jeudi 8 février 2018

Louis François Marie Bellin de La Liborlière. Roman gothique. Célestine ou les époux sans l'être (1799-1800). Rare édition publiée sans l'accord de l'auteur. Superbe exemplaire dans son élégant cartonnage plein papier de l'époque.

M. B. de la L. [Louis François Marie Bellin de La Liborlière].

CÉLESTINE ou les époux sans l'être ; par M. B. de la L. [Louis François Marie Bellin de La Liborlière].

A Paris, chez Billois, 8. [1799-1800]

4 tomes reliés en 2 volumes petits in-12 (13,2 x 9 cm) de (3)-234, (3)-230, 210 et 212 pages. 4 frontispices gravés sur acier (non signés).

Cartonnages à la bradel plein papier raciné strictement de l'époque, pièces de titre et tomaison décorés, roulettes dorées en tête et en queue du dos. Excellent état, proche du neuf. Infimes frottements à quelques endroits des cartonnages. Intérieurs très frais.

Nouvelle édition (publiée sans l'accord de l'auteur).


Exemplaire unique agrémenté de trois lavis érotiques à l'encre de Chine. Ces lavis (exécutés à une date indéterminée, représente les ébats d'une femme "fin XVIIIe". Ils se trouvent 1° au verso de la garde blanche du premier volume. 2° sur le faux-titre du premier volume (contigu à 1°). 3° au verso du titre du tome troisième (2e volume) (le lavis a transpiré au recto du titre). (photographies des dessins originaux sur demande).



Louis François Marie Bellin de La Liborlière (1774-1847) a suivi le chemin des émigrés dès l'automne 1791. Issu d'une noble et riche famille il ne put terminer ses études à cause des événements révolutionnaires. Il quitta l'habit ecclésiastique qu'on lui avait destiné pour prendre les armes et servir aux côtés de son père dans l'armée des princes et le régiment anglo-français de Vioménil. Farouche contre révolutionnaire, ayant pris les armes contre les français jusqu'à la bataille de Valmy, il quitte l'armée et s'installe à Hambourg puis à Brunswick où il travaille dans une imprimerie française. Il occupe son temps à l'écriture de romans. Le genre sombre, mis à la mode par Ann Radcliffe, lui inspira la pensée d’un roman qu’il publia à Hambourg, en 1798, 4 vol. in-12, sous le titre de Célestine, ou Les Époux sans l’être, roman noir ou roman gothique, favorablement accueilli, qui eut deux éditions à Paris, l’une en 1800, l’autre en 1801, 4 vol. in-12. Cet ouvrage recèle tous les ressorts du genre : ruines, spectres, souterrains, morts, revenants, paysages désolés, sang, meurtres, etc. Ajoutés jusqu'à l'excès. Frappé des défauts de ces sortes de compositions, en fit, peu de temps après, en 1799, une critique très piquante dans un autre roman intitulé : La Nuit anglaise, ou les Aventures jadis un peu extraordinaires, mais aujourd’hui toutes simples et fort communes de M. Dabaud, marchand de la rue Saint-Honoré, ouvrage qui se trouve partout où il y a des souterrains, des moines, des bandits et une tour de l’Ouest (2 vol. in-12, Hambourg, 1799 ; 2e édit., Paris, même année). La longueur du titre est indicatrice, en elle-même, de l’intention satirique. Lorsque le Premier Consul Bonaparte proclame en l’an VIII une amnistie générale pour les émigrés, Bellin de La Liborlière rentre en France pour y poursuivre ses travaux littéraires. En 1800, il publie Anna Grenwil, roman historique du temps de Cromwell (3 vol. in-12, Paris) et Voyage dans le boudoir de Pauline (Paris, in-12, 1801). Bellin de La Liborlière réussit à renter en possession de ses biens comme s'il n'avait jamais été émigré ni armé contre la France (rien ne change ...) et fut nommé par relations (rien ne change ...) recteur de l'université de Poitiers en 1815. Les reniements se succédant (il dut prêter serment à l'Empire et à Napoléon), il reçut même la légion d'honneur ... comme quoi cela sert toujours d'être déloyal envers ses ennemis (d'hier) qui deviennent (facilement) les amis de demain. Il se retira de ses fonctions en 1830. Il faisait partie de plusieurs sociétés savantes et belles-lettres. Il mourut en 1847 à l’âge de 73 ans.




Notre exemplaire est daté "8." (an 8) soit une publication 23 septembre 1799 et s'est terminée le 22 septembre 1800. En nous reportant à l'exemplaire de la Bibliothèque nationale (Paris, Lemarchand, an VIII - 1800), marqué sur les titres "nouvelle édition, revue et corrigée par l'auteur", on s'aperçoit que notre édition ne possède pas d'avertissement de "seconde édition" (ex. Bnf). Dans cet avertissement il est indiqué que la première édition a été donnée par MM. Fauche et compagnie à Hambourg et Brunswick, au commencement de l'année 1798. L'auteur y indique qu'une édition a été faite à Paris, sans son accord ; et qu'une autre va paraître encore. Au verso du faux-titre de notre exemplaire figure la liste des libraires associés ayant pris part à cette édition : se trouve à Paris, chez les libraires ci-après : Ouvrier, Maradan, Leprieur, Fucus, Pougens, Pigoreau, Lauxerrois, Deroy, Lepetit jeune, A Lille chez Wanackere, A Rouen chez Bégin, et sur la page de titre : A Paris, chez Billois, libraire, quai des Augustins, n°32.


Notre édition est absente du Catalogue collectif des bibliothèque de France et de tous les sites marchands en ligne [consultés le 8 février 2018]. La Bnf ne possède pas notre édition.

"Elle avança, s'avança lentement au milieu de l'appartement, et leva les yeux vers le lit. Les draps, les couvertures étaient tachés de sang, le plancher même en était inondé, et Rasoni couché sur le mauvais grabat, avait déjà l'air d'être dans son cercueil. Il était entièrement défiguré, une main terrible et vengeresse semblait écrire part-tout autour de lui les crimes de sa vie. Pâle, livide, à moitié descendu dans le tombeau, il conservait assez de force pour sentir toute l'horreur de ses derniers moments." (extrait).



Superbe exemplaire "truffé curiosa" de ce rare roman gothique, conservé dans son très séduisant cartonnage plein papier de l'époque.

Prix : 2.200 euros

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