mercredi 29 janvier 2014

Des filles et des hommes ... par Starcante (Claude Seignolle). Rare édition clandestine de ce roman érotique publié en 1958 par Eric Losfled. Avec 20 illustrations libres hors-texte. Rare. Superbe exemplaire à l'état proche du neuf.




STARCANTE [Claude SEIGNOLLE]

DES FILLES ET DES HOMMES ...

Hong-Kong, sans lieu ni date [Eric LOSFELD, imprimé par Jean-Marie Monnerie à Viry-Châtillon, 1958]

1 volume in-8 (20 x 14 cm), broché, 124 feuillets non chiffrés dont 20 illustrations en sépia hors-texte, couverture à rabats en papier bleu clair imprimée en noir. Exemplaire à l'état de neuf, entièrement non coupé (jamais lu, jamais manipulé). Papier vélin de grande qualité, très blanc  (ne pas se fier aux photos prises parfois sans flash) et sans rousseurs.


ÉDITION ORIGINALE

TIRAGE A 1.000 EXEMPLAIRES (non mentionné, Cf. DUTEL)

Claude Seignolle est né le 25 juin 1917 (97 ans en 2014) à Périgueux, est un écrivain français qui a commencé par collecter le patrimoine légendaire des régions françaises, avant de développer une œuvre littéraire très personnelle. Il est également connu sous les pseudonymes de Starcante, Claude S. et Jean-Robert Dumoulin. Connu pour ses ouvrages sur le folklore, les traditions et croyances populaires, il publie notamment des contes et légendes des pays de France. On connait moins Des filles et des hommes ... texte très érotique signé sous son pseudonyme de Starcante. Dutel souligne la belle écriture de ce livre.


"En nous apercevant, elle s'empresse de faire la planche ... aussitôt, ses seins donnent l'impression d'être des flotteurs ... Ses jambes battent l'eau et s'écartent généreusement : les poils de son pubis se hérissent et font imaginer qu'un oursin malin s'est, à l'insu de la belle, agrippé là." (extrait)

L'illustrateur de ce volume est resté inconnu, peut-être M. Claude Seignolle lui-même pourrait-il nous donner la réponse qu'il doit bien connaître ... Les illustrations sont très libres.

Références : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1374 ; Pia, 315.


SUPERBE EXEMPLAIRE A L’ÉTAT PROCHE DU NEUF DE CE RARE CLANDESTIN ILLUSTRÉ.

VENDU


mardi 28 janvier 2014

La Maison Philibert par Jean Lorrain (1904), illustrée de 88 aquarelles par Dignimont. Exemplaire de l'artiste avec 3 aquarelles originales. Bel exemplaire joliment relié à l'époque.



Aquarelle originale inédite signée Dignimont


Jean LORRAIN - DIGNIMONT (illustrateur)

LA MAISON PHILIBERT. Illustré de quatre-vignt-huit aquarelles de Dignimont.

Paris, Collection des Arts, Editions Crès et Cie, 1925

1 volume in-4 (25,5 x 20 cm), (4)-254-(1) pages. 88 aquarelles dans le texte et hors texte mises en couleurs au pochoir.

Reliure demi-maroquin rouge vif à larges coins, dos à quatre nerfs sautés, auteur et titre dorés dans les entre-nerfs, lanterne "33" mosaïquée au centre du dos, tête dorée, non rogné, couverture conservée, étui bordé. Reliure de l'époque non signée. Excellent état de l'ensemble.


ÉDITION DE BIBLIOPHILE IMPRIMÉE A 365 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 15 EXEMPLAIRES HORS COMMERCE ET NOMINATIFS.


EXEMPLAIRE SUR PAPIER DE RIVES IMPRIMÉ POUR DIGNIMONT avec la mention autographe de l'artiste: "Exemplaire d'artiste [signé] Dignimont".

EXEMPLAIRE AUQUEL A ÉTÉ AJOUTE TROIS AQUARELLES ORIGINALES DE L'ARTISTE. Deux dessins originaux sont pleine page (25,5 x 20 cm env.) et le dernier mesure 12 x 9 cm env. (peint sur feuille entière).


Aquarelle originale inédite signée Dignimont


« La maison Philibert est en province, un ancien couvent et un nouveau pensionnat. Les jeunes personnes y écossent des petits pois sur des bancs de jardins avec des gloussements de poules couveuses. Toute la tendresse de la nature les entoure ; elles sont au vert dans un coin de petite ville silencieuse ; elles représentent, parmi les sots, les médisants ; les pimbêches, ce que la nature a encore de meilleur pour l'homme. Elles ne sont ni trop belles ni trop cruelles ; elles ont des philosophies qui viennent de loin, d'un peu plus loin que leur premier amant. À suivre leurs ébats d'un œil point prévenu, on finit par s'attendrir, car ce sont des femmes comme les autres, moins compliquées que les autres, possédant, à défaut d'odeur de vertu, certains sachets remplis d'espérance qui leur valent bien le plus collet monté des costumes de bourgeoises. Juliette, Rébecca, Myrille, types retroussés avec un soin exquis par l'auteur, sont des bonnes sœurs de charité prêtes à tous les dévouements ; elles bordent les poivrots dans leur lit, déniaisent les jeunes paysans en quête de savants soupirs & apprennent la littérature de Willy pour en bercer les nouvelles aspirations poétiques des receveurs des contributions célibataires. Ça ne tourne mal qu'à partir du moment où le patron Philibert cherche des éléments de corruption genre parisien. Oh ! alors, Jean Lorrain se déchaîne ! Toute la tourbe du grand monde va épaissir le pur cloaque. [...] On voit rappliquer [...] les belles Madames de tous les cinq à sept un peu courus, les hétaïres de lettres, mâles ; femelles, le gratin des antichambres gouvernementales ; le dessus de la corbeille des agents de change... » Compte rendu de La Maison Philibert par Rachilde, publié dans Le Mercure de France, n° 177, septembre 1904 (extrait).


Paul Alexandre Martin Duval, dit Jean Lorrain, est un écrivain français à très forte tendance parnassienne, né à Fécamp le 9 août 1855 et mort à Paris le 30 juin 1906. Jean Lorrain a été l'un des écrivains scandaleux de la Belle Époque, au même titre que Rachilde, Hugues Rebell et Fabrice Delphi. Ses œuvres peuvent être rapprochées de la littérature fin de siècle. C'est en 1904, pour payer la très lourde amende à laquelle il a été condamné à la suite du procès perdu contre Jeanne Jacquemin, qu'il publie La Maison Philibert.


TRÈS BELLE ÉDITION ILLUSTRÉE PAR DIGNIMONT.

EXEMPLAIRE DE L'ARTISTE TRUFFÉ DE TROIS AQUARELLES ORIGINALES.

VENDU


Aquarelle originale inédite signée Dignimont

Les Poèmes de Henri de Régnier illustrés par les peintres Gaston La Touche et William Fel (1917). Superbe reliure plein maroquin signé de Louise Pinard [fille du relieur Durvand].



Henri de REGNIER - Gaston LA TOUCHE et William FEL, illustrateurs


POËMES, accompagnés d'illustrations de Gaston La Touche gravées par Louis Mortier. Frontispice, en-têtes, culs-de-lampes de William Fel.

Paris, aux dépens d'un amateur [Eugène Renevey], 1917.

1 volume grand in-8 (31 x 23 cm) de (4)-27-(3) pages, avec 1 frontispice en couleurs de William Fel, 10 très-belles eaux-fortes hors-texte en couleurs d'après Gaston La Touche, 20 très-beaux ornements en couleurs (en-têtes et culs-de-lampe).

Il a été ajouté en plus à cet exemplaire, 2 très-belles eaux-fortes hors-texte en couleurs pleine page au sujet érotisant (voir photos).

Soit au total 23 illustrations en couleurs de William Fel et 10 illustrations d'après les peintures de Gaston La Touche.

On joint un portrait de l'auteur à l'eau-forte en noir (volant), non signé.

Chaque illustration de Gaston La Touche est protégée par un papier calque légendé imprimé. Vignette gravée ex libris d'Eugène Renevey imprimé en vert et rouge sur le titre (il s'agit de l'amateur qui commanda cette édition).

Reliure plein maroquin vert sombre, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, doublure et garde de papier marbré dans tes tons vert et or, tête dorée, non rogné, couvertures et dos du brochage conservés à l'état de neuf (reliure de l'époque signée DURVAND-PINARD S(u)C(cesseur). Reliure très fraîche à l'état proche du neuf, intérieur immaculé, parfait.

TIRAGE A 109 EXEMPLAIRES SEULEMENT SUR PAPIER WHATMAN FORT, (dont 9 exemplaires de collaborateurs).

"BELLE PUBLICATION COTÉE" (Carteret).


Cet a été présenté à l'Exposition des Arts Décoratifs et à été mis en vente chez J. Meynial, libraire, 30 Boulevard Hausmann à Paris. Il a été achevé d'imprimer le 30 mai 1917 sur les presses de Frazier-Soye, Boulevard Montparnasse, 168, à Paris. Les planches ont été détruites après tirage.

Ce volume contient 10 poèmes d'Henri de Régnier : Watteau, Strophes, Saisons, Pégase au Satyre, Ode, La Nymphe de la Source, La Lampe, L'heure heureuse, Epigramme vénitienne, L'accueil.

Gaston La Touche ou De La Touche est né le 24 octobre 1854 à Saint-Cloud et mort le 12 juillet 1913 à Paris est un peintre, décorateur, illustrateur et sculpteur français du XIXe siècle. Il est considéré par ses pairs comme un grand maître du post-impressionnisme et son génie fait toujours l'unanimité au sein du monde artistique. Mort en 1913, il ne vit donc jamais ses peintures gravées pour ce livre. Il ne fournit d'illustrations au total que pour quatre publications (L'Assomoir de Zola, 1878, suite de 15 planches et titre illustré - Au flanc du vase d'Albert Samain, Société des Amis des Livres, 1898 - un numéro de la revue Studio, avec 40 planches hors-texte dont 8 en couleurs - et les Poèmes d'Henri de Régnier (gravés de manière posthume, 1917). Dans les Poèmes d'Henri de Régnier, la nudité et l'érotisme est toujours présent, le tout sur fond de paysages ou d'ambiances impressionnistes et féériques.


William Fel quant à lui, tout en finesse dans le trait, précis, par des illustrations gentiment érotiques, apporte une douceur et une dimension esthétique supplémentaire à ce livre qu'on peut qualifier de livre d'artiste parfait. William Fel illustrera avec talent d'autres ouvrages dans les années 20 et 30 pour les éditions Piazza notamment.


Magnifique exemplaire dans une sobre et élégante reliure de maroquin signée de la fille du relieur Durvand, Louise Pinard. Louise Pinard, aussi habile relieure que son père l'avait été, exerça seule seulement dix années de 1924 à 1934, date de son décès. Ses reliures sont par conséquent peu nombreuses. (Fléty, Dictionnaire des relieurs français ayant exercé de 1800 à nos jours, p. 144).

Référence : Monod, 9568 ; Carteret IV, 335.


MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE D'UN LIVRE D'ARTISTE RÉUSSI A TOUS POINTS DE VUE, ICI DANS UNE BRILLANTE ET SOBRE RELIURE SIGNÉE LOUISE PINARD.

VENDU - Prix : 2.000 euros



Un cas de rupture d'Alexandre Dumas fils (1892). Superbe exemplaire relié par Chambolle-Duru pour le bibliophile Jean Borderel. Edition artistique dirigée par Octave Uzanne.



Alexandre DUMAS fils - Jules-Adolphe CHAUVET - Octave UZANNE

UN CAS DE RUPTURE. Illustrations page à page par Eugène Courboin.

Paris, Ancienne Maison Quantin, 1892.

1 volume in-4 (32,5 x 23 xm) de 98-(1) pages.

Reliure plein maroquin rouge, dos à nerfs orné de filets dorés concentriques dans les caissons, titre doré, millésime en queue du dos, double-filet doré sur les coupes, encadrement intérieur et extérieur d'un jeu de 7 filets dorés concentriques, tranches dorées. Couverture intégralement conservée montée en tête du volume. Quelques légères marques sur les plats, sans importance.

Illustrations à chaque page en camaïeu de différents tons.

Provenance : Bibliothèque Jean Borderel (vente 1938). Ex libris Jean Borderel doré dans l'encadrement intérieur du deuxième plat.


ÉDITION DE GRAND LUXE ILLUSTRÉE DE 100 DESSINS REPRODUITS EN HÉLIOGRAVURE PAR EUGÈNE COURBOIN.

TIRAGE A 1.050 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 1.000 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN. (avec 50 Japon).




Ce superbe ouvrage magistralement illustré par Eugène Courboin, et dont la direction artistique revient à Octave Uzanne, a été achevé d'imprimer le 25 octobre 1891. Les dessins ont été héliogravés sur cuivre pat Th. Fillon et tirés en taille-douce par Lemercier.


Un cas de rupture a été publié par Alexandre Dumas fils en 1854.

"Un Cas de rupture. Il fut écrit pendant un séjour... forcé de l'auteur dans la prison où l'on enfermait les gardes nationaux qui avaient oublié leurs billets de garde, vous savez bien, le fameux « Hôtel des Haricots ». On y lit des variations — qui ne rappellent en rien Silvio Pellico — sur le régime cellulaire; c'est enlevé de verve. Alexandre Dumas fils, cependant, n'autorisa jamais la réimpression de cette fantaisie — ou du moins il ne l'a autorisée que très tard, il y a deux ans, quand la maison Quantin entreprit de faire du Cas de rupture une publication artistique — un peu encombrante et d'un format bors de proportion avec la donnée de cette bluette." Bulletin du Bibliophile, 1896, p. 60.


Très bel ouvrage à la mise en page novatrice et avant-gardiste dirigée par Octave Uzanne.


SUPERBE EXEMPLAIRE EN MAROQUIN DE L’ÉPOQUE.

VENDU - Prix : 2.000 euros


lundi 27 janvier 2014

Gamiani ou deux nuits d'excès illustré d'après les dessins de Paul Avril (1905). 1/300 vélin de cuve. « Ne suivez pas l'office sur un exemplaire de Gamiani, surtout s'il est illustré » (Pierre Louÿs). Rare et recherché premier tirage des illustrations libres de Paul Avril.



Attribué à [Alfred de MUSSET et George SAND]

GAMIANI OU DEUX NUITS D’EXCÈS par Alcide, Baron de M ***.

Réimpression conforme à l'édition autographiée originale (Bruxelles, 1833). Paris, MIMV [1905]

1 volume in-8 (23 x 15 cm), cartonnage bradel plein papier éléphant ivoire, pièce de titre en cuir rouge dorée, date en queue en noir, non rogné (reliure moderne). 103 pages. Couverture (premier plat conservé) et titre imprimés en rouge et noir. Faux-titre et titre mal placés lors de la reliure, sans manque. Jolie impression sur papier vélin de cuve. 9 héliogravures coloriées dont une en frontispice en héliogravure d'après les aquarelles de Paul Avril.





TIRAGE A 330 EXEMPLAIRES.

UN DES 300 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN DE CUVE.

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1880 et 1920 (n°358). Edition publiée par C. Hirsch en 1905 et imprimée par Emile Kapp.

Rare et célèbre édition recherchée pour les héliogravures libres de Paul Avril en premier tirage.

Ce roman est l’ouvrage le plus réimprimé au cours du XIXe siècle avec plus de 40 éditions. L'attribution du roman à Alfred de Musset a longtemps été contestée.

Le roman raconte deux nuits de la vie de la comtesse Gamiani marquées par ses ébats avec Fanny et Alcide. Pendant ces deux nuits, les trois personnages vont successivement raconter leur initiation sexuelle ainsi que leurs plus grands exploits dans ce domaine.

Pierre Louÿs dans le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation écrit : « Ne suivez pas l'office sur un exemplaire de Gamiani, surtout s'il est illustré ».





"La première fois que je fus mise à l’épreuve, j’étais dans le délire du vin. Je me précipitai violemment sur la sellette, défiant toutes les nonnes. L’âne fut à l’instant dressé devant moi, à l’aide d’une courroie. Son braquemart terrible, échauffé par les mains des sœurs, battait lourdement sur mon flanc. Je le pris à deux mains, je le plaçai à l’orifice, et, après un chatouillement de quelques secondes, je cherchai à l’introduire. Mes mouvements aidant, ainsi que mes doigts et une pommade dilatante, je fus bientôt maîtresse de cinq pouces au moins. Je voulus pousser encore, mais je manquai de forces, je retombai. Il me semblait que ma peau se déchirait, que j’étais fendue, écartelée ! C’était une douleur sourde, étouffante, à laquelle se mêlait pourtant une irritation chaleureuse, titillante et sensuelle. La bête, remuant toujours, produisait un frottement si vigoureux que toute ma charpente vertébrale était ébranlée. Mes canaux spermatiques s’ouvrirent et débordèrent. Ma cyprine brûlante tressaillit un instant dans mes reins. Oh ! quelle jouissance ! Je la sentais courir en jets de flamme et tomber goutte à goutte au fond de ma matrice. Tout en moi ruisselait d’amour. Je poussai un long cri d’énervement et je fus soulagée… Dans mes élans lubriques, j’avais gagné deux pouces ; toutes les mesures étaient passées, mes compagnes étaient vaincues. Je touchais aux bourrelets sans lesquels on serait éventrée ! Épuisée, endolorie dans tous les membres, je croyais mes voluptés finies lorsque l’intraitable fléau se raidit de plus belle, me sonde, me travaille et me tient presque levée. Mes nerfs se gonflent, mes dents se serrent et grincent ; mes bras se tendent sur mes deux cuisses crispées. Tout à coup un jet violent s’échappe et m’inonde d’une pluie chaude et gluante, si forte, si abondante, qu’elle semble regorger dans mes veines et toucher jusqu’au cœur. Mes chairs lâchées, détendues par ce baume exubérant, ne me laissent plus sentir que des félicités poignantes qui me piquent les os, la moelle, la cervelle et les nerfs, dissolvent mes jointures et me mettent en fusion brûlante… Torture délicieuse !… intolérable volupté qui défait les liens de la vie et vous fait mourir avec ivresse !" (extrait) 

BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE ÉROTIQUE RECHERCHÉ SUPERBEMENT ILLUSTRÉ PAR PAUL AVRIL.

VENDU - Prix : 1.100 euros




dimanche 26 janvier 2014

La Satire sur les femmes de Juvénal illustrée de 30 eaux-fortes par Maurice de Becque (1923). Un des 250 ex. sur vélin de Rives à la forme. Superbe illustré moderne.



JUVÉNAL (Decimus Iunius Iuuenalis) - Illustrations de Maurice DE BECQUE

SATIRE SUR LES FEMMES. Traduite par Louis Jarty, illustrée de trente-deux (i.e. 30) eaux-fortes originales en couleurs de Maurice de Becque.

Editions de la Lampe d'Or, L. Baudel, s.d. (1923)

1 volume in-8 (26 x 19,5 cm), broché, VIII-77 pages chiffrées et 4 pages non chiffrées. Illustrations hors-texte et dans le texte en couleurs. 2 feuillets brochés tête-bêche (à l'envers), une ficelle rompue au centre (cahiers se détachent). Exemplaire à relier ou brochage à consolider. Très frais par ailleurs.

ÉDITION DE LUXE IMPRIMÉE A 330 EXEMPLAIRES, CELUI-CI UN DES 250 SUR VÉLIN DE RIVES A LA FORME.

30 EAUX-FORTE DE MAURICE DE BECQUE.


Cette superbe édition est illustrée de 6 très-belles eaux-fortes hors-texte pleine page en couleurs, 24 bandeaux et culs-de-lampe à l'eau-forte en couleurs, quelques lettrines gravées sur bois mises en couleurs également et quelques ornements en noir rehaussés d'une teinte lie de vin à l'aquarelle.

Ce livre est particulièrement difficile à trouver. Les illustrations de Maurice de Becque sont de toute beauté et d'un relief saisissant.

C'est le texte de la Satire VI de Juvénal (sur les femmes) qui a été imprimé ici dans une excellente traduction française. L'original latin occupe les dernières pages du volume. Juvénal (en latin Decimus Iunius Iuuenalis) est un poète satirique latin de la fin du Ier siècle et du début du IIe siècle de notre ère. Il est l'auteur de seize œuvres poétiques rassemblées dans un livre unique et composées entre 90 et 127, les Satires. Après un oubli de deux siècles, Juvénal a été très lu dès l'Antiquité tardive et au Moyen Âge — il existerait près de 500 manuscrits médiévaux des Satires. Sa vie est cependant très mal connue. Les biographes en sont réduits à des conjectures qui s'inspirent des événements, peut-être réels pour certains d'entre eux, dont il fait état dans les Satires.

"Je veux croire que sous le règne de Saturne, la Pudeur habita sur la terre ; qu'on y jouit longtemps de sa présence, lorsque de froides cavernes renfermaient, sous un abri commun, le foyer, les dieux lares, les troupeaux et les pasteurs ; lorsque les épouses, errantes sur les montagnes, n'avaient pour lits que des feuillages, des joncs entrelacés et les peaux des bêtes féroces dont elles vivaient entourées ; lorsque, bien différentes de vous, Cynthie, et de celle dont les beaux yeux versèrent tant de larmes sur la mort d'un moineau, farouches et d'un aspect souvent plus sauvage que leurs grossiers époux, elles abreuvaient de leurs mamelles gonflées de lait des enfants déjà robustes." (extrait de la Satire VI de Juvénal).

BON EXEMPLAIRE DE CETTE EDITION RECHERCHÉE A JUSTE TITRE.

VENDU

jeudi 23 janvier 2014

Physiologie de l'amour moderne de Paul Bourget (1891) ou Analyse des désordres du cœur. Edition originale. Un des rarissimes 15 exemplaires sur papier Japon. l'amant, la maîtresse, le flirt, la naissance de la jalousie, la colère, la vengeance, la rupture et les remèdes à l'amour.



Paul BOURGET

PHYSIOLOGIE DE L'AMOUR MODERNE. Fragments posthumes d'un ouvrage de Claude Larcher, recueillis et publiés par Paul Bourget, son exécuteur testamentaire.

Paris, Alphonse Lemerre, 1891. [achevé d'imprimer le 8 novembre 1890 par Alphonse Lemerre (Aug. Springer, conducteur), à Paris].

1 volume in-12 (19 x 19 cm), broché, de (4)-IX-435-(1) pages. Couvertures imprimées. Exemplaire à l'état de parution, non rogné, à grandes marges. Petites fentes le long du premier plat de couverture, dos néanmoins solide et non fendu. Exemplaire à l'état proche du neuf.

ÉDITION ORIGINALE.


UN DES TRÈS RARES 15 EXEMPLAIRES SUR JAPON (n°12) SUR UN TIRAGE A 150 EX. DE LUXE SUR DIVERS PAPIERS (avec 100 ex. sur Hollande, 10 ex. sur Whatman et 25 ex. sur Chine). Exemplaire paraphé des initiales de l'éditeur Alphonse Lemerre comme il se doit.

Cet essai de Paul Bourget est dédié "A mon cher éditeur et ami Alphonse Lemerre, je dédie ces pages, qui font suite à Mensonges, comme un témoignage d'une déjà vieille affection. P.B. Rapallo, ce 8 octobre 1890." (dédicace imprimée placée sur le feuillet suivant le feuillet de titre).

Claude Larcher était un personnage déjà présent dans le roman précédent de Paul Bourget, Mensonges (1887). Hofmannsthal a largement étudié la Physiologie de l'amour moderne de Paul Bourget et notamment le personnage-écrivain fictif inventé par ce dernier : Claude Larcher. Paul Bourget décrit Claude Larcher : "Comme beaucoup d’écrivains d’analyse, il [Claude Larcher] était habitué à s’étudier et à se juger sans cesse, étude et jugement qui n’avaient d’ailleurs aucune influence sur ses actions. Les plus menus détails lui servaient de prétextes à des retours sur lui-même et sur sa destinée, mais le seul résultat de ce dédoublement continuel était de l’entretenir dans une lucidité inefficace et douloureuse de tous les instants." (Mensonges, p. 4-5). « Il flotte un parfum si aristocratique de cercle et de mirliton, de bookmakers et de marquises dans ce livre », dit Hofmannsthal à propos de La Physiologie de l’amour moderne.

Dans cet essai, sous titré Méditations de philosophie parisienne sur les rapports des sexes entre civilisés dans les années de grâce 188- , Paul Bourget expose sa théorie de l'amour moderne. C'est l'œuvre d'analyse du « premier » Bourget, écrite par un véritable physiologiste littéraire à prétention de physiologie scientifique et « qui a pour but d'arriver à la découverte de la loi générale dans le plus individuel des sujets ». Cette histoire de la maladie d'amour en évoque tous les aspects : l'amant, la maîtresse, le flirt, la naissance de la jalousie, la colère, la vengeance, la rupture et les remèdes à l'amour. L'auteur aborde ce sujet au travers d'anecdotes, introduisant une foule de personnages et parfois se mettant en scène. Dans cet « ouvrage grouillant de vie », nous découvrons un étalage chirurgical à propos des plus vulgaires sensations, l'ensemble des phénomènes cérébraux qui constituent l'instinct sexuel. En décrivant sur un ton de persiflage la femme, proie naturelle des désirs masculins, Paul Bourget (il a trente sept ans et vient de clôturer sa liaison parfois ombrageuse avec Marie Kann, qu'il a fini par détester) nous livre en fait toutes les découvertes qu'il a faites depuis dix ans sur la passion qui domine dans ce monde. Cette enquête sur les mœurs galantes des Parisiens dans les années 1880 apparut parfois comme une intention de libertinage et l'essayiste dut en adoucir plusieurs passages.

Le « premier » Paul Bourget, celui d'avant sa conversion au catholicisme, est moraliste, un analyste des désordres du cœur ; faisant preuve d'un certain relativisme, il accorde moins d'importance aux mœurs qu'à la psychologie et considère ses romans comme « de simples planches d'anatomie morale » Il accuse en effet une vision souvent pessimiste de la société. Pour Edouard Rod, son contemporain, Paul Bourget apparaît comme « un désabusé, sceptique, pessimiste, indifférent, aristocrate, bien décidé à s'isoler du troupeau vulgaire, curieux de joies et de douleurs plus rares que celles du commun, prêt à aller chercher une consolation au mal de vivre dans d'égoïstes jouissances artistiques » Bourget recherche en effet le style analytique, la précision de l'observation minutieuse et se réfère à la science médicale et anatomique de l'époque. Il s'oppose pourtant au naturalisme. Il définit en effet le moraliste comme étant « l'écrivain qui montre la vie telle qu'elle est » et cette prise de position littéraire est soutenue par une volonté de connaissance psychologique. Dans Mensonges, il dresse ainsi le tableau complet d'une société, avec ses ramifications, y compris ses lisières douteuses. Il ajoute : « Ce que Claude Bernard faisait avec ses chiens, ce que Pasteur fait avec ses lapins, nous devons le faire, nous, avec notre cœur, et lui injecter tous les virus de l'âme humaine. Nous devons avoir éprouvé, ne fût-ce qu'une heure, les mille émotions dont peut vibrer l'homme, notre semblable » Il écrit par ailleurs dans la préface de Physiologie de l'amour moderne : « Interdire à l'artiste la franchise du pinceau sous le prétexte que des lecteurs dépravés ne voudront voir de son œuvre que les parties qui conviennent à leur fantaisie sensuelle, c'est lui interdire la sincérité, qui est, elle aussi, une vertu puissante d'un livre […] Imaginons-nous un lecteur de vingt-cinq ans et sincère, que pensera-t-il de notre livre en le fermant ? S'il doit, après la dernière page, réfléchir aux questions de la vie morale avec plus de sérieux, le livre est moral. C'est aux pères, aux mères et aux maris d'en défendre la lecture aux jeunes garçons et aux jeunes femmes, pour qui un ouvrage de médecine pourrait être dangereux, lui aussi. Ce danger-là ne nous regarde plus. Nous n'avons, nous, qu'à penser juste si nous pouvons et à dire ce que nous pensons. Pour ma part, je m'en tiens à ce mot que me disait un saint prêtre : — « Il ne faut pas faire de mal aux âmes, et je suis sûr que la vérité ne leur en fait jamais […] ». Il ajoute : « la peinture de la passion offre toujours ce danger d'exercer une propagande. Rendre l'artiste responsable de cette propagande, c'est faire le procès non seulement à tel ou tel livre, mais à toute la littérature ». (Source documentée et bibliographie Wikipedia, article Paul Bourget).

Le second Paul Bourget (antidreyfusard, militariste et ami de Maurras, antisémite prosélyte, etc.) a éclipsé le premier pour n'en faire plus qu'un auteur de second rang répudié et dédaigné. Ses premiers romans et ces premiers essais, telle cette Physiologie de l'amour moderne, méritent à eux seuls d'être redécouverts et appréciés.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CET ESSAI ANALYTIQUE SUR LES "DÉSORDRES DU CŒUR".

TRÈS RARE SUR PAPIER JAPON.

Prix : 900 euros

lundi 20 janvier 2014

Deux ouvrages sur la question du divorce en France par de Bonald (1805) et Chrestien de Poly (1815). Très bel exemplaire relié à l'époque.



Louis-Gabriel-Ambroise DE BONALD

DU DIVORCE, CONSIDÉRÉ AU XIXe SIÈCLE RELATIVEMENT A L'ETAT DOMESTIQUE ET A L'ETAT PUBLIC DE SOCIÉTÉ ; Par M. de Bonald. Seconde édition, revue, corrigée et augmentée par l'auteur.

A Paris, chez Adrien Leclere, imprimeur-libraire, 1805.

(4)-307 pages.

SUIVI DE :

J. P. CHRESTIEN DE POLY

DU DIVORCE ET DE LA SÉPARATION, considérés dans leurs rapports avec la Charte, l'essence du mariage, l'intérêt des familles, la morale et la politique.

Paris, Le Normant, Petit et Adrien Leclerc, septembre 1815. [imprimerie de Le Normant].

VIII-239-(1) pages.

2 ouvrages reliés en 1 volume in-8 (20,5 x 13,5 cm), pleine basane fauve racinée, dos lisse orné d'une fleuron, d'une fleur de lis et de filets et roulettes dorés, pièce de titre rouge, doublures et gardes de papier blanc, tranches marbrées (reliure de l'époque, 1815 ou peu après). Très bel exemplaire très frais, tant au niveau de la reliure que du papier. Quelques infimes marques sans gravité.


Le premier ouvrage par le vicomte de Bonald sur la question du divorce ou plutôt sur la question d'interdire le divorce pour des raisons qu'il avance être salutaires pour le bon fonctionnement de la société et la morale, a paru pour la première fois en 1801. Ce livre était adressé aux législateurs du code civil. Il y affirme l'indissolubilité du mariage et condamne le divorce comme étant une des principales causes de dépravation de la société. Ce fut l'un de ceux qui combattit le plus violemment les lois sur le divorce et le 26 décembre 1815 il proposa finalement aux chambres nouvellement composées avec le retour de la monarchie, d'en promulguer l'abolition. cette proposition fut adoptée par la chambre et donna lieu à la loi du 27 avril 1816. Cette seconde édition de 1805 est la plus complète et la plus aboutie de ce vaste projet d'abolition du divorce.


Le deuxième ouvrage, publié quant à lui en septembre 1815, seulement quelques mois avant la proposition d'abolition du divorce déposée par de Bonald en décembre de la même année, traite la question dans le même sens. Ici en édition originale, l'auteur, juriste, ainsi que de Bonald, va à contre-courant de l'idée même de l'émancipation des femmes. Ainsi on peut lire : "Toute femme séparée de son époux, même pour violence et mauvais traitements, devrait se retirer dans le sein de la société religieuse, seule société à laquelle elle appartienne encore ; cet asile, ouvert au repentir, à la faiblesses, au malheur (...)" extrait des notes page 118. "Le poison révolutionnaire" ne sera à nouveau autorisé (dans certains cas seulement) qu'en 1884 après bien des atermoiements notamment dès 1848 et les premières revendications féministes.

Dans le présent exemplaire, l'affirmation du retour à la monarchie des Bourbons, se fait même, outre les deux textes, jusqu'à la fleur de lis dorée qui orne le dos de la reliure.

Provenance : de la bibliothèque De Gaudart d'Allaines avec ex libris armorié (XIXe s.).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE EN RELIURE DE L'EPOQUE DE CES DEUX OUVRAGES IMPORTANTS DANS L'HISTOIRE LÉGISLATIVE ET CIVILE DU DIVORCE.

VENDU

dimanche 19 janvier 2014

La Maîtresse du Prince Jean par Willy (1903). Edition originale. Un des rares exemplaires sur papier de Hollande, paraphé par l'auteur. Illustrations de Wely. Rare.



WILLY (Henry GAUTHIER-VILLARS)

LA MAÎTRESSE DU PRINCE JEAN. Roman.

Paris, Albin Michel, 1903

1 volume in-18 (19,5 x 12,5 cm), broché, LXV-(1)-383 pages. Nombreuses illustrations en noir au trait dans le texte par Wely. Couverture illustrée en couleurs par Wely (les deux plats). Très bon état. A noter de petites fentes aux mors de la couverture, sans gravité. Beau papier. Portrait photographique de Claudine (actrice Polaire) en écolière en frontispice.

ÉDITION ORIGINALE.

UN DES RARES EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE,

CELUI-CI PARAPHÉ PAR WILLY ET NUMÉROTÉ "N° UN [signé] WILLY"


Le volume contient au début la plaidoirie de Maître J. Paul-Boncour pour la maîtresse du Prince Jean. L'ouvrage fut condamné. Cette première édition est la seule complète, les suivantes ayant été expurgées des passages les plus scabreux.


"Willy est plus sourd encore que sa vertu n'est muette !... Du moins, cette Maîtresse du Prince Jean, a un mérite : elle ne prendra pas son lecteur en traître. Elle arrive à lui munie d'un casier judiciaire propre à le mettre en garde : dès avant son apparition, elle fut poursuivie, jugée et condamnée ; aussi, ceux qui voudront aller plus loin que la couverture du livre et en sortiront le rouge au front sauront à qui s'en prendre ; ils auront été prévenus. Je sais bien que l'éditeur, malin, a placé en tète du livre la délicieuse plaidoirie où M. Paul-Boncourt entreprit de démontrer à la justice de son pays que la Maîtresse du prince Jean n'était, mon Dieu, pas si immorale qu'on le voulait prétendre ; je sais bien qu'il l'a fait avec un luxe étonnant de verbe, d'esprit et d'aimable sophisme, et qu'il a réussi à être persuasif puisque je m'y suis laissé prendre et que j'ai lu le livre. Cette lecture m'a édifié — si j'ose dire — et je puis affirmer, en connaissance de cause que ce roman, même « épousseté », est terriblement scabreux. Je le sais d'autant mieux que j'ai lu jusqu'à la dernière page — il me faut faire mon mea culpa — car trop souvent le rire et le sourire désarmèrent ma colère ; et ainsi j'ai connu complètement les aventures de ce prince fantôme et de cette trop réelle et plantureuse Gaétane, et j'ai fréquenté le poète carottier Lauban, et Smiley, le littérateur, et aussi l'immuable Maugis, Journaliste notoire, qui ressemble à Willy comme un frère et qui en est très fier, le monstre ! J'ai vu, J'ai lu tout cela, et malgré moi j'y ai pris plaisir. Du moins, pour m'en punir et pour me réhabiliter à mes yeux. Je devais mettre en garde mes contemporains contre la séduction de la Maîtresse du prince Jean, leur affirmer que c'est un livre à ne pas lire et, puisque j'ai été victime de ma curiosité, empêcher les autres de céder à la leur, car s'ils ouvrent le livre, ils sont perdus, ils feront comme moi, ils iront jusqu'au bout." in Le Figaro du 31 juillet 1903, article signé Frédéric Charpin.



BON EXEMPLAIRE DU TIRAGE A QUELQUES EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE PARAPHÉ PAR L'AUTEUR.

VENDU



vendredi 17 janvier 2014

Manuscrit XVIIe siècle. Remarques très curieuses tirées du Commentaire de l'Âne d'Or d'Apulée (vers 1660). Commentaires savants et curieux sur les femmes, l'amour, les mystères de la passion, les plaisirs charnels, les passions de l'âme et du corps.




[J. DE MONTLYARD]

REMARQUES TRÈS CURIEUSES TIRÉES DU COMMENTAIRE DE L'ÂNE D'OR D'APULÉE.

S.l.n.d (vers 1660 ? 1680 ?)

1 volume petit in-12 (12,5 x 10 cm), 157 feuillets [313 pages].

Reliure plein parchemin moucheté de marron (reliure de l'époque). Reliure légèrement frottée mais néanmoins solide et décorative. Intérieur frais. Belle écriture lisible (une seule main tout du long).

MANUSCRIT DE LA SECONDE MOITIÉ DU XVIIe SIÈCLE.



On trouve ces Commentaires sur la Métamorphose de l'Âne d'Or d'Apulée dans une édition imprimée en 1648, placée à la suite du texte de l'Âne d'Or. Cette édition a été donnée par le libraire Jean La Coste. Le commentaire est de J. de Montlyard. La première édition de ces notes daterait de 1602.

Le présent manuscrit reprend l'essentiel des Commentaires sur la Métamorphose de l'Âne d'Or, les choses plus curieuses ont été soigneusement recopiées les unes à la suite des autres, le tout format plus de 300 pages densément remplies. La graphie du scribe érudit nous fait penser à une copie des années 1660 à 1680.

Les Métamorphoses, également connu sous le titre L'Âne d'or (Asinus aureus), est un roman écrit par Apulée au IIe siècle. Le héros, un aristocrate prénommé Lucius (comme l'auteur du livre, Lucius Apuleus), connaît différentes aventures, après que sa maîtresse, Photis, l'a transformé en âne par accident. Ses diverses aventures malheureuses et burlesques sont l'occasion pour Lucius d'apprendre et de raconter au lecteur de nombreuses histoires (le mythe de Psyché et de Cupidon, « la marâtre empoisonneuse », « la bru sanglante », etc.), mêlant l'érotisme aux crimes sanglants et à la magie. Bien que la signification du récit puisse faire l'objet d'interprétations diverses, il semble que le voyage de Lucius soit aussi un voyage spirituel, une initiation à la magie en même temps qu'une mise à distance par le comique de la sorcellerie. Le titre originel de l'ouvrage, Asinus Aureus, a fait couler beaucoup d'encre : si le protagoniste est effectivement transformé en âne, il n'est à aucun moment fait mention dans l'ouvrage d'un pelage doré ou d'une allusion qui expliquerait ce qualificatif. On a pu avancer que c'est en fait un sens plus rare mais avéré de l'adjectif aureus qui est utilisé : « roux ». En effet, la fin de l'ouvrage prouve qu'Apulée a dû fréquenter les cercles des Mystères d'Isis ou que, du moins, il en connaissait bien les rites et arcanes. Or, le dieu égyptien Seth, associé au Mal et dont la place est primordiale dans la légende d'Isis et d'Osiris qui structurait ce culte, avait pour animal sacré l'âne et comme symbole la couleur rousse. Il est souvent représenté avec un corps d'homme et ce qui semble être une tête d'âne (à relier au statut humain et animal du protagoniste). Plus encore, la superstition égyptienne conduisait souvent à tuer et maltraiter les animaux de couleur rousse, vus comme des envoyés de Seth (transformé en âne, le protagoniste subit des mésaventures plus humiliantes les unes que les autres). Cette symbolique possible n'a été détectée qu'assez tard, lorsque les progrès de l'égyptologie ont permis de préciser les détails de la légende d'Isis et d'Osiris. Il n'y a néanmoins aucune preuve déterminante de la nécessité de cette théorie. (Source : Wikipedia).

Il est fait mention à de nombreuses reprises dans ce commentaire savant et curieux des femmes, de l'amour, des mystères de la passion, des plaisirs charnels, les passions de l'âme et du corps. Ce petit volume réunit de très nombreuses notes d'érudition propres aux auteurs du XVIe siècle.

BEAU MANUSCRIT DU XVIIe SIÈCLE.

PIÈCE UNIQUE.

VENDU



jeudi 16 janvier 2014

Les Anecdotes sur la comtesse Du Barry (Du Barri) par Pidansat de Mairobert (1776). « Si ce ne fut pas une vestale, la faute en fut aux dieux qui la firent si belle » (Mirabeau).



[Mathieu-François PIDANSAT DE MAIROBERT]

ANECDOTES SUR LA COMTESSE DUBARRI. Nouvelle édition, revue et corrigée, ornée du portrait de l'héroïne.

A Londres, chez John Adamsohn, 1776.

2 parties en 1 volume in-12 (16,5 x 11 cm) de (3)-346 pages. La seconde partie commence à la page 199. Portrait de Madame la comtesse Du Barry en frontispice.

Cartonnage de l'époque plein papier moucheté marron, tranches rouges. Usures de surface au papier de couverture du cartonnage sinon très bon état, intérieur immaculé.

NOUVELLE ÉDITION.



Cet ouvrage a paru pour la première fois, sous la rubrique de Londres, l'année précédente (1775). C'est ici la deuxième édition ou une contrefaçon (il existe une autre édition de ce texte en 1776 en 408 pages) de ce violent pamphlet dirigé contre la maîtresse de Louis XV, source selon l'auteur d'une bonne part des maux du royaume de France.

"Fort au courant des secrets de boudoirs des grandes dames du régime, que seule une cloison parfois sépare des coulisses de la politique, le chroniqueur se fit un jeu de les noter sur le vif, pour la joie du plus grand nombre. Il révèle ainsi que la maîtresse du bon Louis XV joignait d'autres faveurs a celles du roi, façon de dire que le pays entier portait des cornes, ou de suggérer que l'institution royale, toutes galanteries gardées, ne présentait pas de différence essentielle avec celles des jardins du Palais-Royal" (Pia, Dictionnaire des œuvres érotiques, p. 28-29).

On trouve dans ce volume nombre de petits secrets d'alcôve de la cour de Louis XV, accompagnés de quelques petites chansonnettes bien choisies et qui dépeignent fort bien cette courtisane célèbre. L'ouvrage s'achève sur ces mots : "Elle restera donc en France, où elle sera la consolation de l'envie, la pitié du philosophe, le désespoir de la beauté, et l'émulation d'une foule de courtisanes, qui, en apprenant son histoire, dans leur folle ambition aspireront au même triomphe."

Au bas du frontispice gravé on lit : "Madame la comtesse Du Barry. Sans esprit, sans talents, du sein de l'infamie, jusques au trône on la porta : contre une cabale ennemie, jamais elle ne complota : et de l'ambition ignorant les alarmes, jouet des intrigants, régna par ses seuls charmes."

Mathieu-François Pidansat de Mairobert était né le 20 février 1707 à Chaource et se donna la mort le 27 mars 1779 à Paris. Élevé chez Marie Anne Doublet de Persan, dont il prétendait être le fils, il se trouve mêlé, de bonne heure, aux conversations et aux querelles du monde des lettres. Proche du « parti patriote », surveillé par la police, il est lié à Restif de la Bretonne. Il occupe une place de censeur royal et le titre de secrétaire du roi et des commandements du duc de Chartres. Il est en 1779 compromis dans le procès du marquis de Brunoy, dont il se trouvait le créancier pour une somme considérable. Bien qu'en cette affaire, selon l'opinion générale, il ne soit que le prête-nom d'un plus haut personnage, le Parlement de Paris lui inflige un blâme public par arrêt du 27 mars 1779. Se croyant déshonoré, Mairobert va le soir même chez un baigneur où il s'ouvre dans le bain les veines avec un rasoir, puis achève de s'ôter la vie d'un coup de pistolet. Le curé de Saint-Eustache n'a consenti à l'inhumer qu'après ordre exprès du roi. Restif de la Bretonne l'a pleuré amèrement, et allait tous les ans, à l’anniversaire de son suicide, revoir sa maison pour commémorer la date. Les Anecdotes sur Madame la comtesse Du Barri ont été parfois attribuées à Théveneau de Morande mais il s'agit d'une erreur liée à l'annonce de la publication par celui-ci d'un ouvrage intitulé Les Mémoires secrets d’une femme publique ou recherches sur les aventures de Mme la comtesse du Barry depuis son berceau jusqu’au lit d’honneur, enrichis d’anecdotes et d’incidents relatifs à la cabale et aux belles actions du duc d’Aiguillon, mais l’ouvrage, qui fit pourtant grand bruit, n’a finalement jamais vu le jour. On en connait que le titre.

Octave Uzanne, friand de ces textes aux senteurs de soufre, a donné une nouvelle édition de ce texte en 1880, dans la série des documents sur les mœurs du XVIIIe siècle.

La comtesse du Barry finit son parcours tumultueux sur l'échafaud le 8 décembre 1793.

« Elle est la seule femme, parmi tant de femmes que ces jours affreux ont vues périr, qui ne put avec fermeté soutenir l'aspect de l'échafaud ; elle cria, elle implora sa grâce de la foule atroce qui l'environnait, et cette foule s'émut au point que le bourreau se hâta de terminer le supplice. » (Élisabeth Vigée-Lebrun)

Mirabeau dit d'elle : « Si ce ne fut pas une vestale, la faute en fut aux dieux qui la firent si belle ».

BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE PEU COMMUN EN CONDITION D'ÉPOQUE.

Prix : 400 euros

Liens vers d'autres livres

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