mardi 7 mai 2013

Le Tigre et Coquelicot par Charles-Henry Hirsch ou l'histoire de Casque d'Or une prostituée du bitume parisien (1905). Un des 30 exemplaires sur Japon. Jolie reliure signée de l'époque. Rare.


Charles-Henry HIRSCH - Illustrations de Auguste LEYMARIE

LE TIGRE ET COQUELICOT

Librairie Universelle, s.d. (1905)

1 volume in-12 (20 x 15 cm) de (6)-351 pages. Dessin en noir dans le texte et hors texte.

Reliure demi-maroquin rouge à larges coins, dos à nerfs, caissons mosaïqués de maroquin vert bordés de filets dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée, non rogné, couverture générale imprimée et couverture illustrée imprimée en couleurs reliée en tête d'un seul tenant (reliure de l'époque signée H. CAPELLE). Exemplaire à l'état proche du neuf.


ÉDITION ORIGINALE.

UN DES 30 EXEMPLAIRES SUR JAPON (SEUL GRAND PAPIER) SOUSCRITS PAR M. BLAIZOT. EXEMPLAIRE N°25 ET SIGNÉ A LA PLUME.


Ce livre aujourd'hui oubliée s'inspire de l'affaire Casque d'Or, dans le style argotique adapté à la population qu'il décrit (apaches, pierreuses, souteneurs, filles, etc).

Qui était Casque d'Or dans la réalité ? Amélie Élie (ou Hélie), née le 14 mars 1878 à Orléans et morte le 16 avril 1933 à Paris, est une prostituée française, connue dans le milieu des malfrats du Paris de la Belle Époque sous le nom de Casque d'Or. Ce surnom, qui lui fut attribué selon ses dires par une infirmière, fait référence à l'enjeu de la lutte que se livraient à son sujet deux chefs de bandes du 20e arrondissement de Paris. La jeune Orléanaise se montre précoce en se mettant en ménage à 13 ans avec un ouvrier de 15 ans surnommé « le Matelot ». Retrouvés à « l'hôtel des Trois Empereurs », ils sont séparés de force. Le Matelot partage ensuite sa vie entre maisons de correction et fugues, tandis qu'Amélie, après s'être séparée de lui définitivement au bout d'un an, préfère la compagnie plus réjouissante d'Hélène de Courtille, mère maquerelle, qui l'accueille chez elle et la lance sur le trottoir. La petite et la femme deviennent amies et amantes. Amélie fréquente le Paris de la nuit, des Apaches et de la pègre. C'est dans leur repaire, un bistrot nommé « la Pomme au lard », qu'elle rencontre son futur compagnon, Bouchon, fraîchement sorti de prison où il a purgé une peine pour proxénétisme. Lassée de l'attachement d'Hélène et de sa jalousie, Amélie se laisse tomber dans ses bras, ou plutôt sur son coin de trottoir. Mais se prostituer n'est pas un problème pour la gamine d'Orléans. Consciencieuse, elle regarde son activité comme un travail honorable et lui attribue même un rang social de prime importance. Elle rédige une « table de commandements » où elle fait l'éloge de la prostituée parisienne à laquelle elle attribue un rôle humanitaire. Elle « fournit du rêve aux hommes » et « soulage des épouses ». Elle recueille « les jeunes commis tirant la langue et les dorlote dans ses bras » et joue ainsi un rôle économique en constituant « un mode de circulation de la richesse publique ». Cependant, entre les mains de Bouchon, Amélie passe de prostitution régulière à l'abattage. Bouchon devenant de plus en plus violent et exigeant, elle craque. À 19 ans, elle s'enfuit de Charonne, mais recherchée par Bouchon, qui a lancé ses hommes de main sur sa trace, elle est contrainte à quatre jours d'errance dans Paris. Son parcours la conduit place de la Contrescarpe, où elle rencontre Joseph Pleigneur, dit Manda, un chef de bande de 22 ans. Il lui propose son aide, d'abord en impressionnant Bouchon, qui n'insiste pas, puis en plantant un couteau dans le dos de Ballet, comparse de Bouchon auquel Amélie avait été « refilée ». Les activités d'Amélie ne changent pas. Manda, qui vit essentiellement du racket de commerçants et de prostitution, la range sur un nouveau trottoir. Mais s'il semble être un homme agréable à vivre, Manda s'absente pour ses affaires, ce que sa régulière supporte moins bien. Au lieu de l'attendre à la maison, elle préfère sortir et se consoler auprès d'amants et d'amantes, et finit, à 22 ans, par le quitter, supportant difficilement une de ses infidélités. Elle rencontre une première fois Leca sur le boulevard Voltaire, puis une deuxième fois aux Halles. Lui aussi est chef de bande, et il germe dans l'esprit de la jeune fille l'idée d'une vengeance contre son ex-infidèle. Elle s'installe avec lui, consciente qu'un chef de bande ne peut laisser salir son honneur, et devient ainsi l'enjeu du combat à venir. Manda déclenche les hostilités en portant un coup de couteau à Leca. Manda est arrêté, mais Leca ne l'ayant pas reconnu devant la police, il est aussitôt relâché. Il conforte son avantage en attaquant l'hôtel où résident Leca et Amélie, sans que personne ne soit blessé. Mais la guerre est déclarée, et une bataille rangée a lieu une semaine plus tard entre la bande de Manda et celle de Leca. Leca en sort avec deux balles de revolver dans le bras et la cuisse et attend trois jours avant de se faire soigner à l'hôpital Tenon, où la police vient l'interroger et devant laquelle il observe le même silence. À sa sortie de l'hôpital, la bande à Manda, par le bras armé d'un certain Polly, porte trois nouveaux coups de couteau à Leca dans le fiacre qui transporte le blessé. L'affaire Manda-Leca fait la une de la presse. Un journaliste du Petit Journal, Arthur Dupin, s'indigne : « Ce sont là des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffée à la chien ! » « Ce sont là des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffée à la chien ! » La police interroge à nouveau Leca et se heurte au même silence. Ce sont les parents de Leca, épuisés par ces incessantes agressions de leur fils, qui finissent par livrer le nom de Manda, lequel prend alors la fuite. Après une planque chez un souteneur du XIIIe et un exil d'une semaine à Londres, il retourne à Alfortville, où il est reconnu, dénoncé et cueilli par un détachement d'un cinquantaine de policiers. La presse se rue, les écrivains produisent à tour de bras chansons, pièces de théâtre, et Casque d'Or la prostituée entre dans la légende. Leca et Amélie y trouvent leur compte et vivent de ces revenus inattendus. Un bonheur de courte durée, puisque la bataille Manda-Leca se poursuit, mais cette fois-ci, Leca endosse le rôle de repris de justice et se réfugie en Belgique, où il est rattrapé. Pour Amélie rien ne change, une foule immense assiste au procès Manda en mai 1902, uniquement pour la voir. Manda et Leca sont condamnés au travaux forcés et au bagne. Ils partent pour l'île du Diable pour ne plus en revenir. Après avoir cessé de se prostituer, sans renoncer pour autant à prendre d'autres amants, Casque d'Or finit par se marier à Paris, le 27 janvier 1917. Son époux est un cordonnier nommé André Alexandre Nordin, dont elle élèvera les quatre enfants. Elle s'éteint en 1933, à l'âge de 55 ans. (source : wikipedia)

Son histoire a inspiré le célèbre film Casque d'or de Jacques Becker, qui devait rendre célèbre l'actrice Simone Signoret en 1952.

Le présent ouvrage s'inspire précisément de l'affaire Casque d'Or, à savoir l'épisode Manda-Leca (1902).

On retrouve dans cet ouvrage écrit dans le langage des fortifs et autres apaches, tout l'univers souterrain côtoyé de près par Jean Lorrain.

Charles-Henry Hirsch (1870-1948), homme de lettres, auteur dramatique et journaliste, a longtemps collaboré au Mercure de France. 


DE LA PLUS GRANDE RARETÉ SUR JAPON FINEMENT RELIÉ A L'ÉPOQUE.

Prix : 950 euros

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