont servi à illustrer une édition romantique de Faublas. Ces tirages sur chine pelure (ou fumés) sont contrecollés sur vergé fort et reliés dans l'ouvrage intercalés aux bons endroits qu'ils doivent illustrer. Il s'agit là d'un travail méticuleux fait par et pour un bibliophile averti. Nous avons trouvé la signature dans un des bois de G. Staal. Ces bois proviennent de l'édition de Faublas, chez G. Havard, 1849 ou 1851 (qui contient 48 bois). Il s'agit ici d'un tirage à part de luxe, de toute beauté sur papier de chine. Exemplaire de qualité entièrement établi par et pour un bibliophile exigeant.


Provenance : Tampon ex libris à l'encre bleu sur les faux-titres avec les initiales A et L (non identifié).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE.

VENDU

Le Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre édité par L. Curmer (1838). Un des plus beaux livres illustrés de l'époque. Reliure de l'époque.



BERNARDIN DE SAINT-PIERRE (Jacques-Henri)

PAUL ET VIRGINIE par Bernardin de Saint-Pierre.

Paris, L. Curmer, 49, rue de Richelieu. 1838.

1 volume grand in-8 (26,2 x 17,5 cm – Marges : env. 25,4 x env. 16,5 cm) de LVI-458-(14) pages.

Reliure plein chagrin aubergine, dos à faux nerfs orné de filets dorés en encadrement des caissons, titre doré, filet doré sur les coupes, jeux de filets doré et à froid en encadrement des plats, tranches dorées, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier moiré ivoire (reliure de l'époque ou postérieure de quelques années seulement, exécutée entre 1838 et 1850?). Quelques infimes traces de frottements à peine visible, légère déformation à une extrémité de la coiffe supérieure, sans manque, coins légèrement frottés. Intérieur frais, sur beau papier bien blanc, quelques rousseurs éparses à quelques feuillets seulement. Les gravures sont d'un excellent tirage.


NOUVELLE ET CÉLÈBRE ÉDITION ILLUSTRÉE DE CE GRAND LIVRE.

Cet ouvrage est très recherché des amateurs lorsqu’il est bien relié et bien conservé sur beau papier sans les rousseurs disgracieuses qui déparent la plupart des exemplaires arrivés jusqu’à nous. Illustré d’environ 450 vignettes gravées sur bois dans le texte, de 29 planches dessinées et gravées sur bois par Meissonier, Français, Tony Johannot, Isabey, Paul Huet, Marville, Steinheil, etc., gravées par Lavoignat, Brévière, Porret, etc., de 7 portraits, d’une carte coloriée. de l'île de France (aujourd'hui île de la Réunion). La chaumière indienne débute à la page (317).

Exemplaire ayant les particularités suivantes : Portrait de l’auteur sur chine appliqué sans la sphère comme remarque (remarque de premier tirage d'après Carteret). Les portraits et les hors-texte, tirés sur chine collé, sont tous avec la lettre, avec le cadre, avec le nom des artistes à la pointe, sauf le portrait du Docteur qui est avant la lettre. Le portrait de la jeune Bramine est sans l’étoile. Le portrait du Docteur est par Meissonier et celui de Madame de La Tour par Johannot (avant la lettre). Le portrait-vignette dit de la Bonne femme ne se trouve pas dans cet exemplaire. Les hors-texte sont protégés d'un papier de soie blanc, non titré. La page LII est en 8 lignes (non remaniée). On trouve le médaillon d’Orrin Smith avec, au-dessous, tous les outils des graveurs.


Si notre exemplaire porte plusieurs marques de second tirage on y trouve néanmoins plusieurs indices de premier tirage, comme l’indique Carteret, états réservés à quelques exemplaires sur vélin ou sur chine. Notre exemplaire, pratiquement dépourvu des rousseurs habituelles, ainsi que l’utilisation d’un papier plus fort pour l’ensemble du tirage, nous invite à classé cet exemplaire parmi les rares exemplaires sur papier vélin collé. M. Curmer s’était fait imprimé pour lui un de ces exemplaires sur papier vélin collé avec tous les fumés sur chine des illustrations.


« Le Paul et Virginie de 1838, (…), est en effet l’édition la plus réussie et la plus intéressante des très nombreuses éditions de cet ouvrage. » (Carteret III, 538).

Références : Carteret III, 532-547. Brivois, pp. 388 et suivantes. Un exemplaire en reliure doublée de la fin du XIXe s. de Raparlier (42.000 francs le 24.11.2000, Piasa). Un exemplaire lavé et encollé relié maroquin à la fin du XIXe par Lortic (3.049 euros, Rieu-Ba, 15.12.2001).


BEL EXEMPLAIRE DE QUALITÉ TIRÉ SUR BEAU PAPIER VÉLIN, TRÈS PUR, PARFAITEMENT ÉTABLI A L'ÉPOQUE. RARE EN RELIURE PLEINE ANCIENNE.

VENDU

dimanche 26 septembre 2010

Fables de La Fontaine illustrées par J.-J. Grandville (1838). Second tirage d'une des plus spirituelles illustrations anthropomorphes de Grandville.



Jean de LA FONTAINE - J.-J. GRANDVILLE (illustrateur)

FABLES DE LA FONTAINE illustrées par J. J. GRANDVILLE. Nouvelle édition.

Paris, H. Fournier, éditeur. 1838. [Imprimerie de H. Fournier & Cie, 14 rue de Seine].

2 volumes in-8 (22,5 x 15 cm) de (4)-XXVIII-292 et (4)-312 pages.

Reliure demi-basane miel, dos lisse orné de fers dorés romantiques, roulettes à froid, plats de papier chagriné rose (reliure de l'époque). Quelques éraflures et frottements sans gravité, papier des plats légèrement passé, quelques traces. Intérieur frais, belle impression sur papier blanc satiné, rousseurs éparses habituelles inégalement réparties selon les feuillets (de nombreux feuillets restent immaculés tandis que d'autres comportent des rousseurs généralement assez pâles ponctuelles ou plus étendues). Collationné complet.


SECOND TIRAGE DES ILLUSTRATIONS DE J.-J. GRANDVILLE.

Le premier tirage date de la même année chez le même éditeur. La collation des volumes est d'ailleurs identique. Ce second tirage est composé d'un frontispice tiré sur chine volant placé en tête du premier volume et de 72 figures hors texte gravées sur bois par les meilleurs artistes. Le deuxième volume contient 48 figures hors texte gravées sur bois par les mêmes. On compte également 14 faux-titres compris dans la pagination et ornés de lettrines et décors divers. Au total 120 gravures d'après les dessins de J.-J. Grandville. Les gravures sont ici tirées sur blanc (il existe un tirage sur chine collé). L'ouvrage a paru en 40 livraisons.


Ce second tirage se différencie du premier par la mention sur les titres "Nouvelle édition" et des fleurons et des culs-de-lampe différents. Cette édition a été réimprimée plusieurs fois.

"Très bel ouvrage. Une des meilleures productions de Grandville qui put, dans ce livre, donner libre cours à son talent. Le livre est fort rare en bel état avec ses couvertures peu commune". (Carteret III, 358, à propos du premier tirage de 1838).

"Il est difficile d'imaginer collaboration plus heureuse que celle de La Fontaine et de Grandville, qui avoue volontiers l'influence de ce dernier sur ses animaux anthropomorphes" (Clive Getty, The Drawings of J.J. Grandville, Stanford University, 1981).

Références : Carteret III, 357-359 ; Vicaire IV, 899.

BEL EXEMPLAIRE D'UN DES PLUS BEAUX LIVRES ILLUSTRÉS PAR J.-J. GRANDVILLE, ICI DANS UNE FINE RELIURE ROMANTIQUE STRICTEMENT DE L'ÉPOQUE.

VENDU

samedi 25 septembre 2010

Les Scènes de la vie privée et publique des animaus illustrées par J.-J. Grandville (1842-1844). Jolie reliure signée S. David.



Honoré de BALZAC, George SAND, Charles NODIER, Alfred de MUSSET, Jules JANIN, etc.

SCÈNES DE LA VIE PRIVÉE ET PUBLIQUE DES ANIMAUX, vignettes par GRANDVILLE. Études de mœurs contemporaines publiées sous la direction de M. P.-J. Stahl, avec la collaboration de messieurs DE BALZAC - E. DE LA BEDOLLIERE - J. JANIN - CHARLES NODIER - GEORGE SAND -ALFRED DE MUSSET - PAUL DE MUSSET - LOUIS VIARDOT, etc.

Paris, J. Hetzel et Paulin, éditeurs, 1842-1844. [Schneider et Langrand, imprimeurs et Lacrampe et Cie, à Paris].

2 volumes grands in-8 (27,5 x 19,5 cm) de (8)-386-(6) et (4)-390-(6) pages.


Reliure demi-maroquin rouge à larges coins, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, tête dorée, filets dorés sur les plats, doublures et gardes de papier peigne, relié sur brochure avec témoins (reliure de l'époque signée S. DAVID). Reliure décorative et solide avec quelques usures aux coins et quelques frottements sans gravité. Intérieur très frais imprimé sur beau papier vélin blanc satiné, pratiquement sans rousseurs. Collationné complet.

Le premier volume est illustré de 96 compositions hors texte, gravées sur bois et de très nombreuses vignettes dans le texte. Le premier volume contient pour le texte des remarques de premier et de second tirage conformes à Carteret III, 552-553. Le second volume, daté 1844, de second tirage pour le texte, est illustré de 105 compositions hors texte, gravées sur bois et de très nombreuses vignettes dans le texte. Dans les deux volumes les gravures hors texte sont tirées sur blanc. Ouvrage publié en 100 livraisons.


PREMIÈRE ÉDITION. 201 BOIS HORS TEXTE GRAVÉS D'APRÈS LES DESSINS DE J.-J. GRANDVILLE.

"Ce dernier livre est supérieur aux précédents par le fantastique de l'illustration. Grandville aimait particulièrement cette atmosphère de rêve, ce mélange de la réalité et de la féerie" (Adhémar et Seguin. Le Livre romantique, 1968, p. 87).

Références : Carteret III, 552-553 ; Vicaire VII, 405-416 ; Brivois, 367 ; Malavieille, p. 190, n°72.


BEL EXEMPLAIRE DANS UNE JOLIE RELIURE SIGNÉE DAVID.

VENDU

Les Petites misères de la vie humaine par J.-J. Grandville (1870). Joli exemplaire très bien relié à l'époque.



GRANDVILLE - PETITES MISÈRES DE LA VIE HUMAINE. Texte par Old Nick. Nouvelle édition augmentée de nombreuses vignettes, têtes de pages, culs-de-lampe, etc.

Paris, Garnier Frères, s.d. (1870). [Imprimerie J. Claye, Paris].

1 volume grand in-8 (28 x 18,5 cm) de (4)-III-520 pages. 1 portrait de J.-J. Grandville en frontispice gravé sur acier par G. Staal. 50 bois gravés à pleine page et légendés dont 2 frontispices, d'après les dessins de J.-J. Grandville.

Reliure demi-chagrin rouge, dos à faux-nerfs, caissons richement orné aux petits fers dorés, plats toilés rouge, doublures et gardes de papier marbré (reliure de l'époque). Reliure en excellent état avec d'infimes frottements, intérieur frais avec les rousseurs habituelles, belle impression sur papier vélin épais. Collationné complet.


NOUVELLE ÉDITION ILLUSTRÉE.

La première édition des Petites misères de la vie humaine illustrée par J.-J. Grandville a paru chez H. Fournier en 1843. Cette nouvelle édition comprend près de 200 petits bois gravés tirés dans le texte d'après les dessins de l'artiste et les 50 hors-texte légendés.

"Charmante illustration, une des plus spirituelles de Grandville." (Carteret III, 472).

BEL EXEMPLAIRE DE CE JOLI LIVRE ILLUSTRE PAR J.-J. GRANDVILLE.

VENDU

vendredi 24 septembre 2010

Un manuscrit miniature exécuté en 1829 et joliment relié en plein veau à l'époque. Morale & Maximes en vers.



G.-J.-C. CROIZETIERE [copie manuscrite calligraphiée par Edouard PETIZEAU]

POÉSIES MORALES ET PHILOSOPHIQUES OU PENSÉES REMARQUABLES, choisies et mises en vers, par G.-J.-C. Croizetière, de la ci-devant Académie de La Rochelle.

A Paris, chez Louis, An X - 1801. [Copié et fini le 30 juillet 1829].

1 volumes in-32 (11,5 x 7,5 cm) de 319-(6)-XXIII pages. 2 lavis originaux en frontispice par Edouard Petizeau (copiste).

Reliure plein veau glacé olive, dos à nerfs richement orné de fers dorés et à froid, filet gras doré en encadrement des plats, décor à froid sur les plats, filet gras doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier glacé rose (reliure de l'époque). Reliure en excellent état et finement exécutée bien que non signée (dans le style de Thouvenin). Intérieur imprimé sur papier vélin crème très fin. Manuscrit minuscule entièrement calligraphié avec soins et parfaitement lisible. Collationné complet.


MANUSCRIT MINIATURE UNIQUE.

Ce manuscrit reprend exactement le texte de l'édition des Poésies morales et philosophiques de M. Croizetière de La Rochelle. Le copiste, qui a ici déployé un incroyable talent de copiste pour rendre ce petit manuscrit, des plus agréables à l'œil. Cette copie probablement personnelle (M. Croizetière et M. Petitzeau avaient-ils un lien ??) a été terminée le 30 juillet 1829. Il a été aussitôt finement relié.


L'auteur de cet ouvrage conclut : "Cet ouvrage est moral, oui mais en le lisant soi-même il faut qu'on s'interroge ; c'est la satire du méchant, l'homme de bien y trouve son éloge." (épilogue). L'édition imprimée de 1801 semble très rare. Elle avait été imprimée à La Rochelle, chez Bouyer jeune, rue des maitresses, n°15.


SUPERBE EXEMPLAIRE D'UN PETIT MANUSCRIT MINIATURE DE GRANDE QUALITÉ.

BIJOU BIBLIOPHILIQUE.

VENDU

Les Oeuvres libres de Paul Verlaine. Edition clandestine pour les bibliophiles (vers 1940).


Paul VERLAINE [et Arthur RIMBAUD]

ŒUVRES LIBRES - FEMMES - HOMBRES.

Éditions de la Rose, A Paris, Pour les bibliophiles, s.d. (vers 1940 ?).

1 volume in-8 (21 x 14,5 cm) de 78 pages. Typographie en rouge et noir. Couverture crème muette d'origine. Jaquette imprimée en noir et rouge sur papier jaune-vert. La jaquette présente quelques légère salissures mais reste en très bon état. Petit grattage peu visible au bas de la page de titre.


NOUVELLE ÉDITION CLANDESTINE TIRÉE A PETIT NOMBRE.

Comme l'indique la justification du tirage au verso du titre, ce livre a été tiré à 18 exemplaires sur papier Japon, 28 exemplaire réservés aux bibliophiles (papier non précisé), et 470 exemplaires numérotés (papier vélin non précisé). Notre exemplaire est un de ces derniers (n°227).

Joli frontispice gravé sur bois resté anonyme. La première partie du recueil contient des poésies érotiques à caractère pornographique sur la femme et l'amour hétérosexuel. La seconde partie du recueil contient des poésies érotiques à caractère pornographique sur les relations homosexuelles masculines. On trouve à la fin le très célèbre Sonnet du trou du cul, cosigné par Paul Verlaine et Arthur Rimbaud. L'ensemble compte 32 poèmes libres.

Cette édition clandestine est inconnue de Dutel, la maison d'édition indiquée sur le titre et la couverture "Éditions de la Rose" semble n'avoir jamais existé autre part que dans l'imagination d'un imprimeur clandestin du milieu du XXe siècle qui désira redonner à un public restreint et averti ce célèbre recueil.

BON EXEMPLAIRE.

VENDU

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