jeudi 27 juin 2013

Honoré de Balzac : La Physiologie du mariage ou méditations sur le bonheur et le malheur conjugal (1834). Rare seconde édition.




Honoré DE BALZAC

PHYSIOLOGIE DU MARIAGE OU MÉDITATIONS DE PHILOSOPHIE ÉCLECTIQUE, SUR LE BONHEUR ET LE MALHEUR CONJUGAL, publiées par DE BALZAC. Deuxième édition.

Paris, Ollivier, libraire-éditeur, 1834. [Saint-Denis. Imprimerie de A. Leclaire].

2 volumes in-8 (20,5 x 13 cm) de (4)-XXVII-(2)-330[i.e. 326] et (2)-344 pages.

Reliure demi-chagrin rouge, dos à nerfs, filets dorés sur les nerfs, filets à froid encadrant les nerfs, auteur et titre dorés, plats de papier marbré noir, doublures et gardes marbrées (reliure légèrement postérieure, vers 1850). Reliure et intérieur du volume en excellent état, infimes frottements et traces, rousseurs et brunissures éparses sans gravité et qui ne nuisent aucunement au confort de lecture.


SECONDE ÉDITION.

Sans doute l'ouvrage le plus facétieux du jeune Honoré de Balzac. Cet ouvrage a paru pour la première fois sans nom d'auteur, en 1830 chez Levavasseur et Urbain Canel. A la manière de la Physiologie du goût de Brillat Savarin, publiée en 1826, la Physiologie du mariage est divisée en trente méditations souvent émaillées d'aphorismes savoureux du genre : "La femme mariée la plus chaste, peut être aussi la plus voluptueuse." ou encore "Chaque nuit doit avoir son menu" ou "Le mariage doit incessamment combattre un monstre qui dévore tout : l'habitude." ou "La femme mariée est un esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône." ou enfin "Il est plus facile d'être amant que mari, par la raison qu'il est plus difficile d'avoir de l'esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps." etc.

La publication de la Physiologie du mariage fit scandale, mais le Tout-Paris le considéra comme un événement et le succès pour Balzac fut sans précédent, d’autant plus qu’on voulait savoir qui se cachait sous la signature anonyme du jeune célibataire qui devint aussitôt un auteur à la mode (1830). A la fois essai, méditation, et récit, le texte oscille entre l’étude de mœurs et le traité analytique. C’est d’ailleurs dans ce dernier genre que la cinquième édition de l’ouvrage (Furne) classera l’œuvre en 1846 dans la section Études analytiques de la Comédie humaine. Mais malgré son caractère osé (pour l’époque), sa structure peu conforme au roman balzacien, la Physiologie jette les fondations de la Comédie humaine.

Cette édition de 1834 porte pour la première fois le nom de l'auteur. Quelques changements notables dans cette édition (notamment l'anecdote de l'attribution de Point de lendemain à Vivant Denon) montre qu'elle a été faite avec l'accord de Balzac et sous son contrôle (II. p. 170 et suiv.). Rare deuxième édition désavouée par l’auteur. Elle « se rencontre moins fréquemment que l’originale » (H. Dirkx. Répertoire des éd. signées de Balzac, originales et remaniées. Bruxelles. « Le Livre de l’Estampe » n° 75-76, (1973).

Références : Vicaire : I, 181-182 ; Barbier : III, 883 ; Gay III, 735.

BEL EXEMPLAIRE DE CETTE EDITION PEU COMMUNE.

Prix : 700 euros

Les gens mariés. Du mariage et du célibat par un membre de l'Académie de Besançon. Impression rare de cette ville (1843).


ANONYME [Pierre-François TREMOLIERES] [un membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon]

LES GENS MARIÉS, POÈME. Par un membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon. Dédié à cette Académie.

Besançon, Charles Deis, imprimeur-libraire, 1843

1 volume in-8 (21 x 13 cm), VI-90-(1) pages. Bien complet du feuillet d'errata à la fin.

Reliure demi-veau brun, roulettes dorées, plats de papier marbré, dos muet (reliure d'époque qui a sans doute servi de remboîtage). Bon état général. Reliure solide, de l'époque et décorative. Imprimé sur papier vélin. Quelques petites taches sans importance. Complet.

ÉDITION ORIGINALE.


DÉDICACE AU VERSO DU FAUX-TITRE "Hommage de l'auteur." [signature illisible].

Cet ouvrage rare a certainement du être imprimé à très petit nombre pour l'auteur et ses amis de l'Académie de Besançon. "Poème curieux et anecdotique sur les avantages et les inconvénients du mariage et du célibat." (Gay, 181).

Ce livre que n'a pas cité Octave Uzanne dans son Paroissien du Célibataire (1890) mérite pourtant qu'on s'y arrête en plus d'un endroit. "A vingt ans, comme tous ceux de mon âge, je ne voyais dans le mariage, que du bonheur. Forcé bientôt d'admettre une foule d'exceptions, je m'avisai de regarder plus attentivement autour de moi, et je reconnus, avec effroi, que, parmi tant d'époux, les heureux formaient le petit nombre. [...] je me mis à observer encore [...] et je finis par rester convaincu que l'on peut être heureux dans le mariage, et qu'en général ceux qui ne le sont point ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Tel est le résultat de mes observations, tel est le sujet de ce petit ouvrage que je pourrais appeler l'Examen de conscience des gens mariés, et que j'offre surtout aux gens à marier. [...]"

D'après Michaud (Biographie universelle), cet ouvrage serait de M. Pierre-François Trémolières, né en 1774 à Paris mais qui fit ses études à Besançon. Il devient membre de plusieurs sociétés savantes de cette ville et y meurt en juillet 1847. Ses oeuvres sont un mélange de "finesse et de bonhommie, d'élégance et de simplicité."

Poème divisé en trois chants. Premières folies, jeune vieillard, débauches, humeur, tolérance, fortune ou amour, cupidité, laideur, avortons, vieux mari, vieille femme, rival, illusions amoureuses, misère, secondes noces, plaisir et peine, frais de noces, lune de miel, amour négligé, excès d'amour, enfants, belles-mères, conclusion : célibat ! autant de titres de poésies bien tournées sur le sujet.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

TRÈS RARE POUR NE PAS DIRE INTROUVABLE ...

Prix : 250 euros

mercredi 26 juin 2013

Entre messe et vêpres, Les joyeuses nouvelles, par Marc de Montifaud (1880-1883). Curiosa, nouvelles coquines et anticléricales.



MARC DE MONTIFAUD [de son vrai nom Marie-Amélie QUIVOGNE DE MONTIFAUD]

LES JOYEUSES NOUVELLES de Marc de Montifaud. I. Le mariage d'une Momie. II. Les Chevaliers du Bidet. Chaste et Pure. III. L'Expulsé de la Rue des Postes. IV. Auquel des deux ? Les Moustaches du Capitaine. V. Une Grève de Femmes. Le Passage de Vénus. VI. Le Mariage d'un Potache ou le sommier à musique. VII. Le Singe du Couvent. VIII. Comment on fait souffrir le Diable. Le Passe-Port. IX. La Manière de s"en servir. X. Les deux Revanches.

Paris, sans nom, 1880-1883. J. Cusset imprimeur à Paris.

10 parties en 2 volumes in-12 (18 x 11,5 cm), environ 60 à 70 pages par partie. Complet des 11 eaux-fortes de Jan Van Kruyck, Pierre Morel, Tony Taverni et Van Ruyss. Il y a deux eaux-fortes pour "Le Singe du Couvent".


ENTRE MESSE ET VÊPRES ou les matinées de carême au Faubourg Saint-Germain. Première matinée : Ad mojorem Dei gloriam - Un point d'Orgue. Deuxième matinée : Midi à Quatorze Heures. Troisième matinée : Une Brimade dans le grand monde - Comment on entre au Paradis. Quatrième matinée : Le Père Ambroise - Parce que. - Le Salut militaire. Cinquième matinée : Le Gendarme au Couvent. Sixième matinée : Un Mariage par expertise. Septième matinée : Avant la noce.

Paris, sans nom, 1881-1882. G. V. Larochelle, imprimeur à Paris.

7 parties en 2 volumes in-12 (18 x 11,5 cm), environ 70 à 80 pages par partie. Complet des 7 eaux-fortes de Van Ruyss.

Ensemble 4 volumes in-12 (18 x 11,5 cm), reliés demi-percaline verte, fleuron doré au dos, pièces de titre de cuir noir (reliure de l'époque). Les volumes sont à l'état proche du neuf, très frais, les reliures sont en excellent état de conservation, à noter une infime éraflure sur une pièce de titre à peine visible, un infime frottement sur une autre. L'intérieur est en parfait état. L'impression sur papier vergé épais de Hollande est parfaite. Volumes non rognés, ébarbés seulement. Les eaux-fortes sont protégées par des serpentes de papier calque fin, légère décharge des gravures sur quelques titres. Les couvertures de livraisons ont été conservées uniquement pour deux d'entre elles à chaque ouvrage (une couverture conservée devant et une conservée à la fin). Le catalogue des Oeuvres de Marc de Montifaud a été conservé à la fin de chaque nouvelle.

Entre Messe et Vêpres (7 parties) se retrouve dans les livres de l'Enfer de Pia (p. 431) pour l'édition Gay et Doucé de Bruxelles, 1880-1881. Les Joyeuses Nouvelles (10 parties), d'après les catalogues conservés des Oeuvres de Marc de Montifaud, sortent des presses de la Grande Imprimerie de J. Cusset, imprimeur à Paris. Entre Messe et Vêpres sort de la même imprimerie, sise à la même adresse mais le nom de l'imprimeur est G. V. Larochelle.



Marc de Montifaud est une femme. C'est le pseudonyme que prend Marie-Amélie Chartroule dite Marc de Montifaud. Sa date de naissance n'est pas certaine, 1845 ou 1849, 1850 ? Selon le Dictionnaire Larousse qui lui consacre une notice, elle commence sa carrière littéraire à douze ans en écrivant un roman italien, une ébauche de tragédie et des essais de critique. Un journal intitulé "Plaisir et Travail" publiera quelques-uns de ses fragments littéraires. Pendant que sa mère tente de lui enseigner les principes du catéchisme, son père lui inculque les idées nouvelles et l'initie à la philosophie. Passionnée d'art, elle complète sa formation dans l'atelier du peintre Tissier.

En 1867, elle épouse un homme de vieille noblesse espagnole, de vingt ans son aîné, le comte Juan-Francis-Léon Quivogne de Montifaud, secrétaire d'Arsène Houssaye, le directeur de l'Artiste qui ouvrira à la jeune fille les pages de sa revue où elle fera ses premières armes en tant que critique. Comptant parmi les amis de Villiers de L’Isle-Adam, qui lui dédie "Le Nouveau Monde" (Ève nouvelle et Axel).

On lui doit surtout un nombre important de nouvelles drolatiques, d’esprit galant et provocateur, à saveur parfois anticléricale et coiffées de titres suggestifs. Ses écrits lui valent un certain nombre de poursuites judiciaires et quelques-uns sont censurés.

Sa publication de l’ouvrage contre les religieuses, Vestales de l’Église, lui vaut même un emprisonnement. Elle meurt probablement vers 1912-1913.



BEL ENSEMBLE PARFAITEMENT CONSERVÉ.

Prix : 800 euros

dimanche 23 juin 2013

Thémidore de Godard d'Aucour illustré par Jean Dulac (1936). Belle illustration d'un érotisme léger et délicat.



GODARD D'AUCOUR

THEMIDORE OU MON HISTOIRE ET CELLE DE MA MAÎTRESSE. Illustré de burins originaux par Jean Dulac.

La Tradition, Paris, 1936

1 volumes in-4 (24,5 x 19,5 cm), broché, couverture orange en suédine. 213 pages. 16 burins in-texte et hors-texte en couleurs. Emboîtage de l'éditeur (fané).


ÉDITION DE BIBLIOPHILIE IMPRIMÉE A 517 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 450 EXEMPLAIRES SUR GRAND VÉLIN D'ARCHES.


Claude Godard d'Aucour (1716-1795) était né à Langres. Il fut fermier général (1754) puis receveur général des Finances à Alençon (1785). On sait assez peu de choses de sa vie sinon que ce roman libertin, Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse, remporta un grand succès. Une courte préface anonyme donne le ton du roman : "M. Thémidore est un jeune homme riche, beau bienfait, d'un excellent caractère, plein d'esprit, & qui aime éperdument le plaisir ; avec ces qualités, il n'est pas étonnant qu'il ait recherché les occasions de s'amuser & qu'il les ait rencontrées. (...) C'est un jeune homme qui entre à peine dans le monde, & qui s'imagine souvent que le plaisir est une découverte de son invention, & qui en conséquence en entretient les autres avec transport : c'est un jeune homme qui par l'usage qu'il a de parler exactement, écrit de même, qui réfléchit quelquefois, & donne à ses pensées une tournure qui lui est propre ; enfin c'est un esprit un peu impétueux, & qui n'ayant pas encore eu le temps de devenir sage, fait avec feu l'éloge de l'égarement, & peint avec force les occasions où il a pu se livrer à la volupté. (...) Nous ne conseillons point aux âmes scrupuleuses de jeter les yeux sur ces aventures, elles sont quelquefois chatouilleuses & capables d'exciter des idées extrêmement éveillées ; elles ne sont faites que pour être lues par les esprits revenus de la bagatelle, ou qui vivent avec elle (...)"


Jules Gay dans sa Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage, etc, indique que ce livre contient l'histoire cachée du Président Dubois, non conformiste, et que ne pouvant faire mettre l'auteur à la Bastille, ce fut le libraire qui y entra un temps.


A propos de Godard d'Aucour, qui ne manquait pas d'esprit : "On eût aimé souper en sa compagnie" a écrit Maupassant en 1882 dans sa préface à une des nombreuses rééditions de Thémidore.

BELLE ÉDITION ILLUSTRÉE AVEC GOÛT PAR JEAN DULAC D'UN ÉROTISME LÉGER ET DELICAT.

Prix : 250 euros

jeudi 20 juin 2013

Le Gynécée d'André Rouveyre (1909). 76 dessins érotiques de femmes : « C'est à peine si l'on distingue, dans ces êtres emportés au même vol, les sexes. Il n'y a plus un mâle et une femelle, il y a deux hermaphrodites. Chacun, en sa fièvre, possède les deux genres. La luxure est créatrice. Les voilà donc telles que les définit, par des lignes sûres, le crayon abstrait de M. Rouveyre. » Remy de Gourmont (préface)



André ROUVEYRE - Remy DE GOURMONT

LE GYNÉCÉE. Recueil précédé d'une glose par Remy de Gourmont.

Société du Mercure de France, Paris, 1909

1 volume in-4 (28 x 23 cm), broché, couverture imprimée, 6 pages de préface et 76 dessins pleine page (imprimés au recto seulement).


ÉDITION ORIGINALE.


TIRAGE A 1.510 EXEMPLAIRES.


CELUI-CI, UN DES 500 EXEMPLAIRES SUR PAPIER D'ARCHES, SIGNÉS PAR L'AUTEUR.


La préface de Remy de Gourmont est trop belle pour se priver du plaisir de la citer in extenso :

« La Femme, dans les attitudes de l'amour, a perdu la régence de sa coquetterie. Ses gestes sont tombés avec sa robe. Les Grecs lui donnaient, pour ce moment de nudité, la pose que l'on sait : un bras barre les seins, une main défend le pubis. rien de plus artificiel. Tout au plus, comme l'autruche, cherchera-t-elle à dissimuler ses yeux, afin de faire croire qu'elle ne voit pas qu'on la voit. Cette manœuvre est bien dans la logique de son caractère, car elle ne doute pas de sa beauté corporelle, et l'idée ne lui vient pas de cacher un sexe dont les points sensibles sont à l'abri et dont le maître organe est tout intérieur. Pas plus que M. Rouveyre, qui ne l'a noté qu'une seule fois, je n'ai guère jamais observé le double geste du marbre grec. Mais c'est peut-être que nous n'avons pas surpris, parmi les roseaux, l'innocente Nymphe : la femme civilisée se dénude plus souvent au bord de son lit qu'au bord des rivières, et à l'ombre des rideaux qu'à l'ombre des saules. Celle-ci enlève avec méthode ses parures, ses dentelles, sa robe. A mesure, elle plie les étoffes et les linges, les pose délicatement sur un fauteuil, le corset bien roulé, les bas l'un près de l'autre, les petits souliers rangés, la chemise toute prête à retomber sur les épaules. Aucun cri de désir ne l'émeut encore. Elle va même prendre le temps d'enfoncer ses peignes, comme les cavaliers du roi, avant la charge, assuraient leurs chapeaux. Elle va et vient sans même savoir qu'elle est nue. Ce n'est pas une chose plus étrange que d'être habillée. Les circonstances de la vie demandent des toilettes spéciales : elle est, voilà tout, en toilette d'amour. Celle-là s'est dépouillée si vite de tout le vêtement que la transition fut à peine aperçue. La chambre est jonchée de débris. Le fragile chapeau lui-même est en fragile équilibre sur le coin d'une chaise et les bottines ont disparu sous les meubles. Elle ne sait montrée nue que dans le geste de bondir sur le lit comme une chatte, car le désir lui tord les membres et, au premier contact, ses cuisses vont se contracter, comme celles d'une grenouille de laboratoire sous le courant voltaïque. Une autre entre et se laisse tomber sur le premier siège. Il faut la déshabiller comme un enfant et, pas plus qu'un enfant, elle ne protestera aux caresses, aux chatouillements, aux baisers. Elle rit et dit, quand elle n'a plus rien sur le corps, pas même une bague : "Maintenant porte-moi." Une autre va jouer toute la comédie de la pudeur. Jeu sincère, car elle est peureuse. Elle a disparu derrière les rideaux qui dérobent une porte; un fauteuil, lui fera un rempart. Enfin, elle s'avance en chemise, les yeux baissés. Il faut lutter avec elle pour lui enlever ce dernier bouclier; mais quand elle l'a perdu elle pousse un soupir et comme allégée d'un sentiment vain, elle se dévergonde. La pudeur de la femme vient de son éducation : elle est faite de cette crainte de l'homme qu'on lui inculqua dès ses premières années. Dès qu'elle s'est familiarisée avec le monstre, elle ne manifeste plus que cette pudeur naturelle qui est une tactique instinctive commune à toutes les femelles d'animaux et qui n'a d'autre but que de surexciter le désir du mâle, de tendre l'arc à son degré suprême. La pudeur naturelle est une caresse. C'est une invisible main qui électrise les fibres de la sensibilité. C'est aussi l'instant de grâce donné à l'athlète pour rassembler ses forces et prendre conscience de la tension de ses muscles. La pudeur naturelle supplée à la luxure, mais quand l'union s'ébauche d'un commun accord sans aucune résistance de la femme, c'est à la luxure qu'échoit le rôle de la mise au point, l'art d'aiguiser les instruments de la sensibilité. Ce que l'imagination n'a pu faire, la réalité charnelle va l'accomplir. La luxure est le seul lien qui puisse maintenir l'accord charnel de l'homme et de la femme. Dès que le jeu ingénu de la pudeur est impossible, la luxure intervient. Ces jeunes femmes que nous venons de voir entrer chez leur amant ont des tempéraments variés et un point commun, l'absence de pudeur, même chez celle qui s'en croit pourvue. Ce qui les attire donc, c'est la luxure. Elles vont se livrer à leurs goûts, sans honte, et réaliser, selon toute leur folie, les rêves de leur solitude. Si elles trouvent un mâle de bonne volonté, leurs vœux secrets vont se dévoiler avec une simplicité qui étonnera, en les ravissant, les plus solides expériences. La seule dissimulation qui leur restera, au cours de ces luttes, sera celle d'avoir l'air d'obéir. Elles se modèleront avec des complaisances d'esclaves au dessin de leurs propres désirs et, en satisfaisant leurs curiosités, elles sembleront donner des preuves de docilité féminine. C'est tout l'art de la femme en amour : il est suprême. Les voilà donc, et celles-ci et celles-là, livrées visiblement à la puissance qui les domine dans le mystère de presque toutes les minutes de leur vie. Elles n'ont plus la force de s'appartenir. Elles se donnent, mais à la condition de prendre. La communion est mutuelle. C'est à peine si l'on distingue, dans ces êtres emportés au même vol, les sexes. Il n'y a plus un mâle et une femelle, il y a deux hermaphrodites. Chacun, en sa fièvre, possède les deux genres. La luxure est créatrice. Les voilà donc telles que les définit, par des lignes sûres, le crayon abstrait de M. Rouveyre. Les voilà à l'instant où va commencer la métamorphose ; les voilà aussi à l'instant où le pacte se déchire. Instants uniques pour contempler ces femmes, si rudement fixées dans leurs attitudes de volupté car elles sont celles-là mêmes que nous rencontrons, le long de la vie, soigneusement enveloppées des langes compliqués de l'innocence mondaine. Ces dentelles couvrent une louve et sous ces blancs nuages, c'est une tigresse qui se retient de miauler, une lionne qui voudrait rugir. M. Rouveyre passe, regarde, écrit quelque chose sur un papier, pas des mots, des traits qui se coupent, se heurtent, s'entr'chevauchent, et les dentelles s'envolent, les nuages se dissipent : le masque tombe, la femme reste. Il aurait pu adopter cette devise, car elle contient le secret de l'art profond qui a inspiré le Gynécée. Je ne trouvai jamais d'homme plus rebelle aux apparences. Sous l'étoffe il voit d'un coup d'œil, la musculature, et sous la musculature : le squelette. Il aime les squelettes, parce qu'ils disent l'avant-dernier mot de la tragédie, le dernier étant la poussière. Comme on va au Louvre, nous étions, l'autre après-midi, aux galeries d'ostéologie du Muséum, et nous remettions patiemment les manteaux de chair, de peau et de poils sur ce peuple d'ossements. C'est ce que l'on peut faire avec les femmes du Gynécée : leur rendre le vêtement de civilisation que l'œil de l'artiste a fondu, comme pétrifiait l'œil de la Gorgone. Du moins, je m'amuse à cela, volontiers, car le nu n'est que pour un moment. Mais, vais-je décrire et vêtir soixante-seize attitudes, soixante-seize corps féminins violés dans leur intimité par l'œil impitoyable de M. Rouveyre ? Et puis comment lutter avec l'œil à synthèse de l'artiste, miracle comme l'œil à facettes de l'insecte ? Nous regardons, mais il voit; nous comprenons, mais il devine. Les mécanismes sont différents, ce qui explique l'inutilité des louables efforts du critique d'art, aussi bien que l'impossibilité pour l'artiste de traduire en images exactes un texte. On ne peut, en l'un ou l'autre cas, exprimer que des impressions : la transposition juste est impossible. Il y aura toujours des fausses notes. Aussi je voudrais dire, beaucoup moins ce que l'artiste a vu que ce que j'ai senti, en regardant son oeuvre. D'abord une surprise de sensualité : toutes ces nudités, on dirait qu'elles ont été désirées, caressées, malaxées en réalité ou en rêve; que l'homme les a brassées comme de la pâte, avant de céder la place à la froideur de l'artiste. J'ai dit froideur, mais au sens de sûreté d'œil, de tête et de main, car voilà des traits qui semblent entrer, tels des doigts crispés dans les flancs gonflés, et d'autres qui sont encore des morsures. Il y eut les voluptés suppliciantes dont la torsion persiste et des attitudes de fureur dont le martyre crie encore. A de certaines pages, c'est le sourire heureux de l'amoureuse; plus loin la crispation extasiée de la flagellante, et l'on songe alors à la parole d'Hilarion : "La luxure, dans ses fureurs, a le désintéressement de la pénitence. L'amour frénétique du corps en accélère la destruction, - et proclame par sa faiblesse l'étendue de l'impossible." C'est cela, peut-être, qui est la vraie philosophie du Gynécée, car tant de bouches et tant de ventres béants vers la volupté finissent par apparaître tels que des trous d'ombre ouverts sur le néant. Mais ne serait-il pas inhumain d'en rester sur cette impression sombre. Ce néant ne l'est pas davantage que toutes les autres activités humaines. Néant, qui est le mot de tout, ne signifie rien. Vivre lui est contradictoire, et nous vivons. Je donne donc mon assentiment à la surprise de sensualité et je retrouve là, avec plus de curiosité cependant, que de bonheur, des moments qui ne seront plus et d'autres qui seront peut-être. Nous tenons toujours le passé par la main, et c'est avec lui qu'en nos imaginations les plus nouvelles nous souhaitons de tressaillir encore. Après la surprise de la sensualité, la surprise des lignes. Celle-ci demeure, car si nous avons vécu la luxure, nous ne l'avons pas vue, et la voici vue. Le spectacle est prodigieux, de ces corps tendus ou écroulés, de ces membres délirants, de ces croupes bovines, de ces jambes de chèvre, de ces seins et de ces pis, de ces cuisses qui s'ouvrent comme des ciseaux, de ces sexes éperdus à la fente démesurée. Des lignes de toutes les formes, de toutes les courbures, de toutes les cassures, beaucoup de cercles, d'arcs, de rhombes et de masses ovoïdes. Et tout cela aime, toute cette géométrie fermente, grogne et tressaute ! Enfin, les bêtes. Nous avons aperçu dévêtues soudain, la tigresse, la lionne, la louve. Voici l'ourse, la chèvre, la brebis, la chienne, la chatte, la grenouille et les guenons. Je laisse intact le jeu de les reconnaître, et j'abandonne les autres types purement féminins, de la bacchante à la lesbienne, de la gaupe à la dévote, de la grêle impubère à la lourde galante. Il n'est pas une planche qui ne requière une station, puis deux, puis quatre, et à chaque retour on fait, en cette géographie sexuelle, des découvertes. Je sais. Cette manière de voir la femme dégrade la femme.

Où est, dans ce Gynécée, l'ange des coulisses?
Où est la madone de la danse?
Où Est Flora la belle Romaine, Archipiada ne Thays,
Qui fut sa cousine germaine?

Elles y sont. Cherchez bien. Elles y sont, mais telles que Dieu les a faites, et non pas telles que les créa votre heureuse imagination. C'est ici un livre de vie, et non un livre de rêve. Remy de Gourmont ».


Tout le texte, de la couverture à l'achevé d'imprimer, a été dessiné et gravé sur bois par P.-E. Vibert ; c'est le premier livre ainsi xylographié qui paraisse depuis le XVe siècle ; M. P.-E. Vibert en a fait un unique et inestimable monument bibliophilique. Tous les bois de P.-E. Vibert ont été brûlés après le tirage.


BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.


Prix : 550 euros

Mort de l'amour par André Rouveyre (1911). Exemplaire offert à Henry Roujon. Un des 1.000 exemplaires sur papier d'Arches. Avec une prose par Jean Moréas.



André ROUVEYRE

DESSINS DE ROUVEYRE

MORT DE L'AMOUR. Avec, en appendice, une prose de Jean Moréas.

Edition du Mercure de France, Paris, 1911.

1 volume in-4 (28,5 x 22,5 cm), broché, couverture imprimée. (5) pages et 8 dessins d'André Rouveyre (imprimé au recto seulement), 8 pages de prose non chiffrées (Moréas), achevé d'imprimer. Décharge au verso des dessins (vierge).


ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 1000 EXEMPLAIRES SUR PAPIER D'ARCHES ET 10 EXEMPLAIRES SUR CHINE.

CELUI-CI, UN DES 1000 EXEMPLAIRES SUR ARCHES.


Cet ouvrage, dessins et textes, a été, d'un bout à l'autre, gravé dans le bois. Les dessins originaux de Rouveyre et la typographie de P. E. Vibert ont été détruits. Achevé d'imprimer par Kauffmann le 29 octobre 1911 pour le Mercure de France.

EXEMPLAIRE OFFERT PAR L'ARTISTE A M. HENRY ROUJON (envoi autographe).


8 dessins d'une sauvagerie et d'une animalité de trait propre à Rouveyre. Femme ? Bête ? Amour ? Les sourires bestiaux des femelles se mêlent ici entre eux. La flèche de l'amour perce le coeur de ces animaux sauvages. La prose de Jean Moréas est une pure beauté : "Le feu de l'amour brûle de loin comme de près, car la vue seule et l'imagination suffisent. Les poètes ont chanté que les yeux guident l'amour ; et Platon le nomme sorcellerie et charme. [...] Le Gynécée, c'est la danse macadre de l'amour. Par son art intègre, andré Rouveyre réfute et corrobore tout ensemble jusqu'aux plus angéliques rêveries sur les accidents du coeur. (Jean Moréas)

BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.

Prix : 250 euros

mercredi 19 juin 2013

L'instinct sexuel et ses manifestations morbides (homosexualité et pédérastie) par le Professeur Tarnowsky (1904). Belle impression de Charles Carrington. Première édition française.



Professeur TARNOWSKY - Préface du Professeur LACASSAGNE - Bibliographie par le Docteur JACOBUS X***

L'INSTINCT SEXUEL ET SES MANIFESTATIONS MORBIDES au double point de vue de la jurisprudence et de la psychiatrie. Préface du Professeur Lacassagne. Ouvrage suivi d'une Bibliographie Générale des ouvrages traitant de l'inversion sexuelle.

Paris, Charles Carrington, Libraire-Editeur, 1904

1 volume in-8 (23,5 x 15,5 cm), broché, X-304 pages. Très bon état. En grande partie non coupé (quelques feuillets coupés). Belle impression sur papier vergé. Quelques rousseurs.

ÉDITION ORIGINALE DE LA TRADUCTION FRANÇAISE.

Cet ouvrage a paru pour la première fois en langue anglaise en 1898. Il traite uniquement de l'homosexualité masculine et de la pédérastie. Il s'agit de cas cliniques, d'études, de constats médicaux en divers genres. Sans mauvais jeu de mot, il y est beaucoup question d'anus horribilis ...

La Bibliographie générale des ouvrages traitant de l'inversion sexuelle qui se trouve à la fin du volume est la première du genre et précieuse pour cela.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

Prix : 200 euros

Nicolas Chorier et les Dialogues de Luisa Sigea dans leur traduction anglaise publiée par Isidore Liseux en 1890. Saphisme, Tribadisme, Lesbianisme, etc.



Nicolas CHORIER

THE DIALOGUES OF LUISA SIGEA (Aloisiae Sigeae Satyra Sotadica de arcanis Amoris et Veneris) literally translated from the latin of Nicolas Chorier. Dialogue I. The Skirmish. - II. Tribadicon. - III. Fabric. - IV. The Duel. - V. Pleasures. - VI. Frolics ans Sports.

Paris, Isidore Liseux, 1890 [imprimé par Ch. Unsiger, Paris].

3 volumes in-8 (20,5 x 14 cm), XX-87, 132 et 98-(2) pages, broché, couverture de papier gris, titre imprimé au dos en long et sur le premier plat, entièrement non coupé (jamais lu). Exemplaire à l'état proche du neuf. Seul le papier de couverture est légèrement insolé aux dos, léger manque de papier en queue d'un dos. Superbe impression sur beau papier vergé.

PREMIÈRE ÉDITION ANGLAISE PAR ISIDORE LISEUX.

C'est faussement que Nicolas Chorier a publié sous son nom le Satyra Sotadica, ensemble de dialogues saphiques et érotiques en latin, traduits en de nombreuses langues sous le titre de Dialogues de Luisa Sigea.


« Entre 1658 et 1660, on se passait curieusement de main en main, parmi les magistrats, les jurisconsultes, les hauts fonctionnaires de Lyon, de Grenoble et de Vienne, un petit volume in-12 de moins de quatre cent pages, écrit en latin d'une rare élégance et destiné à une célébrité que nul sans doute ne prévoyait alor. L'auteur y exposait en six Dialogues d'un intérêt croissant, où la perfection du langage l'emportait encore sur le charme attrayant du sujet, les mystères de l'amour, les secrets raffinements du plaisir. Deux jeunes femmes, couchées ensemble, s'y initiaient mutuellement à la science de la vie par une succession de confidences indiscrètes, de scènes passionnées, de récits voluptueux, et de Latin, un Latin savant, compliqué, jetait comme un voile de gaze sur la nudité lascive des tableaux [...] » (extrait de la préface de l'édition française par Alcide Bonneau)


Cette édition ne contient que la traduction anglaise (sans le texte original latin). Elle est précédée d'une Notice of Nicolas Chorier datée de Paris, november 1889. Il est indiqué par ailleurs en note qu'il n'existe qu'une seule édition correcte de cette correspondance apocryphe : Paris, Liseux, 1881, 4 vol. small 18mo et Paris, Liseux, 1882, 4 vol. 8vo (cette dernière édition imprimée à 100 exemplaires pour Isidore Liseux et ses amis), sous le titre de Les Dialogues de Luisa Sigea sur les arcanes de l'Amour et de Vénus (avec le texte latin et la traduction française en regard).

BEL EXEMPLAIRE TEL QUE PARU CE TEXTE CURIOSA PEU COMMUN DANS CETTE ÉDITION ANGLAISE.

Prix : 400 euros

lundi 17 juin 2013

Curiosa : Luxure et Souffrance. Roman de moeurs par Janine Peyrin (vers 1950). Clandestin rare illustré de 8 hors-texte pornographiques. Tel que paru.



JANINE PEYRIN

LUXURE ET SOUFFRANCE. Roman de moeurs.

Sans lieu ni date (vers 1950)


1 volume grand in-8 (26 x 17 cm), en feuilles, 119 pages et 8 illustrations hors-texte en noir sur papier glacé. Couverture imprimée en bleu marine sur papier crème. Petite fente en haut du dos de la couverture, sans gravité aucune.


PREMIÈRE ET UNIQUE EDITION DE CE CLANDESTIN PORNOGRAPHIQUE.

Edition publiée au début des années 1950 d'après Dutel. Elle est ornée de 17 illustrations dont 8 hors-texte. Les 9 autres illustrations sont des ornements, culs-de-lampe, imprimés en noir dans le texte.

Il s'agit du même texte que Les Vices dans la Balance et Luxures.

Ouvrage condamné pour la première fois le 7 mai 1954.


Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement entre 1920 et 1970, n°1866.

L'auteur des illustrations et du texte restent mystérieux.


BON EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.


AUCUNE MENTION DE TIRAGE POUR CE CLANDESTIN RARE.

VENDU

Curiosa (1939) : Séduction. Jeunes amours. Avec 10 pointes sèches érotiques en couleurs. Tirage unique et rare à 99 exemplaires seulement. Superbe exemplaire tel que paru.



ANONYME [illustré par un artiste célèbre]

SÉDUCTION. Jeunes amours. Avec des gravures sur cuivre par un artiste célèbre.

Aux dépens d'un amateur, pour le profit de quelques autres, 1939

1 volume in-4 (25 x 19,5 cm), en feuilles, 142-(1) pages, sous couverture imprimée et emboîtage de papier rose de l'éditeur. 10 gravures hors-textes en couleurs. Très bon état, proche du neuf (un léger grattage sans conséquence au bas de l'emboîtage).


RARISSIME ÉDITION CLANDESTINE IMPRIMÉE A SEULEMENT 99 EXEMPLAIRES.


Cette édition de SÉDUCTION, réservée aux souscripteurs et illustrée de (10) gravures originales d'un Artiste célèbre, est strictement limitée à 99 exemplaires. Ils ont été numérotés comme suit : 10 exemplaires numérotés de 1 à 10, auxquels il a été ajouté une suite des gravures et un dessin original. 10 exemplaires numérotés de 11 à 20, auxquels il a été ajouté une suite des gravures. 79 exemplaires numérotés de 21 à 99. Celui-ci porte le numéro 32 au composteur.


Le texte est imprimé en rouge et noir sur beau papier vélin de Lana. Il a été achevé d'imprimer à Paris le 30 avril 1939.


Ce texte a paru une première fois en 1935 (Dutel, n°2376) puis une troisième fois au milieu des années 1950 (Dutel, n°2378). Ouvrage condamné pour la première fois le 27 septembre 1961 pour cette troisième édition non illustrée. La première édition également illustrée de 13 gravures en couleurs a été imprimée à 500 ex. environ.


Cette édition de 1939, superbement illustrée de pointes sèches rehaussées en couleurs à la main, est sans conteste, et la plus rare (99 exemplaires seulement) et la plus belle.


Référence : Dutel, Bibliographique des ouvrages érotiques publiés clandestinement en française de 1920 à 1970, n°2377. Pia, 1477 (pour la première édition).

L'artiste reste un mystère ... Texte très libre.


TRÈS BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU DE CE RARE CLANDESTIN DE LUXE ILLUSTRÉ AVEC GOÛT.

VENDU

samedi 15 juin 2013

Curiosa : Baignades fin de siècle par Lamothe-Phyne (vers 1950-1960). Ouvrage pornographique clandestin illustré de 12 figures libres au trait. Tirage à 300 exemplaires. Rare.



LAMOTHE-PHYNE

BAIGNADES FIN DE SIÈCLE.

Sans lieu, sans date, sans nom [vers 1950-1960]

1 volume in-8 carré (24 x 18,5 cm), en feuilles, sous couverture grise imprimée, 100 feuillets non chiffrés (le premier et le dernier blancs, 1 feuillet de faux-titre "Baignades fin de siècle" avec le justificatif de tirage imprimé au verso, 1 feuillet de titre imprimé en noir, 12 figures anonymes au trait imprimées en noir sur un beau papier de type Madagascar (protégées individuellement par un papier fin). Emboîtage de l'éditeur. Intérieur comme neuf. Quelques petits défauts mineurs à l’emboîtage (frottements, une face partiellement décollée).


TIRAGE A 300 EXEMPLAIRES.

"Cette édition de luxe sur vélin offset de 140 gr. limitée à 300 exemplaires, numérotés, pour un groupe de bibliophiles, est strictement réservée aux souscripteurs. Exemplaire N° ... Les exemplaires ne sont pas numérotés. Ouvrage condamné pour la première fois le 14 février 1961." (Dutel)


Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, III-1085 indique : "Edition originale (groupe B) publiée à la fin des années 1950 à Toulouse par Francis Flores. Elle est ornée de 12 clichés au trait" ; Pia 112 qui indique également 12 gravures libres, d'après la notice du catalogue de la vente Degreef à Bruxelles du 10 mars 1979, n°115.


Cet ouvrage ne se trouve nulle part actuellement dans les divers catalogues de librairies en ligne. Il n'est même pas certain que les 300 exemplaires annoncés aient été réellement imprimés. A notre connaissance cet ouvrage provincial n'a pas fait l'objet de recherches bibliographiques poussées. Le texte est pornographique à souhait et à l'avenant des illustrations très libres et amusantes. 


BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE CLANDESTIN RARE.

VENDU

L'Histoire comique de Francion par Charles Sorel et illustrée par Martin Van Maele (1925). Un des 61 exemplaires sur papier Madagascar avec triple-suite des eaux-fortes. Bel exemplaire.



Charles SOREL / Martin VAN MAELE illustrateur

L'HISTOIRE COMIQUE DE FRANCION composée par Charles Sorel, réimprimée intégralement pour la première fois d'après l'édition originale de 1623 et décorée de 17 eaux-fortes et de 16 gravures par MARTIN VAN MAELE.

Se vend à Paris, chez Jean Fort, 1925

1 fort volume in-8 broché (23 x 14,5 cm) de VI-411 pages. 17 eaux-fortes hors-texte ici en triple état (51 épreuves dont épreuve non terminée avec remarque, épreuve terminée avec remarque et épreuve terminée, toutes en noir. 16 gravures (bois) servant de bandeaux et culs-de-lampe. Couverture rempliée illustrée d'une vignette imprimée en rouge sur le premier plat.




PREMIER TIRAGE DE CETTE SUPERBE SUITE D'ILLUSTRATIONS PAR MARTIN VAN MAELE.

UN DES 61 EXEMPLAIRES SUR MADAGASCAR CONTENANT UNE SUITE DÉFINITIVE ET DEUX ETATS DES PLANCHES. (le tirage total étant de 1.203 exemplaires).

"Je n'ai point trouvé de remède plus aisé ni plus salutaire à l'ennui qui m'affligeait il y a quelque temps, que de m'amuser à décrire une histoire qui tînt davantage du folâtre que du sérieux, de manière qu'une mélancolique cause à produit un facétieux effet. Jamais je n'eusse fait voir cette pièce, sans le désir que j'ai de montrer aux hommes les vices auxquels ils se laissent insensiblement emporter. Néanmoins, j'ai peur que cela soit inutile ; car ils sont si stupides pour la plupart, qu'ils croiront que tout ceci est plutôt pour leur donner du passe-temps que pour corriger leurs mauvaises humeurs. Leur ânerie est si excessive que lorsqu'ils oient le conte de quelqu'un qui a été trompé, ou qui a fait quelque sotte action, ils s'en prennent à rire au lieu qu'ils en devraient pleurer (...)" (extrait de la Préface de 1623)

L’Histoire comique de Francion raconte les aventures de son personnage éponyme. La narration est assez complexe parce qu’elle mène plusieurs niveaux de récits. Le récit premier raconte les aventures amoureuses de Francion qui cherche d’abord à s’attirer les faveurs de Laurette, femme de Valentin et ancienne prostituée. Après les avoir obtenues lors d’une fête organisée par Raymond, il se lance à la recherche de la belle Naïs du portrait de laquelle il est tombé amoureux. Les versions de 1626 et 1633 s’achèvent par le mariage de Francion et Naïs. Mais à ce premier récit s’ajoutent des histoires racontées par des personnages du roman, notamment la maquerelle Agathe dont le récit occupe un livre entier, et surtout l’histoire de Francion racontée par lui-même à diverses occasions. Le début du roman est ainsi en grande partie occupé par ces récits et nous permet de découvrir une partie de l’histoire du père de Francion et le récit de la jeunesse de Francion.

On a beaucoup parlé du libertinage de L’Histoire comique de francion, notamment du fait des relations libertines de son auteur au moment de la publication de la version de 1623. Antoine Adam considère que le personnage de Francion est inspiré par Théophile de Viau. Il se caractérise en effet par une générosité qui serait la marque des esprits libertins et la « compagnie des braves » qu’il fonde serait une transcription romanesque du cercle libertin qui gravite autour de Théophile. L’itinéraire de Francion montre une volonté de s’affranchir des contraintes. Il développe une pensée personnelle. En matière de morale amoureuse, il défend ainsi des positions qui ne correspondent ni à la morale traditionnelle, qui refoule les plaisirs du corps, ni à l’épicurisme caricatural qu’on associera à l’image du libertin. La volonté de jouir sans entrave au non d’une supériorité absolue du plaisir est en effet incarnée dans l’œuvre par le personnage de Raymond. Francion, quant à lui, défend un plaisir plus mesuré qui répond à une définition plus authentique de l’épicurisme. De ce fait, l’évolution du personnage et de l’œuvre ne doit pas nécessairement être lue simplement comme l’effet des peurs de Sorel quant à la censure, mais également comme l’effet d’une véritable réflexion sur la morale et le plaisir.

Cette histoire est ici merveilleusement mise en images par Martin Van Maele.


BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.
VENDU

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