lundi 29 avril 2013

Marquis de Sade : Extrait de Juliette ou les voluptés du vice (1892). Edition tirée à petit nombre sur beau papier vergé. Rare.



MARQUIS DE SADE (Donatien Alphonse François)

EXTRAIT DE JULIETTE OU LES VOLUPTÉS DU VICE par le marquis de Sade. Introduit par une biographie de Sade, un sommaire de l'ouvrage original (six volumes) et orné d'un frontispice et de 10 gravures sur cuivre.

Amsterdam, 1892. [A. Brancart].

1 volume in-12 (18 x 11 cm) de XXXIV-111 pages. Frontispice à l'eau-forte imprimé en bistre avec cette légende "De la collection de M. H*** de Paris". Chiffre doré M. P (?) sur le mors supérieur cuir (non identifié).

Reliure demi basane de l'époque, dos lisse filets dorés. Reliure légèrement frottée par endroit et dos passé. Le texte est imprimé sur beau papier vergé. Les couvertures du brochage n'ont pas été conservées. 

ÉDITION ORIGINALE SOUS CETTE FORME.

La biographie du marquis de Sade qu'on trouve en tête du volume (paginée V à XXII) n'est pas signée et se termine par ces mots : "Cet homme [le marquis de Sade] restera éternellement comme un type dans son genre : tout ce que l'imagination en délire peut concevoir de plus monstrueux, il l'a écrit : c'est le vice et le crime réuni en corps de doctrine, c'est la folie humaine dans ce qu'elle a de plus affreux. Telle est la vie, telles étaient les oeuvres du Marquis de Sade."

On trouve à la suite le Sommaire de Juliette : "Juliette, ou la Suite de Justine, parut en 1796. Des atrocités, des infamies devant lesquelles l'auteur avait reculé d'abord, lui paraissaient choses tout-à-fait louables ; les maximes de perversité, de scélérature, qu'il avait placées dans la bouche de ses personnages, lui semblaient si judicieuses qu'il regrettait de s'être montré si pusillanime. Pour réparer cette faute, il donna dans "Juliette" libre carrière à son imagination, que ne gênait plus aucun des misérables scrupules auxquels il avait obéi." 

"Oh ! ma bonne, ma chère bonne, me dit Olympe en baisant ma bouche avec ardeur, tu es bien putain, je t'adore ; voilà comme il faudrait que fussent toutes les femmes. Qu'elles sont imbéciles celles qui ne sacrifient pas tout à leurs plaisirs : Ah ! qu'elles sont stupides celles qui peuvent avoir d'autres dieux que Vénus ... d'autres moeurs que celles de se prostituer sans cesse à tous les sexes, à tous les âges, à toutes les créatures vivantes. Oh ! Juliette, la plus puissante des lois de mon coeur est le putanisme ; je ne respire que pour répandre du foutre ; je ne connais ni d'autres besoins, ni d'autres plaisirs. (...)" Extrait de Juliette, pp. 44-45.

Cette édition, bien qu'imprimée sur beau papier, fourmille de fautes typographiques et certaines lignes présentent quelques défauts de justification. Dutel indique : "Édition publiée en 1892 à Amsterdam par A. Brancart. L'exemplaire consulté ne contenait que le frontispice (de H. de Biberstein), tiré en bistre (...) les dix gravures manquaient." (Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement entre 1880 et 1920, 2002, p. 187, réf. 441)


BON EXEMPLAIRE DE CETTE EDITION RARE TIRÉE A PETIT NOMBRE SUR BEAU PAPIER.

VENDU

Recueil du Procès de la marquise de Brinvilliers, empoisonneuse (1676). Rare édition elzévirienne en maroquin plein du XIXe siècle. Bijou bibliophilique.



[Affaire des Poisons sous Louis XIV - Procès et exécution de Mme la marquise de Brinvilliers]

MARQUISE DE BRINVILLIERS (Marie Madeleine Dreux d'Aubray)

MÉMOIRE DU PROCÈS EXTRAORDINAIRE. CONTRE Madame de Brinvilliers, & de La Chaussée, Valet de Monsieur Sainte-Croix. Pour raison des Empoisonnements des diverses personnes. Avec la defension, et l'Arrêt de la Cour donné contre la dit Dame, du 16 juillet 1676.

Suivant la Copie de Paris, A Amsterdam, chez Henry & Théodore Boom, l'an 1676

1 volume petit in-12 (133 x 77 mm - Hauteur des marges : 129 mm) de 140 pages.

Reliure plein maroquin rouge janséniste, dentelle dorée en encadrement intérieur des plats, tranches dorées sur marbrure, double-filet sur les coupes (reliure de la seconde moitié du XIXe siècle, signée THIBARON). Exemplaire à l'état proche du neuf. Reliure très fraîche. Intérieur parfait.


BELLE ET TRÈS RARE ÉDITION EN PETITS CARACTÈRES FAITE SUR L’ÉDITION AU FORMAT IN QUARTO DE PARIS CHEZ AUBOUIN LA MÊME ANNÉE.


Exemplaire bien complet de la deuxième page de titre qui suit la page de titre général : FACTUM DU PROCEZ Extraordinairement fait à LA CHAUSEE Valet de Sainte-Croix, pour raison des empoisonnemens des Sieurs d'Aubray Lieutenant Civils. A Amsterdam, chez Henry & Théodore Boom, l'An 1676 (avec un grand fleuron gravé sur bois). Compris dans la pagination, on trouve encore une autre page de titre (page 25) : MEMOIRE DU PROCEZ EXTRAORDINAIRE. Contre la Dame De Brinvilliers, Prisonnière en la Conciergerie du Palais, accusée. A Amsterdam, chez Henry & Théodore Boom, l'An 1676 (avec un grand fleuron gravé sur bois).. Enfin, également comprise dans la pagination, on trouve une page de titre (p. 57) : ARREST DE LA COUR DE PARLEMENT, les Chambres assemblées, Contre la Dame MARIE MARGUERITE d'Aubray Espouse du Sieur Marquis de Brinvilliers. Du 16 juillet 1676. A Paris, l'An 1676 (avec un grand fleuron gravé sur bois).


Le marquis de Brinvilliers avait des habitudes de luxe et de dépenses ; il aimait le jeu, les plaisirs ; et son mariage fut loin de lui faire perdre ses habitudes joyeuses. En 1659, il se lia intimement avec un nommé Godin, dit Sainte-Croix, capitaine de cavalerie dans le régiment de Tracy, officier originaire de Montauban, qui se disait bâtard d'une bonne famille de Gascogne. Sainte-Croix était jeune et bien fait, « doué, dit un mémoire du temps, de tous les avantages de l'esprit et peut-être encore de ces qualités du cœur dont une femme manque rarement, à la longue, de subir l'empire ». extrait de La Revue hebdomadaire, 1897.

La marquise de Brinvilliers succombe aux charmes de Godin de Sainte-Croix, passionné par l'alchimie. Dreux d'Aubray, irrité de la conduite de sa fille, fait emprisonner en 1663 le séducteur à La Bastille par une lettre de cachet. Sainte-Croix y devient alors l'ami de son compagnon de cellule, l'empoisonneur italien Exili, qui avait déjà commis de nombreux empoisonnements. Le chevalier a déjà été formé à cet art en suivant les cours de Christophe Glaser au Jardin royal des plantes. À sa sortie au bout de 6 semaines d'embastillement, il retrouve sa maîtresse et lui enseigne l'art qu’il vient d’apprendre. Devenue experte et certainement sous l'influence de son amant, Marie Madeleine achète des fioles chez Glaser et aurait exercé ses « talents » sur des malades de l'Hôtel-Dieu et sur sa femme de chambre, notant tout (doses, symptômes, longueur de l'agonie). Elle réussit à empoisonner successivement son père (le 10 septembre 1666), puis ses deux frères et sa sœur, à six mois d'intervalle, (en 1670) afin de faire disparaitre les obstacles à sa liaison et de toucher seule l'héritage qui se révèle dérisoire. L'empoisonnement du premier frère en 1670 coïncide avec le décès d'Henriette d'Angleterre, qui ne fut pas empoisonnée, contrairement à ce qu'en pensa l'opinion (porphyrie aiguë intermittente probable ou péritonite biliaire). Son mari, soupçonneux et craignant pour sa vie, préfère se retirer dans ses terres. Pour se débarrasser de la surveillance de son père sur ses mœurs, la marquise se mit à tester divers poisons à la faveur de la nuit dans les hôpitaux, selon des rumeurs non avérées : les malades dont elle s'approchait et à qui elle distribuait des biscuits plus ou moins imprégnés de poison, n'auraient pas tardé à succomber en d'horribles souffrances. Rien ne prouve cependant la véracité de ces faits, qui semblent tenir de l'affabulation. Le procès de la marquise vit défiler de nombreux témoins dont le témoignage n'est pas toujours crédible. Le 13 juin 1666, son père souffrait depuis plusieurs mois de maux étranges. Priant sa fille de le rejoindre à son château d'Offémont, il fut pris d'affreux vomissements qui continuèrent jusqu'à sa mort, le 10 septembre à Paris, malgré les meilleurs médecins. La Marquise avouera qu'il fut empoisonné 28 ou 30 fois, par elle ou par le laquais de son amant, La Chaussée, qu'elle fit embaucher chez son père. En 1670, ses deux frères furent empoisonnés par le même La Chaussée, le premier le 17 juin 1670, soit treize jours seulement avant la mort d'Henriette d'Angleterre, et le second en novembre 1670. Lors de l'autopsie, des "traces suspectes" furent décelées, mais l'affaire en resta là. La marquise avait une sœur, qui avait sagement choisi de ne plus la revoir après les décès des frères. Elle tenta de s'en prendre à son mari, nous dit son confesseur, en multipliant les doses infimes pour que l'on croie qu'il souffrait d'une fluxion dans les jambes. Mais son amant, sentant qu'il était lui-même en danger, administra au mari un antidote pour le sauver. La marquise n'avait pas intérêt à tuer son ex-amant, mais à récupérer les preuves conservées par ce maître-chanteur, qui s'éloigna d'elle et enferma dans une cassette les reconnaissances de dettes, les lettres d'amour de la marquise, plusieurs fioles de poison et une lettre accusatrice.

Sainte-Croix avait enfermé des preuves de la culpabilité (confession écrite de sa main dans son journal intime, des lettres d'amour de la marquise ainsi que des fioles de poison) de sa maîtresse dans une cassette « à n'ouvrir qu'en cas de mort antérieure à celle de la Marquise ». Et malheureusement pour elle, Godin de Sainte-Croix meurt accidentellement en 1672. La cassette trouvée et ouverte, la Marquise est recherchée et s'enfuit successivement à Londres, d'où Colbert tente de la ramener de force en France, puis aux Pays-Bas et à Liège en Belgique et peut-être en Flandre. Le valet de Sainte-Croix, La Chaussée, qui avait aidé la Marquise, est arrêté. Soumis à la question, il passe une confession complète. Elle-même, condamnée par contumace en 1673, est retrouvée dans un couvent à Liège et ramenée en France en 1676 par la ruse d'un exempt de police déguisé en prêtre, François Desgrez. Sa tentative de suicide échoue. Au cours de son long procès (29 avril - 16 juillet 1676), elle refuse tout aveu malgré la question. Elle est condamnée à une amende honorable, c'est-à-dire que son exécution est rendue publique. Conduite en place de Grève en robe de bure, elle est décapitée, les yeux bandés, à l'épée, par le bourreau de Paris André Guillaume, qui porte ensuite son corps jusqu'au bûcher. Puis le bourreau prend la tête encore bandée et la jette dans le brasier devant la foule qui se bouscule. Les valets du bourreau dispersent ses cendres dans la Seine ainsi que l'ensemble des fioles et poudres trouvées tandis que ses biens confisqués.

Contemporaine de Bussy-Rabutin et de sa cousine, la Marquise de Sévigné, cette dernière écrira à son sujet : "Les plus grands crimes, sont une bagatelle en comparaison d'être huit mois à tuer son père." Lettre du 17 juillet 1676, Correspondance, II, Pléiade (Duchêne éd.), p. 342-343

Le courage de la Marquise de Brinvilliers sous la torture et son extraordinaire piété en prison émurent nombre de ses contemporains, qui virent en elle une sainte. Son procès, sa condamnation et son exécution sont rapportées dans les Crimes Célèbres d'Alexandre Dumas et dans la correspondance de Madame de Sévigné qui écrit "Le lendemain, on cherchait ses os parce que le peuple disait qu'elle était une sainte". Une sainte dont on a dit qu'elle aurait voulu punir l'alliance franco-anglaise de 1670 en empoisonnant Madame Henriette d'Angleterre, tout comme on avait tenté en 1658 d'empêcher l'alliance de Mazarin avec une puissance hérétique. Actuellement, nombre d'auteurs, dont Agnès Walch ont reconsidéré le procès de madame de Brinvilliers. Sans lui enlever la responsabilité de ses crimes, ils pensent d'une part que le chevalier de Sainte-Croix avait pris l'initiative des meurtres, et d'autre part, que la marquise ne put guère se défendre au cours de son procès. Si l'on reprend les témoignages de l'abbé Pirot, ses juges voulurent surtout connaître le nom de ses complices. En prenant en compte les intrigues politiques de l'époque, certains auraient par exemple souhaité voir le receveur du clergé Pierre Louis Reich de Pennautier compromis. Mais jamais Marie-Madeleine de Brinvilliers ne l'accusa de complicité. Par ailleurs, certains témoignages abusifs de ses anciens domestiques ont contribué à renforcer une légende noire autour du personnage. (Source : Wikipedia)

Localisation : Bib. de l'Arsenal, 1 exemplaire. La BnF ne possède pas d'exemplaire de cette édition. Aucun autre exemplaire au CCfr.

Référence : Arlette Lebigre, 1679-1682, L'affaire des poisons ; Frantz Funck-Brentano, Le drame des poisons études sur la société du XVIIe siècle et plus particulièrement la cour de Louis XIV d'après les archives de la Bastille.


CHARMANT PETIT VOLUME, FINEMENT RELIÉ, DE CETTE RARETÉ BIBLIOGRAPHIQUE.

VENDU

dimanche 28 avril 2013

Catalogue en préparation - Photographies anciennes et modernes : LECTRICES - parution à la mi-mai 2013 - Inscription à librairie-alise@wanadoo.fr pour recevoir gratuitement ce catalogue de lectrices choisies.



Catalogue en préparation - Photographies anciennes et modernes :

LECTRICES

Parution mi-mai 2013 - Inscription à

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Et quelques autres curiosités en fin de catalogue ...

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La Galerie de la Librairie L'amour qui bouquine

entièrement consacré au dessin, à l'estampe et aux objets de curiosité érotiques etc.

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mercredi 24 avril 2013

La Décadence Latine ou Ethopée du Sâr Péladan - Curieuse ! (1886) - L'initiation sentimentale (1887) et A coeur perdu (1888) - Trois romans sur papier de Hollande dans une jolie reliure homogène de l'époque. Ensemble rare. Entre fulgurances métaphysiques et débat esthétique.




Joséphin PÉLADAN (SÂR PÉLADAN)

LA DÉCADENCE LATINE - ÉTHOPÉE.


CURIEUSE ! Frontispice à l'eau-forte de Félicien Rops (ÉTHOPÉE II)

Paris, Librairie de la Presse, A. Laurent, 1886

1 volume in-18 (20 x 17 cm) de (4)-III-364 pages. Frontispice de Félicien Rops tiré en noir.

UN DES 30 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE.




L'INITIATION SENTIMENTALE. Frontispice au vernis mou en premier état de Félicien Rops. (ÉTHOPÉE III)

Paris, Edinger, 1887

1 volume in-18 (20 x 15,5 cm) de (3)-IV-343-(2) pages. Frontispice de Félicien Rops tiré en noir.

UN DES 200 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE.




A COEUR PERDU. (Frontispice de Félicien Rops au vernis mou) (ÉTHOPÉE IV)

Paris, Edinger, 1888

1 volume in-18 (20 x 15,5 cm) de XVI-435-(1) pages. Frontispice de Félicien Rops tiré en noir.

UN DES 150 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE.

Ensemble 3 volumes reliés à l'identique à l'époque.

Reliure demi-chagrin noir à coins, dos à nerfs ornés, tête dorée, relié sur brochure à toutes marges, couvertures illustrées conservées en bel état. Intérieur frais pour l'ensemble.


Le Sâr Mérodack Joséphin Peladan, pseudonyme de Joséphin Peladan, né à Lyon le 29 mars 1858 et mort à Neuilly-sur-Seine le 27 juin 1918, est un écrivain et occultiste français. Ses textes critiques, éloquents autant que richement documentés, tout comme ses romans, tels que le cycle de La Décadence latine, mêlent propos parfois décevants et vraies fulgurances. La métaphysique et le débat esthétique y sont le ressort principal, dans une langue riche et éloquente. La Décadence latine a paru en 21 volumes parus entre 1884 et 1925. Le Vice Suprême qui ouvre le cycle (1884) s'ouvre sur une brillante préface offerte par Jules Barbey d'Aurevilly.

Curieuse ! Deuxième volume de La Décadence Latine , ce roman est « consacré uniquement à la description des vices de l’homme moderne, l’intrigue romanesque y est quasi nulle. Le thème de Curieuse ! peut se résumer ainsi : l’effort tenté par le mage Nebo pour cuirasser une vierge, la jeune princesse russe Paule de Riazan, contre la concupiscence de l’homme moderne ; fidèle à la méthode homéopathique, et voulant traiter le semblable par le semblable, Nebo promènera, durant quinze nuits, son élève déguisée en homme, dans tous les milieux louches de Paris. Elle verra du haut en bas de l’échelle sociale, le vice à l’oeuvre, la Bête qui apparaît sous le mince vernis d’une pseudo-civilisation. » (résumé par Ed. Bertholet. La pensée et les secrets du Sâr Joséphin Péladan. Tome IV : Péladan romancier et moraliste. Lausanne, Paris, Éditions Rosicruciennes, 1958).

L'initiation sentimentale est le titre du troisième volume de La décadence latine, un vaste cycle romanesque ou sorte de traité des passions auquel l'écrivain français Joséphin Péladan (1859-1918) consacra toute son existence. Le personnage central, Nebo, une des multiples incarnations de Péladan, enseigne à sa jeune élève Paule de Riazan comment connaître un amour pur et idéal. Pour ce faire, il stigmatise l'hypocrisie bourgeoise, le désordre qu'engendrent le romanesque et le dérèglement des passions. Rops réalise au cours de sa carrière de nombreuses illustrations de livres, le plus fréquemment ceux d'auteurs appartenant à l'avant-garde belge ou française. Pour le frontispice de L'initiation sentimentale, il réalise cette image provocatrice qui synthétise le contenu du roman. L'étrange Cupidon macabre qui se dresse devant l'arbre du Bien et du Mal résume les différents maux dénoncés par le personnage de Nebo. La confusion entre le petit dieu de l'amour et la mort chasseresse, les fesses dénudées qui chez Rops évoquent l'hypocrisie, l'allusion à la perversion féminine sont autant de transpositions visuelles du texte romanesque. Mais au-là de la simple illustration, le dessin de Rops constitue également une critique acerbe et amère de la société. Il se révèle ainsi comme un maître dans l'art très symboliste de la suggestion. (Musée d'Orsay, notice sur le frontispice de Félicien Rops).

A coeur perdu est le quatrième volume de La décadence latine. "Celui qui n'a jamais aimer avant d'être aimé, celui qui n'a allumé son désir qu'à celui qu'il inspirait, celui qui n'a regretté que dix jours la plus charmante des maîtresses, celui-là peut souffrir, mais survivra à toutes les femmes et à tous les amours [...]" (extrait).



RARE ENSEMBLE SUR GRAND PAPIER.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE.

VENDU

mardi 23 avril 2013

Colportage et Curiosa : Le Jardin d'Amour (vers 1820), où est renseigné la Méthode et l'Adresse pour bien entretenir une Maîtresse, ensemble, comme il faut inviter aux noces les parents et amis. Rare livret populaire en bel état.



ANONYME

LE JARDIN D'AMOUR, où est renseigné la Méthode et l'Adresse pour bien entretenir une Maîtresse, ensemble, comme il faut inviter aux noces les parents et amis.

A Lélis, 20: [vers 1820 ?] Chez Goderfe, rue de Nemenya. [Epinal ? Troyes ? Beauvais ? Montbéliard ? Chartres ?]

1 plaquette in-12 (14,5 x 8,5 cm), broché, 24 pages (y compris le titre). Couverture ancienne de papier gris. Cahier cousu. Très bon état. Intérieur immaculé.

Réimpression sans doute provinciale datant des années 1800-1820 tout au plus. Gay dans sa bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, indique qu'il s'agit d'une espèce de petit catéchisme, le nec plus ultra de la niaiserie à l'usage de la populace et des paysans. M. Monselet a donné, dans le journal Paris, un bon article, intitulé la Comédie naïve, à ce sujet. (Gay, éd. 1897, II-692). A noter qu'on retrouve la même adresse "A Lélis" pour un certain Chalopin éditeur à Caen à la fin du XVIIIe s.

Contient, au verso du titre : Déclaration d'amour. Ensuite : Le Jardin d'Amour (comme l'amoureux se doit comporter, ses gestes, ses habits) - L'amant ne se doit point fâcher de ses imperfections - L'amant doit fuir et éviter les mauvaises compagnies - En quel lieu l'amant doit chercher une maîtresse - Discours d'amant pour accoster une fille en compagnie de plusieurs autres, et lui déclarer son amitié - L'amant dira les vers suivants en baisant sa maîtresse - Comme l'amant doit saluer et parler à une maîtresse - comme le garçon doit parler au père de son amante ; et après l'avoir salué - Pour donner une bague à sa maîtresse lorsque le contrat est passé - Comme il faut inviter les parents aux noces - les récréations et devis amoureux - etc.

Ce texte aurait paru pour la première fois dès 1671 (Gay) et a été plusieurs fois réimprimé au cours du XVIIIe siècle. Petit livret populaire de colportage par excellence, véritable Paroissien Romain du niais de la campagne, à l'évidence.

RARE.

BEL ETAT.

Prix : 280 euros

dimanche 21 avril 2013

Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin (1667). Vélin de l'époque. Un livre qui raconte les amours déréglés de Louis XIV et de sa cour et valut près de dix-huit années d'exil à son auteur.


[Roger de RABUTIN, comte de BUSSY, dit BUSSY-RABUTIN]

HISTOIRE AMOUREUSE DE FRANCE [Histoire amoureuse des Gaules].

Sans lieu, sans nom, 1667 (Bruxelles ?, Foppens ? Elzéviers ?).

1 volume petit in-12 (13 x 8 cm - Hauteur des marges : 125 mm) de 1 titre frontispice gravé à l'eau-forte, 1 page de titre (à la sphère), 258 pages chiffrées.

Reliure plein vélin de l'époque, titre à l'encre au dos en long (époque). Exemplaire dans sa première reliure hollandaise en vélin, avec quelques taches et quelques salissures à la reliure, néanmoins solide et en très bon état de conservation. Belle patine. Intérieur assez frais, une piqure de rouille et une petite perforation dans un feuillet, sans gravité, le frontispice se détache. Page de titre écourtée en marge de tête sur 8 mm, sans atteinte au texte (voir ci-dessous).


RARE ÉDITION AVEC LE CANTIQUE LICENCIEUX "QUE DEODATUS EST HEUREUX DE BAISER CE..."

Cette édition ne correspond réellement à aucunes de celles décrites par Tchémerzine qui pourtant en décrit une approchante qu'il donne à la date de 1666 en 258 pages avec une page de titre en plus du frontispice gravé, comme ici. Il est imprimé sur la bannière de la renommée "Histoire amoureuse des Gaules" ; de plus ce frontispice n'est pas signé "Bus. inv." et "Rabut. exc." comme cela est indiqué dans Tchémerzine. Édition bien complète du texte originel de l'Histoire amoureuse des Gaules comprenant l'Histoire amoureuse de France (p. 1) comprenant l'Histoire de Madame de Chastillon (p. 109), le livre second de l'Histoire amoureuse de France (p. 178) comprenant bien le célèbre cantique licencieux "Que Deodatus est heureux de baiser ce ..." (p. 196 à 198), l'Histoire de Madame de Sevigny (p. 200), l'Histoire de Madame de Monglas et de Bussy (p. 218), et enfin les Maximes d'amour (p. 239 à 246) et la copie de la Lettre au Duc de Saint-Aignan par le Comte de Bussy du 12 novembre 1665. Le titre courant porte "Histoire amoureuse de France". Cette édition donne les noms véritables dans le texte, il n'y a donc pas de clé. Il y eut en même temps au moins trois éditions illustrée du même frontispice, la troisième étant visiblement une contrefaçon mal exécutée. Cette édition, comme toutes les premières éditions de l'Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin, est assez rare. Le Cantique "Que Deodatus est heureux de baiser ce ..." est tourné contre La Vallière et ses amours coupables avec le roi Louis XIV.

Références : Tchémerzine II, 158 pour les éditions approchantes.


AGRÉABLE EXEMPLAIRE EN CONDITION D’ÉPOQUE.

Prix : 850 euros

samedi 20 avril 2013

Manuel d'érotologie classique de Forberg (De Figuris Veneris) traduit en français par Alcide Bonneau pour l'éditeur Isidore Liseux. Tirage unique à 100 exemplaires sur beau papier de Hollande. Exemplaire broché, tel que paru, à l'état proche du neuf (condition rarissime).



FORBERG (Fréd.-Ch.) - Alcide BONNEAU (traducteur)

MANUEL D'ÉROTOLOGIE CLASSIQUE (De Figuris Veneris) par Fréd.-Ch. Forberg. Texte Latin et traduction littérale par le Traducteur des Dialogues de Luisa Sigea (Alcide Bonneau).

Imprimé à cent exemplaires pour Isidore Liseux et ses amis, Paris, 1882. [Typographie Ch. Unsiger, Paris].

2 volumes in-8 (20 x 13 cm), brochés, XV-239-(1) et (2)-238-(1) pages.

Belle impression sur papier vergé de Hollande. Exemplaire à l'état proche du neuf, tel que paru. Exemplaire qui semble avoir échappé au temps (imprimé il y a déjà plus de 130 ans !).


PREMIÈRE ÉDITION EN FRANÇAIS.

De la futution - De la pédication - De l'irrumation - De la masturbation - Des cunnilinges - Des tribades - Du coït avec les bêtes - Des postures spintriennes - Toutes les postures érotiques sont décrites dans ce livre encyclopédique traitant  exclusivement de la physiologie de l'amour physique.

Friedrich Karl Forberg, philosophe et philologue allemand, né à Meuselwitz, dans le duché de Saxe-Altenbourg le 30 août 1770 et mort à Hildburghausen le 1er janvier 1848 a laissé son nom attaché à deux écrits : Sur le développement du concept de religion et De Figuris Veneris.

Forberg avait produit un travail de philologue et de lexicographe, distribuant en huit parties les renseignements, les détails, les traits de satire qu’en trente années de lectures il avait su découvrir non seulement chez les poètes grecs et latins, mais aussi chez les historiens, les moralistes, les lexicographes anciens, et même chez quelques Pères de l'Église, comme Tertullien ou saint Grégoire de Nazianze. Dans par cette démarche, il peut être comparé au « fous littéraires » décrit par André Blavier. Les auteurs universitaires se montraient alors fort discrets sur de tels sujets : la futution, la pédication, l’irrumation, la masturbation, le cunnilingus, les tribades, les différentes formes de coït et autres positions sexuelles — tels sont les sujets minutieusement examinés par Forberg du seul point de vue de l’histoire littéraire classique ou néo-classique, en adjoignant aux écrivains de l’Antiquité un petit nombre de modernes dont Nicolas Chorier. Le traducteur Alcide Bonneau souligna que « dans chacun des chapitres, il a même trouvé à faire des subdivisions, comme le sujet le requérait, à noter des particularités, des individualités, et le contraste entre cet appareil scientifique et les facétieuses matières soumises aux lois rigoureuses de la déduction et de la démonstration, n’est pas ce qu’il y a de moins plaisant. Un grave savant d’outre-Rhin était peut-être seul capable d’avoir l’idée de classer ainsi par catégories, groupes, espèces, variétés, genres et sous-genres toutes les sortes connues de voluptés naturelles et extra-naturelles, d’après les auteurs les plus dignes de foi. » Forberg intervient en son nom dans de rares passages, tenant à marquer qu’il n’est, ici ou là, pas « homme à chercher de la gloriole en dévoilant les résultats d’expériences personnelles. » Au seuil de son chapitre sur la pédication, il précise qu’il est, quant à lui, « tout à fait étranger aux pratiques de ce genre. » Il laisse à ses lecteurs, aux « gens experts », le soin de décider s’il est vrai que « quiconque une fois a irrumé, ne peut plus s’en passer ». Le critique Pascal Pia remarqua en 1959 « qu’on ferait injure à Forberg en le considérant comme un Cosinus littéraire qui n’aurait su que par ouï-dire comment l’esprit vient aux filles. À la manière dont il parle de son ignorance des cas peu ordinaires, ou de “l’honnêteté des mentules de Cobourg”, nous ne saurions l’imaginer autrement que surveillant d’un regard en coin l’effet que ses propos font sur nous… ». (Source : Wikipedia)


Il est mentionné au bas des couvertures que cet ouvrage, imprimé dans les conditions légales pour l'éditeur et ses amis, ne doit pas être exposé aux étalages des libraires.

Chaque volume, paru à quelques mois d'intervalles, était vendu 60 francs or, soit 120 francs or pour l'ouvrage complet, somme énorme pour l'époque quand un livre courant vaut 1 franc !

CETTE ÉDITION PRIVÉE POUR BIBLIOPHILES AVERTIS EST EVIDEMMENT TRÈS RARE DE PAR SON TIRAGE TRÈS RESTREINT A 100 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

EXEMPLAIRE A L'ÉTAT PROCHE DU NEUF, TEL QUE PARU.

TRÈS RARE DANS CETTE CONDITION D'ORIGINE EXEMPLAIRE.

VENDU

Les Dialogues de Luisa Sigea sur les arcanes de l'amour et de Vénus ou Satire Sotadique de Nicolas Chorier (1882). Edition Liseux imprimée à 100 exemplaires. Rare.



Nicolas CHORIER [jean MEURSIUS] - Alcide Bonneau (traducteur)

LES DIALOGUES DE LUISA SIGEA sur les arcanes de l'amour et de Vénus ou Satire Sotadique de Nicolas Chorier, prétendue écrite en Espagnol par Luisa Sigea et traduite en latin par Jean Meursius. Texte latin revu sur les premières éditions et traduction littérale, la seule complète, par le traducteur des Dialogues de Pietro Aretino [Alcide Bonneau].

Imprimé à cent exemplaires, Pour Isidore Liseux et ses amis, Paris, 1882 [Paris. - Typ. de A.-H. Bécus].

4 tomes reliés en 4 volumes in-8 (20,5 x 13,5 cm) de CXLVII-175 ; 269-(1) ; 199 et 363-(1) pages.

Reliure demi-chagrin cerise à coins, dos à nerfs richement ornés aux petits fers dorés, tête dorée, relié sur brochure, non rogné, couvertures conservées (reliure de la première moitié du XXe siècle). Reliure à l'état de neuf, intérieur très frais (petits défauts aux couvertures de brochage). Belle impression sur papier vergé de Hollande.


TEXTE EN FRANÇAIS ET LATIN EN REGARD.

UN DES 100 EXEMPLAIRES DE CE TIRAGE UNIQUE, NUMÉROTÉ ET PARAPHÉ A LA PLUME PAR ISIDORE LISEUX.

C'est faussement que Nicolas Chorier a publié sous son nom le Satyra Sotadica, ensemble de dialogues saphiques et érotiques en latin, traduits en de nombreuses langues sous le titre de Dialogues de Luisa Sigea.



« Entre 1658 et 1660, on se passait curieusement de main en main, parmi les magistrats, les jurisconsultes, les hauts fonctionnaires de Lyon, de Grenoble et de Vienne, un petit volume in-12 de moins de quatre cent pages, écrit en latin d'une rare élégance et destiné à une célébrité que nul sans doute ne prévoyait alor. L'auteur y exposait en six Dialogues d'un intérêt croissant, où la perfection du langage l'emportait encore sur le charme attrayant du sujet, les mystères de l'amour, les secrets raffinements du plaisir. Deux jeunes femmes, couchées ensemble, s'y initiaient mutuellement à la science de la vie par une succession de confidences indiscrètes, de scènes passionnées, de récits voluptueux, et de Latin, un Latin savant, compliqué, jetait comme un voile de gaze sur la nudité lascive des tableaux [...] » (extrait de la préface par Alcide Bonneau)

Octave Uzanne analyse la sortie de cet ouvrage dans un compte rendu élogieux compte rendu paru dans la Bibliographie moderne du Livre dans la livraison du 10 juillet 1882 :

« Musée secret des bibliophiles. N° I. - Nicolas Chorier : Dialogues de Luisa Sigea, 4 vol. in-8°, imprimé à cent exemplaires pour Isidore Liseux et ses amis. Paris. - Prix : 200 francs. Eh bien, ceci me plaît, et je dois féliciter, en tout respect et gratitude, Liseux-Grolier qui vient de plisser dédaigneusement sa lèvre pour le gros public, "Vulgum pecus", en faisant imprimer pour lui et ses amis, intimes et dilettantes, - le Musée secret du bibliophile. Ce musée rabelaisien, mis par son tirage restreint à l'abri du bégueulisme et de la pruderie, ne comprendra, il faut le dire, ni obscénités ni oeuvres érotiques, vulgaires ; il sera à la littérature ce que le musée secret du roi de Naples fut à l'art ; on y verra des chefs-d'oeuvre d'un genre spécial et sans la feuille de vigne des musées publics, car j'estime que ces admirables Dialogues de Luisa Sigea, par la réimpression desquels débute cette rarissime collection, n'ont rien de ce que le sens du mot pornographique, interprété à la moderne, semble désigner. J'ai dit récemment, à propos de l'édition in-16, mon opinion sur cette oeuvre éclatante et hors ligne ; tous les vrais lettrés seront de mon avis, j'en ai l'assurance, car on ne trouverait ni au dix-neuvième siècle ni à cette époque une oeuvre de si hautaine allure et de si mâle style que celle de Chorier. Je reviendrai sur ce Musée secret des bibliophiles, que tous ceux que n'a pas atteints la mal'aria de ce temps doivent soutenir. Je tiens à dire aujourd'hui que les quatre volumes des Dialogues de Luisa Sigea sont admirablement imprimés en format in-8 avec belles marges, que le texte latin est mis en italique vis-à-vis du texte français juste alinéaire comme traduction, et que cette belle édition restera toujours dans le monde des amoureux des belles-lettres comme le plus noble témoignage de la vaillance tenace et de la grande intelligence de son éditeur. U. [Octave Uzanne] »

Il se dégage de cet ouvrage, dont l'élégance du style impressionna Guillaume Apollinaire, une « philosophie sexuelle très clairvoyante et très pratique, émaillée de maximes d'une morale sage ».

BEL EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE RARE.

Prix : 1.200 euros

mercredi 17 avril 2013

La Nymphomanie ou Traité de la fureur utérine (par Bienville) - 1771 : Exemplaire du Prince de Talleyrand (Bibliothèque du Château de Valencay). La Nymphomanie lue par le Diable boiteux ...


BIENVILLE (M. D. T., Docteur en Médecine)

LA NYMPHOMANIE OU TRAITÉ DE LA FUREUR UTÉRINE  dans lequel on explique, avec autant de clarté que de méthode, les commencements & les progrès de cette cruelle maladie, dont on développe les différentes causes. Ensuite on propose les moyens de conduite dans les divers périodes, & les spécifiques les plus éprouvés pour la curation. Par M. D. T. de Bienville, Docteur en Médecine.

A Amsterdam, chez Marc-Michel Rey, 1771

1 volume in-8 (20,5 x 12,5 cm) de (2)-XV-(1)-164 pages.

Reliure plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, triple-filet doré en encadrement des plats, fleurettes d'angle, tranches jaspées. Reliure en bon état, solide et décorative. Légères usure aux coins, à l'extrémité des coiffes et sur les coupes/chasses, avec légers manques de cuir. Intérieur uniformément légèrement roussi, sans gravité.

ÉDITION ORIGINALE.


PRÉCIEUX EXEMPLAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE DU « DIABLE BOITEUX » (Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord), AVEC SON EX LIBRIS, DE LA BIBLIOTHÈQUE DU CHÂTEAU DE VALENCAY.

L'EXEMPLAIRE A PASSÉ ENSUITE DANS LA BIBLIOTHÈQUE DU POÈTE JEAN RAMEAU (1858-1942), AVEC SON NOM A LA PLUME (caché sous un papier de réemploi - visible uniquement par rétro-éclairage).

J.D.T. de Bienville (1726, Cévennes - 1813, Paris), de son vrai nom Jean Baptiste Louis de Thesacq, médecin français du XVIIIe siècle, a exerçé en France et aux Provinces-Unies, notamment à La Haye et Rotterdam. Il est l'auteur de différents traités de médecine. L'un de ses ouvrages, La Nymphomanie, publié en 1771, se pose comme le pendant du célèbre traité sur l'onanisme de Samuel-Auguste Tissot. Il a rencontré un certain succès, comme en témoignent les nombreuses rééditions et traductions dont il a fait l'objet.

« La tendance d'un sexe à l'autre vient d'un besoin aussi naturel que difficile à supprimer. Il n'est point de moyens moraux capables d'imposer silence à la nature. [...] La maladie que je traite n'est point une chimère, elle n'est que trop réellement existante dans le Sexe [féminin], elle n'y fait tous les jours que des progrès trop rapide. [...] On entend par Nymphomanie un mouvement déréglé des fibres dans les parties organiques de la femme. [...] Cette maladie surprend quelquefois les jeunes filles nubiles [...] filles débauchées [...] Les femmes mariées n'en sont point exemptes, surtout celles qui se trouvent unies à des époux d'un tempérament faible, qui exige de la sobriété dans les plaisirs, ou à un homme froid, peu sensible aux délices de la jouissance. Enfin les jeunes veuves y sont souvent exposées surtout si la mort les a privées d'un homme fort & vigoureux [...] etc » (extrait)

Principal remède :  distraire la malade de ses pensées obscènes ! la saignée n'est point à exclure ! Pour les plus Métromaniaques, une once d'hydromel vineux à la sortie d'un bain fera l'affaire ! Bref ! Pour « celles qui se déshonorent sans cesse en secret par des pollutions habituelles dont elles sont elles-mêmes les infortunées ouvrières » il faut tout mettre en oeuvre pour faire cesser les comportements honteux de celles qui n'ont que trop « d'imagination ».

Difficile de dissimuler le plaisir qu'il y a à feuilleter un livre de la bibliothèque du Diable boiteaux ! Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément nommé Talleyrand, éminent homme d'État et grand diplomate, est né le 2 février 1754 à Paris et mort dans cette même ville le 17 mai 1838. Il a traversé tous les régimes politiques, depuis la Révolution française jusqu'à la France de Louis-Philippe. Décrit comme le « diable boiteux », un traître cynique plein de vices et de corruption, ou au contraire comme un dirigeant pragmatique et visionnaire, soucieux d'harmonie et de raison, admiré ou détesté par ses contemporains, amant aux nombreuses maîtresses, Talleyrand a-t-il lu la Nymphomanie de Bienville dans ce volume ? C'est fort probable. Même s'il n'a que 17 ans lorsque paraît l'ouvrage en 1771, c'est assurément ultérieurement, dans son château de Valencay, qu'il range ce livre dans sa bibliothèque riche de plus de 10.000 volumes !


Le volume porte le grand ex libris armorié de Talleyrand « Bibliothèque du Château de Valencay » (Berry) (propriété de Talleyrand de 1803 à son décès en 1838). Photographie ci-dessus.

Si cet ouvrage n'est pas rare, le Diable boiteux lui donne ici toutes ses lettres de noblesse. Gageons que le Prince de Talleyrand a su tirer quelque enseignement de ces fureurs utérines qu'il a certainement eu l'occasion de constater.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

VENDU

samedi 13 avril 2013

30 illustrations pour le Fleurs du Mal de Charles Baudelaire par Armand Rassenfosse (1930). Reliure plein maroquin noir de l'époque. Superbe exemplaire de cette très jolie suite de l'artiste.


Armand RASSEFOSSE - [Charles BAUDELAIRE]

TRENTE CROQUIS EN COULEURS POUR LES FLEURS DU MAL DE CH. BAUDELAIRE PAR RASSENFOSSE.

Dorbon-Ainé, Paris, s.d. (1930)

1 volume in-4 (28 x 21 cm) de 30 planches montées sur onglets (avec un feuillet de faux-titre, un feuillet de titre, un feuillet de table des planches et un feuillet de justification du tirage).


Reliure plein maroquin noir janséniste, dentelle dorée en encadrement intérieur des plats, dos à nerfs, auteur et titre doré au dos, tête dorée, non rogne (reliure de l'époque non signée mais d'excellente facture). Très bel état de conservation, très frais.


TIRAGE A 320 EXEMPLAIRES.


CELUI-CI, UN DES 270 CONTENANT LE TIRAGE EN COULEURS (SUR PAPIER VÉLIN TEINTÉ).


Très belle suite due au talent d'Armand Rassenfosse, l'élève de Félicien Rops, qui illustra plusieurs fois les Fleurs du Mal de Baudelaire, à chaque fois de manière magistrale. Tout comme des dessins du maître Félicien Rops, il se dégage des dessins de Rassenfosse une force tantôt satanique et vénéneuse, tantôt angélique et suave.


Cette jolie suite a été imprimé à peine 4 ans avant le décès de l'artiste. Elle contient un portrait imaginaire de Baudelaire et 29 planches illustrant chacune un poème : Lesbos, Le vampire, le flambeau vivant, le flacon, le goût du néant, les yeux de Berthe, les deux bonnes soeurs, les litanies de Satan, etc.


SUPERBE EXEMPLAIRE TRÈS BIEN ÉTABLI A L'ÉPOQUE EN PLEIN MAROQUIN  NOIR, COULEUR QUI SIED PARTICULIÈREMENT A SES FLEURS VÉNÉNEUSES.


RARE DANS CETTE CONDITION.

VENDU

jeudi 11 avril 2013

La Nonne de Losfeld illustrée "malgré lui" par Foujita (vers 1950) - Curiosa anti-clérical mais néanmoins fort réjouissant où les scènes plus libres les unes que les autres se succèdent à un rythme effrené !


COMTE D'IRANCY [Eric LOSFELD] - Illustrations de Pierre-Mac (attribuées à FOUJITA)

LA NONNE

Sans lieu, ni nom ni date [Losfeld, vers 1950].

In-4 en feuilles (33,5 x 25 cm) de 56 feuillets. Chemise cartonnées demi-toile à lacets. Couverture d'origine noire, muette, telle que décrite par Dutel, emboîtage (accident à l'emboitage). Exemplaire très frais.


ÉDITION ORIGINALE.


TIRAGE A 250 EXEMPLAIRES SUR PAPIER HYMEN DE COLOMBE (celui-ci ne porte pas de numéro)


Publiée dans le milieu des années 50 par Eric Losfeld, cette édition est ornée de 20 illustrations en noir dont 12 hors-texte (4 sont répétés).


Dutel indique : Dans ses mémoires (page 79) Losfeld nous montre encore une fois tout son humour : "Pour rester parmi les grands noms de la peinture érotique, j'ai écrit moi-même un livre que j'ai illustré de dessins d'un célèbre "Montparno". Il ne l'a jamais su d'ailleurs, parce que c'étaient des dessins qu'il avait fait probablement d'une façon vénale, avant sa fameuse conversion au catholicisme, mais c'étaient tout de même des dessins signés Foujita, où l'on ne voyait que des bonnes soeurs en train de forniquer". (Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°2052).

Ouvrage condamné pour la première fois le 6 février 1954.

"Il y avait une nonne qui durant six semaines s'était uniquement nourrie de sperme... Un régiment cantonnait dans les environs et chaque soir elle épongeait trois bataillons. Les piou-pious se mettaient en rang et chacun à tour de rôle était délesté d'une pinte de précieuse liqueur ... La nonne engraissa de vingt livres en un mois." (extrait)


BON EXEMPLAIRE A RELIER DE CE FOUJITA "EROTICO-MYSTIQUE" ...

VENDU

mercredi 10 avril 2013

Femmes de Paul Verlaine illustré par l'artiste peintre et mosaïste Laszlo Barta (Brutus) en 1936. 57 aquarelles originales (dont plusieurs pleine page) de toute beauté pour cet exemplaire unique réservé à l'artiste. Tirage du texte à 25 exemplaires seulement. Rareté absolue avérée pour ce curiosa qui harmonise l'interprétation d'un peintre avec les poésies érotiques de Verlaine.


Paul VERLAINE - Illustrations originales (aquarelles) par LASZLO BARTA [BRUTUS]

FEMMES. Aquarelles de Brutus.

Sans lieu ni nom [achevé d'imprimer en 1936]

1 volume grand in-4 (33,5 x 25,5 cm), en feuilles, sous couverture imprimée, emboitage carton bordé de parchemin, coins de parchemin à la chemise (cartonnage de l'époque). Papier fait à la main (papier chiffon). Belle typographie. Les aquarelles originales de l'artiste sont hors-texte et aussi dans le texte dans des blancs réservés à cet effet. Il est annoncé 55 aquarelles (notre exemplaire en compte 57 y compris la couverture).



TIRAGE UNIQUE A 25 EXEMPLAIRES.

TOUS LES EXEMPLAIRES SONT ILLUSTRÉS PAR L'ARTISTE DE 55 [ici 57] AQUARELLES ORIGINALES [chaque exemplaire est ainsi unique].

CELUI-CI, EXEMPLAIRE RÉSERVÉ A L'ARTISTE (imprimé à son nom)




Nombreuses aquarelles libres, typiques du style de l'artiste.

Laszlo Barta était peintre et mosaïste. Il est né en 1902 à Nagykoros en Hongrie et s'est fixé en France en 1926. Naturalisé français, il est mort en 1961. Il a conçu des décors et illustré plusieurs livres (Carmen, Gargantua, Femmes de Verlaine, etc.) pour bibliophiles. Bénézit indique d'après le témoignage de la veuve de l'artiste : « vu les circonstances après 1932 [...], il [L. Barta] avait jugé prudent, avec l'accord de son éditeur et vu sa situation d'apatride : Hongrois et Israélite, de substituer à son vrai nom le pseudonyme de Brutus, dès lors qu'il s'agissait d'ouvrages un peu spéciaux - érotiques - ornés pour la plupart de gouaches originales. »



Laszlo Barta s'est également essayé à l'eau-forte pour illustrer quelques ouvrages de bibliophilie. Femmes de Verlaine, qui contient les textes libres du chemin de Lesbos et de Cythère que l'on sait, est sans doute le plus rare de ses ouvrages entièrement illustré de la main de l'artiste.

Sa peinture figurative est vive et colorée avec de larges traits de pinceaux. Ici au service de l'érotisme inspiré par Verlaine.



LIVRE D'ARTISTE ET CURIOSA INTROUVABLE.

VENDU

dimanche 7 avril 2013

Cydalise ou le péché dans le miroir (vers 1930). Très beau curiosa illustré de 8 eaux-fortes libres par T. Mertens. Un des 100 ex. de tête sur pur chiffon. Rare.


[Johannes GROS]

CYDALISE OU LE PÉCHÉ DANS LE MIROIR. Illustré de huit eaux-fortes de T. Mertens.

Sans lieu ni date [Dijon, imprimerie Darantière, vers 1930]

1 volume in-8 (19 x 13,5 cm), broché, 229-(1) pp., couverture rempliée avec titre imprimé en capitales bleues sur le premier plat et au dos. Exemplaire en très bon état. Bien complet de 7 eaux-fortes hors-texte en noir et blanc et un frontispice. Quelques rousseurs à certaines pages, sans gravité. Les gravures sont épargnées. Beau tirage sur papier de luxe. Quelques pages mal coupées dans la marge supérieure.



ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 700 EXEMPLAIRES DONT 100 SUR PUR CHIFFON ET 600 VÉLIN.

CELUI-CI UN DES 100 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR PUR CHIFFON.



M. Dutel annonce les exemplaires sur pur chiffon avec les eaux-fortes en couleurs, ce qui ne se vérifie pas ici. Les exemplaires sont numérotés au composteur. Ouvrage condamné pour la première fois le 29 mai 1954.

"L'auteur de ce texte de qualité est Johannes Gros" (Dutel, n°1331)

"Pendant que, de mes baisers, je chavirais son âme, ma main droite descendue à sa braguette, s'y insinuait félinement et étreignait la volumineuse carrure de son vit. [...] D'une reptation habile de sa main, il avait forcé l'étau de mes cuisses jusqu'à l'ogive, et dans la fente de ma gaine de satin il pointa son médius sur le lieu sensible de ma vertu. [...] Mes doigts s'instruisant du dessin conique de la quille faisaient la navette de sa base massive à sa tête renflée qui hochait à mon passage, et je percevais sa nervure tendue et le gonflement des veines qui bosselaient sa surface. [...]" (extrait)


TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE TIRAGE RARE, TEL QUE PARU.

VENDU

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