vendredi 29 avril 2016

Bibliophilie Curiosa Erotica : Le Rideau levé ou l'Education de Laure par Mirabeau. Edition clandestine érotique illustrée par Suzanne Ballivet (1951). Tirage à 223 exemplaires seulement. Bel exemplaire tel que paru de ce très joli curiosa de luxe.




MIRABEAU Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau

LE RIDEAU LEVÉ  OU L’ÉDUCATION DE LAURE.

Aux éditions du Priape d'Argent, s.d. [Paris, Vialetay, 1951]

1 volume in-4 (25 x 19 cm), en feuilles sous couvertures imprimée à rabats, emboîtage de l'éditeur en papier imitation toile de Jouy (dos légèrement insolé). 117 pages, 1 feuillet non chiffré, 2 feuillets gravés à l'eau-forte (planches des remarques). 12 eaux-fortes libres hors-texte aquarellées attribuées à Suzanne Ballivet.

TIRAGE A 223 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI 1 DES 160 EXEMPLAIRES SUR GRAND PAPIER DE RIVES A LA FORME AVEC UNE SUITE DES REMARQUES.




Ce volume, très joliment illustré, est une véritable réussite de l'édition clandestine de luxe de l'après-guerre. Suzanne Ballivet, à qui l'on attribue cette superbe suite de 12 compositions très érotiques, donne là une de ses meilleures productions dans le genre libertin. Le roman érotique qui serait de Mirabeau (ou du marquis de Sentilly, selon les sources), publié pour la première fois en 1786, est parfaitement mis en scènes.

Suzanne Ballivet (Paris, 1904 - Saint-Aunès Hérault, 1985) est née à Paris VIIe le 12 août 1904, fille unique de Jules et Laurentine Ballivet. Son père est photographe à Montpellier, dans le sud de la France. Elle fait ses études secondaires à Montpellier. Elle rentre à l’École des Beaux Arts de Montpellier. Ses camarades d’atelier sont Renée Altier, Gabriel Couderc, Camille Descossy, Georges Dezeuze, Albert Dubout, Germaine Richier. En 1925 elle se marie avec Camille Descossy et elle monte en 1927 à Paris où elle fait du Dessin de Mode et où elle expose à L’Expo Coloniale internationale. En 1927, naissance de son fils Michel. En 1931, retour à Montpellier où elle fait des décors et des costumes de théâtre dans la troupe de Jean Catel ainsi que des dessins d’anatomie. Après son divorce en 1941, elle remonte à Paris chez Albert Dubout et elle expose ses dessins à Humour 41. En 1942, elle est à Nice où elle participe à la création de dessins animés avec Dubout. Ses premières illustrations pour des éditions d’art débutent en 1943. En 1946, elle retourne à Paris où elle fait la connaissance de Colette, Sacha Guitry, Marcel Pagnol et aussi des dessinateurs Bellus, Ben, Peynet, avec qui elle collabore à plusieurs magazines d'humour. Elle se remarie le 20 mai 1968 avec le caricaturiste, affichiste et illustrateur Albert Dubout à Saint-Aunès où elle possède une propriété familiale. Elle s'installe avec lui à Mézy-sur-Seine à l'ouest de Paris. Pendant les années qui précèdent le décès d'Albert Dubout en 1976, ils vont partager leur temps entre Mézy-sur-Seine et Saint-Aunès. Les dix dernières années de sa vie, atteinte de rhumatismes articulaires, elle se retire à Saint-Aunès, cesse de dessiner et de peindre et consacre son temps à la lecture. Elle est décédée à Saint-Aunès, le 15 juin 1985. Elle est inhumée au cimetière Saint-Fulcrand de Saint-Aunès, où elle repose auprès d'Albert Dubout, son second mari. (source : Wikipédia).




"Je fus bien étonnée de voir toute la gorge de Lucette entièrement découverte. Quel sein charmant ! deux demi-globes d’une blancheur de neige, du milieu desquels sortaient deux fraises naissantes d’une couleur de chair plus animée, reposaient sur sa poitrine ; fermes comme l’ivoire, ils n’avaient de mouvement que celui de sa respiration. Mon père les regardait, les maniait, les baisait et les suçait : rien ne la réveillait. Bientôt, il lui ôta tous ses habits, et la porta sur le bord du lit qui était en face de la porte où j’étais. Il releva sa chemise ; je vis deux cuisses d’albâtre, rondes et potelées, qu’il écarta, j’aperçus alors une petite fente vermeille, garnie d’un poil fort brun ; il l’entrouvrit ; il y posa les doigts en remuant la main avec activité : rien ne la retirait de sa léthargie. Animée par cette vue, instruite par l’exemple, j’imitai sur la mienne les mouvements que je voyais. J’éprouvais une sensation qui m’était inconnue. [...] Revenue à moi, quelle fut ma surprise, en me tâtant au même endroit, de me trouver toute mouillée. J’eus dans le premier instant une vive inquiétude, qui se dissipa par le souvenir du plaisir que j’avais ressenti, et par un doux sommeil qui me retraça pendant la nuit, dans des songes flatteurs, les agréables images de mon père caressant Lucette. J’étais même encore endormie quand il vint, le lendemain, me réveiller par ses embrassements, que je lui rendis avec usure. [...] Il avait prévu à tout. Au bas de ce caleçon était une petite gondole d’argent, dorée en dedans, qui était de la largeur de l’entre-deux de mes cuisses ; toute ma petite motte y était renfermée. Elle se prolongeait, en s’élargissant, par une plaque qui s’étendait quatre doigts au-dessous de mon petit conin, et elle se terminait en pointe arrondie jusqu’au trou de mon cul, sans aucune incommodité. Elle était fendue en long, et cette fente s’ouvrait et se fermait, par des charnières à plat, en écartant ou resserrant les cuisses. Un canal d’anneaux à charnières plates, de même métal, y était attaché et me servait de conduit. Ce caleçon avait un trou rond, assez grand, vis-à-vis celui de mon cul, qui me laissait la liberté de faire toutes les fonctions nécessaires sans l’ôter. Mais il m’était impossible d’introduire le doigt dans mon petit conin, et encore moins de le branler, point essentiel que mon père voulait éviter, et dont la privation me faisait le plus de peine." (extrait)

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2333.



BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU, DE CE RARE CLANDESTIN DE QUALITÉ BIBLIOPHILIQUE.

Prix : 950 euros


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