jeudi 27 octobre 2016

Curiosa Erotica par le Comte de Caylus : La Fée Paillardine ou la Princesse ratée (1931) avec des illustrations libres d'André Collot. Rare tirage à 160 exemplaires seulement. Bel exemplaire tel que paru.


CAYLUS, Comte de

LA FÉE PAILLARDINE OU LA PRINCESSE RATÉE. CONTE INÉDIT.

Londres, 1931 [Paris, Robert Télin]

1 volume in-4 (24,5 x 19,5 cm), en feuilles, sous couverture de feutrine bleue (armoiries dorées sur le premier plat), (4)-116-(2) pages. 10 illustrations hors-texte rehaussées au crayon de couleurs, 1 frontispice légèrement rehaussé de bleu au crayon, 4 vignettes tirées en doré pour chaque chapitre. Emboîtage de l'éditeur en placage de bois. Excellent état de l'ensemble. Rares rousseurs. Superbe papier de cuve.

PREMIÈRE ÉDITION.

TIRAGE A 160 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

Celui-ci 1 des 150 exemplaires sur vélin d'Arches (après 10 ex. sur Japon).



La notice bibliographique qui se trouve à la fin est signée Sylvestre Bonnard (en réalité Pierre Dufay). Comme l'indique Dutel il s'agit d'un texte inédit provenant d'un manuscrit du XVIIIe siècle ayant appartenu à Pierre Louÿs.



"Il était une fois une fée qui se nommait Paillardine. Elle était bien faite, grande et ferme ; ses cheveux étaient bruns et son teint était un peu bis ; en un mot, c'était une foutée délicieuse, puisqu'elle tenait plus qu'elle ne promettait encore pour la jouissance. Elle joignait un tempérament aussi prodigieux qu'immanquable aux yeux les plus paillards et par conséquent les plus beaux. Sa peau était aussi douce qu'elle était unie. Le mouvement de son cul était si recommandable et si parfait qu'il paraissait nouveau à chaque coup qu'on lui mettait. La nature départ rarement en nos pays ces heureux talents et ces véritables dons du Ciel, car enfin (l'on n'y peut penser sans gémir) combien peu nos femmes déchargent-elles en France ! Paillardine ajoutait à tant de perfections celle d'être au moins au coup pour le coup. Quelle foutée ! L'idée seule non seulement me fait bander, mais encore elle est riante du côté de l'esprit, puisque les brouilleries sont courtes avec une semblable femme, qu'une arcée produit seule le raccommodement et que seule elle épargne cent protestations plus gentilles les unes que les autres. Quoi qu'il en soit, Paillardine, qui joignait le pouvoir au désir, foutait, comme l'on peut croire, avec un succès et une abondance merveilleuse. Quand elle n'eût été que femme du monde, étant telle que je l'ai décrite avec vérité, eût-elle jamais manqué de fouteurs ? Non, sans doute. Aussi n'en manquait-elle jamais. Indépendamment des fouteurs réglés dont elle avait toujours une douzaine de garde auprès d'elle, du plus petit coup de sa baguette il eût paru cinquante vits[1] en état de satisfaire la paillardise qu'elle ressentait et qu'elle inspirait. Mais elle ne voulait point faire d'éclat ; elle aimait mieux envoyer par le monde trois ou quatre femmes dont elle était sûre et qui lui rendaient un compte fidèle des grands vits qui paraissaient et de leur bonne ou mauvaise qualité. Ces émissaires avaient chacune une mesure très exacte aux armes de la fée. Elle voulait que la taille des vits que l'on choisissait pour elle fût au moins dix pouces de roi. Au-dessous de cette taille un vit n'était seulement pas regardé ; c'était même la plus petite mesure à laquelle Paillardine n'aimait pas trop se réduire." (extrait des premières lignes du conte ...).



Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1554 ; Pia, Les Livres de l'Enfer, 485

BEL EXEMPLAIRE DE CET AMUSANT LIVRE ÉROTIQUE ILLUSTRÉ RARE.

Prix : 650 euros

 

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