dimanche 30 octobre 2011

Thémidore de Godard d'Aucour (1745). Edition originale rarissime de ce livre licencieux condamné par deux fois à être détruit au début du XIXe siècle.



Claude GODARD D'AUCOUR

THÉMIDORE [ou Mon histoire et celle de ma maîtresse]. Première et seconde partie.

A La Haye, Aux dépens de la Compagnie, 1745.

2 parties en 1 volume in-12 (16 x 9,5 cm) de (2)-VII-123 et (4)-136 pages.

Reliure plein veau brun moucheté, dos lisse orné de petits fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge, triple-filet doré en encadrement des plats, tranches rouges (reliure de l'époque). Reliure usagée avec mors fendus avec de petits manques de cuir, coiffes et coins usés. Intérieur assez frais, petit déchirure dans la marge intérieure du premier titre, le premier faux-titre manque. Très bon exemplaire néanmoins malgré les petits défauts signalés.

ÉDITION ORIGINALE RARISSIME.

Claude Godard d'Aucour (1716-1795) était né à Langres. Il fut fermier général (1754) puis receveur général des Finances à Alençon (1785). On sait assez peu de choses de sa vie sinon que ce roman libertin, Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse, remporta un grand succès.

Une courte préface anonyme donne le ton du roman : "M. Thémidore est un jeune homme riche, beau bienfait, d'un excellent caractère, plein d'esprit, & qui aime éperdument le plaisir ; avec ces qualités, il n'est pas étonnant qu'il ait recherché les occasions de s'amuser & qu'il les ait rencontrées. (...) C'est un jeune homme qui entre à peine dans le monde, & qui s'imagine souvent que le plaisir est une découverte de son invention, & qui en conséquence en entretient les autres avec transport : c'est un jeune homme qui par l'usage qu'il a de parler exactement, écrit de même, qui réfléchit quelquefois, & donne à ses pensées une tournure qui lui est propre ; enfin c'est un esprit un peu impétueux, & qui n'ayant pas encore eu le temps de devenir sage, fait avec feu l'éloge de l'égarement, & peint avec force les occasions où il a pu se livrer à la volupté. (...) Nous ne conseillons point aux âmes scrupuleuses de jeter les yeux sur ces aventures, elles sont quelquefois chatouilleuses & capables d'exciter des idées extrêmement éveillées ; elles ne sont faites que pour être lues par les esprits revenus de la bagatelle, ou qui vivent avec elle (...)"

Cette première édition est très rare. Cet ouvrage qui a traversé toute la seconde moitié du XVIIIe siècle sans soucis, ayant été de nombreuses fois réédité, sera finalement condamné par deux fois en 1815 et 1822 par des arrêts rendus par la cour royale de Paris, avec ordre de destruction des exemplaires saisis. L'ouvrage outrageait les bonnes moeurs. Pia indique que sous le règne de Louis XV, un libraire suspecté d'être l'éditeur de Thémidore (Mérigot) avait été mis quelques jours à la Bastille, mais cette mesure tenait beaucoup moins à des soucis de moralité qu'à des besoins d'information. Il s'agissait d'obtenir du libraire incarcéré qu'il fit part au lieutenant de police de tout ce qu'il pouvait savoir touchant l'auteur de cet ouvrage auquel certains détails donnent une apparence de roman à clef.

Jules Gay dans sa Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage, etc, indique que ce livre contient l'histoire cachée du Président Dubois, non conformiste, et que ne pouvant faire mettre l'auteur à la Bastille, ce fut le libraire qui y entra un temps.

A propos de Godard d'Aucour, qui ne manquait pas d'esprit : "On eût aimé souper en sa compagnie" a écrit Maupassant en 1882 dans sa préface à une des nombreuses rééditions de Thémidore.

Référence : Pia, Les livres de l'Enfer, col. 1419-1420. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage, etc., col. 375-376 (2e ed., 1864) ; Françoise Weil, Livres interdits, livres persécutés, 1720-1770, p. 66.

BON EXEMPLAIRE D'UN LIVRE TRÈS RARE EN EDITION ORIGINALE.

VENDU

Les Oeuvres diverses de Cyrano de Bergerac (1678). Une des rares éditions anciennes rouennaises.



Hercule Savinien Cyrano, dit CYRANO DE BERGERAC

LES ŒUVRES DIVERSES DE MONSIEUR DE CYRANO BERGERAC. Avec son Pédant joué.

A Rouen, chez Jean B. Besongne, s.d. (1678).

2 tomes en 1 volume in-12 (16 x 9,5 cm) de 419 et 154 pages, y compris un titre particulier pour chacune des deux parties.

Reliure plein veau brun, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge (reliure de l'époque). Reliure avec quelques petits défauts d'usage (mors fendillés en partie, coiffes et coins usés, intérieur frais malgré quelques légères salissures et mouillures anciennes sans gravité à quelques feuillets. Exemplaire non restauré. Reliure décorative malgré les petites défauts mentionnés. Collationné complet.

NOUVELLE ÉDITION DE ROUEN.

Si la première partie ne porte pas de date sur le titre, Le Pédant joué possède sa propre page de titre, à la même adresse, à Rouen chez Jean B. Besongne, rue Ecuyère, au Soleil, et est daté 1678. Ce volume contient une épître à Monseigneur le Duc d'Arpajon signée de Cyrano Bergerac, ainsi qu'un poème en vers, du même, "A Mademoiselle d'Arpajon". On trouve à la suite quatre Lettres de Monsieur de Cyrano Bergerac à Monsieur Le Bret, avocat au Conseil, puis diverses autres Lettres : deux lettres sur la description de l'acqueduc ou la fontaine d'Arcueil à ses amis les buveurs d'eau, une autre sur l'ombre que faisaient des arbres dans l'eau, la description d'un cyprès, description d'une tempête, pour une dame rousse, une autre intitulée Le campagnard, une autre Pour les sorciers, contre les sorciers. Une lettre à Monsieur Gerzan sur son triomphe des dames ; le Duelliste, sur le recouvrement de santé. Des lettres satyriques de Monsieur de Cyrano Bergerac contre un poltron, contre un médisant, contre une demoiselle, contre un ingrat, contre Soucidas, contre Monsieur de V***, Consolation à un ami sur l'éternité de son beau-père, contre un pilleur de pensées (deux lettres sur ce sujet), contre un gros homme, contre Ronscard, Lettre à Messire Jean, contre un Pédant, Description du Carême, Pour Mademoiselle **** à Monsieur Le Coq, à un Comte de bas-aloi, contre un liseur de romans, contre les médecins, contre un faux brave, d'un songe, contre les frondeurs, Thésée à Hercule, sur une énigme que l'auteur envoya à Monsieur de ******. On trouve à la suite les Lettres amoureuses de Monsieur de Cyrano Bergerac à Madame *** (8 lettres). On trouve ensuite l'Histoire comique de la lune (p. 267 à 419), qui termine la première partie du volume. La seconde partie du volume est entièrement composée du Pédant joué, comédie en cinq actes et en prose.

Qui ne connait pas aujourd'hui Cyrano de Bergerac à jamais immortalisé par Edmond Rostand dans sa pièce de théâtre éponyme jouée pour la première fois au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris en 1897. Mais qui était vraiment le véritable Cyrano de Bergerac ? Contrairement à ce qu'indique son nom, Cyrano était né à Paris, dans la paroisse Saint-Sauveur, le 6 mars 1619. Il descend de quelques obscurs marchands bourgeois de Paris. Il étudie au collège de Beauvais de Paris (c'est d'ailleurs le principal de ce collège, Jean Grangier, qui lui inspire le personnage principal du Pédant joué). Il n'est donc pas du tout Gascon, mais il s'engage en 1638 avec son ami Henry Le Bret dans la compagnie Royal Gascogne du baron Alexandre Carbon de Casteljaloux, du régiment des gardes du roi, qui en comptait un grand nombre. Engagé dans les combats qui opposent Français et Espagnols dans la guerre de Trente Ans, Cyrano est blessé en 1639 au siège de Mouzon d'un coup de mousquet à travers le corps", puis, peut-être passé dans les troupes de Conti, en 1640 à celui d'Arras "d' un coup d'épée dans la gorge », qui met fin à sa carrière militaire. Parmi les compagnons de bataille de Cyrano, Christophe de Champagne, baron de Neuvillette (mort dans une embuscade, au retour du siège d'Arras, en août 1640), qui a épousé le 20 février 1635 Madeleine Robineau (1610-1657), cousine maternelle de l'écrivain. De retour dans la vie civile, il reprend ses études au collège de Lisieux en 1641, passe un marché avec un maître d'armes et prend un engagement avec un maître à danser. À la même époque, Libre-penseur, il devient intime avec Chapelle et s'introduit auprès du précepteur de ce dernier, Pierre Gassendi, un chanoine de l’Église catholique qui tente de concilier l’atomisme épicurien avec le christianisme, dont il devient le disciple. C'est également sans doute à cette époque, qu'il aurait mis en fuite une centaine de spadassins pour défendre le poète François Pajot de Lignières, près de la porte de Nesle, et qu'il refuse, par haine de la « sujétion », de prendre du service auprès du maréchal Jean de Gassion. Après la fin de sa carrière militaire, il s'engage dans la carrière littéraire. Son Pédant joué est peut-être représenté en 1646, sa Mort d'Agrippine avec certitude en 1653 — elle fait d'ailleurs scandale. Tallemant des Réaux écrit dans ses Historiettes : « Un fou nommé Cyrano fit une piece de théatre intitulée: la mort d'Agrippine, où Séjanus disoit des choses horribles contre les dieux. La pièce estoit un vrai galimathias. Sercy qui l'imprima dit à Boisrobert qu'il avoit vendu l'impression, en moins de rien: Je m'en estonne, dit Boisrobert. - Ah! Monsieur, reprit le libraire, il y a de belles impietez » Avant même leur parution, ses œuvres circulent sous une forme manuscrite. Nicéron prétend, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, qu'il a rencontré Molière. Même si ce n'est pas le cas, ce dernier lui a emprunté de nombreux passages, en particulier une scène de son Pédant Joué. Les œuvres les plus éminentes de Cyrano sont son duo de proto-romans de science-fiction, L’Autre Monde : l’Histoire comique des Estats et empires de la Lune (1657) et L’Histoire comique des Estats et empires du Soleil, inachevée à sa mort, qui décrivent des voyages fictifs vers la Lune et le Soleil. Inventives, souvent ingénieuses, et parfois enracinées dans la science, les méthodes de voyage spatial que décrit Cyrano reflètent la philosophie matérialiste dont il était adepte. L’objectif principal de ces romans de science-fiction était de critiquer de façon subtile la physique traditionnelle d'inspiration aristotélicienne, notamment le géocentrisme, et le point de vue anthropocentrique de la place de l’homme dans la création, ainsi que les injustices sociales du XVIIe siècle. Comme en témoignent les divers manuscrits existants, la version de L’Autre Monde parue après la mort de Cyrano a été mutilée pour satisfaire la censure. Cyrano, décrit par maints auteurs comme homosexuel, devient probablement, vers 1640, l’amant de l’écrivain et musicien D’Assoucy, avant de rompre brutalement en 1650. Lorsque leur relation se transforme en amère rivalité, Cyrano adresse des menaces de mort à D’Assoucy, qui l’obligent à quitter Paris. La querelle prend alors la forme d’une série de textes satiriques : Cyrano écrit Contre Soucidas (anagramme du nom de son ennemi) et Contre un ingrat, tandis que D’Assoucy contre-attaque avec la Bataille de Cyrano de Bergerac avec le singe de Brioché sur le Pont-Neuf. En 1653, à bout de ressources, il accepte la protection du duc d'Arpajon, qui l'aide à publier l'année suivante chez Charles de Sercy ses Œuvres diverses et La Mort d'Agrippine. Cyrano est blessé, en 1654, par la chute d’une poutre en bois alors qu’il entrait dans la maison de son protecteur, le duc d’Arpajon. On ignore s’il s’agit d’une tentative délibérée contre sa vie ou simplement d’un accident, de même qu’il est impossible de déterminer si sa mort est ou non la conséquence de cette blessure, ou d’une raison non précisée. Abandonné par le duc d'Arpajon, il trouve refuge chez Tanneguy Renault des Boisclairs. Le 23 juillet 1655, il se fait transporter à Sannois, dans la maison de son cousin Pierre de Cyrano, trésorier général des offrandes du Roi, où il meurt chrétiennement, selon le certificat de décès délivré par le curé de la paroisse, le 28 juillet, à l'âge de 36 ans. Il est inhumé dans l’église de Sannois.


Les éditions anciennes des Œuvres de Cyrano de Bergerac sont toutes rares, bien qu'il y en ait eu plusieurs entre 1654 et la fin du XVIIe siècle. Paul Lacroix (Enigmes et découvertes bibliographiques, p. 21 et suiv.) justifie cette rareté par les persécutions qui s’abattirent sur l’auteur et les destructions opérées sur ses œuvres par la « Confrérie de l’Index ». Celle-ci a été publiée sans privilège.

Provenance : Exemplaire provenant de la bibliothèque P. BOSQUET avec le supra libris doré sur le premier plat et la signature autographe sur le titre.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE PEU COMMUN.

VENDU

samedi 29 octobre 2011

Anecdotes intimes sur la flagellation (1909) ou petit recueil traitant de quelques fessées et autres punitions à ces dames. Curiosa peu commun.


ANONYME (Préface de Pierre Guénolé)

AU ROUGE VIF. Anecdotes intimes sur la flagellation (deuxième série). Une trouvaille - Zonzon et tonton - Partie carrée - Un choc en retour - Fessée esthétique - Vengeance corse. Préface de Pierre Guénolé. Seize gravures hors texte.

Paris, Office général de librairie, 49, rue de Seine, 1909. [Imprimerie Hirondart à Vanves, Paris].

1 volume in-8 (20,5 x 15 cm), broché, 159-(1) pages. Couverture imprimée en rouge et noir. Très bon état, en partie non coupé.


ÉDITION ORIGINALE.

Papier ordinaire alpha bouffant. Les 16 hors-texte sont tirés sur papier couché blanc brillant, probablement en photogravure. Il ne semble pas exister de tirage sur grand papier.

La quatrième de couverture contient la liste d'autres ouvrages du même genre en vente à l'Office Central de Librairie (Brins de verges, première série des anecdotes intimes sur la flagellation - Annonce d'une troisième série sous presse - L'étrange passion, la flagellation dans les moeurs d'aujourd'hui - A la baguette par Victor du Cheynier ou le fouet dans l'éducation).

Ouvrage qui s'inscrit dans la mode de l'époque des libertins aficionados des maisons closes et autres lieux de débauches parisiens du début de siècle, avec en ligne directrice la passion pour la flagellation, en clair les fessées données à ces dames.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.
VENDU

vendredi 28 octobre 2011

La Marquise de Sade par Rachilde (1887). Le roman d'une décadente par "Mademoiselle Baudelaire". Rare.



Marguerite Eymery dite RACHILDE

LA MARQUISE DE SADE. Frontispice de Lunel. Têtes de chapitres de F. Fau, culs-de-lampe de Stein.

Paris, Ed. Monnier et Cie, 1887.

1 volume in-18 (20 x 12,5 cm), broché, (4)-387 pages. Couverture de l'éditeur décorée sur le premier plat d'une composition en couleurs par Eugène Grasset. Premier plat en bon bon état avec les bords légèrement passés, dos et bordure du second plat insolé, sinon très bon état. Exemplaire non rogné. Quelques rousseurs.

ÉDITION ORIGINALE.

Voici ce que Octave Uzanne, alors directeur de la rédaction et patron de la revue bibliographique Le Livre, publie dans le n°85 du 10 janvier 1887 de sa revue (pp. 58-59) : "Il y a des choses fort intéressantes, d'amusants coins d'observations dans le nouveau roman que Rachilde vient de faire paraitre sous ce titre à effet, la Marquise de Sade. Une sensation bien réelle de la vie se dégage de tout le début du livre, un souffle de vérité poignante s'envole des passages consacrés à l'analyse intime de cette âme de fillette ; tout ce qui a trait à son enfance, à ses jeux, à ses petites joies et à ses grosses tristesses, est traité avec une sensibilité sincère, une note émue et communicative. On devine qu'on se trouve en présence d'une observation abolument féminine, par sa délicatesse, sa minutie précieuse et son grossissement exagéré des faits intimes, des petites choses ; mais tout ce qui serait défaut ailleurs, appliqué à une étude de petite fille, devient qualité et communique au roman un charme particulier. Nous voudrions nous en tenir là, rester à cette première partie et ne pas aller plus loin. Malheureusement l'oeuvre tombe, vers la fin, dans une boue bizarre, plus imaginaire que vraie, où se roule l'héroïne, devenue une sorte d'hystérique hallucinée, mêlée aux aventures les plus folles, les plus invraisemblables, en dehors de toute nature. Pourquoi l'auteur, par ce débordement d'incohérences maladives, malsaines et fausses, a-t-il gâté comme à plaisir une oeuvre qui s'annonçait bien et rélélait de réels mérites d'écrivain ? Etait-ce pour justifier un titre plus criard que séduisant, était-ce pour quelque autre motif que nous ignorons ? Nous le regrettons pour le roman, pour le lecteur et pour l'auteur."

La couverture est datée de 1886 bien que le titre porte la date de 1887. En réalité le volume sort des presses à l'automne 1886 (Corbeil, typographie de Crété).

La Marquise de Sade de Rachilde doit se lire comme une réplique cinglante à Peyrebrune (Mathilde Marie Georgina Elisabeth de Peyrebrune, son amie), l'auteur reprend en les raillant les thèmes de la maternité, du mariage, des médecins et du savoir supérieur des hommes. Peyrebrune avait, à la différence de Rachilde, une réputation de moralité austère et, pourtant, cette femme à la discipline « couventuelle » — comme disait Catulle Mendès (Peyrebrune, 1901, p. iii) — a été, pendant vingt ans, la confidente intime de la jeune décadente et un substitut de cette mère en qui elle n’avait jamais eu confiance. Un jeu de lettres de Rachilde, inédit et sans doute incomplet, en fait foi.

Rachilde a 26 ans lorsqu'elle publie la Marquise de Sade. Cette jeune auteure récalcitrante et pleine du désir de choquer, est convaincue de l’importance de vivre pleinement et scandaleusement ce qu’elle baptisait son côté viril et créateur. Rachilde tenait un salon littéraire qui attirait de nombreux jeunes écrivains et poètes. Elle est considérée tour à tour comme muse et fondatrice de l'école décadente. Le jeune Maurice Barrès la surnommera même "Mademoiselle Baudelaire". C'est elle qui créera en compagnie de son mari, Alfred Vallette, la revue du Mercure de France (1889). Bien qu'elle soit l'auteur du pamphlet Pourquoi je ne suis pas féministe, et qu'elle tienne parfois des propos misogynes, Rachilde est l'auteure d'une oeuvre qui dérange et qui met mal à l'aise car s'inscrivant violemment contre l'ordre social et le rapport traditionnel des sexes, contre la phallocratie. De fait, ses détracteurs l'ont accusée de perversité, d'obscénité, voire de pornographie. En effet, selon eux, une femme se doit de taire ses fantasmes et ses plaisirs sous peine de manquer aux lois de la bienséance et de la convenance. Rachilde devient alors ce monstre tant redouté à l'époque de la vierge initiée qui "en sait plus long qu'une vieille femme " (in : La Marquise de Sade, Rachilde, p. 13). Aussi les mauvaises langues, confondant la vie de l'auteur et celle de ses personnages, la réalité et la fiction, la soupçonnent-elles de débauche. Se moquant de la réputation qu'on lui taille, Rachilde mène sa vie comme elle l'entend : affranchie et indépendante. On comprend que Octave Uzanne, auteur de mirifiques ouvrages sur les femmes (anciennes et modernes), avec son regard dandy et misogyne, n'ait pas pu comprendre "à chaud" toute la portée de ce roman singulier.

Ce volume, peu commun, est aussi recherché pour la jolie composition d'Eugène Grasset qui illustre le premier plat de couverture. Il ne semble pas exister de grands papiers pour ce roman.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE RARE D'UNE "DÉCADENTE".

VENDU

mardi 25 octobre 2011

Les Délassements du boudoir (1790). Poésies légères et galantes. Recueil rare.



[ANONYME - Boufflers, Collé, Ségur, etc.]
DÉLASSEMENS DU BOUDOIR. Recueil de poésies galantes dont la plupart n'ont point encore été imprimées. Avec un frontispice en taille-douce.

S.l.n.n., 1790

1 volume in-16 (12 x 9 cm) de 1 page de faux-titre, 1 page de titre, 1 frontispice à l'eau-forte, 4 pages non chiffrées (pièce en vers intitulée "Le boudoir, vaudeville." et 152 pages chiffrées y compris la table.

Reliure pleine basane fauve, dos lisse. Reliure de l'époque usagée (coins usés, coiffes, mors et plats frottés/fendus, pièce de titre en grande partie arrachée avec manque). Intérieur en état correct avec quelques rousseurs et salissures sans gravité.


ÉDITION ORIGINALE DE CE PETIT RECUEIL DE "POÉSIES GALANTES" RARE.

On compte 85 pièces en vers y compris la première non chiffrée. La plupart ne sont pas signées mais on en trouve certaines signées de M. Charon, du Marquis de Fulvy, M. Rigottier, M. le Comte de Ségur, M. de La Condamine, M. Linguet, M. Rochon de Chabanne, M. Masson de Morvilliers, M. Davesne, M. de Piis, M. Mugnerot, M. Collé, M. de Rulhières, M. Marcollier des Bochers, M. le Chevalier de B., M. François de Neufchateau, M. le Chevalier de Boufflers, M. de la Chabeaussière.

Ce petit volume regroupe de jolies petites pièces galantes et légères en diable. Il n'a jamais été réimprimé. Le frontispice, très joli, n'est pas signé (Cohen l'indique dans le genre de Chaillou). Ce petit volume est rare et coté.

MODESTE EXEMPLAIRE DE CE PETIT LIVRE RARE.

VENDU

lundi 24 octobre 2011

L'Art d'aimer d'Ovide illustré par Jacques Darche (1961). Tirage de luxe à 365 exemplaires avec une épreuve numérotée d'une lithographie.



OVIDE, en latin Publius Ovidius Naso - Jacques DARCHE, illustrateur

L'ART D'AIMER. Traduit du latin par Héguin de Guerle, illustré par Jacques Darche.

Paris, Club français du Livre, 1961.

1 volume in-8 (24,5 x 20 cm), broché, de 210-(3) pages. 30 planches hors-texte. Couvertures blanches rempliées imprimées en noir (dos et premier plat). Exemplaire en excellent état de conservation, proche du neuf.


TIRAGE DE LUXE A 365 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS SUR PAPIER PUR FIL DU MARAIS, LES 30 PLANCHES ONT ÉTÉ TIRÉES SUR JAPON NACRÉ EN LITHOGRAPHIE.
CES EXEMPLAIRES CONTIENNENT UNE ÉPREUVE SÉPARÉE SUR PAPIER A LA CUVE MOULIN RICHARD DE BAS, NUMÉROTÉE ET SIGNÉE PAR L'ARTISTE.

Ce volume qui est la réimpression de la première édition de ce texte par le Club français du Livre, en 1950, a été achevé d'imprimer par Paul Dupont à Paris, le 31 octobre 1961.

Il ne faut pas confondre ce tirage de luxe avec le tirage "ordinaire" de cette édition qui est de 10.000 exemplaires, idem pour le premier tirage de 1950 qui était à très grand nombre.

Jacques Darche fut un proche d'Alberto Giacometti et rival de Pierre Faucheux et de Robert Massin, il fut un dessinateur, un photographe et, surtout, un illustrateur et un maquettiste réputé. Il fut directeur artistique du Club français du livre, où il entra en 1950.

BEL EXEMPLAIRE DU TIRAGE DE LUXE "AUX DÉPENS D'AMATEURS" POUR CETTE TRÈS JOLIE ILLUSTRATION DE L'ART D'AIMER D'OVIDE.
VENDU

Le Mérite des femmes de Legouvé (1825). Superbe exemplaire dans sa reliure romantique parfaitement conservée.



Gabriel-Marie LEGOUVÉ

LE MÉRITE DES FEMMES. Nouvelle édition augmentée de poésies inédites.

Paris, Louis Janet, Libraire, 1825

1 volume in-18 (115 x 83 mm) de XXIV-325 pages. Gravure sur acier en frontispice d'après Desene.


Reliure plein veau glacé aubergine, dos à faux-nerfs plats orné de filets dorés et fleurons, palettes dorées, plats décorés d'une plaque romantique "rosace et arabesques", encadrement de filets dorés, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, tranches dorées (reliure de l'époque non signée mais dans le goût des meilleures productions des Thouvenin, Vogel, Simier, etc.). Reliure en excellent état de conservation, proche du neuf. Intérieur en bon état avec quelques rousseurs habituelles.

« Les femmes polissent les membres, elles sont les vrais précepteurs du bon goût, les instigatrices de tous les dévouements. L’homme qui les chérit est rarement un barbare. » (Le Mérite des femmes)

Cet ouvrage fut un véritable best seller en son temps. Les beaux exemplaires élégamment reliés à l'époque et parfaitement conservés sont toujours recherchés de nos jours comme de petits bijoux bibliophiliques.


SUPERBE EXEMPLAIRE DANS UNE JOLIE RELIURE ROMANTIQUE.

VENDU

dimanche 23 octobre 2011

Le Pied de Fanchette par Rétif de La Bretonne illustré par Luc Lafnet (1932). Exemplaire de tête sur Japon avec dessin original, suites et cuivre.


Nicolas-Edme RESTIF DE LA BRETONNE

LE PIED DE FANCHETTE ou le soulier couleur de rose. Édition ilustrée de seize eaux-fortes en couleurs de Luc Lafnet.

Georges Briffaut, éditeur, Paris, s. d. (1932)

1 volume in-8 (23 x 16 cm), broché, de (4)-III-262-(1) pages. 16 eaux-fortes en couleurs de Luc Lafnet. Couverture imprimée rempliée. Couverture partiellement et légèrement brunie. Emboîtage cartonné de papier rose (très bon état).

PREMIER TIRAGE DES ILLUSTRATIONS DE LUC LAFNET.

UN DES 16 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR JAPON IMPÉRIAL, CONTENANT UN ÉTAT DES PLANCHES EN COULEURS, UN ÉTAT DES PLANCHES AVEC REMARQUES, UN DESSIN ORIGINAL ET UN CUIVRE GRAVÉ.


Notre exemplaire contient en plus une esquisse en noir à la plume (esquisse ayant servi au dessin original aquarellé) ainsi qu'une suite des 16 eaux-fortes en noir à l'état d'eau-forte pure, une planche refusée en deux états (noir et bistre), une planche refusée en noir (eau-forte pure) et une planche retenue en bistre, ainsi qu'un tirage en bistre du cuivre original joint à l'exemplaire avec des indications de tirage au crayon (marges coupées en bordure de cuvette). Soit au total 53 planches hors-texte et 2 dessins originaux de l'artiste.

Magnifique illustration de Luc Lafnet, l'une des plus réussies de cet artiste.

"Une chaussure à talons hauts laissant apparaître une fine cheville de femme, et Rétif s'embrase. Le Pied de Fanchette (1769) célèbre le fantasme majeur de l'écrivain et les représentations qui en dérivent, mais il rassemble aussi toutes les obsessions d'une époque qui n'a cessé de célébrer, dans la littérature et dans la peinture, le pied féminin comme objet erotique privilégié. Le désir individuel ne peut donc être dissocié de l'imaginaire collectif, pas plus que la volonté d'écrire et de décrire, de s'épancher, de témoigner de la puissance troublante, inquiétante même d'un désir qui submerge le sujet au point qu'il n'hésite pas à se répéter pour en dire la force convulsive. Les occurrences reviennent incessamment ; d'abord celles qui désignent l'expérience du voyeur : voir, regarder, scruter, surprendre, et parfois défaillir, quand la pulsion scopique est trop forte ; ensuite celles qui renvoient à l'objet fantasmé du désir : le pied, mais aussi ce qui l'enveloppe comme une gaine précieuse et en épouse la délicate courbure, la chaussure ou la mule. Sans entrer dans les détails d'une intrigue complexe, rappelons-en les grandes lignes. Fanchette possède un pied si séduisant qu'il rend les hommes fous de désir : des jeunes gens de la bourgeoisie commerçante — l'action se déroule dans le milieu parisien de la boutique — se disputent sa main, ainsi qu'un jeune peintre revenant d'un séjour à Rome ; des aristocrates corrompus veulent la séduire ; plusieurs vieillards lubriques cherchent aussi à lui arracher ses faveurs. Après force enlèvements et séquestrations, la jeune orpheline, fille de commerçants ruinés, échappera de justesse à des tentatives de viol, pour finalement trouver un bon mari. Tout rentrera donc dans l'ordre, après les multiples violences que déclenche l'attrait irrésistible d'un pied mignon." Extrait de « La chaussure ou le pied de Fanchette » Didier Masseau, Études françaises, vol. 32, n° 2, 1996, p. 41-52.


BEL EXEMPLAIRE DU TIRAGE SUR JAPON AVEC DESSINS ORIGINAUX, SUITES ET CUIVRE.

VENDU

samedi 22 octobre 2011

La Vie des Dames galantes de Brantôme illustrée par André Collot (1929). Exemplaire sur Japon impérial avec la suite de 10 eaux-fortes libres. Rare.



Pierre de Bourdeille dit BRANTÔME

VIE DES DAMES GALANTES, ornées de trente eaux-fortes originales en couleurs par André Collot.

A la Librairie Paul Cotinaud, 1929.

2 volumes grands in-8 carré (25,5 x 19,5 cm), en feuilles, sous couvertures imprimées rempliées. 333 et 315-(2) pages. 30 eaux-fortes in-texte et hors-texte et deux petites eaux-fortes en couleurs sur les titres.


UN DES 30 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL COMPRENANT UN CUIVRE ORIGINAL DE L’ÉDITION (non libre), UNE AQUARELLE ORIGINALE (non libre), UNE SUITE EN COULEURS DES 10 EAUX-FORTES NON RETENUES (libres), UNE SUITE EN NOIR DES 30 (sur 40 - sans la suite en noir des 10 eaux-fortes libres) EAUX-FORTES AVEC REMARQUES, LES 30 EAUX-FORTES EN COULEURS. Le tirage total est de 331 exemplaires. Le nôtre porte le numéro 5.

Deux citations puisées dans ce célèbre texte suffisent à en donner une idée précise : « Toute belle femme s'estant une fois essayée au jeu d'amour ne le désapprend jamais » et « Si tous les cocus et leurs femmes qui les font se tenoyent tous par la main et qu'il s'en pust faire un cerne, je croy qu'il seroit assez bastant pour entourer et circuire la moitié de la terre ». (« Les vies des dames galantes »).

"Peu d’écrivains, sans doute, ont aimé les femmes autant que notre abbé commendataire, leur chair blanche, leur bouche, leurs jambes. Aucune limite n’est pour lui concevable au déduit. Il semble qu’il ne peu pas s’arrêter de parler de l’amour, de l’amour physique ; il en fait d’ailleurs la démonstration à la fin de maints paragraphes en s’exclamant qu’il en a assez dit, qu’il lui faut s’arrêter, que trop, c’est trop ; mais il ne le peut et il en rajoute : encore une histoire de lit, encore une anecdote grivoise ! Pour lui, l’amour et le désir commandent tout : « Il n’y a de loi qu’un beau cul ne renverse ! » " (Madeleine Lazard)

Ce livre est divisé en sept chapitres, que Brantôme nomme des discours, dont le titre à lui seul donne une assez bonne idée du contenu : Premier Discours : « Sur les dames qui font l’amour et leurs maris cocus » ; Deuxième Discours : « Sur le sujet qui contente le plus en amour : le toucher, la vue ou la parole » ; Troisième Discours : « Sur la beauté de la belle jambe et la vertu qu’elle a » ; Quatrième Discours : « Sur l’amour des dames vieilles, et comme certaines l’aiment autant que les jeunes » ; Cinquième Discours : « Les belles et honnêtes dames aiment les hommes vaillants et les hommes braves aiment les femmes courageuses » ; Sixième Discours : « Il ne faut jamais parler mal des dames, et la conséquence qui en vient » ; Septième Discours : « Sur les femmes mariées, les veuves et les filles, à savoir lesquelles sont le plus chaudes à l’amour ».


Ici dans une édition pour les bibliophiles, spirituellement illustrée par l'habileté du dessin d'André Collot, spécialiste du genre grivois et érotique.

TRÈS RARE TIRAGE DE TÊTE SUR JAPON AVEC LA SUITE DES 10 EAUX-FORTES LIBRES EN COULEURS ET UN DESSIN ORIGINAL DE L'ARTISTE. TRÈS BEL EXEMPLAIRE.
VENDU

Lettres et poésies de Madame la comtesse de Brégy (1666). Bel exemplaire très pur dans son vélin de l'époque parfaitement conservé. Très rare.



Charlotte Saumaise de Chazan, comtesse DE BREGY

LES LETTRES ET POÉSIES DE MADAME LA COMTESSE DE B.

A Leyde, chez Antoine Du Val, près de l’Académie, 1666. [Leyde, Daniel Elzévier ? ou Bruxelles, François Foppens ?].

1 volume in-12 (140 x 80 mm – Hauteur des marges : 129 mm) de 119 pages y compris le feuillet de titre et les 2 pages d’avis au lecteur.

Reliure plein vélin à coutures apparentes (reliure hollandaise de l’époque). Titre au dos partiellement effacé. Quelques traces à la reliure sans gravité. Reliure très bien conservée. Intérieur frais malgré des feuillets légèrement brunis ou avec des rousseurs. Petit défaut d’impression à la page 103 et une petite déchirure sans manque à un feuillet.


UNE DES PREMIÈRES ÉDITIONS.

Voici ce que contient ce petit ouvrage. Il s’ouvre par un Avis au lecteur : « Si l’on vous donne souvent des ouvrages faits par des hommes, ce n’est pas que les Dames ne soient capables d’en faire ; mais c’est que cet aimable sexe a tant de sortes de divertissements, qu’il a peine à s’y occuper. Ce recueil cependant fait voir qu’il sait employer quelquefois assez agréable quelques heures à écrire des lettres. La poésie ne lui est pas même inconnue, les élégies et les stances qui suivent ces lettres, sont des preuves que les dames excellent bien souvent dans cet art. Je souhaiterais avoir un peu plus grand nombre de pièces de celle dont je vous donne ce petit recueil, je ne dirai pas son nom, parce que le portrait qu’elle fait d’abord de soi-même, la fera assez connaitre à ceux qui ont pratiqué tant soit peu la Cour de France. » On trouve à la suite le portrait de Madame la Comtesse de B… fait par elle-même (pages 5 à 14), puis s’ensuivent 44 lettres adressées à diverses personnes de la Cour (la reine mère, la comtesse de Soissons, madame de Longueville, la duchesse de Lédiguières, l’abbé Bourdelot, madame de Sully, madame la Maréchale de La Melleraye, la Reine (Christine) de Suède, Monsieur Le Tellier, la Reine mère d’Angleterre, etc. (certains destinataires n’étant désignés que par des initiales). On trouve ensuite une Relation d’un voyage de Saint Cloud (pages 84 à 92), une épître de Benserade à Madame de Bregy, des stances, des sonnets, des Questions d’amour, un Dialogue amoureux, et enfin une élégie.

Ce recueil est l’œuvre de Charlotte Saumaise de Chazan, comtesse de Brégy (1619-1693), presque qu’exacte contemporaine de la marquise de Sévigné, et qui était la nièce du savant Claude Saumaise. « Elle était belle femme et faisait profession de l’être » dit Mme de Motteville. Elle était femme de chambre de la Reine, mère de Louis XIV, dont sa mère avant elle, l’avait été également. Charlotte Saumaise avait épousé Léonor de Flexelles, comte de Brégy, lieutenant des armées du Roi.

Edme de Sauvigny écrit dans son Parnasse des Dames : « Madame de Brégy, aussi célèbre par sa beauté que par son esprit, était née avec le talent de la poésie (…) mais elle préféra la vie agitée de la Cour au commerce des Muses. Devenue Dame d’Honneur de la Reine-Mère de Louis XIV, elle chercha toutes les occasions de se rendre utile aux Gens de Lettres, pour lesquels son amitié ne se démentit jamais. Elle entretenait un commerce de lettres avec la Reine Anne d’Autriche, la Reine d’Angleterre, la Reine de Suède, la Reine-Mère, Monsieur frère du Roi, Madame, Madame la Duchesse de Longueville, & les beaux esprits les plus célèbres. (…) Louis Le Grand l’honora d’une estime particulière, & l’engagea quelquefois à faire des vers, auxquels il faisait répondre par Quinault. »

On lit dans son portrait peint par elle-même placé en tête de ce recueil : « Je ne suis point dévote mais toute ma vie j’ai eu la passion de le devenir, & ne m’en pouvant donner davantage, j’attends le reste. » Ce petit portrait dénote tout au long un bel esprit et plein de délicatesse.

Le cabinet des livres du château de Chantilly possède un exemplaire des Lettres et Poésies de Madame la comtesse de Brégy, à Leyde, chez Jean Sambix (Daniel Elzévier), 1668, en 120 pages (exemplaire relié par Trautz-Bauzonnet aux armes du Duc d’Aumale).

Il existe une édition en 115 pages d’après certaines bibliographies et une édition dont le titre est « Œuvres galantes de Madame la comtesse de Brégy ». Nous ne savons pas déterminer avec certitude quelle édition est la première. Toutes ces éditions anciennes sont cependant fort rares.

Références : Gay, Bibliographie des ouvrages à l’amour, aux femmes et au mariage, tome III, colonne 548. Charles Pieters dans ses Annales de l’imprimerie elzévirienne indique sous le n°44 (page 386) une édition en 115 pages petit in-12, à la même adresse. Il indique également que l’ouvrage qui porte le titre « Œuvres galantes etc. » est le même livre au titre près. Pieters attribue toutes ses impressions à François Foppens de Bruxelles, qui changeait seulement le titre de ses éditions. Le nombre de pages est pourtant ici différent. Renouard indique quant à lui les Elzéviers. Bérard dans son Essai bibliographique sur les éditions des Elzéviers indique concernant l’édition en 115 pages : « Volume peu intéressant, médiocrement imprimé, mais fort rare. »

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS PUR, DANS SON VÉLIN D’ÉPOQUE, PARFAITEMENT CONSERVÉ.

VENDU

lundi 17 octobre 2011

Les Anecdotes sur la comtesse Du Barry par Pidansat de Mairobert (1776). Exemplaire de qualité relié en plein maroquin à la fin du XIXe siècle.



[Mathieu-François PIDANSAT DE MAIROBERT]


ANECDOTES SUR LA COMTESSE DUBARRI. Nouvelle édition, revue et corrigée, ornée du portrait de l'héroïne.
A Londres, chez John Adamsohn, 1776.

2 parties en 1 volume in-12 (16 x 10,5 cm) de (3)-346 pages. La seconde partie commence à la page 199. Portrait de Madame la comtesse Du Barry en frontispice.

Reliure plein maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, large jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier marbré, tête dorée, les autres tranches ébarbées (reliure de la fin du XIXe siècle signée A. TAFFIN). Reliure à l'état de neuf, intérieur très frais. Quelques feuillets rognés un peu courts en tête.



NOUVELLE ÉDITION.

Cet ouvrage a paru pour la première fois, sous la rubrique de Londres, l'année précédente (1775). C'est ici la deuxième édition ou une contrefaçon (il existe une autre édition de ce texte en 1776 en 408 pages) de ce violent pamphlet dirigé contre la maîtresse de Louis XV, source selon l'auteur d'une bonne part des maux du royaume de France.
"Fort au courant des secrets de boudoirs des grandes dames du régime, que seule une cloison parfois sépare des coulisses de la politique, le chroniqueur se fit un jeu de les noter sur le vif, pour la joie du plus grand nombre. Il révèle ainsi que la maitresse du bon Louis XV joignait d'autres faveurs a celles du roi, facon de dire que le pays entier portait des cornes, ou de suggérer que l'institution royale, toutes galanteries gardées, ne présentait pas de différence essentielle avec celles des jardins du Palais-Royal" (Pia, Dictionnaire des œuvres érotiques, p. 28-29).

On trouve dans ce volume nombre de petits secrets d'alcôve de la cour de Louis XV, accompagnés de quelques petites chansonnettes bien choisies et qui dépeignent fort bien cette courtisane célèbre.

L'ouvrage s'achève sur ces mots :
"Elle restera donc en France, où elle sera la consolation de l'envie, la pitié du philosophe, le désespoir de la beauté, et l'émulation d'une foule de courtisanes, qui, en apprenant son histoire, dans leur folle ambition aspireront au même triomphe."

Au bas du frontispice gravé on lit : "Madame la comtesse Du Barry. Sans esprit, sans talents, du sein de l'infamie, jusques au trône on la porta : contre une cabale ennemie, jamais elle ne complota : et de l'ambition ignorant les alarmes, jouet des intrigants, régna par ses seuls charmes."

Mathieu-François Pidansat de Mairobert était né le 20 février 1707 à Chaource et se donna la mort le 27 mars 1779 à Paris. Élevé chez Marie Anne Doublet de Persan, dont il prétendait être le fils, il se trouve mêlé, de bonne heure, aux conversations et aux querelles du monde des lettres. Proche du « parti patriote », surveillé par la police, il est lié à Restif de la Bretonne. Il occupe une place de censeur royal et le titre de secrétaire du roi et des commandements du duc de Chartres. Il est en 1779 compromis dans le procès du marquis de Brunoy, dont il se trouvait le créancier pour une somme considérable. Bien qu'en cette affaire, selon l'opinion générale, il ne soit que le prête-nom d'un plus haut personnage, le Parlement de Paris lui inflige un blâme public par arrêt du 27 mars 1779. Se croyant déshonoré, Mairobert va le soir même chez un baigneur où il s'ouvre dans le bain les veines avec un rasoir, puis achève de s'ôter la vie d'un coup de pistolet. Le curé de Saint-Eustache n'a consenti à l'inhumer qu'après ordre exprès du roi. Restif de la Bretonne l'a pleuré amèrement, et allait tous les ans, à l’anniversaire de son suicide, revoir sa maison pour commémorer la date.

Les anecdotes sur Madame la comtesse Du Barri ont été parfois attribuées à Théveneau de Morande mais il s'agit d'une erreur liée à l'annonce de la publication par celui-ci d'un ouvrage intitulé Les Mémoires secrets d’une femme publique ou recherches sur les aventures de Mme la comtesse du Barry depuis son berceau jusqu’au lit d’honneur, enrichis d’anecdotes et d’incidents relatifs à la cabale et aux belles actions du duc d’Aiguillon, mais l’ouvrage, qui fit pourtant grand bruit, n’a finalement jamais vu le jour. On en connait que le titre.

Octave Uzanne a donné une nouvelle édition de ce texte en 1880, dans la série des documents sur les mœurs du XVIIIe siècle.

La comtesse du Barry finit son parcours tumultueux sur l'échafaud le 8 décembre 1793. « Elle est la seule femme, parmi tant de femmes que ces jours affreux ont vues périr, qui ne put avec fermeté soutenir l'aspect de l'échafaud ; elle cria, elle implora sa grâce de la foule atroce qui l'environnait, et cette foule s'émut au point que le bourreau se hâta de terminer le supplice. » (Élisabeth Vigée-Lebrun) Mirabeau dit d'elle : « Si ce ne fut pas une vestale, la faute en fut aux dieux qui la firent si belle ».

MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE, PARFAITEMENT ÉTABLI EN MAROQUIN PAR LE RELIEUR A. TAFFIN.
EXEMPLAIRE DE CHOIX.
VENDU

vendredi 14 octobre 2011

Venise en lithographies par Giovanni Pividor éditées par Giuseppe Kier (1842). Très rare album pittoresque de Venise au milieu du XIXe siècle.



Joseph KIER, éditeur - Giovanni PIVIDOR, lithographe

CHOIX DES VUES DE VENISE LITHOGRAPHIES PAR LES MEILLEURS ARTISTES. PANORAMA DE VENISE.

Venise, chez Joseph Kier, place Saint-Marc, 1842.

1 volume in-4 à l'italienne (24,5 x 30,5 cm), 1 titre lithographié, 1 plan de Venise, 13 vues de Venise. Toutes les planches ont été coloriées et gommées à l'époque.


Cartonnage éditeur de l'époque, dos de toile beigne, plats reprenant la lithographie de titre en noir. Taches et usures à la reliure, intérieur en bon état, quelques rousseurs. Le plan de Venise se détache. Voici le détail des planches.

Planche 1 : Planta di Venezia - Plan de Venise. (dessiné par Garlato).
Planche 2 : Piazza di S. Marco - Place St. Marc. (dessiné par Gio. Pividor).
Planche 3 : Piazzeta S. Marco - Piazzeta St. Marc. (dessiné par Gio. Pividor).
Planche 4 : Basilica di S. Marco - Basilique St. Marc. (dessiné par Gio. Pividor).
Planche 5 : Interno della Basilica di S. Marco. (intérieur de la basilique St. Marc).
Planche 6 : Porta detta dlla carta - Porte du Palais Ducal. (dessiné par Borghesi).
Planche 7 : Corte del palazzo ducale - Cour du Palais Ducal. (dessiné par Chevalier).
Planche 8 : Sala del maggior consiglio ora biblioteca - Salon du Grand Conseil au Palais Ducal. (dessiné par Gio. Pividor).
Planche 9 : Molo e riva degli Schiavoni - Le môle et riva degli Schiavoni. (dessiné par Gio. Pividor).
Planche 10 : Piazzetta di S. Marco - Piazzetta St. Marc. (dessiné par Ziegler).
Planche 11 : Ponti della paglia e dei sospiri - Pont des soupirs (dessiné par Jippolito).
Planche 12 : Canal grande a Rialto - Le grand canal du Rialto. (dessiné par Gio. Pividor).
Planche 13 : Esterno dell' Arsenale - Extérieurs de l'Arsenal.
Planche 14 : Gondola veneziana - Gondoliers de Venise. (dessiné par Ang. Tramontine).


TRÈS RARE ALBUM DE LITHOGRAPHIES DE VENISE, MISES EN COULEURS A L’ÉPOQUE.

Giovanni Pividor (1808-1872), l'artiste auteur de la plupart de ces admirables lithographies, a travaillé pour plusieurs productions de l'éditeur imprimeur-lithographe Giuseppe Kier, de Venise. Notamment pour ces lithographies qui, assemblées entre elles, formaient ce genre de petit guide pittoresque illustré de cette ville. Ces albums de lithographies sont aujourd'hui devenus fort rares. La plupart ont été composés de manière anarchique avec un nombre variable de lithographies. On constate que la légende des estampes est souvent mal traduite en français.

Malgré des rousseurs dans les marges, ces lithographies sont d'un coloris précis et resté très frais. Ce type d'album, la plupart du temps démembré par les marchands d'estampes, n'existe plus désormais qu'à de très rares exemplaires.


BON EXEMPLAIRE DE CET ALBUM PITTORESQUE EN COULEURS DE LA VILLE DE VENISE.

VENDU

jeudi 13 octobre 2011

Les plaisirs et les fêtes en Orient, dans l'Antiquité et en Europe au XVIIe siècle (1929-1930). Très bel exemplaire de cet ouvrage documentaire.


Maurice MAGRE et Henry LYONNET
LES PLAISIRS ET LES FÊTES. LES FÊTES EN ORIENT ET DANS L’ANTIQUITÉ. LES FÊTES EN EUROPE AU XVIIe SIÈCLE.

Martin-Dupuis, Paris, s.d. (1929-1930)

2 volumes in-4 (31 x 23 cm) de 395 et 394 pages. 24 planches hors texte en couleurs ou en noir, dont 4 au pochoir, compositions originales d'Edith Follet, Lagaye, G. Pastré, Auguste Rouquet et Gustave Violet (tome I). 24 planches hors-texte en couleurs ou en noir, dont 4 au pochoir, d'après des documents anciens et des tableaux de grands maîtres et plus de 400 gravures dans le texte (tome II).

Reliure demi-chagrin noir, plats de toile bleue, dos orné de fers dorés spéciaux, premier plat orné d'une grande plaque dorée avec titre au centre. Exemplaire à l'état proche du neuf (reliure de l'éditeur).


PREMIÈRE ÉDITION. UN DES 700 EXEMPLAIRES SUR ALPHA TEINTÉ (avec 300 ex. sur vélin pur fil).

L'un des meilleurs ouvrages sur le sujet, richement illustré et rédigé avec soin sous la direction de Maurice Magre et Henry Lionnet. Plusieurs centaines d’illustrations choisies font de cet ouvrage un ouvrage de référence en ce qui concerne les fêtes, réjouissances et autres réceptions et cérémonies des peuples de l'Orient d'une part et de l'Europe classique d'autre part.


EXEMPLAIRE DE CHOIX PARFAITEMENT CONSERVÉ.
VENDU

mercredi 12 octobre 2011

La femme et la mode au milieu du XIXe siècle : Magasin des demoiselles (1850-1862). Deux albums de plus de 150 estampes coloriées à l'époque.



DEUX ALBUMS DE GRAVURES DE MODE COLORIÉES POUR LE MAGASIN DES DEMOISELLES ENTRE 1850 ET 1862. ENSEMBLE DE 171 ESTAMPES GRAVÉES SUR ACIER.

Paris, Bureau du Magasin des demoiselles, 1850-1862.

2 volumes in-8 (25,5 x 19 cm), reliure pleine toile anglaise verte, titre doré au doré et au centre du plat supérieur de chacun des deux volumes "MODES 1850-1856" et "MODES 1856-1862". Les 171 planches gravées sur acier sont toutes montées sur onglet. Rognées un peu court dans l'ensemble avec atteinte à quelques légendes. Toutes les gravures sont en bon état. Le coloris est très frais. Pas ou peu de rousseurs. Papier fort.


Nous avons compté 82 planches pour le premier volume dont 5 en noir et les autres finement coloriées à l'époque, et 89 planches pour le second volume dont 3 planches dépliantes en noir et 6 planches simples en noir. Soit au total plus de 150 planches en couleurs. Les planches ont été dessinées par Madame Anaïs Toudouze et ont été gravées par J. Desjardins.


Cette publication périodique destinée à l'éducation des demoiselles de la bourgeoisie de l'époque proposait aux jeunes filles divers textes choisis, divers travaux, amusements, gravures de mode et autres réjouissances pour jeunes filles sages. Nous ne proposons que les gravures coloriées réunies ici en album à l'époque pour la période allant de 1850 à 1862 de ce journal.


Ces gravures qui montrent la mode de la bourgeoisie au milieu du XIXe siècle sont toujours recherchées.

RARE ET IMPORTANT ENSEMBLE, EN TRÈS BON ÉTAT.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

VENDU

lundi 10 octobre 2011

La femme et la mode, la française du siècle par Octave Uzanne (1892). Exemplaire du cinéaste Robert Florey (1900-1979). Frontispice de Félicien Rops.



Octave UZANNE - Frontispice de Félicien ROPS

LA FRANÇAISE DU SIÈCLE - LA FEMME ET LA MODE, MÉTAMORPHOSES DE LA PARISIENNE DE 1792 à 1892. TABLEAU DES MŒURS ET USAGES AUX PRINCIPALES ÉPOQUES DE NOTRE ÈRE RÉPUBLICAINE, par Octave Uzanne. Édition illustrée de plus de 160 dessins inédits, par A. Lynch et E. Mas. Frontispice en couleurs de Félicien Rops.

Paris, Ancienne Maison Quantin, Libraire-Imprimeries réunies, May & Motteroz, 1892.

1 volume grand in-8 (27,5 x 18 cm) de (4)-VIII-246-(1) pages. Frontispice en couleurs par Félicien Rops. Gravures en noir dans le texte.

Reliure pleine toile noire à la bradel, titre doré au dos, cartonnage sobre de conservation, en très bon état (probablement du début du XXe siècle). Les couvertures n'ont pas été conservées. Intérieur très frais.


ÉDITION ORIGINALE SOUS CETTE FORME ET SOUS CE TITRE. TIRAGE A 1.000 EXEMPLAIRES. CELUI-CI UN DES 955 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN NON NUMÉROTÉS.

Cet ouvrage est recherché pour le très beau frontispice de Rops qui l'illustre. Ce livre avait déjà paru dans sa première manière en 1886 sous le titre : La française du siècle. Cet écho de la mode s'étend ici des impudeurs du Directoire à la femme du jour de 1892. Chaque page est ornée d'une élégante dessinée au trait en noir par A. Lynch et E. Mas et intercalée dans le texte.


Provenance : exemplaire de la bibliothèque du cinéaste franco-américain Robert Florey (1900-1979) avec son ex libris imprimé aux couleurs des USA (voir photo ci-dessus), à Los Angeles. Robert Florey a fait la plus grande partie de sa carrière à Hollywood. On lui doit notamment Hollywood Boulevard (1936), King of Gamblers (1937), Dangerous to Know (1938) et même un Tarzan, Tarzan et les sirènes (1948). En 1946, Florey participa de façon très active à l’écriture, à la préparation et au tournage de Monsieur Verdoux, de Charlie Chaplin. La fin de sa carrière sera consacrée à la télévision. Il décède de maladie à Santa-Monica (Californie) en 1979.

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

VENDU

La Muse libertine de Claude-Joseph Dorat (1783). Dialogues et poésies. Bel exemplaire.



Claude-Joseph DORAT

LA MUSE LIBERTINE OU ŒUVRES POSTHUMES DE MR. DORAT.

Sans lieu, sans nom, 1783.

1 volume in-8 (19,5 x 12,5 cm) de (4)-74-(2) pages.

Reliure demi-veau marron, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, plats de papier marron, petits coins en vélin vert (reliure anglaise de la première moitié du XIXe siècle). Très bon état de conservation pour l'ensemble, infimes frottements à la reliure qui est très décorative. Intérieur frais imprimé sur bon papier chiffon. Exemplaire grand de marges avec témoins. Quelques rousseurs claires.

ÉDITION ORIGINALE.

L'avertissement explique : "Voici quelques pièces de vers assez piquantes. Leur auteur quelques mois avant sa mort, les avait lues dans le secret de l'amitié. Comme elles ne grossiront pas l'édition de ses œuvres qu'on prépare, nous avons cru pouvoir les donner au public. Il y a des vers négligés, comme dans toutes les œuvres de cet auteur ingénieux : mais il y a toujours sa manière & cette abondance d'idées qui est la marque du vrai talent."

On y trouve un Dialogue entre le Duc de *** et Madame la Comtesse de ***, un Conte, un autre Dialogue entre un Espagnol et un Français, une pièce en vers intitulée la Sonnette, un autre Dialogue entre l'ombre de Clément XIV et un magistrat, une épître à ces Messieurs, un poème intitulé Gaieté et un dernier intitulé Épigramme (ce dernier étant libre).

Il n'est pas certain que l'auteur des Baisers soit l'auteur de toutes les pièces de ce recueil.

Provenance : exemplaire de la bibliothèque de Carl Huitfeld avec son ex libris gravé.

BEL EXEMPLAIRE.
VENDU

vendredi 7 octobre 2011

Le Traité de la jalousie ou moyens d'entretenir la paix dans le mariage par Antoine de Courtin (1674). Rare édition originale de ce livre curieux.


Antoine de COURTIN
TRAITÉ DE LA JALOUSIE OU MOYENS D'ENTRETENIR LA PAIX DANS LE MARIAGE.

A Paris, chez Helie Josset, 1674.

1 volume in-12 (15,5 x 9 cm) de (11)-182-(9) pages. Vignette gravée à l'eau-forte sur le titre.

Reliure demi-maroquin rouge à petits coins, dos lisse orné aux petits fers dorés (reliure ancienne de la fin du XVIIIe siècle). Quelques frottements et deux petites piqures de vers en pied du dos, intérieur uniformément teinté, quelques rousseurs et mouillures à quelques feuillets sans gravité.


ÉDITION ORIGINALE RARE.

Cet ouvrage curieux a été achevé d'imprimer le 20 mars 1674.


Une note manuscrite ancienne au verso de la première garde indique : "Un exemplaire de ce livre, de l'édition de 1682, qui a été faite sur celle-ci, qui est la première, a été vendu 15 livres en 1776 à la vente des livres de M. Lemarié (voyez-en le catalogue), et de ce que dessus on peut conclure que ce livre est recherché, et que cette édition de 1674 est bonne, puisque c'est d'elle qu'a été tirée celle de 1682, sur laquelle il est porté jouxte la copie."

Voici de quoi il est question dans ce traité : erreur du monde à l'égard de la jalousie - fausses jalousies des personnes mariées - fausse jalousie des amants - que la correction qu'un homme fait à sa femme n'est pas une jalousie - jalousie innocente - ce que c'est qu'une véritable ou mauvaise jalousie - du mariage selon les lois de nature - jalousie des maris et son remède - jalousie des femmes et son remède - que c'est l'amour raisonnable qui produit la paix dans le mariage - etc.

Antoine de Courtin (1622-1685) fut conseiller de la reine Christine de Suède.

Provenance : Pierre Charvin ainé. 1789. (ex libris manuscrit).

Il écrivit plusieurs traités dont un Traité de la paresse ou l'art de bien employer le temps (1677), un Nouveau traité de la civilité qui se pratique en France par les honnêtes gens (1671) et un Traité du véritable point d'honneur ou la science du monde (1675). Tous ces ouvrages sont curieux, intéressants et peu communs.

Son Traité de la jalousie est très rare en édition originale.

BEL EXEMPLAIRE EN MAROQUIN ANCIEN. EXEMPLAIRE DÉCORATIF.
VENDU

jeudi 6 octobre 2011

La femme, sa condition sociale depuis l'antiquité jusqu'à nos jours par Alice Hurtrel (1887). Un des 10 ex. sur Japon. Très rare tirage de luxe.



Alice HURTREL
LA FEMME, SA CONDITION SOCIALE DEPUIS L'ANTIQUITE JUSQU'A NOS JOURS, par Alice Hurtrel.

Paris, Georges Hurtrel, artiste-éditeur, 1887. [Paris, Charles Unsinger, imprimeur].

1 volume grand in-8 (29,5 x 20,5 cm), broché, 280-(1) pages, sans couverture imprimée, brochage solide malgré tout, premières et dernières gardes blanches présentes.


ÉDITION ORIGINALE. UN DES 10 EXEMPLAIRES DE LUXE SUR PAPIER JAPON.

Magnifique ouvrage richement illustré de 11 hors-texte dont 3 imprimés en chromolithographie et 8 imprimés en brun ou bleu, très nombreuses vignettes et ornements en noir dans le texte. Plusieurs artistes ont participé à l'élaboration de cet ouvrage, H. Giacomelli et Adrien Marie, peintres, mais également Fraipont, Poirson, Dargent, etc. L'ouvrage a été publié sous la direction de M. Georges Hurtrel.

Cet exemplaire n'a pas été numéroté à la plume comme cela devait être le cas.

Ce livre, comme le précise la note de l'éditeur, Georges Hurtrel, "peut être lu par tous sans exception, par la fille comme par la mère."

Si cet ouvrage parait dans les mêmes moments que Son altesse la femme d'Octave Uzanne (1885), La Française du siècle, mode, moeurs, usages, par le même (1886), ou bien encore à quelques années d'intervalle près La Femme à Paris : nos contemporaines, notes successives sur les Parisiennes de ce temps dans leurs divers milieux, états et conditions (1894) ; il ne faut pas chercher dans l'ouvrage de Madame Hurtrel une peinture similaire de la femme à travers les siècles. On n'y trouvera pas les mêmes coquetteries. La femme de Mme Hurtrel est un ouvrage "sage", empreint de "vertus" et de bons exemples pour faire de la jeune fille de 1887 une femme respectable et sans histoire. Le ton qu'elle emploie est pourtant très agréable et souvent incisif.

Alice Hurtrel qui écrit : "Toutes les femmes, hélas ! n'usent pas de la même façon du pouvoir que la nature leur a donné sur l'homme ; combien, par leurs charmes, ont entraîné de pauvres êtres au désespoir et à la mort, et cela inconsciemment, pour le vain plaisir de briller et d'être les plus belles !" (page 124).

Quelques élans féministes se dégagent du propos : "Il faudrait que l'homme arrivât à considérer la femme comme son égale et qu'il cessât de la regarder comme une idole, devant laquelle on se prosterne, quand elle est dans l'éclat de sa puissance et de sa beauté, et qu'on brise le jour où l'on ne croit plus à ses miracles. Il faudrait que l'homme s'en fît une amie et une compagne." (page 129).

Alice Hurtrel réclame le droit pour les femmes d'être élues députées du peuple et de pouvoir voter.

Voici les différents chapitres traités : la femme dans les sociétés païennes - la femme depuis l'avènement du Christianisme jusqu'à la Renaissance - La femme depuis la Renaissance jusqu'à la Révolution - des différentes formes du mariage - la femme et le Code - de l'influence morale de la femme - les femmes artistes - les femmes écrivains - les femmes sont-elles aptes à toutes les professions ? - la femme chez elle - la femme hors de chez elle - triomphe de la femme : amour et charité.

Alice Hurtrel compte parmi les premières "historiennes des femmes". (Isabelle Ernot, « L’histoire des femmes et ses premières historiennes, XIXe - XXe siècle », Revue d’histoire des sciences, n°16, 2007, p. 165-194.) Alice Hurtrel était probablement l'épouse de l'éditeur Georges Hurtrel, avec qui elle participa à au moins deux autres ouvrages.

Il semblerait qu'Octave Uzanne n'ait pas jugé utile et nécessaire de rendre compte de la parution de cet ouvrage dans la Bibliographie moderne de sa revue bibliographique Le Livre (ne se trouve pas dans les volumes pour 1886 à 1888).

TRÈS BON EXEMPLAIRE, A RELIER. TIRAGE TRÈS RARE SUR PAPIER JAPON.

VENDU

lundi 3 octobre 2011

Arrêt de la cour de Parlement en faveur des femmes mariées (1716). Droit des femmes sous l'ancien régime. Factum peu courant.



[Parlement de Paris]

ARREST DE LA COUR DE PARLEMENT EN FAVEUR DES FEMMES MARIÉES.

A Paris, chez Damien Beugnié, 1716.

16 pages in-4 y compris le titre, dérelié. Bon état, papier rogné de travers sans gravité.

Cet arrêt de la cour du Parlement de Paris a été rendu en faveur des femmes mariées le 18 février 1716. A la page 6 débute sous le titre "factum" le texte de ce dernier : Pour Marguerite-Françoise le Febvre, femme séparée de biens de Rolland Beignot, cy-devant controlleur des rentes, appelante, demanderesse et défenderesse, contre Jean Charles Bigouret, marchand mercier à Paris, les supérieures, religieuses et couvent des Hospitalières de la Miséricorde de Jésus, chanoinesses régulières de Saint Augustin, établies à Paris, grande rue Mouffetard, fauxbourg Saint Marcel, Claude Guerre, bourgeois de Paris, Joseph Thomas, marchand de bois, Nicolas Maunory, bourgeois de Paris et Mathurin de Lestang.

Le résumé des faits : La Damoiselle Le Febvre, femme de Beignot, a eu le malheur d'épouser le sieur Beignot en l'année 1708, auquel elle a apporté en dot la somme de 25.000 livres. Pendant sa minorité son mari l'a forcé à souscrire à nombre de promesses et d'obligations qu'il lui faisait entendre n'être autre chose que des traités considérables dans lesquels il s'associait, etc.

DOCUMENT PEU COMMUN SUR LE DROIT DES FEMMES MARIÉES AU XVIIIe SIÈCLE.

VENDU

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