vendredi 29 janvier 2010

Le Grand Alcandre frustré ou les Amours de Louis XIV par Courtilz de Sandras (1696). Rare première édition.




Gatien de COURTILZ DE SANDRAS


LE GRAND ALCANDRE FRUSTRÉ. OU LES DERNIERS EFFORTS DE L'AMOUR & DE LA VERTU. HISTOIRE GALANTE.

A Cologne, chez Pierre Marteau. 1696.

1 volume in-12 (Hauteur : 130 mm) de 1 frontispice gravé signé Picard, 208 pages y compris le titre à la sphère imprimé en rouge et noir.

Cartonnage à la bradel plein papier ivoire de la deuxième moitié du XIXe siècle (cartonnage d'attente). Petits fendillements du papier au mors supérieur sans gravité, reliure bien conservée. Intérieur frais avec quelques minimes salissures à quelques feuillets. Exemplaire bien complet du frontispice. Il n'y a pas de feuillet paginé 23/24, ce qui est normal et commun à tous les exemplaires, le texte se suit.

PREMIÈRE ÉDITION RARE.

Ouvrage attribué à Gatien de Courtilz de Sandras, infatigable polygraphe, qui signe ici son meilleur roman satyrique, entièrement tourné contre Louis XIV et ses amours tumultueuses. Cet ouvrage rare a pourtant été réimprimé à plusieurs reprises en 1700, 1709, 1717, 1719, 1731, etc (Cf. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes). C'est Paul Lacroix dit le Bibliophile Jacob qui en donne le premier une édition moderne avec des notes en 1874 (rare également car tirée à 100 exemplaires seulement). Paul Boiteau, de son côté, en donne une édition commentée dans le quatrième volume de l'édition de l'Histoire amoureuse des Gaules et divers romans satyriques publiés dans la Collection Elzévirienne (4 vol. in-18, 1855-1876), il y décrit "la finesse ingénieuse et délicate des pensées, qui indique un homme de cour". Bien que ce soit Pierre Bayle, qui le premier, donna cet ouvrage à Courtilz de Sandras dans sa Réponse aux questions d'un Provincial (Tome I, Chap. XXVII), certains bibliographes rechignent pourtant à attribuer ce roman satirique à cet auteur (J. Lombard refuse cette attribution et se rallie à l'observation de P. Lacroix).

Malgré les nombreuses réimpressions anciennes, on ne localise de très peu d'exemplaires du Grand Alcandre frustré dans les dépôts publics français. Le Catalogue Collectif des bibliothèques de France (CCfr) ne fait d'ailleurs ressortir aucun exemplaire de cette première édition de 1696.

Une note ancienne au crayon, du XIXe siècle, indique : "Très rare - Contient les amours secrets de Louis XIV".

La librairie Sourget indique dans la notice consacrée à cet ouvrage (Catalogue XXVI, n°104) que cet ouvrage valut neuf années de prison à la Bastille à son auteur sur les ordres du roi. Nous n'avons pas retrouvé les sources qui permettent d'étayer cette hypothèse. Certains bibliographes se prononcent d'ailleurs en faveur d'un autre ouvrage : les Annales de la cour et de Paris pour les années 1697 et 1698 (Cologne, Pierre Marteau, 1700-1701). A vrai dire on n'en sait proprement rien jusqu'à ce que des preuves formelles ne soient enfin apportées.

Références : Gay-Lemonnier II, 419 ; Barbier II, 557 ; Coulon, Prélude au siècle des Lumières, 7583 , Catalogue de la librairie Sourget XXVI, n°104 (ex. en maroquin vert du XVIIIe siècle - coté 5.500 euros (Printemps 2003).



BON EXEMPLAIRE D'UN LIVRE RARE.

VENDU

mercredi 27 janvier 2010

Monsieur Lecoq d'Emile Gaboriau (1869). Bel exemplaire finement relié à l'époque. Le deuxième volume est en première émission.




Émile GABORIAU

MONSIEUR LECOQ par ÉMILE GABORIAU. I. L'ENQUÊTE. II. L'HONNEUR DU NOM.

Paris, E. Dentu, 1869.

2 volumes in-18 (18,5 x 11,5 cm) de (4)-428 et (4)-567 pages.

Reliure demi-maroquin rouge, écrasé et poli, dos à faux-nerfs soulignés de filets à froid, auteur, titre et tomaison dorés, plats de papier marbré, doublures et gardes de papier marbré, tranches mouchetées (reliure de l'époque). Fraîche et fine reliure de l'époque parfaitement conservée, intérieur très frais, rares rousseurs, papier bien blanc. Un petit accroc sans manque au dernier feuillet du deuxième volume.



PREMIÈRE ÉDITION EN LIBRAIRIE, DONT IL N'A PAS ÉTÉ TIRÉ DE GRAND PAPIER. LE DEUXIÈME VOLUME EST ICI EN PREMIÈRE ÉMISSION.

Le premier volume porte la mention de deuxième édition sur le titre et sort de l'imprimerie de E. Donnaud, rue Cassette, 9 (Paris). Le deuxième volume est en premier tirage, sans mention, il sort des presses de Destenay à St-Amand (Cher).

Émile Gaboriau, avec son Monsieur Lecoq (1869), dans sa recherche d'auteurs de crimes, nous fait passer, comme un Balzac, dans les milieux les plus divers de la société. (Joseph Place, Chronique des Lettres, vol. 1).

C'est dans L'Affaire Lerouge que le personnage de l'inspecteur Lecoq apparait pour la première fois. Les enquêteurs mis en scène par Émile Gaboriau utilisent tous les outils de l'enquête policière standard : recherche et analyse des indices matériels, déductions, filatures, arrestations et interrogatoires, mais l'aspect moral n'est pas absent pour autant, ce qui permet de deviner l'identité des coupables bien avant la fin des livres.

Monsieur Lecoq ? Un tout jeune inspecteur convaincu que les indices peuvent révéler l’auteur d’un crime. Le père Absinthe ? Son fidèle second, bien sûr un peu ballot. L’objet de l’enquête ? Un meurtre sordide à la barrière d’Italie, une nuit de 1860…

Édition populaire par définition, ce roman policier n'a été que rarement bien relié à l'époque et encore moins bien conservé. D'ailleurs notre exemplaire porte le timbre sec de colportage des chemins de fer, signe qu'à l'origine, dans son état broché, il était vendu dans les gares. Le relieur n'a cependant pas cru bon de conserver les couvertures imprimées. La plupart des exemplaires que l'on peut encore rencontrer aujourd'hui ne sont pas à la bonne date ou portent une mention d'édition sur le titre et sont pauvrement reliés et dans un état de conservation presque toujours très médiocre pour ne pas dire très mauvais.

Références : Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, tome I, pp. 801-803 ; Marcel Clouzot, dans son Guide du Bibliophile français n'évoque même pas la personne d'Émile Gaboriau car ce dernier n'était pas alors encore un objet potentiel de bibliophilie.



TRÈS BEL EXEMPLAIRE, FINEMENT RELIÉ A L'ÉPOQUE. LES EXEMPLAIRES DE PREMIER TIRAGE ET DANS UNE AUSSI JOLIE RELIURE SONT AUJOURD'HUI TRÈS RARES.

VENDU

Nous proposons également actuellement un bel exemplaire dans une fine reliure de l'époque du premier tirage de L'Affaire Lerouge (1866).

mardi 26 janvier 2010

La très rare première émission de L'Affaire Lerouge d'Emile Gaboriau (1866) dans une fine reliure de l'époque. Rareté bibliophilique.





Émile GABORIAU

L'AFFAIRE LEROUGE par ÉMILE GABORIAU.

Paris, E. Dentu, 1866. [Imprimerie de Destenay - St-Amand].

1 volume in-18 (Hauteur des marges : 177mm) de (6)-583 pages.

Reliure demi-maroquin prune à grain long, dos à faux-nerfs, filets dorés, titre et auteur dorés au dos, tranches mouchetées, doublures et gardes de papier marbré (reliure de l'époque). Fraîche et fine reliure de l'époque parfaitement conservée, intérieur très frais, rares rousseurs, papier bien blanc. A noter que le grain du maroquin est posé dans le sens vertical.



PREMIÈRE EDITION EN LIBRAIRIE, SANS MENTION, DONT IL N'A PAS ÉTÉ TIRÉ DE GRAND PAPIER.

Cette première émission n'aurait été tirée qu'à 1.500 exemplaires d'après Roger Bonniot (Émile Gaboriau ou la naissance du roman policier, Vrin, 1985). Dès 1869 L'Affaire Lerouge en est à sa cinquième édition. Passé inaperçu dans le journal le journal Le Pays dès 1865, c'est Moïse Millaud, un grand financier de l'époque, qui achète L'affaire Lerouge pour son quotidien Le Soleil en 1866.

Le premier roman de Gaboriau est aussi considéré par les spécialistes du genre comme le premier roman policier de l'histoire de la littérature. "Il prolonge ce que Edgar Poe avait fait en créant en 1841 le genre policier dans ses nouvelles, marquant ainsi la véritable naissance du roman policier." (Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, tome I, pp. 801-803). Émile Gaboriau connait un vif succès de son vivant, et comme feuilletoniste et comme journaliste, il meurt malheureusement prématurément en 1873, âgé de 41 ans, sans avoir pu donner toute l'étendue de son talent d'écrivain populaire.

C'est dans L'Affaire Lerouge que le personnage de l'inspecteur Lecoq apparait pour la première fois. Les enquêteurs mis en scène par Émile Gaboriau utilisent tous les outils de l'enquête policière standard : recherche et analyse des indices matériels, déductions, filatures, arrestations et interrogatoires, mais l'aspect moral n'est pas absent pour autant, ce qui permet de deviner l'identité des coupables bien avant la fin des livres. La question du désordre familial est primordiale dans L'Affaire Lerouge.

Édition populaire par définition, ce proto-roman policier n'a été que rarement bien relié à l'époque et encore moins bien conservé. D'ailleurs notre exemplaire porte le timbre sec de colportage des chemins de fer, signe qu'à l'origine, dans son état broché, il était vendu dans les gares. Le relieur n'a cependant pas cru bon de conserver les couvertures imprimées. La plupart des exemplaires que l'on peut encore rencontrer aujourd'hui ne sont pas à la bonne date ou portent une mention d'édition sur le titre et sont pauvrement reliés et dans un état de conservation presque toujours très médiocre pour ne pas dire très mauvais.

Références : Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, tome I, pp. 801-803 ; Marcel Clouzot, dans son Guide du Bibliophile français n'évoque même pas la personne d'Émile Gaboriau car ce dernier n'était pas alors encore un objet potentiel de bibliophilie.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE, FINEMENT RELIÉ A L'ÉPOQUE.

LES EXEMPLAIRES DE PREMIER TIRAGE ET DANS UNE AUSSI JOLIE RELIURE SONT AUJOURD'HUI TRÈS RARES.

VENDU

Un hymne à la liberté et au droit naturel : Considérations sur les rapports qui lient les hommes en société par D.-F. Donnant (1800).





DONNANT (D.-F.) [peut-être donné d'après l'anglais de D. Brown]

CONSIDÉRATIONS SUR LES RAPPORTS QUI LIENT LES HOMMES EN SOCIÉTÉ ; ou DES ÉLÉMENTS DE L'ORGANISATION SOCIALE. Traduit de l'anglais, du D. Brown, sur la troisième édition, avec un Discours préliminaire et des notes. Par le C. D. F. Donnant.
Paris, chez Obré, libraire, An VIII. (1800). De l'imprimerie de Sétier et Compagnie (Paris).

1 volumes in-8 (193 x 122 mm) de (4)-4-XL-205-(1) pages.

Dérelié, couverture factice en papier marbré de la première moitié du XIXe siècle, dos muet, tranches rouges. Petite mouillure en bordure supérieure des premiers feuillets, sans gravité. Rares rousseurs. Exemplaire frais. Le feuillet paginé 97/98 qui manquait a été remplacé par un feuillet blanc (nous fournissons le texte en déficit d'après un exemplaire conservé en dépôt public - photocopie).

ÉDITION ORIGINALE.

Voilà bien un texte plein de mystère quant à sa genèse. Il apparait que cet ouvrage, pourtant donné d'après le titre sur une troisième édition de l'original anglais du docteur Brown, est en fait un ouvrage original publié ici pour la première fois en 1800 par M. Donnant. On ne trouve trace nulle part de ce soit disant ouvrage original anglais. Comme l'indique Donnant dans son discours préliminaire, cet ouvrage vient au bon moment faisant suite aux "orages de la Révolution". Cet ouvrage tente de répondre aux trois questions suivantes : 1. Sous quels rapports peut-on dire que les hommes sont égaux ? 2. Quels sont les droits qui résultent de cette égalité ? 3. Quels sont les devoirs qu'elle nous impose ? Le système du Docteur Brown (Donnant?) ne peut convenir "ni aux fanatiques de liberté, ni aux partisans du despotisme : les uns et les autres n'écoutant jamais que les passions qui les animent.

C'est un livre rempli de sagesse et belles vues. Les maximes et les principes mis en avant sont modérés et aboutissent à la conclusion que " (ce système) ... assure à chaque individu la garantie de ses droits les plus chers, en les établissant sur la base solide et immuable du bonheur commun. En effet, si le riche emploie sa fortune à soulager les besoins du pauvre, si celui-ci travaille pour procurer de l'aisance et des agrémens aux riches ; si les grands font usage de leur pouvoir et se servent de leur autorité pour protéger l'homme foible et sans défense ; si le sage, le savant et l'homme de génie emploient leurs talens à instruire et à éclairer les ignorans et les simples ; enfin, si chacun fait part à ses concitoyens d'une portion des talens et des avantages qu'il possède, il est impossible qu'on les lui envie, puisqu'on n'en profite pas moins que si on les possédait soi-même. Car aucun individu ne pourroit cultiver seul, avec le même degré de perfection, les divers talens qui sont nécessaires au bonheur commun ; tandis qu'étant distribués entre un grand nombre d'individus, ils sont portés au plus haut point de perfection dont ils soient susceptibles. (...)"

Denis-François Donnant, né en 1769, a donné plusieurs ouvrages sur la statistique mais également un autre ouvrage dans le goût de ces Considérations : Le Contemplatif, ou Pensées Libres sur la Morale, la Politique et la Philosophie. A Paris, chez Batilliot jeune, an XI - 1803.

Références : Quérard I, 530 ; Montglond V, 221.

Note : des investigations sont actuellement toujours en cours à propos de cet ouvrage négligé par les bibliographes.

BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE RARE.

Prix : 400 euros

lundi 25 janvier 2010

Le cri de liberté de Désyr Ravon, poète prometteur "révolutionnaire en tout", mort à 30 ans (1870).





Désyr RAVON

LES LIBERTINES - IAMBES.

Paris, Librairie internationale, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, à Bruxelles et Livourne, 1870.

1 volume in-12 (18 x 11 cm) de 56-(1) pages.

Reliure demi-toile chagrinée rouge, titre doré en long (reliure de l'époque).

ÉDITION ORIGINALE RARISSIME.

Il faut lire ici le mot libertin dans le sens libertaire.

Désyr Ravon (il semble que ce soit son vrai nom ??), était un poète charentais, mort à 30 ans, en décembre 1878. On apprend dans un des seuls articles nécrologiques qui lui est consacré, que ses funérailles eurent lieu au Pontouvre, près d'Angoulême. Ce poète, qui était un savant, nous dit-on, avait remporté le premier prix de mathématiques au concours entre tous les lycée de France. Il était par ailleurs vice-président de l'Académie des Muses santones. On lit aussi que M. Victor Billaud avait consacré une étude à Ravon dans la Chronique charentaise du 24 novembre 1878, feuille hebdomadaire imprimée à Saint-Jean d'Angély par Lemarié. Voici ce qui y était écrit :

"Pendant que d'autres rééditent à grand peine, dans un langage toujours uniforme, les banalités des impressions reçues dans tous les pays et dans tous les temps, Désyr Ravon étale avec savoir, sous nos regards éblouis, une multitude de détails qui, avant Baudelaire et Leconte de Lisle, nous étaient complètement inconnus. A côté de pièces philosophiques de la plus haute portée, on rencontre à chaque instant dans ses oeuvres, alternativement avec les ravissants paysages, des soleils, des aubes, des matins dont l'azur imite les agates, des rubis, des turquoises, des saphirs, des profusions de pierreries et d'or disposés en colliers, en bracelets, en bagues, en pendeloques, et toutes ces teintes, tous ces mirages, tous ces bijoux qui chatoient dans les phrases de son style magnifique et savant, ces expressions techniques puisées dans tous les vocabulaires, ces détails multiples et précis qui font miroiter l'imagination par la variété de leurs couleurs éclatantes ; tout cela est à la fois son lot et l'ensemble des attributs de l'art tel qu'il l'envisage. Désyr Ravon est un de nos plus grands espoirs, à nous les jeunes, et dès aujourd'hui Victor Hugo a pu lui écrire : "Il y a à cette heure une noble légion d'esprits en marche. Cet essaim de poètes s'envole dans l'aurore. Vous êtes un de ceux qui planent le plus haut. Votre poésie est altière en même temps que douce, et j'aime en elle l'âpre accent de la liberté !"

Désyr Ravon, d'après ce document, aurait publié trois recueils, seulement. Roses noires (1875), les Poèmes contemporains (1876) et les Oiseaux sauvages (inconnu au CCfr ?).

Ce mince volume des Libertines est composé de cinq longs poèmes en vers intitulés Les deux siècles, Le cirque, Les aînés, Dix-huit ans après et Les jeunes.

On lit, dans la revue de l'époque, le Polybiblion (p. 123, année 1878), à propos du recueil Poèmes contemporains :

"Les Poèmes contemporains étaient à leur première page une de ces lettres hyperboliques dont M. Hugo a le privilège. M. Désyr Ravon est un reflet du maître ; antithèses gigantesques, trivialités, rythme sonore, il a cherché à copier M. Hugo et n'y a quelquefois pas mal réussi, surtout quand il a voulu imiter les étrangetés du grand poète. On pourrait croire alors une parodie." On lit plus loin :

"M. Ravon est trop révolutionnaire en tout pour s'inquiéter des lois de la grammaire et du goût. En politique, il aime Danton et traite les députés de séniles caboches ; en fait de croyance, il est athée et espère que ses restes se confondront dans le grand tout, que son sang servira à colorer les fruits, que ses os feront du marbre, que ses cheveux blondiront dans l'or des moissons."

Et le commentateur termine :

"Il eût manqué à ce volume (Poèmes contemporains) quelque chose, si on n'y eût trouvé une ode à Garibaldi, et il eût manqué quelque chose à cette ode, si on n'y eût trouvé une insulte à notre armée."

Voici quelques vers qui donnent assez bien le ton de cet auteur.

Eh bien, je suis comme eux pauvre, inconnu, poète ;
Irai-je donc jongler, comme eux,
Avec les rimes d'or, dans quelque blonde fête,
Pour m'asseoir au banque joyeux ?
Moi, le doux pélerin qu'on voit le long des haies,
Errer du bleu des cieux et du rouge des baies,
Qu'en passant récolte ma main,
Le paresseux ami des longs loisirs sans règles,
Des siestes sous les bois penchés,
Des oiseaux effarés s'abattant dans les seigles,
Des boeufs dans les herbes couchés,
Le rêveur que ravit la rougeur aurorale,
Le fou, qui suit, les yeux brillants,
Dans les Ethers glacés, la lune douce et pâle
Que frôlent les nuages blancs,
Irais-je donc, pliant mon échine aux courbettes,
et mon âme aux cupidités,
Comme un clown harnaché de fils et de sonnettes,
Eveiller les ris hébétés,
Et triste, sous mon masque, à la sottise lourde,
Au vice de cordons paré,
A la lâcheté basse, à la trahison sourde,
au parasitisme doré,
Prodiguer platement mes douces flatteries
Et mes éloges emmiellés,
Pour voir davant mes pas (faveurs dignes d'envies,)
S'ouvrir les palais crénelés ?

Les deux siècles, chant IV

Non, car c'est toi que j'aime, ô liberté sacrée !
Jeune, j'ai mordu ton sein blanc,
Et j'ai de tes baisers dans mon âme enfiévrée
Gardée le souvenir brûlant.

Les deux siècles, Chant V (premiers vers).
Désyr Ravon, août 1869.

BON EXEMPLAIRE.


VENDU

Les tablettes d'un libre-penseur par Dom Jacobus (1879). Henry Kistemaeckers éditeur et préfacier. Anticléricalisme et société.




DOM JAOBUS [pseudonyme de Charles POTVIN ]

TABLETTES D'UN LIBRE-PENSEUR.

Bruxelles, chez Henry Kistemaeckers, éditeur, 52, rue royale, 1879. Achevé d'imprimer le 20 décembre 1879 par Alfred Lefèvre pour Henry Kistemaeckers, éditeur, Bruxelles.

1 volume in-18 (16 x 10,5 cm) de (4)-314-(1) pages.

Reliure demi-basane bleue, dos lisse, filets dorés, plats de papier granité, doublures et gardes de papier marbré (reliure de l'époque). Reliure fraîche. Petite éraflure discrète. Intérieur en parfait état, sans rousseurs.

PREMIÈRE ÉDITION EN LIBRAIRIE.

Voici le compte-rendu anonyme qui en est fait dans la revue Le Livre dirigée par Octave Uzanne :

"Dom Jacobus est le pseudonyme d'un écrivain belge d'une singulière vigueur, M. Charles Potvin, connu surtout par un ouvrage intitulé : l'Eglise et la Morale, où, avec une àpreté parfois brutale, il a essayé de prouver, après Fenerbach, que toutes les idées fausses, éparses dans le monde moderne en fait de morale, sont venues du christianisme. La même âpreté se retrouve dans ces Tablettes d'un libre-penseur, recueil d'articles et de travaux originairement publiés dans divers journaux ou revues, la Nation, le National, la Revue trimestrielle et la Revue de Belgique. Ces études forment une série d'énergiques revendications contre les agissements et les empiétements du clergé, si remuant et si tenace en Belgique où, par le libre jeu des institutions, il devient de temps à autre le parti dominant et remet immédiatement en question tous les progrès réalisés malgré lui ; on ne fait que lui reprendre ce qu'il a usurpé. Mais tel est le pli que le christianisme a, de longue date, imprimé à la civilisation moderne, que toute revendication d'une liberté laïque, d'une liberté issue du droit naturel et par conséquent bien antérieure au droit canon, a l'apparence d'une révolte. L'esprit du livre est nettement formulé dans ce passage : « Le premier ennemi de la civilisation est le christianisme, non seulement dans ses représentants égarés, mais dans son essence, sa nature, ses dogmes. Toutes les sciences humaines convergeant vers cette magnifique unité de la philosophie des nations se lèvent contre lui et portent témoignage. Une religion qui ne se sert pas du nom de Dieu pour élargir chaque jour l'horizon de l'intelligence et de la vie humaine, est coupable de lèse-humanité. L'œuvre du XVIIIe siècle est à continuer avec de nouvelles lumières et en appuyant, sur la philosophie positive de la raison, une critique devant laquelle les portes de l'Église ne tiendront pas plus qu'un grain de sable au soufile des tempêtes. » Dom Jacobus poursuit la démonstration de ses théorèmes dans une série d'articles où toutes les revendications de la libre-pensée se trouvent déroulées, non d'après un plan conçu à l'avance, mais au fur et à mesure des événements contemporains, qui en font toucher du doigt la légitimité, la nécessité. Nous signalons comme frappés au bon coin les chapitres sur le mariage civil et l'enterrement civil ; le récit de l'exécution, en 1854, de trois pauvres sous-officiers que Pie IX fit guillotiner, cinq ans après la prise de Rome, pour des faits se rattachant à l'insurrection républicaine de 1849; le Mandement du rationalisme, verte réplique aux homélies épiscopales ; le Faux miracle du Saint-Sacrement, à propos d'un jubilé que le parti catholique voulait célébrer en 1870, pour éterniser le souvenir d'un de ses plus odieux actes de fanatisme, accompli en 1370 ; enfin, une lumineuse analyse du beau livre, si peu connu, de Charles Renouvier, L'Uchronie, dans lequel l'éminent philosophe positiviste, se demandant ce qu'il serait advenu de la civilisation gréco-latine si une religion nouvelle ne lui avait apporté les plus actifs ferments de dissolution, a refait l'histoire du moyen âge et des temps modernes dans l'hypothèse d'une Europe échappée au christianisme." (Le Livre, volume 1, p. 120).

Le volume s'ouvre sur une préface-manifeste de l'éditeur libertaire Henry Kistemaeckers. Le titre du volume porte la marque de l'éditeur avec la devise "Pas de devoirs sans droits".

"L'histoire de la Libre Pensée moderne aurait autant d'utilité que d'intérêt. On y verrait le travail incessant et non achevé du génie de la Révolution contre l'esprit du cléricalisme, en faveur de l'affranchissement de la raison et de la loyauté des moeurs. Le temps est loin où la démocratie pactisait avec l'église, lui laissait l'inspection de l'enseignement et la bienfaisance publique, lui demandait de bénir les arbres de liberté des Républiques, ainsi que le berceau, le mariage et la tombe des libre-penseurs ! (...)" Préface, H. Kistemaeckers.

Localisation : Aucun dépôt française ne semble posséder un exemplaire de cet ouvrage. Nous avons pu en localiser un exemplaire à la Bibliothèque Royale de Mariemont (Belgique). Quelques exemplaires seulement dans les catalogues de bibliothèques étrangères.

BEL EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE PEU COMMUN.

VENDU

jeudi 21 janvier 2010

Abbé de Mably, Entretiens de Phocion sur le rapport de la morale avec la politique. Traité utopiste sur l'égalité et la justice sociale (1783).




Abbé de MABLY ( Gabriel Bonnot)

ENTRETIENS DE PHOCION, SUR LE RAPPORT DE LA MORALE AVEC LA POLITIQUE. Traduits du grec de Nicoclès, par M. l'abbé Mably.

Se trouve à Paris, chez Bailly et Lamy, 1783. De l'imprimerie de Benoît Morin, rue St-Jacques.

3 volumes in-18 (128 x 80 mm) de LVIII-(2 bl.)-132 pages ; (4)-(2 bl.)-128 pages et (6)-paginé 129 à 260.



Reliure plein maroquin rouge, dos lisses ornés de filets gras horizontaux délimitant des caissons ornés chacun d'une petite fleurette, riche encadrement de filets pointillés, perlés et torsadés sur les plats, roulettes dorées en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de soie vert d'eau, tranches dorées (fine reliure de l'époque attribuable à Bradel-Derome). Quelques infimes frottements à peine visibles, dos uniformément passés, intérieur frais avec quelques rousseurs sporadiques. Belle impression sur papier fort.

NOUVELLE ÉDITION.

La première édition de ce traité utopiste sur l'égalité et la justice sociale a paru en 1763 (1 vol. in-12). C'est un des plus importants ouvrages de l'abbé Mably (1709-1785). Historien, philosophe moral et politique, Mably, qui était le frère de Condillac, qui donne ici sous la forme fictive d'un dialogue entre Phocion (Mably) et Aristias (le marquis de Chastellux - cette hypothèse est parfois remise en question), développe l'idée suivant laquelle le bonheur des nations est fondé sur le progrès des mœurs et non sur le progrès technique. Mably prône le mépris des richesses et une société égalitaire que le politique doit s'attacher à rendre vertueuse. On y trouve les prémisses des théories pré-communistes développées plus tard dans De la législation (1776).



Dans cette nouvelles édition, de belle facture, il est curieux de noter que le titre du premier volume ne porte aucune tomaison alors qu'il se termine bien par les mots "Fin du tome premier". Les deuxième et troisième tomes sont en pagination continue (on trouve ainsi souvent cet ouvrage relié en 2 volumes seulement, mais c'est bien trois pages de titre qu'il faut). Par ailleurs, autre curiosité, nous avons trouvé trace d'un exemplaire relié en 2 volumes par Derome avec l'adresse de Bailly sur les titres mais sortant de l'imprimerie de Didot (exemplaire sur vélin), voir Bulletin de la librairie Morgand et Fatout, n°11.490 (maroquin vert de Derome, 2 vol., 200 francs). Il en existait au moins six exemplaires imprimés sur peau de vélin et référencés par Van Praet (n°29 du catalogue Van Praet - ex. de la bibliothèque privée de Louis XVI - Mc-Carthy - Bibliothèque de M. R. Paris - un autre d'une bibliothèque vendue en 1809 - etc).

Notre exemplaire a cela d'exceptionnel qu'il se présente finement relié en maroquin rouge décoré de l'époque. Nos recherches nous ont conduit à attribuer à Bradel-Derome. Cette reliure présente en effet de grandes similitudes dans les décor des plats ornés de filets avec un exemplaire de la Pucelle de Voltaire (1799), n°5 du catalogue 12 de la librairie Heino Meyer à Genève.

Références : Tchemerzine-Scheler IV, 249b ; INED, 2992 ; Cioranescu, 41171. (Première édition).



BEL EXEMPLAIRE DANS DE FRAICHES RELIURES ATTRIBUABLES A BRADEL-DEROME.

RARE EN MAROQUIN DE L'ÉPOQUE.

VENDU

mardi 19 janvier 2010

Un très beau livre d'heures enluminé à la fin du XIXe siècle (1889). Superbes compositions de Mme L. Rousseau réhaussées d'or et en couleurs à la main




LIVRE D'HEURES.

Compositions de Me L. Rousseau.

Bouasse-Lebel et Massin, imprimeurs-éditeurs, 1889.

1 volume in-8 carré (20,5 x 16,5 cm) de 1 feuillet manuscrit calligraphié et enluminé (ex dono), 1 frontispice enluminé, 1 feuillet de titre enluminé, 44 feuillets enluminés et 1 feuillet (marque du libraire).



Reliure plein maroquin rouge, dos à nerfs richement orné aux petits fers, double encadrement de filets dorés sur les plats avec fleurettes en écoinçons, encadrement intérieur décoré d'une large roulette dorée et de filets dorés, doublures et gardes de moire rouge, tranches dorées (reliure de l'époque non signée mais probablement sortie des ateliers de la maison d'édition Bouasse-Lebel). Quelques légères ombres au maroquin sur le plat supérieur, sinon reliure parfaitement conservée, intérieur très frais. Quelques brunissures à quelques pages. Beau papier vélin crème épais. Volume entièrement monté sur onglets.



UNIQUE ÉDITION DE CES HEURES IMPRIMÉES ET RICHEMENT ENLUMINÉES A LA MAIN.




Il ne faut pas confondre ce livre d'heures dont le texte a été imprimé en noir et entièrement enluminé à la main au pinceau avec des productions industrielles de l'époque en chromolithographie. Il s'agit ici d'un exceptionnel travail manuel de décoration pour chaque page. Chaque page reprend un modèle différent emprunté aux siècles du Moyen-âge à la Renaissance. L'ouvrage se compose de trois parties, l'Ordinaire de la Sainte Messe, des Prières pour la Communion, et pour finir quelques feuillets pour les Souvenirs de Famille (encadrement enluminé - feuillets restés vierges).

Comme l'indique le premier feuillet manuscrit calligraphié, ce volume a été offert à Louis Ferrand en souvenir de sa première communion (école de Pont-Devoy - 23 juin 1895 - signé D. Courard). On joint une carte de souvenir de première communion calligraphiée.



La richesse des décors de chaque page et la délicatesse du posé des couleurs font de ce livre de piété un ouvrage tout à fait à part parmi les ouvrages de ce genre dans la production imprimée de cette fin de XIXe siècle. Nous avons pu comparer avec quelques autres exemplaires de ce même ouvrage, il s'avère que tous sont enluminés de manière différente, avec pour quelques uns une enluminure incomplète. Notre exemplaire est intégralement mis en couleurs.



TRÈS BEL EXEMPLAIRE.

VENDU

lundi 18 janvier 2010

La vie de Jésus par Ernest Renan (1863). Edition originale recherchée en reliure de l'époque. Lettre autographe signée à propos de cet ouvrage.





Un des plus grands scandales de librairie au XIXe siècle.


Ernest RENAN

VIE DE JÉSUS par Ernest Renan, membre de l'Institut.

Paris, Michel Lévy frères, 1863. Imprimerie de J. Claye, rue Saint-Benoît, 7 (Paris).

1 volume in-8 (228 x 145 mm) de LIX-462 pages et 1 feuillet non chiffré (marque de l'imprimeur).

Reliure demi-chagrin noir, dos à nerfs orné, plats de papier marbré, doublures et gardes de papier peigne, tête peigne, non rogné, les couvertures n'ont pas été conservées (reliure de l'époque). Belle reliure de l'époque, parfaitement conservée. Intérieur frais, pratiquement sans rousseurs.

ÉDITION ORIGINALE.

Exemplaire de premier tirage, sur papier ordinaire (il n'a été tiré de cette première édition que 20 exemplaires sur papier vergé - évidemment très rares et très recherchés).

Bien qu'imprimé à assez grand nombre, cette première édition, sans mention sur le titre, est toujours recherchée.

Cette première édition a été mise en vente le 22 mai 1863. La 12e édition est de 1864. Le tirage est estimé à plus de 168.000 exemplaires dès fin 1864.

"Cette conception d'un Christ romantique, philosophe incomparable, avait été renforcée par le séjour au Liban et en Galilée où il avait trouvé dans la nature et les gens "un cinquième évangile" comblant les insuffisances de la documentation historique de Jésus. L'imagination du poète-écrivain a fait de son livre une œuvre d'art qui survit aux critiques des historiens plus radicaux qui l'ont suivi." (Roger Pierrot, En français dans le texte, 285).

Ce livre fit immédiatement scandale. Le pape Pie IX, très affecté, traita Renan de « blasphémateur européen », et en 1864, le ministre de l'Instruction publique Victor Duruy supprima son cours.

"Même ceux qui ne croyaient pas en lui étaient frappés de ces actes et cherchaient à en être témoins. Les païens et les gens peu initiés éprouvaient un sentiment de crainte, et cherchaient à l'éconduire de leur canton. Plusieurs songeaient peut-être à abuser de son nom pour des mouvements séditieux. Mais la direction toute morale et nullement politique du caractère de Jésus le sauvait de ces entraînements. Son royaume à lui était dans le cercle d'enfants qu'une pareille jeunesse d'imagination et un même avant-goût du ciel avaient groupés et retenaient autour de lui." in Vie de Jésus, Miracles, Chap. XVI.



ON JOINT UNE LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE ADRESSÉE A L'IMPRIMERIE DE JULES CLAYE :

"Monsieur, la feuille 6 est-elle sous presse ? Si on n'a pas encore commencé à la tirer, renvoyez-la moi pour une petite addition, je la renverrai demain (barré), ce soir. Mille compliments. E. Renan. Remettez l'épreuve à la domestique qui porte ce billet." Ce billet est adressé à MM. Ollmer ou Friand, chez M. Claye, rue St-Benoît, 7, Paris.

Émouvant document (non daté) qui prouve, si cela était nécessaire, combien Renan donnait d'importance au suivi de son travail jusque chez l'imprimeur et aux moindres corrections à apporter à son livre.

Références : Clouzot, 231 ; En français dans le texte, n°285 ; Vicaire VI, 1016.


Provenance : De la bibliothèque de Patrice Salin, avec son bel ex libris gravé par Stern (Paris). Petite étiquette d'un extrait d'un ancien catalogue de librairie "Édition originale devenue très rare. 125 fr. (broché, avec les couvertures)".

BEL EXEMPLAIRE, PARFAITEMENT CONSERVÉ DANS SA JOLIE RELIURE DE L'ÉPOQUE.

VENDU

dimanche 17 janvier 2010

Quelques traités philosophiques d'Agostino Nifo. Première édition vénitienne rare (1535).




AGOSTINO NIFO, en latin Augustinus Niphus, (vers 1473 - 1539)

PRIMA PARS OPUSCULORUM MAGNI AUGUSTINI NIPHI MEDICES PHILOSOPHI Suessani, in quiq. libros divisa, secundum uarietatem tractandorum, ab ipso met nuper in lucem edita. Contenta librorum sequenti indice monstrantur.

Venetijs. M. D. XXXV. Impressum Venetijs per Petrum de Nicolinis de Sabio. Impensis Domini Octaviani Scoti. Anno domini. M. D. XXXV. [Venise, des presses de Scotus pour Nicolas de Sabio].

1 volume petit in-4 (210 x 153 mm) de 4 feuillets non chiffrés (titre et tables), 134 pages et 1 feuillet blanc. Dérelié, cahiers solidement cousus sur nerfs de cuir. Le premier cahier a été lavé puis remonté, caviardage au titre réparé avec un papier ancien, petites piqures de vers dans les deux derniers feuillets imprimés et le dernier feuillet blanc, sans gravité. Intérieur frais. Belle impression en caractères italiques. Belle marque sur le titre.

PREMIÈRE ÉDITION.

Ce volume rare contient cinq traités du philosophe Agostino Nifo, De vera vivendi libertate libri duo, De divitijs liber unus, De his qui in solitudine apte vivere possunt liber unus, De sanctitate & prophanitate libri duo, et enfin De misericordia liber unus.

Ces traités ont été rédigés entre 1530 et 1533. Nifo était alors un philosophe reconnu, auteur d’une œuvre considérable. Après de brillantes études à l’Université de Padoue, l’une des universités italiennes les plus renommées à la fin du XVe siècle, il obtint la chaire extraordinaire de philosophie dès l’âge de vingt-trois ans, et trois ans plus tard, la chaire ordinaire. Il enseigna ensuite dans de nombreuses autres universités, à Rome notamment, protégé par le pape Léon X, ou encore à Pise, avant de s’attacher définitivement à Salerne. Malgré cette carrière remarquable, à la fois universitaire et aulique, représentative des philosophes, écrivains et artistes de son temps, Agostino Nifo reste un philosophe sinon inconnu, du moins largement méconnu. En revanche, les trente dernières années ont vu se développer, surtout chez les chercheurs anglo-saxons, des études précises sur la partie logique et scientifique de la pensée de Nifo en même temps qu’était mise en lumière l’importance de la pensée aristotélicienne dans l’Italie des XVe et XVIe siècles. (Cf. Résumé de l'édition critique, traduction, introduction et notes par L. Boulègue. 2003. De pulchro et amore (Du beau et de l'amour.) I. De pulchro liber (Le Livre du beau).

L'ensemble de ces opuscules fort rares, fut réimprimé à Paris par les soins de Gabriel Naudé en 1645, sous le titre d'Opusculia moralia et politica, cum Gabrielis Naudaei etc.

"Dans ces opuscules de philosophie morale, écrits dans la dernière partie de la vie de Nifo, se révèle la pensée de l'auteur, alors parvenue à son point d'aboutissement, à travers des questions qui étaient parfois dans l'air du temps. (...)" in Vivre pour soi, vivre dans la cité de l'antiquité à la Renaissance, par Perrine Galand-Hallyn, Carlos Lévy, p. 139.



BON EXEMPLAIRE, DÉRELIÉ, COMPLET.

OUVRAGE PEU COMMUN.

VENDU

vendredi 15 janvier 2010

La première traduction française des Oeuvres de Lucien de Samosate par le bourguignon Filbert Bretin (1581). Belle illustration.





LUCIEN DE SAMOSATE de la traduction de Filbert BRETIN.

LES ŒUVRES DE LUCIAN DE SAMOSATE PHILOSOPHE EXCELLENT, NON MOINS UTILES QUE PLAISANTES : traduites du Grec, par FILBERT BRETIN AUSSONOIS, DOCTEUR EN MÉDECINE. Repurgées de paroles impudiques & profanes.

A Paris, pour Abel L’Angelier, 1581.

3 tomes en 1 volume in-folio (34,5 x 23 cm) de 8 feuillets non chiffrés (titre, épître à Guillaume de Saulx seigneur de Tavannes, poésies au traducteur par divers auteurs, table, avis au lecteur, extrait du privilège), 856 pages chiffrées (avec de nombreuses erreurs), 6 feuillets non chiffrés de table des sentences. Très belle et grande marque d’Abel L’Angelier sur le titre. Pagination continue.



Reliure plein veau brun avec médaillon central doré entièrement restaurée (reliure de l’époque). Volume entièrement remonté, dos refait avec anciens morceaux de l’ancien dos d’origine conservés, coins restaurés, épidermures sur les plats. Page de titre restaurée dans la marge intérieure sans atteinte au texte. La garde volante à la fin du volume a été refaite. Reliure solide. Intérieur très frais avec quelques rousseurs claires à quelques feuillets seulement. Exemplaire dont les pages 352 et 357 (cahier Gg) sont restées vierges suite à une erreur d’imposition lors du tirage sous la presse. Cette erreur ne se retrouve pas dans d’autres exemplaires que nous avons pu consulter. Nous fournissons en copie les deux pages restées blanches. Très nombreuses lettrines historiées de différentes tailles.



PREMIÈRE ÉDITION DE CETTE TRADUCTION ET PREMIÈRE TRADUCTION DES ŒUVRES DE LUCIEN EN FRANÇAIS.



TRES BELLE EDITION ILLUSTRÉE DE HUIT TRÈS JOLIS BOIS GRAVES A MI-PAGE (153 x 120 mm).

Cette édition rare, dont les très-belles illustrations finement gravées sur bois sont rarement citées, se trouve ordinairement avec la date de 1582 ou 1583, les exemplaires datés 1581, véritable date d’impression et dont l’achevé d’imprimer est du 20 mai 1580, est une qualifiée de « a bibliographical discovery » par L. Goldschmidt, in Illustrated books from the Renaissance to the present, catalogue de vente paru à New York (non daté), n°40. (Cf. catalogue Harvard). L’édition de 1582 n’est autre que celle de 1581 avec un titre de relais, sans doute émis pour les besoins d’une remise en vente dans l’année qui suivit l’impression.

C’est la première traduction française des Œuvres complètes de Lucien. Le traducteur, Philbert ou Filbert Bretin (vers 1550 – 1595), originaire de la ville d’Auxonne en Bourgogne, était médecin. Bretin était un des collaborateurs de la Cosmographie universelle de Thevet (1578). Il publia également des poésies en 1576. Notre exemplaire est signé de la main de Filbert Bretin au bas du titre.



Plus qu’une traduction fidèle, c’est surtout une adaptation du texte du satiriste grec, écrivain grec du IIe siècle. La carrière de Lucien de Samosate, sculpteur malgré lui avant de devenir un rhétoricien accompli, rappelle celle de ces humoristes contemporains, tous un peu cyniques, qui font fortune en allant de ville en ville et de pays en pays, amuser les foules en se moquant des dieux du jour ou en parodiant les classiques. Même s'il connaissait bien les diverses écoles philosophiques, celles de Platon et d'Épicure notamment, Lucien n'était ni philosophe, ni moraliste comme Plutarque l'a été au même moment. Son but n'était pas d'édifier mais d'amuser. Et s'il eut une doctrine, elle consista à parodier les doctrines. Quant à son ironie, elle était plus cynique que socratique. On le reconnait également pour être le premier auteur de science-fiction (il imagine la conquête de l’espace… Son explorateur de l’espace découvre une peuplade sélénite qui dispose d’un système d’observation sonore et visuel universel. On peut y voir la première préfiguration de la radio et de la télévision). C’est également à Lucien que l’on doit le portrait du Bibliomane avant l’heure : contre un ignorant ayant grande multitude de livres (pp. 618-625).

Provenance : de la bibliothèque de l’avocat dijonnais Toussaint Bullier (XVIIIe siècle), avec son ex libris armorié gravé collé au contreplat. Exemplaire avec la signature du traducteur, Philbert Bretin, au bas du titre, ainsi qu’une autre signature ancienne FBriet (XVIe siècle), sans doute le destinataire de ce volume offert par le traducteur.

Références : Abel L'Angelier et Françoise de Louvain : Un couple de marchands libraires ... par Jean Balsamo, Michel Simonin, n°57. La Croix du Maine II, pp. 224-225 ; Gouget XII, 364.

Localisation : Paris (Bnf) pour l’édition de 1581. Les quelques autres exemplaires repérés dans les dépôts publics français sont tous datés de 1582 ou 1583.



BON EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE RARE.

BELLE ILLUSTRATION.

VENDU

lundi 11 janvier 2010

Histoire de l'Estat de France sous François II par Régnier de La Planche (1576). Rare édition originale. Réforme et guerres de religions au XVIe s.




Reliure de la fin du XVIIe siècle.


ANONYME [Louis Régnier de La Planche]

HISTOIRE DE l'ESTAT DE FRANCE, TANT DE LA RÉPUBLIQUE QUE DE LA RELIGION: SOUS LE RÈGNE DE FRANÇOIS II.

Sans nom, sans lieu, M. D. LXXVI. [1576].

1 fort volume in-8 (15,5 x 10,5 cm) de 765-(34) pages.

Reliure plein veau brun, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin havane, tranches mouchetées de rouge, gardes blanches (reliure de la fin du XVIIe siècle). Reliure très bien conservée, dos très décoratif, coins légèrement frottés. Il manquait 2 feuillets (4 pages) lors de la reliure exécutée à la fin du XVIIe siècle, ceux-ci ayant été remplacés, au moment de la reliure par 4 feuillets manuscrits (belle écriture parfaitement lisible). Il s'agit des feuillets paginés 19/20 et 29/30. Exemplaire rogné très court en tête avec perte du titre courant pour les 300 premières pages environ. Une phrase en partie biffée (censurée) page 300 "à ce bougre de pape". Plusieurs signatures ex libris anciennes sur le titre. La page de titre est légèrement salie. Quelques feuillets légèrement salis au début du volume. Quelques feuillets anciennement remontés (au XVIIe siècle) dont le titre et quelques feuillets à la suite. Collationné complet.



Photo-montage noir & blanc de la page de titre.
Photographie non contractuelle.



PREMIÈRE EDITION DE CET OUVRAGE RARE.

Régnier de La Planche était un zélé fervent de la Réforme. " (...) l'historien n'a jamais pu dépouiller le huguenot. Sa partialité pour l'église réformée se révèle à chaque page. Heureusement la violence même de ses sarcasmes contre Rome et le clergé catholique tient en défiance contre la sévérité de ses accusations. Comme il était avant tout honnête homme, nous devons lui rendre la justice de dire qu'il ne fait jamais à ses opinions religieuses le sacrifice d'une vérité. Doué d'un esprit enclin à la satire, il s'abandonne souvent à ce penchant ; mais c'est plutôt dans la manière dont il juge les faits que dans l'énoncé des faits mêmes qu'il montre ses doctrines. Ses contemporains reconnaissent tous sa véracité, et nous n'avons trouvé les événements qu'il raconte contestés par aucun historien de son temps. Ceux-là même qui blâment ses opinions et qui les combattent le plus vivement, reconnaissent son exactitude et sa sincérité. Nous avons donc préféré cet historien à tout autre , d'abord parce qu'il nous a paru rapporter le plus de faits curieux sur cette intéressante époque de notre histoire, ensuite parce que, malgré quelques longueurs de détail, sa narration se fait remarquer par un style clair, animé , rapide et souvent pittoresque. Elle est semée de réflexions profondes, d'observations fines, de comparai sons ingénieuses et même de discours éloquents. La Planche déploie fréquemment une merveilleuse érudition historique et une connaissance complète de la législation française. Ce n'est donc pas seulement l'extrême rareté des exemplaires de son histoire, dont la dernière édition est de 1626, qui nous a déterminés à la comprendre dans notre collection, c'est plutôt encore le mérite réel et incontestable de cet historien. (...)" in Ed. Mennechet, Sur Régnier de La Planche, édition Téchener, 1836, 2 volumes.

On pouvait trouver un exemplaire de ce livre fort rare dans le catalogue "Bibliopoliana" de la librairie Téchener (année 1888, n°2.878, veau ancien aux armes, 18 francs, "Edition originale, rare"). Nous avons également repéré un exemplaire dans le Bulletin du Bouquiniste du libraire du milieu du XIXe siècle, Auguste Aubry (année 1869, n°1.922, veau granité, piqué de vers, 6 francs). M. le Comte de Lignerolles (IIIe partie de la vente de sa bibliothèque, Paris, Porquet, 1894, n°2.692, exemplaire relié au XIXe siècle par Duru). Le Libraire L. Potier en proposait un exemplaire relié par Chambolle-Duru (année 1870, n° 1.983).

Localisation : Ouvrage bien représenté dans les fonds publics français (Poitiers - Amiens - Dijon - Toulouse -Laon - Aix-en-Provence - Paris (Bnf) - La Rochelle - Troyes - Rouen - Grenoble - Lille - Strasbourg), cependant aucun exemplaire n'est actuellement disponible sur le marché internet du livre rare (janvier 2010).

Références : Brunet, éd. 1842, II-578 : "cet écrit est l'ouvrage d'un chaud partisan de la réforme. On l'attribue à un sieur de La Planche, mort avant l'impression du livre, et l'on veut même qu'il soit de Louis Régnier, sieur de La Planche, auteur d'un traité intitulé Du grand et loyal devoir... de messieurs de Paris, envers le roy et couronne de France, 1565, in-8." (Le Père Lelong doute de cette attribution) ; Adams, R-311.

BEL EXEMPLAIRE DANS UNE BELLE RELIURE DE LA FIN DU XVIIe SIÈCLE, MALHEUREUSEMENT ROGNÉ TRÈS COURT DE MARGES ET AVEC DEUX FEUILLETS REFAITS EN MANUSCRIT AU MOMENT DE LA RELIURE.

LA RARETÉ DE L'OUVRAGE, SURTOUT EN RELIURE ANCIENNE, PLAIDE POUR LUI, MALGRÉ LES DÉFAUTS SIGNAL
ÉS.

VENDU

mercredi 6 janvier 2010

Petrus Nannius (1548) et Francesco Campana (1542) : Humanisme et érudition au milieu du XVIe siècle. Exemplaire aux armes de Villeneuve-Trans, XIXe s.




PETRUS NANNIUS ou NANNING ou NANNINCK (1500-1557)

PETRI NANNII ALCMARIANI IN COLLEGIO BVSLIDIANO apud Louanienses Latini professoris …, sive Miscellaneorum decas vna.

Lovanii, ex officina servatii sasseni, anno, 1548. Mense Iunio. [Louvain, Servais Van Sassen]

(16)-324-(3) pages. Le dernier feuillet avec la belle marque de l’imprimeur au verso. Complet.

Relié avec :

FRANCESCO CAMPANA (ca 1491 – ca 1546)

FRANCISCI CAMPANI QVAESTIO VIRGILIANA, per quem diligenti. Poëta negligentiae, quam Tucca & Varus, ac caeteri hactenus obiecerunt, absoluitur. & fine qua multa in divina Aeneïde ad han diem obscurissima loca, sed in secundo praesertim & sexto, intelligi non possunt, ideoque lectores iure torquebant, quod ex ijs essent, quae insolubilia dicuntur. Non pauca item apprimè erudita adijcintur.

Parisiis. Apud Ioannem Foucher, sub scuto Florentia, & uasis effracti, via ad D. Iacobum. 1542. Cum privilegio. [Paris, Jean Foucher].

(7)-57-(6) pages et 1 feuillet blanc. Complet.

2 ouvrages reliés ensemble en 1 volume petit in-8 (16 x 10 cm).


Reliure plein parchemin souple à rabats, coutures apparentes, traces d’implantation de lacets aujourd’hui disparus (reliure de l’époque). Armes dorées au centre des plats (XIXe siècle). Reliure très fraîche, avec une belle patine. Les armes sur les plats sont bien conservées. Intérieur en bon état, quelques mouillures claires et sans gravité aux premiers feuillets du premier ouvrage, quelques rousseurs éparses. Belles impressions en caractères italiques du milieu du XVIe siècle. Quelques annotations manuscrites de l’époque dans les marges.

Provenance : Exemplaire de la bibliothèque du marquis de Villeneuve-Trans avec ses armes dorées poussées au centre de chaque plat, au milieu du XIXe siècle. Ex libris du premier possesseur en haut du premier titre « Ex libris De Christianij ».

Références : Amédée Polet, Une gloire de l'humanisme belge Petrus Nannius 1500-1557.
Louvain, Université, 1936, in-8°, 350 pp. Publié comme volume 5 dans la série: Humanistica Lovaniensia.

Le premier ouvrage de ce volume est de Petrus Nannius, érudit humaniste de Louvain. C’est un recueil de « Miscellanées » ou Mélanges d'érudition sur divers sujets d’histoire, de littérature (poétique) et de philosophie. Ce petit volume rare a été édité à Louvain chez Servais van Sassen. On y trouve de courts chapitres aussi divers qu’une Vita Horatii (commentaires sur la vie d’Horace), Quid sint Manubiae, Telephus & Peleus quales fuerint. Ex arte Poetica Horatij, etc. Il disserte aussi bien sur l’étymologie du mot Hollande (Hollandia, mot qui proviendrait de l’époque des invasions normandes) dans un chapitre intitulé « De origine quorumdam Germanicorum vocabulorum ». Sont étudiés ou cités également Virgile, Aristote, Erasme, etc., en bon humaniste qu’il était.

Ouvrage fort rare dont nous n’avons localisé que deux exemplaires dans les dépôts publics français (Le Mans et Beaune).

Le second ouvrage, relié à la suite, est de l’italien Francesco Campana, né vers 1491 et mort vers 1546. Docteur en droit civil et canonique, il fut conseiller et secrétaire du Duc Alexandre de Medicis, duc d'Urbino, secrétaire de Clément VII et du duc Côme. Il alla en Angleterre à Londres en 1528 à l'occasion du schisme anglais comme ambassadeur auprès de Henri VIII, puis à Gênes auprès de l'empereur Charles V. Il fut secrétaire de la République florentine et ministre au congrès de Nice. Il illustra les passages les plus difficiles de l'Enéide de Virgile, intitulant son œuvre "Virgiliana Quaestio". Elle fut imprimée en 1526 à Florence et en 1540 à Milan, puis à Paris en 1546. Notre édition des "Virgiliana Quaestio" est bien de Paris mais date de 1542 (le privilège qui est en français est daté du 9 décembre 1540). Sans doute la première édition parisienne de ce petit ouvrage humaniste. Nous avons trouvé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève un exemplaire daté 1541 mais avec le même nombre de pages, il doit s’agir de la même édition avec une date avancée d’un an. Ce petit livre est for rare et nous n’en n’avons localisé que deux exemplaires dans les dépôts publics français (Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève et BNF).

Cet exemplaire, dans sa première reliure en parchemin, est précieux car il renferme, de par le désir d’un amateur érudit de l’époque, deux ouvrages distincts d’études humanistes, tout à la fois forts différents mais finalement très semblable quant au but recherché, une érudition typique de cette époque.



BEL EXEMPLAIRE EN PARCHEMIN DE L'ÉPOQUE, PARFAITEMENT CONSERVÉ.

EXEMPLAIRE DE QUALITÉ, FRAPPÉ POSTERIEUREMENT AUX ARMES DU MARQUIS HELION-CHARLES-EDOUARD DE VILLENEUVE-TRANS (1827-1893).

VENDU

lundi 4 janvier 2010

La Cyropédie de Xénophon, belle impression en italiques de Sébastien Gryphe (Lyon, 1551). Belle et rare reliure à rabats sur toutes les tranches.




XENOPHON, en grec ancien Ξενοφῶν / Xenophôn

XENOPHONTIS PHILOSOPHI EXCELLENTISSIMI OPERA, quae quidem extant omnia. Doctissimorum hominum diligentia in latinam linguam conversa. [contient : De Paedia Cyri Persarum regis libros octo : Francisco Philelpho interprete. De Cyri minoris expeditione libros octo : interprete Romulo Amasaeo.]

Apud Seb. Gryphium, Lugduni, 1551. [Lyon, Sébastien Gryphe].

1 volume petit in-8 (125 x 80 mm) de 701 pages.

Reliure plein parchemin, coutures apparentes, rabats sur toutes les tranches, traces de lacets disparus, titre à l'encre au dos (reliure de l'époque). Reliure très fraîche ayant conservé une belle patine. Intérieur très frais, belle impression en petits caractères italiques minuscules, beau papier vergé très fin. Rares soulignés à l'encre de l'époque. Rares rousseurs. Mentions à l'encre anciennement biffées sur le titre puis délavées.


JOLIE ÉDITION PORTATIVE IMPRIMÉE PAR SÉBASTIEN GRYPHE DE LYON.

Cette édition contient la Cyropédie en 8 livres. Xénophon, dans cet ouvrage majeur, se propose de montrer par quelle éducation et par quels principes de politique et de morale-Cyrus l'Ancien apprit à gouverner l'Empire des Mèdes et des Perses, et comment il sut se faire obéir d'un si grand nombre de peuples qui différaient de moeurs, de gouvernement et de langage. Cet ouvrage se termine par un épilogue dans lequel l'auteur fait remarquer que la décadence des Perses de son temps provenait de l'abandon des principes qui avaient assuré la grandeur de Cyrus et la gloire de la nation. L'Antiquité paraît n'avoir considéré la Cyropédie que comme une oeuvre d'imagination, où l'écrivain se proposait de présenter à ses compatriotes, sous une forme intéressante et dramatique, l'idéal d'un gouvernement bien ordonné, également éloigné d'un despotisme brutal et de l'anarchie populaire, plutôt que d'exposer l'histoire exacte d'un conquérant illustre; et, chez les modernes, Scaliger, Pétavius, Vossius, n'ont vu aussi dans la Cyropédie qu'un roman politique et moral. C'est encore l'opinion aujourd'hui, quelques raisons que Marsham, Ussérius, Prideaux, Bannier, Rollin, etc., aient alléguées en faveur de l'opinion contraire. (Notice du site Cosmovisions). On trouve à la suite les huit livres de "De Cyri monoris expeditione".


RELIURE DE L'ÉPOQUE EN PARCHEMIN, D'UN TYPE EXCEPTIONNEL AVEC DES RABATS DE TOUS LES CÔTÉS.


Même si cette reliure, strictement de l'époque, exécutée sans doute très peu de temps après 1551, n'est pas totalement semblable (longueur des rabats), elle procède d'un type étudié par Nicholas Pickwoad et cité dans le catalogue Pierre Berès "Livres rares, six siècles de reliures" (catalogue 93, 2004, n°34), que nous citons à notre tour : "Reliure contemporaine (l'ouvrage cité dans le catalogue Pierre Berès est une impression de Paris, Estienne Groulleau, 1554) originale et d'un type très rare. La couverture en parchemin des deux plats est continuée, en haut, en bas et sur les côtés, par de larges rabats qui recouvrent presque entièrement les trois tranches de l'épais petit volume, un peu à la manière d'un coffret. Les rabats se réunissaient sur les tranches par des lacets fixés sur le parchemin (...)" Pickwoad conclut que ce type de recouvrement de parchemin est caractéristique d'une pratique française dont les rares témoins datent tous du milieu du XVIe siècle, entre les années 1540 et 1560. Notre reliure ne diffère de celle présentée dans le catalogue Pierre Berès que par la largeur des rabats et par la technique de pliage du parchemin en extrémité des plats. C'est la première fois que nous rencontrons ce type de reliure et dans un état de conservation exceptionnel.


Référence : Baudrier VIII, 256-257. Nicholas Pickwoad, The interpretation of bookbinding structure : an examination of sixteenth-century bindings in the Ramey Collection in the Pierport Morgan Library in Eloquent witnesses : Bookbindings and their history, éd. Mirjam Foot, Londres, 2004, p. 156-157.

Provenance : Exemplaire de la bibliothèque F. Renard, avec son ex libris imprimé.

BEL EXEMPLAIRE D'UN TYPE DE RELIURE TRÈS RARE.

VENDU

samedi 2 janvier 2010

Le Thesaurus Ciceronianus de Mario Nizzoli dit Nizolius (1572). Belle reliure bâloise de l'époque. Le bréviaire des étudiants de la langue de Cicéron.





Mario NIZZOLI, NIZOLIUS en latin.

NIZOLIUS SIVE THESAURUS CICERONIANUS, omnia Ciceronis uerba, omnemq. loquendi atq. eloquendi uarietatem complexus : nunc itervm Caelii Secvndi Cvrionis labore atque industria, quarta parte auctior. Etc.

Basileae, ex officina Hervagiana, per Eusebium Episcopium. Anno M. D. LXXII. [Bâle, Eusèbe Episcopius à l'officine Hervagiana, 1572]

1 volume in-folio (35 x 23 cm) de (15)-1488 colonnes et 12 pages non chiffrées, le dernier feuillet comportant au recto l'achevé d'imprimer et au verso la marque de l'imprimeur.



Reliure en peau de truie estampée à froid sur ais de bois, roulettes de portraits divers (Erasme, etc), feuillages (reliure de l'époque). Le dos de la reliure a été ultérieurement recouvert d'une basane marron estampée de fleurons à froid et de filets, le tout typique d'un décor réalisé dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Le dos de peau de truie, en dessous, semble en très bon état, solide, sans doute le titrage devait-il être passé ou effacé et plutôt que de refaire un titrage sur la peau de truie sans doute usée par les ans, l'amateur a préféré faire faire un nouveau dos plus dans le goût de son époque. L'ensemble est très harmonieux et donne une reliure tout à faire atypique. Les fermoirs, joliment ciselés, sont présents et en parfait état (une patte avec des rivets cassés mais toujours fonctionnelle). Coins légèrement frottés/usés, petit manque de peau sur une coupe inférieur (frottement d'étagère). Reliure très fraîche, sans doute bâloise ou allemande. Le dos refait au XVIIe siècle pourrait laisser penser à une retouche française de cette reliure. L'intérieur du volume est très frais. Le papier, de qualité inégale selon les cahiers, présente quelques rousseurs pour certains, un peu plus pour d'autres, ou aucune.



NOUVELLE ÉDITION.



Mario Nizzoli ou Nizolius (nom latinisé) est né en 1498 à Brescello ou à Boreto, campagne voisine de cette ville, dans le Modenèse, et mort dans la même ville en 1566, à l'âge de 68 ans. Savant littérateur et philosophe estimable, nous dit Michaud dans sa biographie universelle, il fit ses études avec beaucoup de distinctions, et fut appelé, en 1522, à Brescia, par le comte J.-F. Gambara, protecteur éclairé des lettres, qui lui donna un logement dans sa maison, et ne cessa de le combler de marques d'intérêt. Ce fut par le conseil de Gambara, qu'il s'attacha particulièrement à la lecture des ouvrages de Cicéron, dont il fit ses délices le reste de sa vie. La reconnaissance l'engagea à se charger de l'éducation des neveux de son bienfaiteur ; et il ne quitta Brescia que pour aller occuper une chaire à l'université de Parme, au commencement de l'année 1547. Le prince Vespasien de Gonzague ayant établi, en 1562, une académie à Sabionetta pour l'enseignement des langues anciennes, il en offrit la direction à Nizzoli, avec un traitement de trois cent écus. Nizzoli ne tarda pas à se repentir d'avoir accepté une place qui le détournait de ses occupations habituelles, et que ses infirmités l'empêchaient d'ailleurs de remplir aussi bien qu'il l'aurait désiré. Il présenta donc sa démission ; et se retira à Brescello. En 1535 il fait paraître ses Observationes in M. Tullium Ciceronem, in-folio. Le volume parait à l'adresse de Pratalboino, une terre de Gambara. C'est la première édition d'un ouvrage qui en connaîtra de très nombreuses, et complétées à chaque fois. C'est le recueil alphabétique de tous les mots employés par l'orateur romain, avec des exemples qui servent à en déterminer les différentes acceptions. Il dédia cet ouvrage à son mécène, qui l'avait fait imprimer à ses frais, dans sa propre maison. Cette première édition de 1535 est belle et rare, mais peu recherchée, parque qu'elle est moins complète que celles qui ont suivi. Une édition de 1570 a été donnée par son neveu, Michel Nizzoli, corrigée sur les manuscrits de son oncle, elle porte alors un titre plus évocateur de Thesaurus Ciceronianus. Ce trésor, nous dit encore Michaud, eut une grand vogue dans le seizième siècle. A peine avait-il paru, que les imprimeurs de Bâle et de Lyon, le reproduisirent.



Cet ouvrage était devenu tellement à la mode que les étudiants, de nombreux érudits et autres gens du monde, lisait Cicéron dans le Nizolius... c'est à dire qu'en ne lisant que des extraits de phrases de Cicéron.

C'est le protestant Caelius Secondus Curio (1503-1569) qui donna cette nouvelle édition. Cet ouvrage sera encore édité au milieu du XVIIIe siècle.



BEL EXEMPLAIRE EN RELIURE BÂLOISE DE L'ÉPOQUE, AVEC LE DOS RECOUVERT DE BASANE DECORÉE AU XVIIe SIÈCLE.

ÉTONNANTE RELIURE HYBRIDE SUR DEUX SIÈCLES, PARFAITEMENT CONSERVÉE.


VENDU

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